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 Raw-phisticated — 7th partSat 27 Aug 2011
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[ < 6th part | this is all about Faith | automatic storage of my two years old reading list | 8the part > ]

Raw is the color of pepper skinless bodies
Of shouting hearts
Of yellow tears in wide basins


(Anonymous)


__


So what? Many things. Or just a couple, rather. Megyünk.

1. Grief. (Yeah.) That slaps the face. There is a bunch of f....n' books that talk about it. (F.... them.) I personally stay connected to Ed Underwood's. With highs and lows. With doubts. With (sometimes) rays of light. This guy has more than a heart.

And if I had courage, I'd also go back to Cloud and Townsend's one. (Asskickin' and tender.) Courage? Yep. Efficient book that reminds me the months-and-months when I took back my (sad) plane after time with the kiddies, in France, and... yes, with their gorgeous-and-yet-distant mother: S.

So... pain. Hopes that die like gyufák. Intense emotions. Intense... intents. Swampy, complex, humiliating and dark-and-golden ill context.

And it's all about her. (S.) And, for a decade now. Decade, that long? Sure. And... this morning again. (Rain.) Strange evening, yesterday. Strange morning now.

So, yesterday. By f....n' night. What happened? Long conversation with my friend I. (she and A. are warm and dedicated persons, that spent days and nights at my flat, when staying by my own was too heavy — Concrete help I call it). And? The personal feeling, yesterday, that something — in a mute mode —, was kind of blood-boiling in me.

Instincts.

Something that dealt with life, sex, death, decisions, spirituality. (Instincts.) Intuition. Forces. Mud. Unconscious. Crossroads, like an intimate melting pot. A potential. Energy. Like a mess. Like radioactive liquid granite. Like injured frogs. Like knives, chains, lymph, identity. Ok?



Fig. 1 — Jean-Michel Basquiat


2. It just drove me to Jan Saudek. And Joel Peter Witkin. Spiritual and instinctive photographers.

(Humans.)

God loves sincerity, I'm sure.

He knows instincts as well, in their thickness.

These photographers, I used to consider them pillars in my instinctive world. Just before meeting lovely S. Just before being touched by her... feminity.

Just before love.

Love (hers) has gone. Bulls, photographers, darkness and pulsing forces drive me back to who I was, before her. When I thought I was myself. When, after my mother's death, I swore I would live through art.

Where is now Jesus in this organical mess?

Probably working.



Fig. 2 — Roger Ballen


He's nearby the bulls. He injects grace in blood. To make it dynamic fresh water.

He loves me.

And I often have to discover it.

In my flesh.

With fists.

With nothing.

With tears.

Bare feet.

(He loves me.)

__

[ Upper photography La Petite Terroriste (c) Bruno Wagner ]


 Par foi, souvent - 3e partieFri 24 Jul 2009
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[ < 2e partie | thémas Bouquins & Foi | archivage automatique du billet sur Mohamed Ulad Mohand, étonnant producteur TV ]


L'homme ne vivra pas que de business

(Anonyme)


La foi. Oui. La foi, la confiance, si différente de la religion (traditions). Tout ça dixit André Frossard (1915-1995).

L'auteur de Dieu existe, je L'ai rencontré, citant l'étrange Bernanos (1888-1948), rappelle que les convertis sont encombrants. Encombrants pour les institutions : religieuses, culturelles, sociales [1]. Les convertis ? Comme leur nom l'indique, ils transforment quelque chose : leur propre matière, eux-mêmes, leur coeur. Et ils attribuent ce changement fort (qui va jusqu'à baigner le monde, le reconfigurer à leurs yeux), eh bien ils l'attribuent à l'extérieur. À un agent qui les dépasse. En stature peut-être, encore et surtout en qualité : disponibilité, hauteur de vues, présence réelle au monde. Et, croyez-le si vous voulez, c'est un agent... qui les aime. C'est-à-dire qui prend le risque à leurs côtés. Et les soutient [2].

Le coeur, pour les convertis comme pour les autres, c'est la sensibilité, l'intimité qui perdure : c'est - pour citer l'Écclésiaste (et faire une boucle vers Don Richardson) - ce qui pressent l'éternité [3], cet état, ce vécu qui dépasse même la mort. Et ressemble donc à l'amour (voire se confond avec lui, ou procède d'une même source). L'éternité ? Le coeur la recherche, en mode actif ou par aspirations (plus ou moins conscientes, plus ou moins fructueuses - cf. recours aux idoles). Alors ce coeur, il va vers quoi ? Mmh ?

Le mien va vers ça, en dessous. Je veux dire que ces bouquins m'apportent des trésors :



Je leur ajoute La Croix et le Poignard (David Wilkerson), de même que The Incredible Power of prayer (anglais très simple à lire) de Roger J. Morneau. Reprenons Wilkerson (livre de ma fin d'adolescence) et ajoutons, côté témoignages, l'incroyable Miracle sur la rivière Kwai du vétéran Ernest Gordon (1917-2002), ouvert aux expériences les plus extrêmes. Une beigne. Digne de Papillon. Bouquin parallèle au film Le Pont de la rivière Kwai (mêmes faits).

Mention spéciale à Corrie ten Boom aussi. Son Dieu en enfer (The Hidding Place) - qui glace le sang - montre qu'on est loin (bien loin) de la guimauve. Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment [4], après Ravensbrück, on peut trouver la force d'avancer ? (Bouquin sublime, bouquin ultime.) Le Rentrer chez soi d'Henri J.M. Nouwen [5] est un très beau condensé de théologie : logique, touchant et simple. On y comprend... tout. Il y a aussi, sur la question de la Trinité, le bel Évangile de Jean (individu qui a connu Jésus de son vivant), traduit par Jean-Yves Leloup. Une sage autorité (atypique, documentée) s'en dégage.

Le Business Unlimited de J. Gunnar Olson ? Affaires sans frontières, en français ? Il m'a « juste » aidé à vivre pendant 4 mois.

Allez, je finis avec L'Éternité dans leur coeur de Don Richardson. Livre-beigne aussi.

Mais ça, vous le savez ;)

__

[1] Ce qui, anthropologiquement, participe du même socle, voire se maille dans les approches et se confond. Cf. idéal de transversalité, à l'instar de ce que font par exemple Edgar Morin, Boris Cyrulnik ou Joël de Rosnay.

[2] Dieu serait-Il Promoteur ? Persévérant ? Empathique ? Débat stérile, mais drôle et ouvert.

[3] Pour les chrétiens, la juste appréciation de l'éternité (sa juste canalisation, comme si c'était une aspiration, un besoin, voire une pulsion) passe par l'expérience, ici et maintenant (ou progressive), de la résurrection. Celle-ci donne sa pleine mesure à la vie. Elle lui fait passer un cran, la sort non pas de ses contingences (ici-bas, les épreuves et la frustration), mais de sa vanité. De son creux. De son à-quoi-bon. De sa solitude intrinsèque. Là, tout change : c'est beaucoup plus qu'un espoir, beaucoup plus que des modifications, c'est un royaume qui vient (comme dans le cas de Naaman ou de l'eunuque de Candace). Un nouvel ordre qui s'installe : une transformation (un réveil, cf. Degré 2). Qui ouvre au monde et au prochain (sorte d'horizontalité). Et qui ouvre à la Source de vie (verticalité stimulante). À l'explosion fraîche et vivante.

[4] Même si le contexte diffère du tout au tout, le pasteur palestinien Maron peut expliquer comment vivre. Le pardon personnel, en temps de guerre, il connaît bien.

[5] Nouwen exprime une lecture particulièrement proche de celle de Girard, pour qui la racine du mal humain, c'est la convoitise : jalouser l'autre. Ce mauvais Animus (peur de la perte) exerce un contrôle morbide sur autrui. (Revoir ce pauvre Abel.) Pour affaisser ce pouvoir (terme de Nouwen), Dieu choisit l'impuissance : il décide de détruire le leurre et sa logique... de l'intérieur.

[ Je suis protestant (2 % de la population française, l'un de ses berceaux, et 9 fois plus... en Corée du Sud), en même temps mes écrivains catholiques préférés sont Frossard et François Mauriac - de même que j'aime le photographe Joël Peter Witkin (eh oui - voici d'ailleurs mes photographes favoris, attention not safe for work, NSFW) | autre sujet - La grâce serait une synergie (rencontre, mélange énergétique) entre amour et liberté (Qu'en dites-vous ?) | l'amour, lui, pourrait être le carrefour vif entre contingences et liberté, c'est-à-dire risque volontaire (engagement) et dépassement de la mort (qui est repli, séparation, peur) : engagement, tiens, oui c'est ça - ou fidélité, ou attachement inconditionnel et confiance (Any idea, mmh ?) | who Nouwen was, video | Nouwen aidait les déficients mentaux | Corrie ten Boom, the museum | Ernest Gordon, personnage-choc pour le musicien Paul Adams | Bad Lieutenant, plus grand film sur la rédemption ? Interview de son réalisateur (inclassable) Abel Ferrara | j'en finis avec la convoitise - pour le pasteur toulousain Marc Sportiello (voir notamment ceci), la convoitise c'est la torsion (fantasmatique, cf. imagination ou cinéma intérieur - ou bien physique, avec passage à l'acte) du territoire, du droit, des prérogatives ou de l'objet de jouissance de quelqu'un (voir Ouriah - Urie le Hittite), c'est - dans la lignée de Girard - prendre à soi ce qui est à quelqu'un d'autre ; revoir les Chaises | la convoitise, c'est la même mécanique stratégique (de focalisation, de mise au point, d'investissement projectif, de ténacité désirante et active) que la foi, à ceci près que la foi se choisit un objet constructif, un agent d'extraversion : en dehors de soi | à présent, soyons fous avec un peu d'humour - j'aime, et vous ? ]  Read More


 Nu - 2e partieThu 23 Apr 2009
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[ < 1e partie | thémas Épreuves, Systémique, Métamorphose et Foi | Share/Save/Bookmark | archivage automatique du billet sur le syndrome du marteau, la motivation, la modélisation stratégique (ROI, valeur ajoutée) et la qualité | vos commentaires | 3e partie > ]


L'innovation est un sport de combat


Je les hais. Et celle-ci plus que les autres. Les épreuves ? Elles balayent tout. (Les grandes, j'entends.) Mais même les petites : elles sapent ce qu'on sait, comment on s'est construit, ce qu'on recherche. Car c'est bien ça : les épreuves sont un enlèvement de ce qui nous rassure et nous fait jouir. Prenons une personnalité (le docteur Kahler explique sa construction très bien). Elle a des traits distincts. Dans la façon dont nous nous présentons au monde [1]. Dans la façon dont les figures d'autorité [2] nous élèvent (parents, fratrie, institutions). Dans la façon, enfin, dont nous vivons les choses et en tirons de la satisfaction : événements, tournures, expériences de confort [3] et de plaisir.

Ça nous modèle.

De sorte qu'un style émerge et se façonne. Untel lira, emmagasinera, interprètera et animera le monde à sa façon. Tel autre d'une autre. Ça fabrique des préférences (qui sont des façons de se placer, de jouir, de croire) et des limitations.

C'est là que je veux en venir.

L'épreuve pousse aux limites. Elle pousse à ce qui marchait un temps. Dans une aire donnée, connue, petite. Retirez-moi ce que j'investis, ce(ux) que j'aime, ce qui me rend heureux - dans ma façon d'être, selon mon tempérament [4] : je panique. Mon GPS patine. Tout devient flou, mes priorités se mélangent. Ce qui me semblait solide (moi, en fait, et mes représentations), tout ça s'effondre.

De là, deux attitudes. Soit je cherche à tout prix ce qui me rassure et me fonde (mes nourritures affectives, mes repères - en version coûte que coûte), soit j'innove : je cherche la légèreté, le zapping, le flux qu'on m'offre. Et je l'éprouve, pour vivre de nouvelles sensations [5]. Ou encore j'innove en vrai : je cherche ce que la vie contient de plus solide. Il y a du changement 2 dans l'air [6]. Et c'est stressant.

Pour les petites épreuves, je peux zapper. Pour les grandes, comme celle-ci, j'approfondis. Ou plutôt j'innove dans la profondeur : je cherche des certitudes plus solides encore. Des dynamiques plus basses, plus fondamentales. Plus vraies (au sens de valables) que ce que j'ai été.

Je bâtis ma maison, ma vie, sur le roc. Ou plutôt ma tente... Ou mon sac de couchage.

Quand je suis comme ça, les autres fréquences sourdes me parviennent : le cœur des éprouvés me parle. Non pas que je les recherche (je les fuis : mon empathie me les fait redouter - mon orgueil les rejette, comme autant de facteurs [7] déstabilisants). Et pourtant ! Ce sont leurs paroles qui disent la vérité : l'homme est fait pour éprouver. Du plaisir, qui est bon en soi, mais endort (la certitude repaît). Du plaisir, et des éboulements.

Moment de changer.

Moment de rechercher la Vie. Celle qui est plus vraie, plus forte, plus stable que moi.

Celle qui fonde, en profondeur, les bases de ce monde aimé.

Celle qui, enfin, motive. Même si elle dépouille, oblige à marcher à vif, oblige à traverser le ronron de la raison.

No choice. Et pourtant quelle grâce !

Si je ne souffrais pas, je serais statique. Et sûr de moi. Mon ventre serait plein.

Quelle bénédiction qu'il soit vide.

(Mais quelle épreuve, mes amis.)

Merci à tous les anges humains (en grec, les messagers) qui me soutiennent. Vous vous reconnaitrez : vos vies, vos sincérités, les risques que vous prenez sont un phare. Pour moi. Et à terme, je l'espère, pour les gens que je soutiendrai par mon témoignage.

Tout ce que je savais sur la vie est faux. (J'étais dans l'erreur.)

C'est très bien : je prends. Ça me dirige.

(Je m'étais paumé...)

__


[1] Les enfants indirects de Françoise Dolto - comme Boris Cyrulnik - parlent d'un bain symbolique, de représentations, de paroles, d'investissements divers, de croyances et d'inconscient dans lequel le fœtus croît. Et s'édifie, de manière innée (c'est un pétrissage parental, littéralement avant la naissance).

[2] Sur l'éducation, voir théma Renforcements. Le Bravo ! et le Tu me déçois ! font le meilleur et le pire. Dans le registre intelligent, par exemple au travail, revoir l'encourageant Manager-minute.

[3] Le confort, c'est le sentiment de sécurité.

[4] Cf. Profils.

[5] Les process communicants parlent de changement de phase, d'exploration (a priori fructueuse) des autres étages de la personnalité. Ces ressources endormies regorgent, après tout, de trésors d'aventure, de satisfactions, de sensations nouvelles.

[6] Cf. métamorphose, ce phénomène que les géants de Palo Alto ont si bien étudié. (Leur probable plus grande réussite.)

[7] Ce sont les ferments du changement, qui bousculent et menacent l'équilibre d'un système. Relire Max Sandor.  Read More


 Nu - 1e partieThu 16 Apr 2009
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[ < thémas Confiance & Changement | Share/Save/Bookmark | archivage automatique du billet sur la modélisation (par le docteur G.) d'un business rationnel : fiable et solide | commentez | 2e partie > ]


Hérode érodé - Absalom abrasé


Et je fais quoi, là ? Rien. Quand la tempête se déchaîne, quand mon tissu se déchire et quand tout s'écroule, je me mets - après réflexion - là. Là, c'est dans l'économie de moi. Dans le calme.

Le moi ? Ses peurs ? ses envies ? son vent ? sa bave éparpillée ? Un moi qui s'épluche, qui va à l'économie de lui-même. (C'est davantage ça.) Qui teste tout et comme tout échoue, c'est un moi qui se confie. Et ouvre ses bras. Et s'offre. Un moi qui s'ouvre. Et face au vent ? Même chose.

Multiplier les gestes ? les opérations de contrôle ? de séduction ? d'entretien de ce qui sent le sapin ? Laisse tomber.

Tout fait silence, avec mal, et tout écoute. (Tout se dépouille.) Tout se calme. Là, dans l'épreuve... Dans la perte de soi. Dans la marche forcée vers autre chose. Une nouveauté qui accouche.

Et ça casse mes ligaments.

Quand quelqu'un se casse - tel qu'il se connaissait, ou se pensait fort -, c'est qu'il faut changer. Moi, ce vent terrible m'arrache les peaux. Il décape mes muscles. Il érode mes tendons. Et masse mes viscères.

Alors quoi ? Je m'offre, après avoir lutté. Comme un Jacob, qui en plus s'asseoit dans la cendre.

La tempête rugit, défait, emporte ? Ok. Opération démembrement. Mise en pièce. Mise à mort. Traversée du lac de feu. Des doutes glacés. Du souffle sec. Des escarbilles qui brûlent.

Résister, c'est raisonner comme avant. C'est rester vieux. C'est animer le vieil homme. C'est le nourrir comme une peau de carpe, vide, grasse et fripée.

Alors quoi ?

C'est de nouveauté que j'ai besoin. La vie fait ça. Résister, c'est valoriser ce qui a mené à l'échec. S'ouvrir, c'est devenir nouveau.

S'offrir, se confier, rester cool avec les flancs battus, rester faible - et ouvert - c'est ça être fort.

C'est faire confiance.

Quand tout fout le camp...

Ouais.

Je garde mes fondamentaux (amour de mes aimé(e)s). Et fonce dans le rien : méfie-toi brouillard, je suis pire que toi. En beaucoup plus aveugle. En plus ignorant encore. En plus loser... Plus acculé. (Déterminé.)

Alors fais-toi plaisir. Et dis à ton copain le vent qui hurle de décharner plus encore. Restera le centre. La vie, la vraie. Qui attend d'exploser. Et de rebâtir, en émergeant.

Faire un.

Faire un avec le vent. Et rester cool.

Est-ce que j'y arrive ? Non. (Par moi-même, non - Évidemment.) Mais je marche. Et un jour j'y serai. Où ça ? Nulle part, justement, c'est-à-dire partout. Dans la joie, donc. Ailleurs qu'ici, en fait. Je marcherai dans l'eau vive.

Crois-le si tu veux, j'ai confiance. Alors, vent, fais-toi plaisir.

Et continue à éroder : fais-toi du bien.

C'est moi qui en profite.
__

[ Ps. 22 ]


 Se poserThu 22 Jan 2009
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[ < théma Foi | billet interactif, postez vos commentaires et naviguez par mots-clés en cliquant sur le bandeau de son titre ]


Charles


Un pasteur. (Oui.) C'est quoi au juste ? Le mot veut dire berger [*], au sens de conducteur, de responsable, qui stimule, forme (fait grandir), rassure et soigne ses brebis. Le pasteur ? Un fruit du protestantisme, courant qui prône un retour individuel aux racines de la foi (Évangile : « bonne nouvelle » en grec). Le prostestantisme propose de prier Dieu et seulement Dieu (jamais un humain, fût-il saint c'est-à-dire exemplaire). Le protestantisme se passe de clergé et l'interprétation de la Bible est forcément individuelle (donc profonde) et libre (autonome). Seuls des gens versés dans les Écritures (ensemble inspiré, direct et complexe) peuvent, et souvent à l'issue d'études dédiées, dispenser des enseignements.

La Bible se lit, se médite et sert d'édification spirituelle et morale pour le croyant (réflexions, prière, discernement, consolation, encouragements, décisions).

Elle fait autorité.

Le pasteur, alors ? Un homme ou une femme. Versé(e), on l'a vu, dans les Écritures. Et expérimenté(e), connu(e) pour sa sagesse, souvent parent, donc marié(e), parfois titulaire d'un autre job. C'est l'assemblée des croyants (assemblée : ekklesia, église) qui élit le pasteur.

Pour son dévouement, son empathie, sa finesse spirituelle.

Il se déplace avec son conjoint pour réconforter, enseigner, visiter les croyants dans l'épreuve. Ou juste manger et partager un verre.

Charles est un bon pasteur et c'est le mien. Son implication, sa chaleur, son expérience, sa foi, son audace, font de lui un ami cher. Un conseiller spirituel charnel, honnête, inspiré, profond.

Que dire ?

C'est un travail qui se compte en années que de comprendre que Dieu n'a pas d'exigences pour le croyant. Finie la culpabilité, finis les rituels, finis superstition, religion, délire et infantilisme.

Les exigences ? Ce sont les humains qui (se) les imposent, pour coller au schéma parental, pour se défausser, pour juger, pour se rassurer. Ce que Dieu propose, ce sont des percées de bonheur, des voies d'évolution. D'accomplissement.

Un cheminement gratuit, au jour le jour. Dans la confiance mutuelle (contrat de cheminement, foi).

La grâce ? Un soulagement. Un privilège...

C'est ce que je comprends. Notamment quand je discute et partage des choses (très personnelles) avec Charles.

Comme cet après-midi.

(Voilà.)

Prenez soin de vous :)
__

[*] Eh oui. Si les États-Unis génèrent un modèle tel que le Manager-minute, c'est parce qu'il y a dans cette première économie mondiale une culture pastorale populaire, volontariste (I have a deam ; Yes we can ; A Maverick, le « franc-tireur », repompe intégrale du discours des églises). Le rapport au travail et aux travailleurs (le management) est un humanisme, un optimisme responsable, optimiste. Et pédagogue ! (Encourager, fournir des strokes, donner envie d'apprendre et de se dépasser.) C'est un des acquis du protestantisme économique, produit de la vie courante (travail, famille, implication et animation d'une communauté, d'un tissu social). Les églises, pleines le dimanche, sont des usines à management, des matrices et des filières à motivation : le pasteur en chaire est un mobilisateur. Personnage qui parle à la tête et aux tripes. C'est culturel, donc digéré dans la vie de tous les jours (habitudes, mentalité). Le pastorat ? Une fabrique en temps réel (une usine à ciel ouvert) de l'essentiel du management de ces trente dernières années. Une envie de plus et de mieux. Une ambition concrète, qui parle et engage le quotidien. Cf. Le Tremendous ou encore Kenneth Blanchard. Le management est une approche normale, populaire, naturelle, de tous les jours.


 Se poserThu 22 Jan 2009
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Charles


Un pasteur. (Oui.) C'est quoi au juste ? Le mot veut dire berger [*], au sens de conducteur, de responsable, qui stimule, forme (fait grandir), rassure et soigne ses brebis. Le pasteur ? Un fruit du protestantisme, courant qui prône un retour individuel aux racines de la foi (Évangile : « bonne nouvelle » en grec). Le prostestantisme propose de prier Dieu et seulement Dieu (jamais un humain, fût-il saint c'est-à-dire exemplaire). Le protestantisme se passe de clergé et l'interprétation de la Bible est forcément individuelle (donc profonde) et libre (autonome). Seuls des gens versés dans les Écritures (ensemble inspiré, direct et complexe) peuvent, et souvent à l'issue d'études dédiées, dispenser des enseignements.

La Bible se lit, se médite et sert d'édification spirituelle et morale pour le croyant (réflexions, prière, discernement, consolation, encouragements, décisions).

Elle fait autorité.

Le pasteur, alors ? Un homme ou une femme. Versé(e), on l'a vu, dans les Écritures. Et expérimenté(e), connu(e) pour sa sagesse, souvent parent, donc marié(e), parfois titulaire d'un autre job. C'est l'assemblée des croyants (assemblée : ekklesia, église) qui élit le pasteur.

Pour son dévouement, son empathie, sa finesse spirituelle.

Il se déplace avec son conjoint pour réconforter, enseigner, visiter les croyants dans l'épreuve. Ou juste manger et partager un verre.

Charles est un bon pasteur et c'est le mien. Son implication, sa chaleur, son expérience, sa foi, son audace, font de lui un ami cher. Un conseiller spirituel charnel, honnête, inspiré, profond.

Que dire ?

C'est un travail qui se compte en années que de comprendre que Dieu n'a pas d'exigences pour le croyant. Finie la culpabilité, finis les rituels, finis superstition, religion, délire et infantilisme.

Les exigences ? Ce sont les humains qui (se) les imposent, pour coller au schéma parental, pour se défausser, pour juger, pour se rassurer. Ce que Dieu propose, ce sont des percées de bonheur, des voies d'évolution. D'accomplissement.

Un cheminement gratuit, au jour le jour. Dans la confiance mutuelle (contrat de cheminement, foi).

La grâce ? Un soulagement. Un privilège...

C'est ce que je comprends. Notamment quand je discute et partage des choses (très personnelles) avec Charles.

Comme cet après-midi.

(Voilà.)

Prenez soin de vous :)
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[*] Eh oui. Si les États-Unis génèrent un modèle tel que le Manager-minute, c'est parce qu'il y a dans cette première économie mondiale une culture pastorale populaire, volontariste (I have a deam ; Yes we can ; A Maverick, le « franc-tireur », repompe intégrale du discours des églises). Le rapport au travail et aux travailleurs (le management) est un humanisme, un optimisme responsable, optimiste. Et pédagogue ! (Encourager, fournir des strokes, donner envie d'apprendre et de se dépasser.) C'est un des acquis du protestantisme économique, produit de la vie courante (travail, famille, implication et animation d'une communauté, d'un tissu social). Les églises, pleines le dimanche, sont des usines à management, des matrices et des filières à motivation : le pasteur en chaire est un mobilisateur. Personnage qui parle à la tête et aux tripes. C'est culturel, donc digéré dans la vie de tous les jours (habitudes, mentalité). Le pastorat ? Une fabrique en temps réel (une usine à ciel ouvert) de l'essentiel du management de ces trente dernières années. Une envie de plus et de mieux. Une ambition concrète, qui parle et engage le quotidien. Cf. Le Tremendous ou encore Kenneth Blanchard. Le management est une approche normale, populaire, naturelle, de tous les jours.


 Business madrasa - 1e partieFri 16 Jan 2009
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Falafels, falsafa


Pantin. Vous connaissez ? Nord-est de Paris, commune ouvrière, commune bobo. J'y dors, j'y reste quelques jours. Contexte : un loft refait, petit, cossu (lot d'un grand ensemble). Du goût dans tout ça. L'on m'y dit plein de choses. Une baignoire a fui, dans le passé. Un premier artisan a composé, pour ça, un devis de 2 000 € : nécessité de faire venir un moteur pour pomper, intervention et Ah, je suis en ligne avec mon patron... qui vous rassure : il vous fait une fleur (!) et vous accorde un paiement 3 fois sans frais. Surréaliste. Un second intervenant a, lui, indiqué que les frais grosso modo s'élèveraient à... 1 euro, prix d'un simple joint.

Fou.

Je dors avec deux chats. Mignons. Et partageurs de poils : ma tenue noire en témoigne.

Bonne nuit de sommeil. Puis un ou deux métros. Je suis à Belleville, quartier sino-maghrébin. Ch'uis dans un taxiphone-Internet. Voyons voir : boucheries halal, magasins de cuit-vapeurs chinois, vêtements bon marché. Beaucoup de vie à l'entour : circulation de gens, conversations sur mobiles, commerces de tout. Plus prostituées chinoises quadragénaires, maquillées (façon enfarinade visagière et rehaussement du trait des yeux, des lèvres, des pommettes rosies), avec mini-sac à main, parfois un sac en plastique avec légumes qui dépassent (courses locales).

Et puis un grand resto, Le Président. J'y déjeune (mmh, dans 30 minutes) avec mon collègue hongrois. (Ah non, ce sera un resto thaï.) Puis nous entrons en discussion, à 14 h, avec nos partenaires. Ou futurs.

À voir. Parce qu'une entreprise est un ensemble humain, commercial, financier - il faut bien tout discerner.

Dernier truc : la motivation. Une entreprise internationale - implantée dans la région - anime ses cadres. Il y a, en gros, les exécutants et les vrais chefs de projet. Les premiers sont jeunes et (relativement) motivés. Les seconds dirigent, délèguent, attendent. Les premiers font beaucoup de choses. Les seconds semblent rêver de la retraite. Il y a un clash. Tous les indicateurs motivationnels sont au rouge. Et la direction locale, apparemment dépassée, achète du conseil relationnel, sous forme de séminaires légers, fondés seulement sur du volontarisme (orientation exclusivement incentives). Une résistance est là, qui bouche - on dirait - le regard. Pourtant, quelques actions dans le coeur de l'entreprise feraient le plus grand bien : entretiens, relevé des leviers motivationnels, étude de la valence, sociogrammes, modélisation d'actions managériales à l'année (feuille d'objectifs, tableaux de bord décisionnels, félicitations-minute pour re-booster le moral).

Mais l'entreprise, comme tout un chacun, dispose d'un libre-arbitre. Et intervenir à ce stade de démotivation prend du temps, demande de gagner les confiances et consomme - à l'arrivée - une forte énergie humaine.

Du taf.

Je change un peu et vous indique un magnifique ouvrage (anglophone) de Peter Watson : Ideas, A History, From fire to Freud. C'est ce libre-arbitre qui m'interpelle. L'on trouve dans cette somme magnifique (et accessible) un joli focus sur la pensée musulmane. La justice de Dieu, versant musulman (Antiquité tardive), s'exerce si et seulement si l'humain est libre. Totalement libre.

S'exerce ensuite - et le christianisme développe superbement ça - la Grâce. L'amour.

Be seeing you.
__

[ Hier, dans l'idTGV (ouvert aux seules résas Internet), je me suis assoupi, songeant aux complexes culturels et architecturaux du monde musulman, du type social et intégratif (madrasa-mosquée-hammam, pour les ablutions) ; je devrais plutôt dire que ce sont les madrasas qui me sont venues, par invitation prégnante, à la faveur d'un demi-rêve ; un truc qui résonne et se travaille dessus - Ce motif, mêlé de ma fraîche lecture sur le libre-arbitre, plus une ou deux figures qui maintenant m'échappent, m'ont procuré un repos, un rafraîchissement cérébral, une synthèse psychique comparable à ce que les archétypes d'édifices, de centrations sur le Soi procurent en psychologie des profondeurs (cf. Carl Gustav Jung et sa tour de Bollingen ou Georges Romey, sur l'axe initiatique) | philosophes arabes | la falsafa, c'est le dialogue et la combinaison des philosophies grecque et musulmane - à l'instar des grandes synthèses de Maïmonide chez les juifs et de la scolastique catholique, mâtinées de philosophie classique | falsafa et monde contemporain, la belle contribution de Mustapha Cherif | intellect et sensibilité spirituelle, l'ultime synergie entre nos pôles cérébraux ? ]


 Coopération ou défection, c'est selon - 9e partieThu 31 May 2007
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Collaboration conditionnelle et discernement


Alors que part pour les archives le billet sur le team building, levier capable de faire collaborer des équipes que tout oppose, nous prolongeons aujourd'hui [1] la théorie des jeux, présente en stratégie (modélisation des tactiques à succès), en négociation (diplomatique, juridique, commerciale), en économie (équilibre des grands ensembles), en biologie et intelligence artificielle (sciences de la vie), en informatique (modélisation des processus de circulation, de stockage et de hiérarchisation des informations) et en physique (science des résistances et des seuils).

La théorie des jeux modélise, grâce à des lois mathématiques, les comportements de plusieurs parties-prenantes, prises dans une situation où se joue à la fois la satisfaction de tous et la satisfaction de chacun. Coup après coup. Dilemme est bel et bien le mot-clé : qui dois-je aider ? moi-même ? les autres ? les deux ? aucun ?

C'est ce que traverse le fameux Dilemme des prisonniers.

Mais il y a autre chose : la théorie des jeux rappelle que les coups de la partie se font dans le risque, chacun ignorant ce que l'autre va bien pouvoir jouer ensuite. Seule certitude, plus ou moins posée au départ : l'on se souvient de ce que l'autre a joué les quelques fois qui précèdent. Ainsi a-t-il, à nos yeux, un profil, toujours d'égoïste, mais soit loyal et doté d'une relative intelligence collective, soit fourbe et empêtré dans des visées de court terme. C'est l'un ou l'autre : le joueur, pour imposer ses vues, sait plus ou moins collaborer, plus ou moins utiliser l'égoïsme des autres.

Un exemple ? Il émane de l'informaticien toulousain Sébastien Konieczny :

Vous vivez en voisinage permanent et souhaitez écouter votre musique préférée à fort volume. Si vous parvenez à diffuser votre CD à fond - par exemple au détriment du voisin -, vous jouissez à mettons 5/5, si c'est votre voisin qui - à la place - vous impose le sien très fort, vous en retirez un plaisir de... 0/5. Alternative : vous diffusez vos deux musiques en même temps (bonjour la cacophonie), le plaisir génère un faible 1/5. Et si tout le monde, y compris vous, s'abstient de musique, la satisfaction du voisin et aussi la vôtre atteignent un honnête 3/5. Conclusion ? En collaborant, c'est-à-dire en communiquant, en nous entendant avec les autres, nous obtenons des scores individuels, centrés sur nous-mêmes, parfaitement honorables. À la condition bien sûr que tout le monde soit loyal et joue le jeu. (Sinon, c'est du travail de sape : regardez.)



Le jeu de la coopération, photo de Ross Mayfield


Là où la confiance (et ses résultats constamment salués) maintiennent un collectif de travail, le doute [2] désagrège toute collaboration : les égoïsmes bruts, mal négociés, reprennent la main.

Ce que je vous propose, à notre stade, c'est de faire un test, tiré du très accessible Théorie des jeux de l'économiste Nicolas Eber (p. 64) :

C désigne une collaboration (stroke positif) et D une défection, le joueur « plante » l'autre. Vous-même, que jouez vous (C ou D) quand :

L'autre joueur vient de jouer (au 1er tour) rien ?
L'autre joueur vient de jouer (au 1er tour) C ?
- (au 1er tour) D ?
- (au 1er tour) C + (au 2e tour) C ?
- C + D ?
- D + C ?
- D + D ?
- C + C + C ?
- C + C + D ?
- C + D + C ?
- C + D + D ?
- D + C + C ?
- D + C + D ?
- D + D + C ?
- D + D + D ?

Ça y est ? (Prenez votre temps.)

C'est intéressant. Eber indique qu'il y a quatre tempéraments-types :

1. la stratégie purement coopérative (10 % des cas), qui joue systématiquement C,
2. celle de la trahison permanente (30 % des cas !), inconditionnelle du D,
3. celle de la coopération conditionnelle (50 % des cas), qui joue ce que l'autre a joué (C pour C, D pour D),
4. tout le reste (10 %).

Voir ce que Robert Axelrod pense de la collaboration conditionnelle, illustrée par le modèle Donnant_donnant.

Excellente journée à vous.

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[1] À bien distinguer des jeux psychologiques, inconscients, groupaux, morbides.

[2] Voir tout le travail autour du diabolos, le diviseur, qui défait les ententes humaines. Sa vocation, c'est de morceler la foi (étymologiquement, la confiance). Il s'attaque au ciment naturel des relations interpersonnelles : l'envie de collaborer (échanger), doublée d'un profond besoin d'efficacité et de concorde (cf. Sigmund Freud et son aimer et travailler). À mettre en tension avec l'angélisme (fort différent de la foi), qui refuse les conflits et - par là même - la réalité du fait humain. À noter que la foi est un amour, elle a un côté inconditionnel. Revoir les fondements de la communication : Je t'aime quand / si... est une remarque conditionnelle. Je t'aime (dans l'absolu) est le ressort inconditionnel de l'amour.

L'amour... Naturellement, le fait d'aimer son prochain comme soi-même (Lévitique, Évangile selon Matthieu) inclut que l'on s'aime soi aussi. Avant tout, peut-être. Ainsi a-t-on le discernement : t'aimer oui, en connaissance de cause c'est mieux. (Écarter à tout prix la culpabilité, qui a tout d'une maladie - cf. Triangle de Karpman - puisqu'elle s'oppose à la grâce, cette liberté spirituelle, ce souffle léger qui remplace un fardeau moral.) La grâce se distingue très nettement du libre-arbitre, ce dernier n'étant qu'un exercice de l'immédiateté brute (je dis bien immédiateté et non spontanéité), bref d'une maladresse puisque - notamment pour Francis Bacon [1561-1626] - La liberté n'est pas dans l'absence de contrainte mais dans l'utilisation raisonnée de ces contraintes. C'est ce que l'on appelle les contingences. En faire notre affaire, et nous en nourrir, conforte l'élan vital de la liberté. C'est pour cela qu'il faut manger la vie à pleines dents, le monde de la félicité s'appuie sur le monde tout court.

[ Théma discernement ]


 Contrôle et sensibilité - 3e partieTue 13 Feb 2007
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Contrôle et sensibilité
~ Le plomb et la grâce



Nous avons tous un métier. Mon métier [1] consiste, entre autres choses, à sortir les gens du perfectionnisme (je vous jure). La perfection est un piège : coûteux, usant, décevant. Le principe de réalité vient heureusement nous tirer du cauchemar, du toujours-plus. Rappel : le mieux est l'ennemi du plus. Plus, c'est quantitatif, c'est la même chose en davantage. Le mieux ? Un changement de système [2], un processus adapté, vivant. Une nouveauté plus fine.

Vous imaginez bien que le 20/80 est des outils atomiques le plus utile ici. Perfectionner, c'est perdre du temps, donc des clients et de l'énergie nerveuse. Donc de l'argent, donc de la vie pour votre entreprise. Bien faire, à l'inverse, c'est accepter de maîtriser la chose à 80 % (notion d'excellence, disjointe de la perfection), donc à fort taux, et puis... de la lâcher. Pour passer à autre chose. Pour amener le truc à son point culminant, je veux parler du point culminant réaliste. Là encore, 80 % c'est un bon taux. Vous changez, vous sautez sur un autre processus : vous gagnez un temps fou à chaque fois.

Parlons management. Comme moi, vous savez bien que le leader situationnel est un kangourou, un animal sauteur (cf. Kenneth Blanchard). Sitôt qu'il amène un collaborateur à la mâturité professionnelle sur une tâche précise, il passe vite à quelqu'un d'autre. Et d'un il se met en réaction par rapport au premier, et de deux il aide le plus fragile à croître. Résultat : deux collaborateurs évoluent au lieu d'un. Les 20 % qu'il a gagnés sur le numéro un deviennent un levier pour le second, les vases communicants s'inter-alimentent.

En outre, on le sait, terminer (achever) un travail jusqu'à l'extrême limite est ce qui prend le plus de temps, donc qui fait chuter la productivité ou la performance de manière drastique. Il faut rationnaliser et accepter qu'un autre vienne achever la chose en cours (ou vienne la surveiller, si on la laisse à 80 %). Vous, vous êtes un(e) boss, un(e) vrai(e) : vous priorisez, réalisez, engrangez de l'argent et dépensez intelligemment chaque minute [3] de votre temps.




Fig. 1 - Lâcher s'oppose à renoncer,
c'est mieux investir ce qui suit et ce qui croît



Je m'arrête ici. (Je relis.) Nous avons parlé de cette folle course à la perfection. Ce marathon est un des fruits du contrôle, du besoin de maîtrise. Ce besoin est humain, il est un fruit de la finitude humaine (look). Et c'est de ça que je veux parler : après la maîtrise, parlons de l'expressivité, cette polarité différente, qui rentre en dialogue puissant avec la maîtrise. Pour aller bien, il faut un mariage intelligent entre les deux.

En cela, le travail de Jean Monbourquette est splendide. De même que celui d'Alexandro Jodorowsky ou de don Miguel Ruiz. Réconcilier les deux grands besoins pour qu'ils accouchent d'une troisième voie [4] sereine, voilà un beau projet.

Il y a beaucoup à dire, alors je vous renvoie ici. Et vous laisse vous attarder sur un tableau des grappes de mots que vous pouvez trouver dans les livres. D'abord, les puissances de contrôle (1). Juste après, celles de l'expressivité (2). On y va :

1. [ Contrôle et structuration (Georges Romey), maîtrise, analyse, décisions, volonté, conatus, pensée cartésienne, esprit de géométrie (Blaise Pascal), cerveau gauche (PNL), animus (Carl Gustav Jung), yang (taoïsme), Juge (don Miguel Ruiz), état Parent (Eric Berne), Surmoi (Sigmund Freud) ],

2. [ Expression authentique et sensibilité (Romey), créativité, intuition, instinct, réceptivité, lâcher prise, synthèse, spontanéité, ressentis (feelings), pensée alternative (lateral thinking - Edward de Bono) ou systémique, rapprochements ou connectivité analogique, esprit de finesse (Pascal), cerveau droit (PNL), anima (Jung), yin (taoïsme), Victime (Ruiz), état Enfant (Berne), Ça (Freud) ].

Renoncer au perfectionnisme, c'est gagner du temps, de la motivation, de l'argent. C'est aussi plus d'efficience. C'est - pour terminer - s'ouvrir à l'expressivité, cette amorce, ce jaillissement continu des réalisations humaines. Ajoutez à cela de la structure (mettons un scoring) et vous gainez vos idées dans un corps (un plan d'actions) réaliste et sain.

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[1] Que dire ? J'aide les équipes à envisager les rapports de force avec un marché, les angles de pénétration commerciale, le suivi visuel (tableaux de bord simples, épinglés en grand), les actions à mener en priorité - compte tenu de leur impact (scoring), et le canal socioémotionnel avec lequel il faut parler à chacun des collaborateurs. Pourquoi ? Pour que chacun tienne dans la durée, j'aide le manager à parler clairement et à féliciter tout ce qui avance. Oui c'est de l'organisation (à visée stratégique) et du management (orienté motivation). Les gains ? Une plus grande liberté quant au temps (priorisations et redéploiements enfin possibles), un succès commercial patent (visible, suivi, "bichonné"), une cohésion des équipes dans la durée (le succès vient... des gens).

[2] A l'échelle des entreprises, il y a aussi des paradigmes, des socles plus ou moins cohérents de croyances, de conceptions (représentations, principes c'est-à-dire valeurs). Et ces socles sont à la fois des marchepieds vers un mieux. (C'est l'idée d'amélioration continue). Le mieux devient alors un plus. Certes, obtenir 25 % de taux de conquête commerciale, c'est davantage (et mieux) que 18 %. Il faut pour autant se dire qu'un seuil viendra (une nouvelle donne ou une usure) où le socle du départ va se crisper, devenir un dogme et étouffer la performance. Il faudra alors un vrai mieux, c'est-à-dire un changement qualitatif des perceptions et modes de travail. C'est toute la différence entre changement 1 (pareil, en plus - donc en bientôt limité) et changement 2 (nouvelles façons de faire, plus fines et davantage en phase avec ce tissu vivant - ce complexus - qu'est la vie). Sur les conceptions et les croyances, lire "Mojo d'entreprise" (ici) et "Vrac de janvier" sur les croyances limitatrices. C'est . Et puis, sur les changements, il y a une théma - et c'est vers cet article que je compte vous emmener, "Métamorphoses Vs modifications" : .

[3] Notamment en faisant du management, du vrai, qui booste les équipes. Cf. management-minute.

[4] C'est Marc Traverson qui va être content :-)

[ Image (c) Grevel @ Flickr.com | d'après l'étymologie, analyser c'est défaire des noeuds | la grâce, un contrepied à l'effort endémique de perfection | lire l'excellent boulot de Traverson sur la synergie | théma systèmes | théma cerveau | autre sujet - Absara.com, ces jours-ci, passe techniquement de 500 ou 600 lecteurs par jour à environ 100, lire les ratés du serveur allemand qui héberge ce blog, chez Flemming ]  Read More