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 Prendre soin des autresTue 10 Feb 2009
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[ < thémas Pédagogie, Humanisme & Éthique | catégorie Divers | archivage automatique du billet sur Muslmigauze et son rapport à l'Orient arabo-musulman | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre pour poster vos commentaires et naviguer par mots-clés ]

Peu. Peu sont aussi touchants que Janusz Korczak (1878-1942). Des humanistes, des pédagogues ? Peu s'engagent comme lui, se dévouent [1], inspirent définitivement le genre humain.

Korczak... Ce pédiatre du ghetto de Varsovie, médecin de la misère, traverse le fracas nazi entouré d'une ribambelle de marmots, orphelins, qu'il aide, encourage, éduque et soigne. Fidèlement, généreusement, de manière construite (Korczak innove et modélise une pédagogie, intelligente et moderne). Puis vient l'enfer de la rafle. Quelqu'un intime au médecin de fuir. Mais il monte... L'homme accompagne ses petits protégés dans le convoi de la mort.

Il meurt à Treblinka (Pologne).

Il faut admirer cet homme. Digne, juste et humain. Il faut aussi lire son journal (posthume) du ghetto.

Korczak, en plus d'être un homme d'étude et de terrain (figure paternelle, éducateur, clinicien qui donc se penche [2] sur les cas personnels), Korczak est un penseur social et un métaphysicien de premier ordre.

Il se demande [3] pourquoi le collectif humain, si tant est qu'il évolue, se heurte systématiquement à la tentation de la violence massive. Comme pour accoucher de formes éthiques, organisées, fonctionnelles. L'épreuve est-elle obligatoire pour organiser la vie ? ramener l'homme social aux évidences ? le faire marcher ? D'ailleurs, l'homme - par sa cécité - a-t-il une destinée tragique, qui marque sa chair et engloutit fatalement ses enfants ?

Je veux dire combien Korczak, grand inspirateur, est nécessaire à tous.

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[1] Pédagogie - Quelques pionniers féconds, nécessairement hors-système (cf. homéostasie et logique organique des institutions) : Rudolf Steiner (1861-1925), spiritualiste post-romantique, inclassable, original (voir citations) quoique pétri des préjugés de son temps ; Maria Montessori (1870-1952) et aussi Célestin Freinet (1896-1966) ou Françoise Dolto (1908-1988). Voir d'ailleurs la théma.

[2] La clinique, en grec, c'est l'art de se pencher au chevet, à l'écoute de la détresse et des moyens possibles de soulager. Il y a, infuse, l'idée d'étude et de soutien de la personne.

[3] Précédant, en cela, René Girard, anthropologue et philosophe de la civilisation. Citation de Korczak (Journal du ghetto) : « Le monde est-il une transformation continuelle du mal, ou bien avance-t-il vers un idéal en allant toujours plus haut et plus loin au milieu de ceux qui tombent ? ».

[ Droits des enfants, la lumineuse contribution de Korczak | Korczak est un pseudonyme (personnage romanesque et nom de plume), il se prononce Yânouss Kortchâk | Korczak, l'hommage de Kurt Lewin (ici, théma Lewin) | sur la cécité de l'homme social, revoir le scénario noir - si fréquent - de la Tragédie des communs (Vaine pâture) | Apprentissage vicariant de Freinet, un modèle pour l'entreprise ? ]  Read More


 Se poserThu 22 Jan 2009
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Charles


Un pasteur. (Oui.) C'est quoi au juste ? Le mot veut dire berger [*], au sens de conducteur, de responsable, qui stimule, forme (fait grandir), rassure et soigne ses brebis. Le pasteur ? Un fruit du protestantisme, courant qui prône un retour individuel aux racines de la foi (Évangile : « bonne nouvelle » en grec). Le prostestantisme propose de prier Dieu et seulement Dieu (jamais un humain, fût-il saint c'est-à-dire exemplaire). Le protestantisme se passe de clergé et l'interprétation de la Bible est forcément individuelle (donc profonde) et libre (autonome). Seuls des gens versés dans les Écritures (ensemble inspiré, direct et complexe) peuvent, et souvent à l'issue d'études dédiées, dispenser des enseignements.

La Bible se lit, se médite et sert d'édification spirituelle et morale pour le croyant (réflexions, prière, discernement, consolation, encouragements, décisions).

Elle fait autorité.

Le pasteur, alors ? Un homme ou une femme. Versé(e), on l'a vu, dans les Écritures. Et expérimenté(e), connu(e) pour sa sagesse, souvent parent, donc marié(e), parfois titulaire d'un autre job. C'est l'assemblée des croyants (assemblée : ekklesia, église) qui élit le pasteur.

Pour son dévouement, son empathie, sa finesse spirituelle.

Il se déplace avec son conjoint pour réconforter, enseigner, visiter les croyants dans l'épreuve. Ou juste manger et partager un verre.

Charles est un bon pasteur et c'est le mien. Son implication, sa chaleur, son expérience, sa foi, son audace, font de lui un ami cher. Un conseiller spirituel charnel, honnête, inspiré, profond.

Que dire ?

C'est un travail qui se compte en années que de comprendre que Dieu n'a pas d'exigences pour le croyant. Finie la culpabilité, finis les rituels, finis superstition, religion, délire et infantilisme.

Les exigences ? Ce sont les humains qui (se) les imposent, pour coller au schéma parental, pour se défausser, pour juger, pour se rassurer. Ce que Dieu propose, ce sont des percées de bonheur, des voies d'évolution. D'accomplissement.

Un cheminement gratuit, au jour le jour. Dans la confiance mutuelle (contrat de cheminement, foi).

La grâce ? Un soulagement. Un privilège...

C'est ce que je comprends. Notamment quand je discute et partage des choses (très personnelles) avec Charles.

Comme cet après-midi.

(Voilà.)

Prenez soin de vous :)
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[*] Eh oui. Si les États-Unis génèrent un modèle tel que le Manager-minute, c'est parce qu'il y a dans cette première économie mondiale une culture pastorale populaire, volontariste (I have a deam ; Yes we can ; A Maverick, le « franc-tireur », repompe intégrale du discours des églises). Le rapport au travail et aux travailleurs (le management) est un humanisme, un optimisme responsable, optimiste. Et pédagogue ! (Encourager, fournir des strokes, donner envie d'apprendre et de se dépasser.) C'est un des acquis du protestantisme économique, produit de la vie courante (travail, famille, implication et animation d'une communauté, d'un tissu social). Les églises, pleines le dimanche, sont des usines à management, des matrices et des filières à motivation : le pasteur en chaire est un mobilisateur. Personnage qui parle à la tête et aux tripes. C'est culturel, donc digéré dans la vie de tous les jours (habitudes, mentalité). Le pastorat ? Une fabrique en temps réel (une usine à ciel ouvert) de l'essentiel du management de ces trente dernières années. Une envie de plus et de mieux. Une ambition concrète, qui parle et engage le quotidien. Cf. Le Tremendous ou encore Kenneth Blanchard. Le management est une approche normale, populaire, naturelle, de tous les jours.


 Atouts de l'intervenant - 4e partieTue 26 Sep 2006
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Intervenant Vs beauf à la Cabu


L'intervenant, c'est le consultant, l'accompagnateur et/ou le formateur qui reste un temps défini dans l'entreprise. Sa mission ? Régler un ou des problèmes [1]. Dans un contexte d'entreprise. Dans un contexte humain. Dans une hiérarchie aussi. Et avec les craintes des uns et des autres : parlons surtout de la peur de perdre un territoire, une sécurité, une situation connue. C'est humain : c'est normal, quoi.

Mais pourquoi [2] alors do they hate us? "Eux", ce sont les gens, les patrons, les employés, les autres. Et "nous", c'est l'ensemble des intervenants.

Alors je vais dire comment j'envisage les choses. Ce que les gens redoutent le plus chez nous, mes chers amis, c'est le fait que :

1. nous facturions des honoraires trop élevés pour les PME, surtout celles qui sont en crise,

2. notre travail n'engage qu'une petite partie de notre être, puisque nous nous éclipsons après la mission,

3. nous exagérions trop souvent nos références,

4. nous entretenions une certaine confusion entre opportunistes du "métier" (voire gens paumés) et consultants véritables,

5. notre attitude soit assimilée à de l'arrogance, à du "je-sais-tout", à du jargon de cuisine,

6. nos solutions soient générales et standards, voire directement issues de livres achetés à la Fnac,

7. nos frais de mission soient ceux d'un premier ministre,

8. nos préconisations soient distillées par PowerPoint, à une équipe d'initiés, en prenant bien soin de rester froids, théoriques et incompréhensibles,

9. le secret professionnel scellant ce qui nous est dit soit un voeu pieux,

10. nous soyions les produits de grandes écoles déconnectées de la vraie vie.

Alors j'ai des tas de choses à dire. Tout d'abord, je comprends tout cela et puis vous dire que je constate beaucoup de nouvelles pratiques, massivement. Les temps changent : propositions pragmatiques, engageantes pour tout le monde, solidaires, accessibles, modélisées (si... alors ; mais - parallèlement - si... alors, etc.).

Et puis j'adore ce métier. J'ai des collègues lumineux, impliqués, prêts à se faire payer en stock options (voire en rien du tout, si le boulot est mauvais). Et qui reviennent sur site, passent des heures à ajuster les solutions, réconfortent des dirigeants, planchent sur tous les cas particuliers, connectent le donneur d'ordres avec les bonnes personnes et "mouillent la chemise". Je suis persuadé que la tendance lourde est là... Ce métier est passionnant, noble et vital. Et tellement pragmatique, en fait.

Les intervenants sont des médecins d'entreprise. Comme leurs homologues pour les humains, il y en a de normaux : c'est-à-dire honnêtes.

Je persiste et signe.

Si vous avez la moindre question, discutons-en, d'accord ? Et puis, mettez-nous sur le grill : testez-nous, collez-nous la pression, interagissez. A plusieurs, toujours tout est possible.
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[1] Bien distinguer le problème (différence chiffrée entre une situation rêvée et puis sa réalisation concrète) de la problématique (questionnement et réflexion thématiques, porteurs d'enrichissements pour toutes les parties-prenantes d'un projet - ex. une problématique marketing ou logistique).

[2] Expression tirée de la une d'un célèbre Newsweek, aperçu - par votre serviteur - aux Etats-Unis en... septembre 2001. Oui.

[ Consulter avec profit "Ciseler quelque chose" | b.a.-ba du changement | proposer le changement dans l'esprit de Palo Alto | mmh, commercial, un métier - lui aussi - en pleine révolution | Crème de violette est un pied de nez - maintenant reconnu - aux poncifs sur le métier : venez et jugez ]


 Bloguer ! - 1e partieFri 7 Jul 2006
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Bloguer ! - 1e partie [ Cartographier un blog - 2e partie >> ]

Du blog et de l'esprit qui l'accompagne

<< Mes fantaisies se suivent, mais parfois c’est de loin, et se regardent, mais d’une vue oblique. [...] Il s’en trouvera toujours en un coin quelque mot qui ne laisse pas d’être bastant, quoiqu’il soit serré. Je vais au change, indiscrètement et tumultueusement. Mon style et mon esprit vont vagabondant de même. >>



Michel de Montaigne (1533-1592), De la vanité

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