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Information, communication, com'
Chers amis,
Je fais un détour radiophonique par le spécialiste de la communication, Dominique Wolton. Après quoi je me penche à nouveau (et sûrement même pendant le week-end) sur la micro-enquête, merci de vos pertinents avis.
Parlons communication. Et écoutons Wolton, qui est très clair :
<< L'information, c'est un message. La communication ? Une relation [1]. Quant à la com', c'est les paillettes. >>
Dominique Wolton [2], invité des excellents Matins d'Ali Baddou (France culture), le 26 janvier 2007
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[1] Dominique Wolton explique que pour réussir cette relation, il y a négociation entre parties-prenantes. Ce que j'en pense ? Eh bien, l'émetteur doit fait mouche chez celui qui l'écoute. Il doit l'intéresser au sujet et créer un impact (intellectuel, émotionnel - bref, sur le cerveau), voire amorcer une influence, une coloration des représentations et/ou des actes de son partenaire. Alors oui, il recherche des percées séduisantes, des compromis, des angles. Cf. la notion classique de dialogue (représentation du monde à deux, deux parties-prenantes opposables ou - au contraire - capables d'une rencontre, voire d'un partage). C'est toute l'ambivalence du nombre deux (puissant archétype).
[2] Spécialiste de la communication, directeur de recherche au CNRS, directeur du laboratoire « Information, communication et enjeux scientifiques », directeur de la revue Hermès.
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Wonder-bras
L'on dit souvent, et moi le premier, que les projets se délitent avec le temps. Pourquoi ? Parce que, dans la plupart des entreprises, le lien s'émousse : les camarades du début deviennent des collègues (pff, ils râlent) et parfois des rivaux (grr, ils grognent). Vous vous souvenez de cette bon sang d'entropie ? C'est une force physique qui provoque, avec le temps, la disjonction et puis la dégradation d'un corps, d'un système. Il y a son symétrique, vous le connaissez : la néguentropie aliashoméostasie ou force de cohésion (la fameuse résistance au changement). Elle agit comme un aimant inconscient. Mais il y a beaucoup mieux que l'homéostasie passive, grégaire. Il y a la communion autour de valeurs puissantes [1].
Encore une fois je convoque le cas Mondragón, où le prêtre José María Arizmendiarreta a créé une coopérative dans la Pays basque espagnol (1956). Il s'agit à présent d'un géant industriel dans une jungle mondialisée, qui embauche (si !) et qui enregistre de la croissance (dingue !). Quelques valeurs simples et une vision pour souder l'ensemble [2], ajoutez-y des cercles vertueux (ex. : mieux tu travailles, plus tu as de sous) et la machine ronronne.
Il y a aussi l'exemple de Def Leppard. Ce groupe de heavy metal anglais a connu son âge d'or dans les années 1980. Souvenez-vous :
Eh bien figurez-vous que leur batteur Rick Allen, à l'époque, a eu un accident et a perdu... un bras (1984). Vous vous rendez compte ? Passer du succès au handicap physique ? Et, plus concrètement, comment continuer à jouer ? Les gars de son groupe lui on dit : Ecoute, tu vas rester avec nous. On te garde et on va y arriver. C'est ce que j'appelle de la camaraderie. Vraiment. Le bonhomme a travaillé dur, avec son bras unique, et a construit un système de pédales pour augmenter son efficacité sur les toms (les caisses de la batterie). Que dire ? Bravo. Un corps qui fait corps, ça marche. Leur équipe pourrait, je pense, donner des cours aux grandes écoles de management.
Un principe (la camaraderie), une vision (tous ensemble, des tournées partout). Et du succès au bout. Moi je dis que c'est normal : un vrai groupe c'est ça. Et un vrai groupe, en management, ça marche.
[ Intelligence collective | Vision claire et pugnace + Valeurs simples + Cercles vertueux = Succès | comment, par ailleurs, un petit groupe et ses valeurs peut influencer une morne majorité - concrètement ]
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