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 Deux temps, trois mouvementsTue 21 Apr 2009
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François Dubet


En deux temps. Je les aime comme ça les billets de blog. Vous savez ? Un fil directeur, qui introduit, et puis un cœur de sujet juste après : parfois en phase (dans la droite continuation), parfois différent. Comme une bifurcation. Vient alors une histoire, un rythme - oui - un truc en deux temps. L'un installe et l'autre dit.

C'est vrai que les derniers billets de ce blog ont des accents très perso. Je l'assume. Écrire des billets, c'est ouvrir quelque chose. Une boîte à choses (et c'est open). Une âme, un vécu... Souvent dans l'instant. Aux contributions pro, viennent contraster (compléter ?) des éléments perso : certitudes, doutes, expériences. Des pointillés forts. Ou bien le tiers-élément d'une tresse à trois brins : 1. le pro, 2. le perso dit (ici écrit), 3. le perso secret (le vrai, diffus, induit, invisible - comme un tempérament, comme un nuage humide, personnel, qui nimbe les écrits).

Ouais.

Je reprends un instant cette histoire de propos en deux temps. Puis passe, avec vous, à François Dubet, sociologue français.

Parlons des Simpsons. La série animée. (Hilarante.) L'art de ses nombreux scénaristes, c'est de couper l'épisode en deux temps, deux histoires. Que dire ? Narration bien faite. Et rebondissement central, qui fait une charnière immédiate. Alors vient un rythme, ok. L'histoire se tord, se dynamise, prend une posture. Un souffle.

Direction France culture à présent. (C'est le second point). Et chapeau bas. Dans son rendez-vous du mardi, de 11 h à 12 h, le journaliste Sylvain Bourmeau (blog, émission La Suite dans les idées) reçoit des personnages-piliers en sciences sociales et humaines. Son invité d'aujourd'hui : le sociologue méridional François Dubet, spécialiste de l'exclusion. Sa contribution d'aujourd'hui confirme un rôle, une pensée à part, stimulante. Qu'en dire ? Les grilles de lecture, selon lui, se plongent dans l'idéologie du XXe siècle. L'épreuve des faits dépasse, malmène et désarçonne donc ces anciennes (quoique vivaces) façons de lire le monde, de l'analyser (voir théma Paradigmes). L'idéologie donne une logique interne : une forme. Une limite...

Or, le monde a changé.

Le monde riche (le nôtre, celui du Nord) change à grands pas. Les institutions classiques ont du mal à suivre. Elles sont en crise. Leur côté rassurant, prépondérant, modérateur, répartiteur (en clair central) s'efface. Et le doute arrive. Regardons ça : la pratique religieuse perd du terrain, l'école absorbe mal la détresse culturelle, l'université isole au lieu d'introduire au choc (et aux attentes) du monde du travail, l'entreprise détruit ses propres emplois (elle est cannibale), les travailleurs sociaux peinent à tisser des références, des pratiques, des liens salutaires, les intellectuels lorgnent tantôt vers les idéologies (forcément réductrices, forcément croupies) tantôt vers le succès personnel lénifiant, pauvre et bien-pensant (carrière, reconnaissance, appétit pour les choses évidentes), les familles deviennent de simples noyaux, souvent monoparentaux, parfois marqués de la chute du père (divorce, chômage, mal à se projeter, à être un individu socioprofessionnel tenace, donc porteur d'une image de structuration, de légitimité, de sagesse - recul, enseignement - et d'autorité ; cf. Nom-du-Père - Lacan -, et cf. Animus).

La lose, en clair.

La perte des repères...

Augmentée d'un moteur ferme et à présent général : l'individualisme à tout va. Quand mon tissu va mal, et que son rôle signifiant part en toupie, je m'appuie sur moi-même. Fini le religare : mes liens, qui pourtant me définissent, s'effilochent. L'Autre devient un rien, un point d'interrogation, voire un porteur de microbes.

De sorte, et c'est là que je veux en venir, la déroutinisation s'installe. Ce qui faisait le code du vivre-ensemble perd en substance. Il se vide. Les modes de communication s'individualisent, donc perdent en efficacité générale. Et comme tout s'évanouit, j'échoue. Je doute. Je bataille. Porteur de moi et de moi seul (survie, accrochage délibéré). Moi seul avec - ou contre - le monde, c'est une croisade perdue.

L'Autre devient un moyen ou, pire, un obstacle. Il n'est plus lui.

Et moi sans lui, je deviens une soustraction. Une peine à être.

Dubet parle du sentiment d'échec. C'est le signal qu'un processus s'arrête. Au lieu d'attribuer à ce tissu de crise mes ralentissements, mes tentatives, mes arrêts dans le milieu (voir Attribution), je crois que l'échec est mon résultat. Ma chose. Mon fruit. Si le reste est maigre, c'est que moi je suis (et je me le dois) être fort. C'est-à-dire opérant. Mais comme c'est sociologiquement infondé, je me heurte à moi. Je crois que tout est de mon fait.

Je déprime. Et perds plus encore le lien avec autrui.

Que dire ? C'est intelligent, c'est réaliste. Je range Dubet parmi les pragmatiques.

Revenons-en à la déroutinisation, qu'il faut rattacher aux thémas Rituels et Besoins de structurer (de maîtriser) le cours du temps. J'en termine ici. Pour communiquer (trouver ce que les autres et moi avons en commun : attentes, envies, projets), je dois passer par des rituels. Des routines. Des garanties. Des clés. Ces processus amènent la paix sociale : si je sais comment pacifier un rapport (les rituels rassurent et montrent que l'on a le même référentiel que l'interlocuteur), eh bien si je possède ça, je me débrouille. Je sais rassurer l'autre et rentrer dans un lien. Il me reconnaît comme un pair.

Si mon trousseau comportemental est vide de clés - ou pire, doté d'une abondance de cultures différentes, segmentées, morcelées, microscopiques (pontillistes, pour paraphraser Dubet), autant dire spécifiques et individualistes -, je me perds. Je perds en lien. Je perds en assurance. Je me perds moi. Je m'éparpille. Et prends des coups (rejet, éviction).

Je m'attribue l'échec. En ligne de mire ? La violence : faite à moi-même, faite aux autres.

J'en finis : je veux rappeler combien, dans sa sagesse, le docteur Berne soulignait l'intérêt d'être superficiel. D'avoir les codes. C'est une dynamique sociale, tournée vers autrui, futile et utile. Constructive, en clair. Naturelle.

L'individualisme est une impasse. La peur de souffrir (maîtrise et prudence excessives) ? Un beau leurre. Le risque : une nécessité, consubstantielle à la vie.

Car il faut bien vivre. (Bon sang.) Et vivre, ça se fait ensemble.

Vous êtes ici chez vous : je vous souhaite une excellente semaine.

Be seeing you.

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[ Bande-son de mes dernières semaines : Charlie Winston, beatnik à souhait (The less I have, the more I'm a happy man... - Ouais, et un hobo, c'est un vagabond de la Grande Dépression, années 1930) | hobos, langage visuel ]


 La liberté, le devoir, le groupe et moi - 13e partieThu 25 Sep 2008
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Le groupe - Archétype vivant, aberrations morbides


Le choc. Thermiquement, c'est - cet automne - ce que ressent Germaine du Burkina Faso, en stage chez mon père. Bonne francophone, elle apprend les techniques pédagogiques d'ici (réseau Asti), pour enrichir sa pratique de future enseignante (notamment au Bangr Zaandé). L'alphabétisation, ici et de retour là-bas, voilà ce qui l'anime. Elle se donne les moyens.

Le choc. C'est aussi Rabiou qui l'évoque. Animateur-conteur d'exception (origine Niger), Rabiou me dit que les Africains qui arrivent chez nous sont médusés, cette fois-ci moralement. Estomaqués. Ce qui les frappe, c'est deux choses : 1. l'individualisme à tout crin, 2. la façon dont on traite nos vieux.

Le premier cas est commenté, connu et reconnu, y compris de nous-mêmes. La recherche légitime d'autonomie individuelle (consubstantielle à notre idée de liberté), bref la démarche de prendre en main nos désirs, nos projets, nos besoins (et d'attendre que l'État nous y aide), tout ça c'est occidental. Pour le meilleur (sentiment d'épanouissement, liberté de conscience, possibilité d'entreprendre et de décider des choses). Pour le pire aussi : le socius se distand. Le tissu collectif se tiraille et s'agite (chacun pour sa pomme, cf. vaine pâture). Le lien collectif (les Américains appellent ça la communauté), le souci du vivre-ensemble et du bien répartir, s'établit mal. Témoin, le mal - dès l'école - à travailler en groupe, à générer le leadership (virtu de Machiavel, force Animus en psychologie des profondeurs). Mollesse à concevoir des visées collectives de qualité (concertation, innovations, benchmarking), à s'entraider, à persévérer, à animer (cf. dynamique de groupe), à pousser pour quelque chose qui nous transcende. Ou, plus prosaïquement, qui touche nos proches. Et dans le même temps nous-mêmes, individus. En clair, tout un chacun ; tout le monde - ou presque - à la fois.

Le deuxième élément, c'est ce qui plombe nos groupes sociaux et familiaux. Rabiou me dit qu'un vieux, c'est une source de connaissances. L'ancien sait beaucoup de choses. Détaché, centré sur l'essentiel, il enseigne en profondeur et canalise l'élan vital des jeunes (la libido). Il aide à être. Il guide, il éduque, il élève. Il inspire (le rôle coercitif revient aux parents). Il s'implique et - mieux - figure d'emblée comme le moteur de progrès du monde. De toute éternité, vieillir c'est bien : c'est utile à la communauté.

Mais quand il y a communauté, il y a devoirs. Les Africains s'appliquent fréquemment le droit d'aînesse, le respect des conventions, les traditions. De sorte que les tissus tiennent (et parfois en dépit des famines), mais à des prix individuels élevés : gros efforts pour tenir un ensemble (cf. le coût d'une homéostasie).

Je pense à cette histoire de trajectoire personnelle. Et de façon d'être au monde (ethos).

L'émission sur Arte d'hier, Terminus Auschwitz, aborde la responsabilité, pendant énergétique de la liberté. La relation est étroite entre collectivité (dans l'émission, les institutions, les machines à produire) et individualité (ressorts personnels, conscience et décisions).

Système contigu.




Fig. 1 - Photo d'Eschipul @ Flickr.com



Je parlais de socius, de tissu vivant (complexus). Or, l'institution, c'est vraiment tout autre chose. Parlons-en : c'est la version cristalline et figée des choses. Version morte. Pâle avatar, porteur de raideurs. De pesanteurs. Exit les forces vitales, l'envie de félicité (participativité - cf. Rensis Likert ; innovation, dynamisme, entraide). L'institution ? L'émission d'hier la désigne : chemins de fer en Europe continentale, SNCF des pays occupés. Dans les années 1940, ces Leviathan bureaucratiques reçoivent l'argent des nazis (volé aux juifs), pour acheminer les victimes vers les camps. Comme une machine huilée. Gares de tri. Montant perçu ? En Slovaquie, chaque déporté rapporte à la compagnie nationale un montant de 4,80 couronnes. Juteux business, acheminant des dizaines et des centaines de milliers de morts en sursis. (Comptez.)

La responsabilité individuelle ? Diluée. Anesthésiée, répartie entre tous ou plutôt portée par l'institution, ce grand signifiant mou. Le cheminot ferme la porte des wagons à bestiaux. Le cadre facilite le travail. À très grande échelle, avec les moyens organisationnels (très techniques) d'individus du XXe siècle. Il faut attendre quinze ans après la Shoa pour que le psychologue Stanley Milgram (1933-1984) décrypte cette horrible propension qu'ont les humains à obéir au premier crétin venu. Dangereux (comme les nazis) ou juste institutionnel (professeur en blouse blanche).

L'institution démultiplie l'efficience (force de travail finalisée, optimisée, génératrice de synergies). En même temps, elle disperse la responsabilité, donc la prise en compte des conséquences, la projection personnelle. La décision, le cœur.

Elle désengage. Elle donne une bonne conscience.

Principe de réalité oblige, le groupe réconforte et stimule. L'institution ? Elle infantilise.

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[ L'État, quand il est démocratique, fait beaucoup mieux qu'une institution : c'est l'émanation vivante et symbolique du peuple | lire Milgram (merci à l'excellent Psychobranche) | Qui décrit mieux l'infantilisme (adhésion à des propositions parentales) que Gysa Jaoui, la maman de la très observatrice Agnès ? ]  Read More


 Systémique... ta mère - 11e partieSat 9 Dec 2006
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[ < Tire-bouchons - 10e partie | besoins Vs attentes | névrose de groupe | permanence et changement ] Systémique... ta mère [ 12e partie > ]

Harmonie

<< Les groupes de pensée se comportent à la manière d'un individu névrosé : ils nourrissent un complexe de l'enceinte. Dans ces lieux clos où ne pénètre que celui qui présente les signes de l'appartenance, on oeuvre au maintien, cet oppresseur des énergies créatrices. [...] Mon propos [...] est un acte de foi dans les deux courants dont dépendent les choses de la vie : le besoin de permanence, qui pousse tout organisme à sa conservation, et la pulsion d'évolution, qui assure son devenir. Hors d'un équilibre entre ces deux fonctions, rien ne peut exister dans l'harmonie. >>

Georges Romey, ancien consultant en organisation, psychothérapeute érudit, il est - avec Jean Monbourquette et Gilbert Durand - certainement le meilleur néo-jungien d'expression francophone, intellectuellement proche - par ailleurs - de Carl Rogers et de l'approche psychoneurologique d'Arthur Janov



[ Rendez absolument visite à Mickal | le changement, toute une théma | les territoires | Adrel, ressource officielle pour le courant thérapeutique de Georges Romey, le rêve éveillé libre ]


 Faire bouger une entreprise publique ? - 5e partieSun 29 Oct 2006
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[ Les intellectuels se mouillent - 4e partie ] Faire bouger une entreprise publique ? - 5e partie

Ah, l'entreprise publique ! Comment faire bouger la bête ? C'est la question qu'aborde un habitué du dialogue public-privé. Gilles Martin, HEC 1981, est consultant en management et amélioration de la performance. Son univers ? Celui des sphères publique et privée où, dans un cas comme dans l'autre, les paties-prenantes doutent de l'institution en général, tant dans sa mission (et dans ses moyens de réussite) que dans ses promesses de carrière et de bon traitement des ouailles. Bienvenue dans l'économie des années 2000 !

Pour ce blogueur participatif, il y a un chef d'entreprise publique qui a résolument voix au chapitre : c'est Jean-Paul Bailly. Ce patron des 280 000 employés [1] de la vénérable institution jaune et bleue incarne une percée dans l'univers réputé figé (à tort ou à raison) de la fonction publique.



Fig. 1 - Jean-Paul Bailly


La tactique du président de La Poste ? Comme dans tout système, un faisceau de lasers [2] qui pointe sur la masse protéïforme du milieu, de ses habitudes, de ses réactions et de ses attentes. Il anime cinq résolutions, cinq clés d'entrée, que je vous propose de découvrir ici.

Reparlons de Gilles Martin. Lisez donc sa contribution à la question Qu'est-ce qu'un bon manager ? Et puis ce qu'il pense de l'autorité, à la lumière du chantre du management "sans leadership", Ronald A. Heifetz. C'est .
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[1] C'est la taille de la ville de Nantes.

[2] Traiter un problème en milieu complexe (vivant, changeant, interconnecté, soumis à des effets de seuil, de masse critique - voir ici), c'est certes : 1. coordonner simultanément plusieurs mesures différentes (en termes d'angles), mais aussi 2. écouter les soubressauts en direct (comme dans la dynamique de groupe), 3. modéliser toutes les étapes psychosociologiques du changement et s'y tenir au regard de ce qui se passe, 4. prévoir des plans de remplacement en permanence. Un peu comme dans une bataille militaire, où la poigne a pour puissants corollaires l'écoute attentive du terrain et la connaissance des hommes, ici et en face.

[ Image (c) Archquo, Nouvel Obs | Qu'est-ce que qu'un bon manager ? - proposition de synthèse | question que complète (et questionne malicieusement), avec son talent habituel, Alain Fernandez, versant management de projet | très chic | France telecom est peut-être le plus gros investisseur public en R&D ; quant à EDF-GDF, en pleine mutation, c'était - jusqu'à présent - le plus gros demandeur français de formations en management, informations tenues de deux experts (innovation industrielle & management) ]  Read More


 Plaidoyer pour les entreprisesMon 27 Feb 2006
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1. Les entreprises

Elles sont réactives, nos entreprises. C'est même ce qui les caractérise. Elles sont pragmatiques et tournées vers le gain d'argent, ce qui est sain. Le bémol ? Les querelles de personnes. Cartographier les relations et le socio-émotionnel en général est une gageure. Mettre les doigts dans ces histoires de rapports humains peut vous coûter... les doigts. (Aïe, les territoires.) Pourtant c'est dans l'humain que les entreprises ont à gagner : fidéliser, mobiliser, connaître et faire adhérer les troupes. L'union (mutualisation, synergie) fait l'efficience : elle mobilise les forces de chacun pour lui donner en retour la gratification qu'il attend (cf. strokes). Et chacun 'bosse'. L'union démultiplie les forces, tel un système gorgé de potentiels... compatibles. A condition de passer un peu de temps [*] là-dessus. Passons aux institutions.

2. Les institutions

Elles diffèrent complètement des entreprises. En quoi ? Elles sont fondées sur autre chose : l'argent n'y est plus souverain. Ce qui l'est, c'est la relation. La relation hiérarchique, bureaucratique, parachutée. Je m'explique : la verticalité domine. Des ingénieurs ou des stratèges conçoivent des choses, qui sont ensuite déclinées (déroulées) sur le terrain. Là où ce dernier avait voix au chapitre avec les entreprises, il passe souvent au rebut. La bonne nouvelle ? Il n'y en a pas. Si ce n'est la bonne volonté que les uns et les autres se donnent à produire des mouvements. Premier constat. Deuxièmement, les institutions - quand il s'agit de les rendre pragmatiques - freinent des quatre fers : l'homéostasie grippe les rouages. La verticalité est un credo, c'est une pensée magique, fédératrice, éternelle. Un peu comme un archétype. Ou une forme donnée a priori comme bonne. Et pourtant, l'on reconnaît un arbre à ses fruits. Là où la verticalité excelle en situation d'urgence (rapidité d'exécution, procédures pensées à l'avance, liens réduits à leur plus simple expression), elle devient un handicap quand il s'agit de vivre. C'est-à-dire de prendre des risques et de s'adapter. Bref, de faire un travail sain : de produire un plus ou un mieux.

Les institutions sont des squelettes. Les entreprises ? Des muscles. Il manque une moëlle épinière faite de gens. Des gens soucieux de résultats.

Je cherche l'homme, disait Diogène. Outre la lanterne, espérons que le philosophe ait emporté quelques provisions pour la route...
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[*] Une minute, dirait Kenneth Blanchard.

[ Le territoire et son ombre ]