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Provoquer et expérimenter des optimums
Selon le psychologue américain Martin Seligman, « il existerait des qualités personnelles, que l'on peut cultiver, qui favorisent la vie. Mihaly Csikszentmihalyi, professeur au Claremont College (Californie) est l'autre grande figure de la psychologie positive. Avec [...] l'expérience optimale [réalisation d'activités qui engagent l'envie et le talent personnels, nda], la vie passe à un autre niveau. L'aliénation fait place à l'engagement, l'enchantement remplace l'ennui ; le sentiment de résignation est chassé par le sentiment de contrôle. L'énergie psychique n'est pas orientée vers la poursuite de récompenses externes, mais elle est utilisée de façon à favoriser l'épanouissement de soi. »
Achille Weinberg, Sciences humaines - Les Nouvelles Psychologies (hors-série n°3)
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[ Que peut être un optimum ? Une émotion, physiologique ou plus cérébrale (relire Antonio Damasio), qui procure un bien-être authentique. Authentique : 1.a minima en prise avec les besoins de l'espèce (revoir les strokes), 2. encore et surtout capable d'amener l'apaisement (confort) ou la jouissance propre à chaque profil (6 patterns, par exemple en PCM), 3. au maximum capable de conduire le ressenti vers une plénitude différente des projections, de l'inquiétude, des conditionnements, comme quand l'essence est disponible, parfaitement dans l'eccéité, la conscience forte et apaisée, le présent intense et intuitif (ressenti alors comme éternel, véritable, libre des conditionnements ou des ruminations du passé [par ex., effet Zeigarnik] ou des anticipations partielles, pressantes - et forcément bridées - de ce qu'on appelle le futur) | l'authenticité c'est un naturel, un plein vécu de ce centre de la personnalité - inconscient - qui pulse et ressent quelles que soient les animations hydrauliques (systèmes faisant pression les uns sur les autres), combinatoires, synergétiques, telles qu'Animus et Anima, instinct de conservation et poussée d'évolution | le psychothérapeute Alexandro Jodorowsky donne une graduation aux satisfactions (qui s'acheminent - vous allez le voir - vers un bonheur authentique) : 1. satisfactions liées au moi corporel (instincts de survie, auxquels j'ajoute le repos, ce retrait dont parle Eric Berne), et/ou qui dépendent du moi émotionnel (besoin de reconnaissance, d'appartenance, de guidage parental, de sanction ou de cadrage), et/ou qui découlent du moi intellectuel (satisfactions Animus liées au contrôle des idées ou des opinions, à l'orgueil d'avoir des modèles fonctionnels, universalisants), et/ou qui touchent au moi sexuel (conquête, agressivité, séduction, procréation) - relire Cabaret mystique ; 2. celles qui résultent d'un vécu authentique de ces besoins, à l'aune d'une prise de conscience, d'une guérison, d'un moi-parmi-les-autres adulte et assumé (pragmatisme, pleine conscience, compréhension des choses essentielles, plaisir d'être autonome, joie du don gratuit, créativité, libre cours aux puissances de félicité, de naturel, etc.), 3. vient ensuite cette sensation d'éternel présent (Nirvana, ou Pardes, selon des traditions connues), de pleine habitation sur la terre (habitation calme et concernée, libre et concentrée), de plein investissement de la vie, avec cette distance et cette conscience que nous faisons partie d'un tout qui concourt à sa propre félicité, à son propre partage, à sa propre finalité : la vie | un œil attentif verra dans les besoins décrits plus hauts le découpage traditionnel des quatre éléments de la médecine et de la philosophie antiques : Terre, Eau, Air, Feu | un esprit plus contemporain retrouvera là certains des appuis neurologiques de l'Après-Guerre (cerveau et ses régimes reptilien, limbique et cortical, interactifs entre eux) | pour les thérapeutes issus de la mouvance Palo Alto, ce qui compte, c'est la résolution de problèmes : 95 % de la difficulté de (se) soulager provient du mal à dire où est le problème en termes concrets (relire le très terre-à-terre Milton Erickson) ; exit la notion de psychologie positive (qui recherche les invariants du bien-être en général), tout est affaire de cas précis, de situations du quotidien, de choses à résoudre ]
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Reprendre la main
Un recadrage. C'est ce qu'il m'a fallu faire hier, histoire de me sentir mieux. Le recadrage, je l'ai fait à cette entité qui me prend logistiquement du temps, me déroute, me sème et me dilue : je veux parler de la ville. Cette grande chose belle et revêche, ouverte et - surtout - fermée à tout. Et à tous. Ou plutôt aux étrangers comme moi (langue, alphabet, accent compliqués, offices du tourisme rarissimes, circulation agressive, indifférence généralisée [*], feinte ou réelle).
Alors, en passe de ramener mon vélo de location (idéal sur les grands boulevards, en plus du tramway), eh bien j'ai dit à la ville ce que je pensais d'elle. Circulant, circulant, re-circulant encore - et après quelques contacts avec des commerçants aux visages de pierre -, je me suis moqué de la ville, lui ai dit, en pédalant, combien je prenais de la hauteur par rapport à ses rebuffades (J'ai compris ton cirque, tu ne m'auras plus). J'ai alors décidé de faire de cette ville ce que je veux (C'est moi le boss, tu ignores tout de moi, ma grande). Croyez le ou non : ce théâtre m'a fait un bien fou. Je me suis senti en mesure de rythmer à nouveau les règles du jeu. De mener la danse.
Machisme ? Oui, d'un homme... envers une ville. Une volonté de puissance contre un contexte, contre une forêt touffue, un terrain manipulateur et améliorable.
Animus, bienvenue ! Et j'assume ça. Ces atermoiements, ces oui-et-non m'ont tourné en bourrique, cette attente vis-à-vis des autres, ce tourbillon permanent : je dis stop.
Et le chef, maintenant c'est moi. Je veux être le boss de mes ressentis. De ma projection dans le temps.
De mon travail ici (secteur très concurrentiel, je garde le contenu pour moi).
Bons baisers !
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[*] L'âme hongroise, me dit Nico, est traversée de troubles, de fracas historiques. Elle est mélancolique et tournée sur elle-même. Et, selon lui, le pays connaît au monde le second taux de suicides (après le Japon). Nous sommes au XXIe siècle, le propos m'évoque évidemment les intuitions des grands psychogénéalogistes de notre temps : Anne Ancelin Schützenberger et Alexandro Jodorowsky (mille fois mentionnés dans ce blog).
[ Fierté, introversion et fatalisme - Une coupure de gaz, dans l'immeuble où je vis, sévit depuis 2 jours. Elle est sensée durer... 20 jours. Vous imaginez le détachement de la compagnie de gaz quant au service-client ? Et les familles ? et les vieillards ? et les bébés ? Une folie. Chez nous, ce serait le bras de fer tout de suite. De mon côté, je me lave à l'eau froide et/ou me douche à quelques stations de tram chez un prof de français et/ou vais aux bains publics (superbes). Que croyez-vous qu'il arrive dans l'immeuble ? Résignation. Résignation et traversée de l'épreuve en serrant les dents (une vieille femme explique qu'elle prendra sur elle, qu'il faut s'adapter, que les Hongrois ont l'habitude des privations - quelle tristesse !) | Quoi d'autre ? Les clés 3G marchent très bien, il pleut très fort depuis cette nuit, les restaurants sont succulents, des fois branchés, toujours copieux | hier, la chanteuse d'un groupe m'a montré les quelques poèmes (magnifiques, rythmés, précis) que le grand Attila József (1905-1937) a écrit en français ]
« Qui produiront de grands signes et des prodiges [...] » - Matthieu 24 : 24
Se sentir extramotivé, c'est prendre ses sources de motivation (de mise en mouvement) à l'extérieur : chez les collègues, parmi la famille et dans la vie. C'est sur ce troisième item que je mets un coup de loupe, la vie c'est un ensemble de signaux. Signaux que le cerveau :
1. perçoit,
2. interprète avec ses repères (passés) et ses projections (scenarii) bien à lui,
3. mémorise (stocke),
4.priorise parmi d'autres, pour en sortir une substantifique moëlle, une élection, un relief dans le tissu du monde.
C'est le principe même de la cognition. Connaître, c'est percevoir, choisir (volontairement ou non) et bien sûr interpréter, c'est aussi mémoriser les résultats (accroître une expérience). C'est - en clair - se repérer dans le monde, pour préparer des choses, des coups à l'avance (anticiper, conserver la vie - cf. pulsions écologiques, entretien et maintien de soi, besoin de repérages permanents, de clarté cognitive).
Ok.
Les signaux du monde (physicochimiques, etc.) deviennent parlants : ils se colorent du sens que nous générons nous-mêmes, pleins du savoir de notre espèce, pleins de notre expérience personnelle. Nous envisageons (interprétons) les signaux comme des signes. Je veux dire des éléments favorables ou non. À tort ou à raison. Activité permanente, activité naturelle. Activité humaine : eh oui.
Dans son mouvement, dans ses actions, l'extramotivé a besoin du regard des autres. Ainsi prend-il ses appuis. Un chemin se dessine, au gré des faveurs que semble lui donner le monde.
J'ai remarqué que l'intramotivé exclusif (je dis bien exclusif) péchait d'un trop-plein de jamais mieux servi que par soi-même (couplé d'une méfiance à autrui). Son symétrique - là aussi quand il est exclusif - manifeste un excès de foi en l'externe : il attend des signes d'acceptation qui viennent ou non. Et parfois même il sur-interprète les signaux. Les transformant en signes, on l'a vu.
L'intramotivé propulse un gros Animus (ici volonté, ici virtù de Machiavel - au sens positif). L'extramotivé ? Un Anima tout en ouverture. Et tout en anticipation.
Ce billet est un hommage à mon grand-père Marcel Bruel, homme des grands dépassements, homme de conviction, agriculteur | au fait, mon père est en Afrique, je l'embrasse
Toute activité (pérenne) demande de la prospection. Demandez aux cultivateurs : chouchouter le maïs qui monte et mûrit, c'est bien. Encore faut-il préparer la génération d'après. Et alors vient une boucle, et une exigence de présence sur tous les fronts, à tous les stades - forcément simultanés : ce qui monte un jour ira sous la bâche (ou mourra sur pied) et ce que vous semez déjà (et demain) finira par remplir le stock. Stock qu'il faut d'ores et déjà optimiser (tasser) et protéger des parasites, des voleurs, des animaux. Le supply chain management (optimisation de la chaîne logistique) et le management de la qualité, c'est pas les consortiums qui les ont inventés. Ce sont les agriculteurs, véritables entrepreneurs, dès la préhistoire (sans leur ingénierie du quotidien, vous et moi serions... des concepts).
Et ce maïs, au final, il va nourrir vos animaux, votre famille et vos clients (ce qui est la même chose puisque l'argent de ces derniers rutille déjà - ou se ternit si votre roue-boucle connaît des cahots).
Ok. Tout ça est important : la vie est comme ça.
Mouais.
Semer, c'est entretenir la boucle capable de régularité formelle, de continuité, de montée énergétique croissante (ce qui est mesuré s'améliore, estime Hervé Gougeon). Bref, améliorer, c'est impulser de la nouveauté, de la semaille. Tout le temps.
Mais notre siècle naissant, pourtant si stimulant, oublie parfois les bases. Je veux évoquer les réseaux. Qui est assez naïf, en leur sein, pour penser se passer de prospection ? En quoi la force démultipliée du réseau dispense-t-elle de prospecter ? Connaissez-vous des moteurs de 1 000 ch qui fonctionnent d'amour et d'eau fraîche ? ou de délégation permanente ?
Qui, de manière sensée, peut se figurer un monde cohérent sans prospection perso ?
Premier élément. Quand on intègre un réseau, on amène l'huile de coude avec. Un réseau offre puissance et vitesse (et circularité vertueuse) si et seulement si la transpiration sourd de partout. Ça nourrit et ça huile les rouages. Ça aide à se concentrer.
Le second élement est plus personnel. Et je veux vous demander votre avis. Quand je prospecte et que je sens quelque chose de superbe et de massif, je me protège. Qu'est-ce à dire ? J'ébauche toujours une solution de rabat. Mon tempérament enthousiaste et passionné me fait dépenser une énergie importante. Si, pour une raison x ou y, vient une déception, je veux déjà pouvoir enfourcher le destrier d'après. Au revoir tristesse, pour paraphraser Sagan.
La vie, c'est l'action.
Plus le débouché me botte, plus je construis le passage vers une sortie possible (prospection d'un autre débouché). Et je crois que ce travail s'envisage seulement pour les caractères impliqués. Quelqu'un de plus raisonnable (de plus posé), s'il fait ça, émousse son envie. Alors que pour moi, c'est une précaution vitale. Une prudence, adossée à une passion naturelle, à une mise de base déjà importante. De toute façon.
Ouais.
J'ai souvenance, lors d'un eurochampionnat de foot, d'un supporter anglais. À la télé. Son propos ? Je parie sur l'équipe adverse. Si c'est mon pays qui gagne, j'éclate de joie. Si ce sont les autres, je me console avec de l'argent.
C'est sage.
Et vous, alors : comment incubez-vous et comment extravertissez-vous vos projets ?
Exceptionnellement, cet article est (c) - Je le dédie à Hervé
Certes une entreprise est-elle plus dynamique si elle est organisée : elle sait voir où sont les priorités et les sujets à fortement investir. S'il y a nécessité de mettre le paquet sur le service après-vente ou la conquête d'une niche au Brésil, l'entreprise a un sens, une direction, un motif de se dépasser. J'appelle ça un moteur.
Autre effet vertueux : tous les Travaillomanes souscrivent à ça, non pas au côté challenge (bien au contraire), mais à la précision des projections. Ce qui représente 25 % des troupes [1] selon Taibi Kahler, qui se reconnaissent dans une structure qui dit ce qu'elle vise, qui se fixe des échéances à succès, qui s'en donne les moyens physiques. C'est la clarté cognitive de l'AT, la dynamique perfectionniste (voire observatrice) de l'Ennéagramme ou le principe Animus de Carl Jung et de Georges Romey.
Il y a là des composantes de base.
Nous parlons bien d'organisation. Il y a encore beaucoup de choses qui, venant d'elle, suscitent le faire-bouger (motiver). Regardons ensemble ces histoires : 1. de géographie professionnelle, 2. de recours aux strokes. Il y a là d'importants sous-bassements motivationnels.
1. Dans les préconisations que fait le consultant en économies de temps, il y a toujours le planning. C'est un outil de management visuel, qui montre tout de suite qui fait quoi, à quel point ça avance dans le temps (grâce à des personnes physiques), de quelle manière - en clair - les satisfactions prennent corps. C'est avec ce type d'outil que le leader, gardien des caps, de leur impact sur les représentations (peur ou confiance - cf. homéostasie) et de la vision, bref des valeurs (ce qui compte) : c'est avec ça que le leader donne une structure, une métrique (art de suivre et de mesurer, art de guider), bref une forme (Gestalt) à sa boîte. L'identité s'enracine. Nous sommes dans un système et c'est quelque chose qui roule (qui vit).
Le leader, en fondateur, établit ainsi la notion de progrès : il donne un déversement possible à la sourde et puissante poussée d'évolution (cf. Georges Romey). Humainement, c'est déterminant. D'ailleurs, le consultant en management Hervé Gougeon rappelle que tout ce qui est considéré (ici mesuré) progresse. C'est une constatation courante, à laquelle je souscris.
Fig. 1 - Le planning déploie
un certain nombre de colonnades
Parlons du planning. Sa réputation en fait l'outil de maîtrise du cours des choses et, par extension, du temps lui-même. Il est bon de rapeller qu'il permet aussi de maîtriser l'espace. Vous savez, l'ergonomie : le bassin (fluide ou compliqué) des échanges humains. En disant qui fait quoi et quand, le planning spatialise l'entreprise : on entrevoit les flux relationnels. C'est la logistique des corps, et des sensibilités qu'il y a derrière. Untel va ici et là, rencontre Antoine, Béatrice ou Coralie. Le Où et le Qui s'interpénètrent (cf. 3qo2cp). Alors quoi ? Il y a trois enseignements latents.
1.1 Le premier, c'est qu'il faut un plan au sol pour pouvoir dire qui fait vraiment quoi. Ce que la TPE visualise facilement, il faut le documenter pour une grande boîte, et surtout avoir des interlocuteurs qui s'y connaissent en circulation des flux humains, en intra (salle de consultation du planning, couloirs, ascenseurs) et en extra (parking, accès au resto d'entreprise, connexion avec la bretelle d'autoroute). Ces trucs-là comptent à la longue. Spatialiser, c'est concrétiser peut-être, c'est encore et surtout donner de la chair aux trajectoires, on le voit juste en dessous.
1.2 Le second élément, c'est qu'il y a un sociogramme induit. Le modèle ? Une émanation de Jacob Moreno, l'un des pères [2] de la dynamique de groupe. La représentation de qui va voir qui ou quoi, de qui passe dans le périmètre de qui, permet - en fonction des affinités ou des répulsions - de dire qui va tenir dans le temps ou qui va s'accrocher avec Josiane Rottweiler de l'accueil. C'est-à-dire éroder sa propre positivité [3]. Quelqu'un qui aime prendre l'air aura tout intérêt à passer par la coursive de derrière. Quelqu'un qui vomit la fantaisie devra contourner le pôle Créa, où règne ce troll en résine issu d'une plateforme de jeux vidéo. Ménager la susceptibilité des gens, favoriser le confort socio-émotionnel, c'est tout un taf. Qui revient à cartographier les territoires (plus largement, les chaises - cette assise symbolique individuelle) des uns et des autres.
1. 3 Le troisième point, c'est la géographie motivationnelle immédiate : l'environnement de travail. Un bureau open space stresse les cultures ou les gens qui ont besoin d'intimité (relire Le Langage silencieux du remarquable Edward Hall). Il faut faire attention. Pour les freelances, il y a aussi la nécessaire distinction entres espaces pro et perso. Exemples nombreux, à commencer par le mien : je travaille à merveille avec une ou deux personnes dans la même pièce. Les signaux corporels qu'envoient les autres forment comme un nuage crépitant qui m'aide à me concentrer. Si je manque de ça, je travaille avec de la musique.
Un autre exemple me vient. Il y a un établissement que je connais bien. Vous pénétrez là-dedans, vous débarquez dans les années 1980-1990 : égalité prônée. Où est le sens de circulation, où sont les points saillants, où est l'accueil, qui est le boss ? Nada. Tout est circulaire et mangé par un puits de lumière central, comme une échelle de Jacob vaine et limitée. Bosser là donne des angoisses : on s'y perd. Tout est possible et donc rien. Zéro accroche, aucun style, un espace de vide occupé par ce centre planté dans rien. Là où le vide donne habituellement envie d'emplir, il y a dans cette entrée un néant : une confusion. Énergie dispersée. Leadership dissimulé, paumé, battu aux quatre vents. Vous saisissez ?
Arf.
2. Passons aux strokes. Que je sois de tempérament intra ou extramotivé, j'ai besoin de regards. Les miens ou ceux des autres (souvent c'est les deux). Pour acter une réussite. Le planning permet ça, qui montre clairement où sont les repos du guerrier, ces plages de mise à profit, de Aah, j'y suis arrivé, où le bilan forme un sourire intérieur. Le Tout est accompli de fin de semaine (où le planning fait intentionnellement un blanc) est une sensation nécessaire. Imaginons que j'aie un boss adepte des félicitations-minutes (façon Manager-minute, le modèle de Kenneth Blanchard) : si j'ai ça, je suis un chanceux. Et si je n'ai pas la considération bienveillante, la clarté de vues et l'appui de mon chef, qu'au moins le planning m'indique mes plages de repos du guerrier. C'est comme un shabbat reconstructeur. Ainsi puis-je jouir de la satisfaction de ce que j'ai accompli. Pour les autres, pour l'avenir de la boîte, pour le client, pour ma carrière, peu importe. Je suis capable, compétent, dans mes chaussures, ici et là. Et je jouis de ça.
Mmhhhh.
Un récapitulatif des fruits motivationnels du planning ? après quoi je vous souhaite un bon week-end ? Let's go.
L'outil du consultant en économies de temps, le planning, donne des priorités, donc une direction dynamique au collectif. Il remplit sa fonction de clarificateur du devenir, il concrétise une intelligence spatio-émotionnelle (porteuse elle aussi de motivation), il donne une place dans l'espace à chacun, conforte son rang symbolique (à la fois unique et partie-prenante de la réconfortante chaîne de travail), il dessine des plages attitrées de repos, pour savourer les actes.
Be seeing you.
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[1] Les statistiques du père de la Process Communication s'appuient sur des tests issus des États-Unis. Et ces tests concernent évidemment plusieurs milieux professionnels. Au pays de René Descartes, d'Auguste Comte, du TGV et de l'école de la République, je soupçonne la proportion de Travaillomanes d'être encore plus forte (ajoutons-y en parallèle une composante Persévérant et Rebelle). En Afrique ? Elles est plus faible du fait d'une intuition laissée plus libre (cf. Anima).
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Au revoir time management, vous pouvez désormais consulter ici la coupure du Journal des entreprises consacrée à l'optimisation du temps et à la mobilisation (motivation) des collaborateurs. L'exemple est concret.
Je passe au thème d'aujourd'hui : c'est d'un trentenaire que je compte vous parler, d'un trentenaire et de ses principes.
Il y a certes, parmi les dirigeants que je connais, quelques représentants des générations X et Y (je pense - côté Ville rose - à Anthony Colombon, David Fauthoux, Fabien Fromage, Priscilla Rozé-Pagès). Leur point commun ? Technicité, pragmatisme et ambition : ils sont tous, sur leur marché, porteurs de nouveauté. Le propre de ceux qui sont nés dans les années 1970, c'est peut-être l'envie de rupture, l'envie de changer les règles du jeu et d'apporter une patte. La technologie, la distance critique, la sortie complète des idéologies expliquent ça : avoir trente ans aujourd'hui, c'est souvent se débrouiller avec le monde, c'est habiter, donner une personnalité aux échanges, aux interactions, aux usages dudit monde - pour le changer.
Je passe à présent à celui qui nous intéresse aujourd'hui : Jean-Christophe Tortora. Ce patron de presse et de publicité né en 1976 parle, c'est fin 2006 lors d'une conférence en école de gestion, de ce qui dirige sa vie. J'y suis, je l'écoute. Et ce qui me frappe, c'est l'efficacité des valeurs déployées, ici de vrais moteurs.
Nous l'écoutons, il relate son parcours étudiant (plutôt ennuyeux) et revoit cette devise gravée sur sa tablette en cours. Il la consulte en permanence, comme un fétiche : Ose. C'est un principe directeur : oser apporte tout, oser ouvre les portes. Celui qui est légitime, c'est celui qui occupe un terrain : honneur aux audacieux, qui forcent la chance. Il y a là un côté grec, que j'aime.
Je me souviens d'un second principe. Alors que ses associés directs inaugurent au moment où il parle un restaurant à Londres (événement excitant et marquant), l'homme explique que ce qui motive sa présence parmi nous, c'est l'engagement sur la date qu'il a prise au tout départ pour la conférence. Je respecte l'engagement antérieur, commente-t-il.
Alors que dire ? C'est édifiant : à la fois rare et simple. Je décortique un peu. L'ambition, c'est la condition du succès (ambition couplée à la mètis, à la vitesse de déploiement et à la compétence technique). C'est une visée permanente, une exigence, un présupposé-moteur (cf. les incitateurs, ressorts de la dynamique psychique).
Il y a aussi le respect de la parole donnée. C'est le gage absolu d'être prévisible, lisible et fiable (cf. clarté cognitive). Dans les affaires, c'est LA condition : elle vous attache les collaborateurs et autorise les partenariats. Hors d'elle, point de salut : on reprochera toujours à celui qui déplace en permanence ses rendez-vous son incapacité à prioriser en amont, de même que son manque de tact [*].
Être intramotivé et fournir aux autres de la clarté dans ce qu'on fait et va faire, c'est précieux. Ajoutez-y - de mon point de vue - la passion qui touche au cœur (lire LeeAundra Temescu) et l'aspect « don de soi raisonnable » dont parle Christian Blachas, vous avez là un carré magique. Une formule vertueuse.
J'en termine et lance le sujet : connaissez-vous de bons leaders ?
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[*] J'avais un ami, pour qui le gros de l'intelligence humaine consistait à savoir ménager (respecter) les susceptibilités. Paul avait raison.
Confiance en soi - 1e partie [ Intra et extramotivation - 2e partie >> ]
Tout dépend de toi, mon fils (ma fille). Vous connaissez le refrain : c'est dans le diamant que cette assertion semble gravée. La bonne nouvelle, c'est que tout succès comporte une double joie : 1. les avancées produisent le 'mieux' tellement escompté, 2. la fierté du self made man (woman), elle, s'illumine comme une flamme olympique. C'est l'extase. Réussir, c'est mettre en oeuvre ses compétences. C'est aussi conditionner les choses pour qu'elles reçoivent la trace de notre identité. Celui (celle) qui réussit devient la preuve vivante du Quand on veut on peut. Sexy, politiquement correct, enviable. Mais un peu court : que dire alors des échecs ? Un fruit du manque de compétences ? du manque de volonté ? Pire : du manque d'ambition ? Passons les choses au crible. C'est dans la cité grecque de Nicopolis [En], que notre parcours fait aujourd'hui escale.
1. Une estime de soi adulte
En matière de direction de vie, c'est la voix du philosophe Epictète (Ier s. ap. J.-C.), jadis égosillée dans la péninsule de Preveza [En], qui résonne le plus nettement. Un appel à grandir. Les croyances de l'enfance, les injonctions, les rêves se ré-évaluent à la mesure de ce qui a un sens, de ce qu'il est POSSIBLE de faire. Outre les fantasmes. C'est là toute l'essence du stoïcisme, qui traite l'individu en adulte. Quoi qu'il arrive, devoir et lucidité dominent : il faut faire ce qu'il y a à faire. Mais aussi faire ce que la réalité dicte, c'est le pragmatisme. Ce que je dois et ce que je peux faire, tel est le coeur du plan d'actions.
L'ambition, Epictète l'aborde sous l'angle de sa propre condition, tellement spéciale. Il est esclave. Un maître sadique lui cassera le pied [1], tandis qu'Epictète ironisera sur la situation. (Quelle maîtrise de soi !) Alors qu'est-ce que réussir ? Dans quelle mesure la confiance en soi a-t-elle un sens ? Lui prend les choses à la base : Il y a des choses qui dépendent de nous et d'autres qui ne dépendent pas de nous (voir ici). La croyance en la fortune [2], par exemple, est illusoire. Ce qui ne dépend pas de nous est sans force propre, esclave d'autrui. Une volonté étrangère, explique Epictète, peut nous en priver. C'est ce qui s'appelle se faire battre aux quatre vents : la fortune est de ce bois-là. Donner son énergie à ce qui dépend de l'extérieur - tellement chaotique - est une perte de temps et d'énergie, un danger pour la confiance en soi. Ce qui dépend de nous, estime l'esclave philosophe, ce sont nos actions, nos désirs, nos pensées. A l'inverse, ce qui ne dépend pas de nous ce sont les honneurs, la fortune, la mort [...] Bref, les choses qui sont le fait des autres et du chaos combiné (c'est la complexité, l'incertitude mouvante). Il faut donc savoir que seules les choses qui dépendent de nous peuvent être un bien ou un mal car il demeure en notre pouvoir d'agir sur elles. Le remède est simple : celui qui pense que seul dépend de lui ce qui relève concrètement de sa personne et que dépend d'autrui ce qui réellement dépend d'autrui, celui-là même ne se sentira jamais contraint à agir, jamais entravé dans - l' - action. Conclusion : bien détacher ce qui dépend de moi (de ma volonté, de ma sphère d'influence) des facteurs externes, eux qui - mal compris - peuvent me faire si mal. Je peux (et dois) économiser, et centrer, mon action, dixit Epictète, sur mes actions, désirs et pensées.
Il y aurait donc des déterminants externes et des facteurs internes, seuls leviers d'action véritables. Je peux envisager les zones dans lesquelles avoir confiance en moi. Le tranchant de l'estime de soi est sauf, lui qui s'exerce à bon escient.
2. La légitimité
Il est évident, par ailleurs, que je me sens confiant dans les zones où je me crois (à tort ou à raison) légitime. Ai-je le droit de faire cela : suis-je à ma place ? Un bon indicateur est le feedback (retour) que mon action suscite (pour savoir comment mettre à profit les feedbacks, voir ici).
3. Les signes de reconnaissance
Bien sûr. Si Napoléon rayonnait de confiance en lui, c'est parce que son entourage croyait en lui... et le lui disait. Tout autant que d'oxygène, j'ai besoin de strokes. Mon lien aux autres a un indicateur : les signes humains. L'homme est un support à contacts.
4. Conclusion
Si j'ai un problème de confiance en moi, je considère que : 1. tout ne dépend pas de moi, 2. les facteurs de valorisation à considérer sont (exclusivement) ceux où je peux faire du bien, actions, désirs et pensées, 3. la légitimité de mes actions est rigoureusement fondée, feedbacks à l'appui (beaucoup sont analysables et mesurables), 4. les strokes me viennent ou me viendront : l'activité humaine est un maillage de signes interpersonnels.
Courage. Courage et rationnalité...
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[1] L'on a beau dire, le management systématique - à l'époque - était des plus balbutiants.
[2] Réussite publique et professionnelle.
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