Blog Management & Organisation, depuis 2004 - Tag: laborit

Management & performance humaine | Motivation | Organisation & plannings stratégiques | Dynamique de groupe | Intelligence collective & réseaux

 File dans ta chambreFri 3 Oct 2008
4 comments
picture

[ < thémas Besoins & Motivation | catégorie Management | this post in English archivage automatique du billet sur l'argent inconscient | billet interactif, bandeau de titre cliquable ]

C'est comme Maslow (Abraham de son prénom). Laborit (Henri) est le fourre-tout des formateurs. Tout le temps ! On les entend (ou pire, on les lit et re-lit) tout le temps. C'est la solution de facilité, le plon-plon, le ronron, le degré zéro de la formation.

Je m'énerve rarement, mais là j'ai comme une bave aux lèvres. Rouge, mouchetée de vert.

Maslow, je le dis, le répète et le tatoue volontiers sur les fesses des intéressés, Maslow, c'est tout sauf la pyramide. Got it? Ça suffit avec la pyramide ! Où voyez-vous que Maslow, au demeurant bluffant, parle de pyramide ? Pourquoi hiérarchiser quoi que ce soit ? Nostalgie de la pyramide alimentaire ? des âges ? de Khéops ?

Une pyramide ? Un enfant de trois ans sait déjà que l'humain est plus riche et plus désordonné que ça. Notre espèce, en permanence, fait passer des tas d'impératifs avant les autres, quel que soit leur rang. C'est la vie qui veut ça, la contingence, la nécessité quoi. Vous croyez que les patterns marchent comme en informatique ? Le cerveau (pauvre Damasio !), vous le voyez comme une boîte à coucou ?




Fig. 1 - Ce qui ne pue pas rend plus fort


Laborit, maintenant. Que dire ? Ce type est un grand lui aussi, son travail est de qualité... Alors, pourquoi le caricaturer comme un singe ? Pourquoi répéter comme un ris de veau névrosé que l'homme est (oui madame) partisan du moindre effort et se drogue aux sensations de plaisir ? Pourquoi, surtout, penser qu'en conséquence il faut - qui plus est pour des actions de même portée ou de même urgence - faire d'abord les tâches désagréables pour laisser notre inclination naturelle terminer le job plaisant ?

Tout individu normalement constitué (quoique) sait - au travail - qu'Alban conserve son état d'énergie, et se l'auto-entretient voire le développe, en partant de l'agréable (c'est son entame à lui) pour finir sur du dur. Et que Brigitte, au contraire, préfère commencer par l'ingrat, pour s'en débarrasser. (Pour Christophe, c'est encore différent.)

Ben oui : Alban, Brigitte et Christophe - grand scoop devant l'Eternel - sont différents. (Waouw.) Parfois même, ils sont opposés. (Re-waouw.) Ils carburent à un mélange individuel, qu'il va falloir analyser. Eh ouais.

Fini, les modules tout prêts. Les prêt-à-penser, les trucs à repomper.

Allez, file !

(Grr.)
__

[ Photos, voir le drôlatique Zach Manchester ]  Read More


 Systémique... ta mère - 3e partieThu 19 Jan 2006
2 comments
picture

[ << Parcours concentré - 2e partie ] Un pape de la systémique investit les médias - 3e partie [ Dominique Wolton chez Ali Baddou | Le complexe précède le simple - 4e partie >> ]

Un seul pape ? Non, il y a cinq papes (et une papesse), un peu comme au Moyen Age où le Saint Siège avait tendance à faire des petits, notamment entre Avignon et Rome. Mais dans ce qui nous occupe, il reste trois sommités, trois aventuriers féconds et forts. Les autres constellent un panthéon, parlons-en. Le premier d'entre eux passed away comme le disent si pudiquement les anglophones : l'immense Kurt Lewin (né en 1890) nous a quittés en 1948. Puis le brillant Norbert Wiener (né en 1894), mort en 1964. Le troisième ? Le grand Henri Laborit (né en 1914), qui a rejoint les Champs-Elysées de la biologie il y a douze ans. Restent à la fois l'érudit (et simplissime) Edgar Morin (né en 1921), auteur d'une somme épistémologique gravée en lettres d'or, la flamboyante et touche-à-tout Anne Ancelin Schützenberger et - enfin - le sublime Joël de Rosnay (né en 1937). Arrêtons-nous sur cet être à part. L'actualité des médias s'en empare. Ce qui est bien la moindre des choses puisque Rosnay lui-même les avait investis, en tant que tissus vivants, pourvoyeurs de nouvelles visions de l'information, de l'homme et de leur place conjointe dans le monde. Une véritable poussée philosophique (un nouvel âge de représentations, de façons d'appréhender le réel) a eu lieu : un paradigme nouveau vient désormais baigner les choses. En bon systémicien, passionné de champs qui se croisent, se pénètrent et interagissent les uns sur les autres, Joël de Rosnay fait à nouveau oeuvre de visionnaire. Plus que jamais, j'ai envie de m'attarder sur sa révolte du proNétariat...

Rosnay ? Un bonhomme qui a du discernement sur ce grand accouchement collectif que nous vivons. Voilà une trajectoire humaine utile. Mieux encore : Rosnay est un gourou.

Pour écouter celui-ci (toujours aussi limpide !), je vous recommande de : 1. vous brancher sur l'indispensable site de France culture et rallier vite fait Les Matins de Nicolas Demorand, 2. mettre la main sur l'archive de ce jour même, 3. dégoter le format audio de l'émission consacrée à Rosnay [ram], 4. rapatrier le lecteur gratuit Real player, ainsi que le programme Internet Radio Tuner (IRT), lui aussi gratuit, 5. télécharger en parallèle le fichier lame.dll et le déplacer jusqu'au répertoire d'IRT (ajout par glisser-déposer), 6. lire le flux RAM de l'émission avec Real player et convertir simultanément ledit flux en MP3, en calant IRT sur 'enregistrement'. C'est lui qui fait la conversion.

So what? Le kif absolu...

[ Joël de Rosnay, sa page | son blog | interview par Loïc Le Meur ]



[ Hommage de Rosnay à Laborit | Hellinger et la cohésion groupale | barre latérale ~ systémique, complexité ]  Read More


 Eustress et distress - 1e partieMon 4 Oct 2004
0 comments
picture picture
<< C'est beaucoup, exliquent Lucie Dumoulin & Marie-Michèle Mantha, de l'association canadienne de veille sanitaire Réseau Proteus, grâce aux travaux de l'endocrinologue canadien d'origine autrichienne Hans Selye, menés au cours du XXe siècle, que l'on comprend les mécanismes biologiques du stress - ce qu'il a d'abord appelé le "syndrome général d'adaptation". Il a, selon elles, identifié le célèbre "fight or flight response" : ce qui se passe quand l'organisme monopolise ses ressources pour dominer la situation ou la fuir. C'est aussi à Hans Selye que l'on doit d'avoir choisi le mot stress (en anglais : tension mécanique) et de l'avoir imposé en français. Il appelait le bon stress "eustress" et le mauvais "distress". Par la suite, le biologiste français Henri Laborit a étudié ce qui se passe quand la personne ne peut ni dominer la situation, ni la fuir : ce qu'il a appelé l'"inhibition de l'action". Cette "paralysie situationnelle", a-t-il démontré, conduit précisément à des désordres neuro-psycho-immulogiques. Laborit est également célèbre pour avoir fait l'"éloge de la fuite", qui serait un recentrage de nos objectifs afin de sauver notre peau... de l'intérieur. Quant à l'Américain Richard Lazarus, on lui doit d'importantes études sur le stress psychologique et sur l'efficacité des moyens que les gens adoptent pour y faire face (coping).

>> Depuis les années 1960, des milliers de recherches ont été menées dans différents secteurs (l'immunologie, la cancérologie, la neuropsychologie, etc.) sur les multiples facteurs intervenant dans chacune des phases du stress, et sur les impacts du stress sur la santé. Il en reste pourtant encore beaucoup à découvrir, notamment sur les liens entre l'esprit et le cerveau, c'est-à-dire entre la psychologie et la physiologie. On a tendance à l'ignorer, mais les réactions de stress sont normales et utiles. Dans de nombreuses circonstances, on parle donc de "bon stress". On sait, par exemple, que le niveau de performance au moment d'une tâche est meilleur lorsqu'il y a une certaine dose de stress, car celui-ci permettrait de stimuler la motivation, de mieux juger les paramètres de la situation et de se préparer en conséquence. Plusieurs personnes, d'ailleurs, aiment cette excitation du stress et la recherchent - dans la compétition, par exemple.

>> Chez d'autres, moins chanceux, les réactions de stress sont si intenses ou si durables, même dans des situations courantes, que cela nuit à leur fonctionnement social et professionnel. Et chez certains, le système nerveux tarde à enclencher l'indispensable réaction de détente, même après la disparition de l'agent de stress.

>> Bref, il existe des "tolérants" au stress et des "intolérants", mais on pourrait aussi définir une troisième catégorie de personnes : les "accros" de l'adrénaline. Ce sont de gros travailleurs, des workaholics, des gens à la vie sociale intense qui courent sans cesse, mais qui ne voudraient pas se passer du stress, car il leur permet de se sentir "vivants". Or, celui-ci risque de les rattraper dans le tournant, comme en fait foi la fréquence des maladies cardiovasculaires chez ce type de personnes.

>> À noter toutefois que le stress ne dépend pas de l'intensité de l'action, mais de celle de la tension - puisqu'il y a des gens très actifs qui sont aussi très détendus alors que des gens peu actifs peuvent être très tendus.

[ Plus loin avec le psychanalyste toulousain Bernard Auriol et l'Unité de soins psychologiques (USP) du Nord | stress et drivers, d'après Taibi kahler ]