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[ < thémas Morissette, Foi, Potentiel & Confiance en soi | catégorie Coaching | archivage automatique du billet sur déroutinisation, pointillisme et sentiment d'échec, façon François Dubet (sociologue) ]
Sortir de la comparaison, c'est s'engager en personne,
c'est donner aux qualités latentes la possibilité de s'exprimer enfin
Moïse ? Un de mes personnages préférés. Tout en doutes, au début : regardez, lorsque l'appel sur sa vie se fait majeur [ ndlr - épisode du buisson ardent ]. L'embarras de Moïse est manifeste. Parce qu'il a affaire au « connu » de sa vie, ce grand personnage... décline l'invitation. On dirait qu'il dit : « C'est pour quelqu'un d'autre que moi. » En l'occurrence son frère Aaron, d'après lui plus compétent [ plus extraverti, plus loquace ].
Face à l'appel, regrette Denis Morissette, la réaction de Moïse consiste à se mesurer au talent d'Aaron [...] Dans ce cas comme ailleurs, il y a une tendance humaine, éminemment malsaine : se comparer. [ Se voir par défaut. ] Il y a quelque sept milliards d'individus dans le monde, rappelle le spécialiste en relation d'aide, et vous trouverez tout le temps meilleur que vous. Ce qui importe, c'est de réussir personnellement : utiliser vos talents propres. Ce qui compte, estime le psychothérapeute, c'est de s'investir. Réaliser d'une part ce que vous avez, vous, d'autre part ce que vous possédez en germe. Avoir affaire au « connu » de sa vie force à se comparer, à voir les défauts, à trouver meilleur. Et donc à refuser l'offre [...]
À l'inverse, conclut Morissette, l'engagement fort [ courageux ] révèle les potentiels latents.
Denis Morissette, pasteur canadien, conférencier, spécialiste de la relation d'aide [2]
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[1] Profils - Voir le condensé.
[2] À l'instar des frères Linn.
[ Que t'importe... - Jésus, Jean 21:22 | s'inspirer mutuellement, ok - se comparer (pression stridente, à base de rivalités, d'inquiétudes et de creux), c'est mortifère à long terme | revoir René Girard et la jalousie - cf. défaillances, complexes et honte de soi (cf. Regard) | Et vous, qu'en dites-vous ? mmh ? | Burning Bush, earsaregood @ Flickr.com ]
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[ < 11e partie | théma Synergie | archivage automatique de la contribution sur dyade, émergence, Milton Erickson, paraboles et mavericks ] [ Catégorie Sc. humaines | permalien, mots-clés et commentaires | 13e partie > ]
Le quinquina, c'est une liqueur. Mais la quintina, ça vous déroute tout autant les sens. Il s'agit d'une voix chantée, ou plutôt non. Parlons aujourd'hui de ce qui émerge sitôt qu'une combinaison fonctionne, sitôt qu'un collectif atteint un point d'harmonie (formation énergétique ou Gestalt). Discutons d'un ensemble pourtant plus fort et plus remarquable qu'un simple ajout de composantes : discutons synergie. Et nous verrons en quoi, justement, la quintina n'est pas chantée. On y va ?
Une discussion avec Olivier, hier, nous amène à parler de la vie. Et comme d'habitude, le bonhomme évoque la part dynamique de maîtrise-non maîtrise sur les événements. Il s'agit là d'une clé : se saisir de ça amène des satisfactions que les Stoïciens, les taoïstes ou les bouddhistes décrivent depuis longtemps avec profondeur. C'est vrai : pour connaître un champ d'action, il est sage de cartographier la route, c'est-à-dire de connaître à l'avance ces lieux praticables qui tapissent un contexte incertain ou dangereux de reliefs, de forêts et d'étendues d'eau. Savoir ce qu'on peut bien faire (par exemple s'améliorer, décider, être là, vivre ou être soi), ça se fait dans le champ de ce qu'on établit comme hostile, aléatoire ou compliqué : les surprises, la durée de vie, l'écho et l'amplification des choses, le tout-venant - bref, le cours du monde ou la complexité. Connaissances apprises et intuition sont les deux faces d'une même monnaie, c'est un constat de base.
Nos mentalités, pourtant, nous amènent à croire qu'une maîtrise exclusivement technique peut sécuriser nos parcours dans la vie [1], voire donner une empreinte à l'ensemble. Un peu comme si croire très fort [2], investir sa frustration ou son appétit de vie (libido) et travailler beaucoup [3] faisaient tout. Il faut évidemment de la clarté d'esprit, de la résolution, de la méthode et de l'adresse à exercer des choses (c'est là même la compétence). Pour autant, les surfeurs savent très bien que tout se fait en appui sur la vague.
C'est elle, par son impulsivité, sa force et son danger, qui définit ce qui est faisable : elle restreint et représente un potentiel de plaisir, de réalisation.
Agir, c'est circonscrire. Décider, c'est éliminer. Jouir, c'est expérimenter la contrainte.
Reprenons la métaphore du surf. Pour passer un bon moment, il faut :
| compétence technique (connaissances),
| planche de surf,
| bonne vague, bonnes conditions météo,
| contexte humain balisé (spot identifié comme tel),
| conjonction de tout ça, en live.
C'est cette conjonction qui fait tout. La relation entre tout ça fait un système, bien orienté ou non. La bonne entente de toutes ces composantes entre elles vous amène soit à jouir, soit à engloutir (ici le fond marin).
Il faut prendre toute la mesure du contexte, de ce qui bruisse, conditionne, porte ou empêche. La notion même d'individu, porteur de sa volonté propre, la notion même d'identité est à revoir : il faut l'envisager comme quelque chose de poreux, comme un ensemble avec ce qui englobe et - du coup - vaporise le Moi. Le grand anthropologue Ray L. Birdwhistell (1918-1994) fait comme un phare : L'unité d'analyse n'est pas la personne, prévient-il. Ce que nous appelons une personne [4] est un moment dans un ordre théorique donné [ndlr - une catégorie, une partie dans le rangement, dans l'ordre des choses] [...]. J'ai compris qu'un système de transport n'est pas fait d'une voie ferrée, de gares, de wagons, etc., mais que la chose dans son ensemble, le système, devient le processus ; les parties ne sont pertinentes que dans la mesure où elles constituent le processus de transport (La Nouvelle Communication, années 1970, ouvrage indispensable, simple, vivifiant, complet).
Tout est dans la relation, dans l'interaction. La vie est un orchestre où nous avons notre place dans la symphonie permanente : qui joue sur nous, dont nous jouons. Où tout se dessine et se décide et se joue. Et en direct.
Voilà qui caractérise la vie, et - partant - ce qu'on doit en faire, ou plutôt ce qu'on doit faire avec elle, avec ses principes (être libre, c'est comprendre les contraintes de la vie). Tout ça pour être heureux, puisqu'être heureux se vit dans le bassin de la vie (en dehors, c'est la rêverie, la perversion ou la folie).
Reparlons du lien [5], qui fait tout l'intérêt de tout. Le théologien, philosophe et psychologue Jean-Yves Leloup fait de Dieu même une essence unique en trois composantes. Dieu est tenu et plein de ses trois parties-prenantes : une générosité, qui est fondement-origine (le Père, également Mère puisqu'un père ne l'est qu'avec une mère), la présence manifestée de Dieu, à la fois organisatrice du monde et combinée dans la chair (le Logos, le Fils, incarné dans le garçon aîné de Marie) et la relation d'amour (le Saint-Esprit) qui unit le Fils au Père et baigne la Création. C'est la relation de deux puis (instantanément) de trois dynamiques qui fait la spécificité du Dieu unique. C'est cette vie intérieure qui caractérise l'Être (L'Évangile de Jean, 1989).
Il y a là comme une chimie, comme une combinatoire a priori. La sympathie opère à tous les plans.
Tout est dans le lien ou plutôt dans la relation [6], qui en est l'animation. De sorte que cette relation, éminemment énergétique, forme une entité. Elle participe des autres, boit à leur source, et pourtant constitue une force à part : dépendante-indépendante.
C'est ça la synergie.
Et si on va plus loin, c'est ça l'amour : dépendance-indépendance et sincérité. L'attachement libre (différent de la passion, qui est transport de poids). Je te connais, te connaissant je t'aime. Je me retrouve un peu en toi et je trouve en même temps la différence (altérité) dont j'ai besoin pour me sortir de moi. Et être davantage. Et être plus, et être mieux.
Fig. 1 - Chœur polyphonique sarde
Pour terminer, la quintina, synergie acoustique. C'est terrible et fascinant. Quatre hommes chantent, une cinquième voix s'ajoute : une voix de femme. Je vous laisse découvrir le splendide travail de l'ethnomusicologue Bernard Lortat-Jacob. C'est particulièrement saisissant en pages 3 et 4.
Brr. Mais whaao.
Excellente écoute.
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[1] Cf. fonction Animus.
[2] Revoir ces histoires de pensée magique, de croyances conditionnantes ou de Mojo.
[3] Fichu perfectionnisme.
[4] À mettre en parallèle avec ce que les bouddhistes voient de nébuleux, d'artificiel et de trompeur dans la notion d'individualité. Cf. les agrégats (la structure, les sensations, les représentations, les lois de cause à effet, la conscience - en clair ce qu'on appelle la réalité, ou les conditionnements, diraient les taoïstes).
[5] Le matérialisme fait de la matière un ensemble de propriétés orientées vers quelque chose : la constitution utilitaire d'ensembles et la désintégration de ceux-ci, au profit d'autres, ultérieurs, plus évolués et/ou mieux adaptés (cf. notion de progrès, d'évolution, d'enrichissement continu - il y a heureusement Stephen Jay Gould pour secouer tout ça). L'essentialisme se trompe tout autant, qui fait des choses des identités. Plus réalistes que tou ça : la théologie tri-unitaire, de même que tous les modèles scientifiques postmodernes, à base d'information, de complexité, d'empathie, de communication. S'y glisse une dimension sacrée (voir Le Sens du sacré) : c'est l'animation, issue de la combinaison de tout et aussitôt réinjectée dans le tout. Elle fait la tenue, la danse, les efforts et l'intérêt du monde et des gens.
[6] Le religare se fait par affinités : comme si la substance allait au contact de ce qui lui plait. Le sacré, c'est peut-être un peu ça aussi. Des choses a priori (en tête dirait l'humaniste érudit André Chouraqui).
[ Joël de Rosnay, dès les années 1970, décrit cette tendance morbide du tout-découper, pour lui privilégier une compétence à base de compréhension des contextes et d'écoute générale de ce qui se passe (Le Macroscope) | il faut aussi relire tout ce qu'Edgar Morin dit de lumineux sur la complexité : c'est un maître | rééquilibrer les hémisphères gauche et droit pour évaluer le monde et les situations, cf. cerveau | mettre à profit Georges Romey pour rétablir un dialogue entre Animus et Anima, microscope et macroscope, labor et intuition, esprit de géométrie et esprit de finesse (Blaise Pascal), capacités computationnelles et fabrique à images (Gilbert Durand) | sur cette simultanéité idées-sentiments, absolument voir Antonio Damasio | la logique floue, une tactique du cerveau pour agir avec ce grand point d'interrogation (l'imprévisible destinée de Romey) qu'est la vie | la fulgurance intuitive (Einstein, Mozart, etc.) et l'intensité aux choses ont souvent réputation de charlatanisme dans nos sociétés technico-scientifiques, où le temps passé à accomplir quelque chose a valeur de repère (toutes les étapes y sont controlables voire reproductibles ou industrialisables) | le blog de Bernard Lortat-Jacob ] Read More
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[ < 1e partie | théma Motivation | archivage automatique du billet sur le Mojo d'entreprise ] [ Catégorie Management | permalien, mots-clés et commentaires | 3e partie > ]
Les réprimandes-minute sont un fiable outil de recadrage. Tout aussi efficient que les félicitations-minute, du même Kenneth Blanchard. Savoir réprimander est un art, que je vous brosse ici. La condition absolue étant de discerner s'il s'agit d'une faute ou d'une erreur. Il faut pour ça s'entretenir avec la personne. S'il s'agit d'une erreur, je vous renvoie au bel épisode de Thomas Edison.
La faute ? Là, ça diffère. Il faut la sanctionner comme prévu dans le contrat de travail ou dans le réglement intérieur. Mais avant ça, je recommande une mise au clair, au calme. Sinon, gare au tableau masochiste (décompensation morbide), gare à la triangulation Bourreau-Victime-Sauveur (Steve Karpman), gare à ce que Taibi Kahler décrit par ailleurs comme un scénario d'échec (voir notamment ce que donnent les profils Rebelle ou Persévérant s'ils se sentent acculés [1], soit potentiellement 20 et 10 % de la population).
Il faut réprimander selon quelques principes forts (cf. discernement). Et puis tendre la main en fin d'entretien, c'est déterminant. Trop de managers réprimandent sous le coup de la colère, en explosant. Ou alors froidement, méticuleusement (et intellectuellement), alors qu'il faut considérer la réprimande comme un contenu hautement émotionnel. Donc explosif, donc porteur de « sorties de route » définitives. Gare.
Gare aux Prud'hommes, gare aux croisades, gare à la culpabilité (la pire boule au ventre qui soit), gare à la démotivation des gens qui désapprouvent : nombreux sont ceux qui réclament une éthique serrée et finalement vous vouent aux gémonies parce que leurs amis « souffrent ».
C'est là qu'un manager doit avoir confiance en lui et en sa hiérarchie. L'autorité est reine. L'expérience ? Indispensable : c'est le moment de travailler les réprimandes avec un coach, bien à l'avance. Un coach qui se fonde tant sur le profil du manager que du collaborateur à problème. Et de celui du boss au dessus (cf. désengagement possible ou mécanisme de protection intellectualisant ou - pire - démarche machiavélique [2] ou alors inconsciente du Sauveur qui débarque comme un chevalier blanc).
Reparlons de la faute : réprimander puis tendre la main. Sanctionner puis montrer (en vrai) qu'un retour est possible. Possible ? Mieux : souhaité, désiré, voulu.
Comme - et c'est là que je veux en venir - le père du fils prodigue.
L'erreur est humaine. La faute aussi... Récupérer un fautif, c'est possible, je veux parler d'un fautif repenti.
Provoquer une repentance, c'est du management de haut vol. Puis, volontairement, prendre la personne en flagrant délit de réussite (pour renouer avec la vision lucide et bienveillante), c'est clairement une panacée.
Car celui à qui on pardonne (sous conditions de repentance, de contexte économique favorable et de profil psychologique sain), celui-là, il sait se montrer reconnaissant. Et donc dévoué. Un créancier avait deux débiteurs, expliquait Jésus : l'un devait cinq cents deniers, et l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. Lequel l'aimera le plus ? Simon répondit : Celui, je pense, auquel il a le plus remis.
Ouais.
Be seeing you.
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[1] Lire Derrière chaque masque, une colère du très pédagogue Jérôme Lefeuvre [doc].
[2] Nicolas Machiavel (1469-1527) recommandait au prince de se servir de baronnets comme de fusibles, pour se maintenir. En contexte tendu, c'est comme en poker, si vous ne savez pas qui - à votre table - est le pigeon, c'est que... c'est vous.
[ La pire des armes, c'est le mépris (privation volontaire de strokes), cf. ostracisme | sur le discernement, relire le P'tit D | attention aux chefs qui sont dans la rationalisation ou le déni (Mais non, ça va ! Vous n'allez pas encore vous faire remarquer, Simone ?!) | les mécanismes de protection du Moi, gardiens de la représentation (réelle ou fictive) que l'on se fait de soi : forces de maintien, de cohésion, forces homéostatiques qui viennent en réaction d'un événement troublant, porteur de remise en question, de dislocation de l'image (rassurante et totalisante) que l'on se fait de soi | le psychisme, en proie à cette veille immunitaire, déplace la difficulté, fait « comme si » de manière instinctive, partielle, de courte visée : dans la hâte et malheureusement la cristallisation (inscription nerveuse durable) | principaux mécanismes de protection du Moi : refoulement (le souvenir aigu se dérobe à la mémoire et prend son assise dans une autre forme, immédiatement plus douce - quoique vrombissante, cf. Luc : Si eux se taisent, les pierres crieront), sublimation (la charge se coule dans des tendances « politiquement correctes », donc avouables), régression (retrait de l'investissement psychique dans des phases mieux connues en interne, plus archaïques - ex. boulimie), rationalisation (l'émotion revêt la brillance ou la froideur d'une spéculation rationnelle : elle semble perdre sa charge), projection (attribuer la gêne à d'autres personnes), identification (un exemple allant de soi - faisant autorité -, se dresse en fétiche protecteur, ou catalyseur-neutralisateur des tensions), refuge dans l'action (fuite en avant) ou dans la prévision à outrance (perfectionnisme et prudence à l'excès), imprécations ou vocifération (les tensions trouvent une voie d'expression par le déversement de la bouche), humour (distance ironique, pour dédramatiser voire dévaloriser une brûlante occurrence), folie (le psychisme reconfigure ses grands appuis fonctionnels pour s'adapter au traumatisme, il se tord plutôt que de transformer le plomb en or) | les mécanismes de protection du Moi composent le style de chacun (cf. drivers ou scénarios), ils s'apparentent d'ailleurs - d'après Jacques Lacan - à des figures de style, à des tournures, à des structures formelles (rhétoriques) quasi autonomes, employées en lieu et place des contenus transformatoires (perçus comme menaçants) | les Formes (Gestalt) sont des systèmes vivants, réactifs et conditionnants, comme telles elles sont des symptômes, des grappes de vie indépendantes quoique reliées entre elles (des complexes) | pour Sigmund Freud, les menaces intrapsychiques viennent de la conversion des poussées vitales (érotiques et agressives) en contenus psychiques trop bruts pour être assumés en direct, pour Georges Romey, les menaces viennent essentiellement de mécanismes qui soit étouffent l'ambition d'être soi-même (expressions d'un Animus-chape de plomb), soit qui permettent trop de fulgurances personnelles et déstabilisent ainsi un pacte secret de non-agression, de non-dépassement de l'idéal qu'ont vérouillé sur nous les figures parentales (cf. injonctions paradoxales de Gregory Bateson ou conformation au regard parental), dans tous les cas l'isolement et l'inaction guettent : le fait d'être soi-même (expression de l'Anima authentique, ou de l'Enfant spontané pour Eric Berne), bref être libre dans le rapport au présent (intense et plein), et aussi dans l'acceptation des risques possibles et de l'inéluctable mort, tout ce potentiel reste en simple amorce, séché sur pied - la vie devient visqueuse et rigide, l'étincelle blêmit dangereusement ]
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[ < 3e partie | théma Migration vers Linux | archivage simultané du billet sur les profils archétypiques et post-transactionnalistes ] [ Catégorie Informatique | mots-clés, permalien, commentaires ]
La solidarité, partout comme en informatique, ça vaut de l'or. Avec mon métier, un ordinateur en carafe, ça équivaut à du quasi chômage technique : hier, Windows a volé en éclats. Que dire ? Le disque dur est resté muet, l'angoisse. Merci deux millions de fois à Olive (encore un !), qui m'a conseillé de prendre la main dans cet autisme numérique grâce à Knoppix, puis en installant Ubuntu, la distribution Linux.
So what? Tellement bien, le Linux, que je l'ai gardé. Exit Windows, bienvenue à la fluidité, à la stabilité, au professionalisme. Au vrai.
Je tourne sous Ubuntu. Qui tourne comme une horloge.
Pfiouu.
[ Conseil - Pour : 1. partitionner le disque dur (allouer au nouveau système un espace étanche et à part, en écrasant ou non les données existantes, les données Windows), 2. configurer un wifi (chez Free, c'est laborieux), 3. ajouter, en plus du noyau d'Ubuntu (par définition brut), des modules (Flash, etc.), bref pour ces 3 étapes, demandez impérativement à un pro (2 à 3 h de temps) - ensuite tout est facile | regardez dans Toulrezo.biz : il y a les dates de Toulibre ]
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[ << Avantages du libre pour l'entreprise - 1e partie ] Wind of change - 2e partie
Dés 2007, plus de 400 000 postes informatiques de l’administration centrale française passeront de Microsoft Office à son concurrent libre, OpenOffice. Cette migration vers la suite logicielle gratuite et communautaire est la plus importante réalisée au monde à ce jour. Entre le coût des licences et le coût humain, c'est une économie de plusieurs millions d'euros qui se profile. Avec, en prime, la promotion d'un esprit communautaire, tellement bénéfique aux affaires.
Source : Le Figaro du 5 septembre 2006
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Théma migrants et migrateurs :
[ Ce billet est le 500e ! | autre sujet : un article exclusif de votre serviteur pour le très enthousiasmant Enviedentreprendre.com - le thème, Motiver sans budget | retour à l'informatique - Absara et le libre | bien fameuses PSIL | pourquoi la consultation de ce blog est optimisée pour Firefox | intelligence collective | générer une synergie dans les services | les institutions et le changement, tout un défi ] Read More
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Avertissement - 240e article, Absara.com a 300 jours. 300 jours de dialogues, de techniques et de coups de coeur de consultants. Seul le blog peut permettre cela : un grand merci à OrgSpace/cr8.
Gestion de projet, version gratuite
La gestion de projet fait tâche d'huile, y compris dans les PME hexagonales. Pourquoi ? Parce que la désorganisation coûte cher, elle qui impacte la productivité [1] et torpille la motivation humaine [2]. Dur constat... Le progiciel devient donc un 'collaborateur' de choix. Dans la saillie initiée par le libre, comprenez le gratuit, Open Workbench semble tirer son épingle du jeu. Ce progiciel international, développé par une communauté 'projet' - techniquement charpentée par des opérateurs Américains, Indiens ou encore Danois (SSII) - affiche en ce moment même plus de 30 000 téléchargements. Un peu comme si 8% des entreprises parisiennes s'étaient déjà entiché de l'outil.
Faisant la nique au sempiternel MS Project, Open Workbench prétend ainsi être à l'origine d'environ 16 000 000 € d'économies chez ses utilisateurs (un peu plus de 500 € à chaque fois).
A tester : Absara l'a déjà téléchargé. Ainsi Gantt est-il mis à l'honneur, de la façon la plus concrète qui soit. De manière élé-Gantt...
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[1] Une consultante, affiliée au cabinet de conseil CRP, m'expliquait en 2003 que les artisans étaient peu rentables. Etonnant ? Et pourtant : la productivité (organisation en amont, généralisation des pratiques à succès, optimisation des processus, etc.) y est souvent très, très faible. Résultat : un chiffre d'affaires intéressant, pour un nombre d'heures de travail... considérable.
[2] Ce n'est pas le Petit Démotivateur qui nous contredira.
[ Absara et le libre, une grande histoire d'amour, entre autres fondée sur les coûts | Claire, formatrice blogueuse de la région bordelaise, nous explique les fondamentaux de Gantt project, autre logiciel libre, en démo ici - Merci, Claire ! ] Read More
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Le libre fait une percée par le flanc. C'est l'éléphant commercial qui en perd ses défenses. D'un côté du ring, les offres propriétaires, chères et synonymes de captivité. De l'autre, le camp bigarré des développeurs coopératifs, emmenés par un manchot surdopé : Linux et consorts implémentent le poil à gratter des mastodontes à dollars. Tout y est bon marché, fiable, simple et motivant. Seule retenue, pour le grand public et les entreprises : le sempiternel passage à l'acte. Nous sommes à une époque-charnière, où le David du libre arme sa fronde. C'est peut-être grâce aux projets de suites informatiques libres, les PSIL, compilations conçues pour Windows mais d'essence (et de visée) linuxienne, que le grand public franchira le pas. Un petit pas pour l'informatique, un grand pas pour l'humanité. Absara dévoile les lignes de trois d'entre ces PSIL. Représentatifs ? Assurément. Radiographie d'un secteur bouillonnant, à travers trois démarches typées.
1. Plusieurs organisations, une seule passion
La diversité, tout d'abord. Il est intéressant de voir quels types de structures réalisent des PSIL. David Vantyghem, président de l'une d'entre elles, explique que Graoulug - LUG est l'anglicisme de Groupement d'utilisateurs Linux - est une association à but non lucratif, de droit local Alsace-Moselle [ndlr - combinant les meilleures dispositions des droits français et allemand]. La genèse du groupe ? De simples rencontres lors des "install parties" Linux, qui ont débouché sur une liste de discussion (news et conseils), consacrée au libre. Le site a vu le jour au printemps 1999. Le groupe compte une vingtaine de membres actifs et même cent personnes si l'on ajoute les participants aux listes de diffusion. Graoulug existe de fait depuis quatre ans et officiellement depuis l'année dernière, où - suite au succès du PSIL GNUWin -, l'association a lancé... Graouwin. Autre projet, autres pratiques. Christophe Combelles, responsable d'AutoCDLibre, estime que l'AutoCdLibre n'est rien en comparaison de projets collaboratifs charpentés tels que GNUWin, WinLibre ou LoliWin. Ce n'est ni une association ni une quelconque structure. Il est tout seul à maintenir l'AutoCDLibre, ce qui lui prend peu ou prou une heure par semaine. Principalement pour activer les mises à jour. De son côté, Jean-Paul Leclère, co-animateur du collectif Free-EOS, rappelle que celui-ci est une communauté informelle de développeurs, de beta-testeurs, de contributeurs et d'utilisateurs. Quatre personnes, appuyées sur les retours de contributeurs-testeurs, suffisent à dynamiser le projet. Prenant sur leur temps libre, tous se considèrent comme des passionnés.
Association, initiative personnelle, communauté de fait : tout est là.
Mais pour David Vantyghem, la masse critique d'une association se situe autour de cent membres, en dessous de quoi, le projet souffre d'inertie, voire d'arrêt complet. Graoulug a ainsi vu son PSIL s'engourdir pendant plusieurs mois. Désormais, l'énergie bat son plein : Après un tassement profond, nous comptons, dès cet hiver, re-dynamiser le PSIL. Nous tablons notamment sur le partenariat obtenu le 19 novembre dernier avec l'institut universtitaire technologique (IUT) de Metz - où plusieurs de nos membres travaillent - pour relancer la machine. Le corps enseignant est en effet d'accord pour que certains étudiants planchent sur Graouwin.
C'est le premier constat : le PSIL, souvent privé de ressources financières à la base, nécessite un bénévolat constant, doublé d'une motivation et d'un réseau de partenaires fiables.
(c) Graoulug
2. Démocratiser les logiciels libres
Une fois le panorama campé, penchons-nous sur les PSIL. Notre suite logicielle, indique David Vantyghem, initialement accessible en téléchargement, est désormais prévue en cd-rom. Lancement souhaité : été 2005. Quant à Christophe Combelles, il nourrit occasionnellement son projet des quelques commentaires et conseils de la part des internautes. Free-EOS, projet plus ample, fait l'objet d'une description pointue. Jean-Paul Leclère précise que le PSIL Free-EOS est un serveur GNU/Linux francophone destiné à gérer un réseau informatique et offrir de nombreux services sur le Net, notamment l'hébergement de sites, la création d'e-mails ou de dossiers personnels. Particularité : aucune connaissance Linux n'est nécessaire pour installer, configurer ou administrer le serveur Free-EOS. Le CD pour Windows s'adresse aux administrateurs réseau souhaitant installer sur leur parc - de manière simple, automatisée et donc rapide - une large palette de logiciels, tant orientés administrateurs qu'utilisateurs : centre de formation, cyber-espace, club informatique, etc. Il faut se souvenir, souligne Jean-Paul Leclère, qu'aux débuts du projet Free-EOS, ni OpenOffice ni Mozilla n'étaient sortis en version 1.0. A l'époque, l'on comptait seulement deux grands PSIL pour Windows : TheOpenCD (en anglais) et GNUWin II (multilingue et très complet, mais sans automatisation des installations). Les visées du CD Free-EOS pour Windows se démarquaient déjà de ces deux projets : version francophone, sélection plutôt restreinte de logiciels, installation automatisée "à la chaine" et dans le bon ordre. Le but : avoir une machine opérationelle rapidement, gratuitement. Sans cette optique particulière, confesse-t-il, nous aurions sans doute utilisé GNUWin II. La version 1.0-3 du CD Free-EOS Winstation [ndlr - applications "postes de travail" sous Windows] a été publiée en avril 2003, nous en sommes à la version 1.5-2. L'AutoCDLibre de Christophe Combelles consiste en un script, dans un premier temps écrit pour faciliter la vie de son auteur. Je me suis dit, rapporte celui-ci, qu'il pourrait également servir à d'autres. J'ai effectivement l'habitude de distribuer des CD remplis de logiciels libres pour Windows et je voulais pouvoir y mettre à la fois le contenu et le texte que je souhaitais. Une distribution logicielle personnalisée, en somme. Jean-Paul Leclère poursuit : Les offres voisines venues après nous ont leur propre vie, nous ne les vivons pas comme concurentes mais plutôt comme des propositions différentes tendues vers un même but : la démocratisation des logiciels libres. Avec comme ligne de mire GNU/Linux. Si WinLibre a le même objectif, c'est bien. Quant au succès, pourquoi parler de l'un plus que de l'autre ? Tous ces projets ont une vision commune, il faut donc parler du succès de l'ensemble.
(c) Free-EOS
3. Si l'union fait la force, la spécificité aussi
Le succès ? Parlons-en. Il est conditionné par la qualité du mode de communication et de distribution. Pour Graouwin, toujours le même mode de distribution, annonce David Vantyghem, c'est-à-dire Internet, sous forme d'une ou de plusieurs images ISO. L'année dernière, en une semaine, se souvient-il, la première image ISO avait été téléchargée à 2 000 exemplaires en une semaine, si bien que le serveur de l'hébergeur avait été mis à genoux ! Cette fois-ci, nous mobiliserons de meilleurs moyens, plus fiables, notamment grâce à la technologie BitTorrent. Nouveauté importante : financer le pressage de cd-roms par des parrains [ndlr - les parrains intéressés peuvent contacter l'association via son site]. Nous comptons, dévoile le président de Graoulug, mettre à profit trois échelons de prescripteurs-distributeurs, selon le rayonnement de chacun. Ainsi les entreprises locales diffuseront-elles le cd-rom sur la Lorraine et le sud du Luxembourg. A un second échelon, interviendront des organisations régionales que nous connaissons : réseau Attac, associations linuxiennes, médiathèques, espaces de mécénat multimédia et autres centres de valorisation et de transfert technologiques. Nous ciblons, pour terminer, des entreprises nationales pour les distributions via Internet. Dans deux ou trois ans, projette David Vantyghem, peut-être une version anglaise verra-t-elle le jour, grâce à des parrains ? L'idée serait en outre de garantir un contenu logiciel à jour, en mettant en place un système de génération automatique et instantanée des images ISO du cd-rom. Important : celui-ci sera délivré à prix coûtant. Toutefois, une souscription pourrait s'amorcer, pour constituer une réserve de trésorerie salutaire quelques mois avant le jour J. Graoulug soigne son projet. Mais soulignons le plus important : l'association prévoit de réaliser des versions personnalisées, à la charte graphique des organismes qui le souhaitent. Horizon souhaité : été 2005, annonce le président. Chacun pourra ainsi offrir le PSIL à son personnel, à ses partenaires ou à ses clients. Quoi de neuf du côté d'AutoCDLibre ? Aucun soutien logistique, rapporte Christophe Combelles, dont le projet est minuscule. Selon son auteur, AutoCdLibre est à peu près la même chose que WinLibre... mais en moins bien (!) Son avantage, tout de même, est d'être plus souvent à jour car il est très rapidement modifiable grâce à une syntaxe simple. Il peut aussi vérifier automatiquement s'il existe une version plus récente du script. Il permet de créer rapidement une nouvelle version du CD en ne téléchargeant que ce qui a changé. Lorsqu'on veut graver un CD, il suffit de lancer le script sans se poser de questions. Le processus est rapide et automatique. L'avantage (le coeur) d'AutoCDLibre reside dans sa simplicité de mise à jour. Le mode de distribution semble secondaire. Pour ce qui est de la communication, Christophe Combelles a rédigé une ou deux annonces sur LinuxFr.org. Quelques personnes se servent du script de temps en temps, constate-t-il, et j'ai mensuellement une moyenne de 130 vérifications de mises à jour. Je n'ai aucun objectif d'audience, puisque je fais cela avant tout... pour moi. Autre politique pour Free-EOS : Nous communiquons essentiellement via le Net et le bouche à oreille, explique Jean-Paul Leclère. La distribution ? Téléchargement "classique", protocole BitTorrent, événementiel linuxien, cybercentres, etc. Nous n'avons pas d'objectif d'audience, d'ailleurs il est impossible de connaître précisément le nombre d'utilisateurs puique tout un chacun peut copier le CD téléchargé ! Par contre, comme indicateur, nous avons environ 6 000 téléchargements pour le serveur et 5 000 pour le CD Winstation dans leurs dernières versions. Aucun soutien financier - à l'instar des autres PSIL -, mais des pratiques d'entraide fort bienvenues : Ikarios distribue le CD du serveur Free-EOS par La Poste (pour les oubliés du haut-débit), quant aux autres partenaires, ils hébergent les contenus ou mettent leurs services à notre disposition. SourceForge héberge les téléchargements, Adullact, la documentation en ligne, Easynet, les versions de développement et l'hébergeur coopératif Ouvaton, le site web. De plus, nombreux sont les GUL, tels que CLX, qui distribuent nos CDs à leurs membres ou lors de manifestations. Mentionnons aussi les clubs informatiques, les lycées, collèges et autres organismes de formation, qui composent une galaxie relativement riche de prescripteurs-distributeurs. Côté lorrain, Graoulug bénéficie des appuis de l'IUT de Metz et également du centre de ressources informatiques de l'université de Metz (CRIUM), ainsi que des laboratoires de l'université. Nous venons, ce mois-ci, se réjouit David Vantyghem, d'intégrer la fédération régionale Microtel, qui nous apporte des informations et nous cède du matériel informatique récupéré et remis en état. Grâce à elle, nous avons maintenant de quoi mettre en place nos propres serveurs. Nous avons le projet d'équiper un espace multimédia pour le grand public : ce local s'implantera dans la périphérie messine. Véritables épines dorsales de la diffusion, les partenariats sont déterminants. Peut-on pour autant parler de réussite à long terme ? Le succès rencontré, tempère Jean-Paul Leclère, repose principalement sur la qualité des logiciels proposés. A vrai dire, aucun PSIL n'est un produit : il s'agit d'un vecteur de diffusion, de découverte du libre. Sans logiciel libre, point de PSIL ! La messe est dite.
(c) Predicazione.co.uk
4. Les motivations
Quel est le but des PSIL ? Graoulug en compte deux : 1) faire connaître l'association, 2) disposer d'un outil convivial et simple pour présenter et faire connaître les logiciels libres en douceur, d'abord sur Windows. En l'espèce, expose David Vantyghem, nous répondons aux besoins de trois publics. Tout d'abord, les clubs d'informatique qui recherchent des logiciels libres pour Windows, faciles à installer. Ensuite, les entreprises qui veulent faire la promotion de leurs offres à travers le libre. Pour terminer, les particuliers, friands des versions fraîches de ces excellents logiciels. Quant au but de Free-EOS, il est clair : toucher les administrateurs des serveurs Free-EOS dans les organisations. Et également toucher les particuliers - de plus en plus nombreux - qui utilisent le serveur Free-EOS pour héberger leurs sites ainsi que leurs e-mails. Il en existe de la sorte dans tout l'espace francophone, du Québec au Burkina Faso, jubile Jean-Paul Leclère. L'AutoCDLibre de Christophe Combelles répond essentiellement aux besoins de son concepteur et des utilisateurs qui savourent sa facilité de mise en oeuvre. Il faut toutefois séparer ces derniers en deux groupes : 1) les gens qui veulent créer le CD pour le distribuer, qui sont prescripteurs, 2) les utilisateurs finaux, qui disposent obligatoirement d'un environnement GNU. Si j'avais le temps, soupire l'auteur du script, je le ré-écrirais en Python ou en C. Mais dans ce cas, pour plus de cohérence, je ferais mieux d'aller contribuer à WinLibre. WinLibre par-ci, WinLibre par là. Je n'ai pas encore pris le temps d'examiner WinLibre, concède le président de Graoulug, mais je le ferai car il y a certainement de bonnes idées. Pour l'instant, je préfère relancer Graouwin. L'idée : le laisser évoluer selon les idées et les besoins des utilisateurs. Après, je pense qu'il sera utile de le comparer aux autres pour apporter des améliorations. J'espère que notre PSIL sera complètement différent des autres projets : ainsi, l'offre sera-t-elle plus complète. J'aime bien l'idée du bazar ordonné [ndlr - idée également affectionnée par les concepteurs de Free-EOS] : une constellation de projets qui évoluent différemment, tout en intégrant parfois de bonnes idées des autres. Et j'espère que Graouwin apportera des choses nouvelles et originales (un installateur écrit en XUL, qui sait ?) Voilà qui est posé : les PSIL se servent des synergies suscitées par chaque projet.
(c) AutoCDLibre
5. Bazar et complémentarité
Mais de là à fédérer l'ensemble des projets, comme le souhaite l'association Lolica (voir notre article), un fossé baille. Du côté de Graoulug, l'on estime qu'une fédération pour échanger des idées et avoir une meilleure visibilité, oui. Mais cela doit se limiter à ce champ précis. Il ne faut surtout pas chercher à uniformiser les projets, ce serait tuer la créativité. Et surtout, la fédération doit rester libre de toute influence politique ou économique. Des partenariats, oui, mais pas de dépendance. Qu'en pense l'instigateur de l'AutoCDLibre ? Je ne pense pas qu'il faille fédérer ou regrouper tous les projets de type GNUWin, WinLibre ou autres. Ils sont tous différents et sont réalisés selon un principe particulier. Par exemple, GNUWin (malheureusement un peu essoufflé, depuis pas mal de temps) a évolué vers l'exhaustivité. WinLibre, quant à lui, s'attache à sélectionner un panel de logiciels non redondants. Tous ces projets sont différents et ont leur place. Je salue au passage la diversité des distributions Linux et des environnements de bureau comme XFCE, Gnome, KDE, etc. Alors une fédération ? Après tout, se ravise Christophe Combelles, fédération ne veut pas forcément dire convergence. Il serait peut-etre souhaitable, après coup, qu'une structure s'occupe de faire de la communication autour de ces projets. Qu'en pensent les parties-prenantes de Free-EOS ? Fédérer tous les PSIL ? Quelle drôle d'idée ! s'exclame Jean-Paul Leclère. Nous poserions plutôt la question à l'envers : à qui une fédération profiterait-elle ? Pour citer Linus Torvalds, initiateur de Linux : "Et s'il y a bien une chose que j'ai apprise de Linux, c'est que les projets ont leur propre vie, et qu'il ne faut pas essayer de leur imposer votre vision trop fortement." Pourquoi existe-t-il, à ce jour, de nombreux PSIL conçus pour Windows ? C'est qu'il y a, selon nous, une foule de besoins légitimes distincts, initialement des besoins locaux (promotion d'une association comme Lolica, choix des logiciels pour une école, comme pour GNUWinII, etc.) C'est assurément une richesse : offrir plus de choix pour permettre aux utilisateurs d'utiliser celui qui répond le mieux à leur besoin. Voire générer plus d'efficacité au niveau local. De plus, les bonnes idées des uns peuvent être utiles à d'autres. Au pays du libre, la synergie a décidément pignon sur rue. Il est cependant vrai, reconnaît Jean-Paul Leclère, que plusieurs projets sont très proches dans leurs objectifs, par exemple WinLibre aurait pu travailler avec GNUWin II au lieu d'élaborer une solution à part. Cela aurait permis à WinLibre de bénéficier des langues disponibles (neuf à ce jour) et des présentations pédagogiques des logiciels estampillés GNUWin. Réciproquement, côté GNUWin, l'on aurait profité du système d'installation de WinLibre.
L'on a bien compris : le nombre forme un levier qualitatif. Dans le registre de la qualité, Free-EOS affiche sa devise, Vite, simple et bien. Que Jean-Paul Leclère caractérise comme suit : réaliser la trousse à outils des administrateurs des serveurs Free-EOS, même (et surtout !) si celle-ci peut servir à monsieur-tout-le-monde. Pas de devise pour Graoulug, mais - pourquoi pas ? - un appel à contribution via le site de l'association : avis aux plumes agiles. La maxime de Christophe Combelles se goûte sous forme de boutade : Un logiciel libre n'est gratuit que s'il existe.
C'est d'ailleurs à lui que revient le mot de la fin. Savoir s'il y a un modèle économique autour du libre est une mauvaise question. C'est le modèle actuel que je trouve absurde et anormal, où des entreprises font payer une fortune pour un simple CD qui n'a coûté qu'un euro à dupliquer. Le résultat évident et naturel est un taux de copies illégales qui est considérable, c'est inévitable. À mon avis, c'est plutôt le modèle actuel qui n'est pas viable. Ou plus viable. Le modèle économique du logiciel libre est simplement le modèle de la prestation. Les partisans du libre font payer pour un vrai boulot et rien de plus, que ce soit un développement spécifique, une amélioration, une installation ou une formation. Pour la musique, conclut-il, l'évolution sera la même. Le son contenu dans un CD n'est rien d'autre qu'une information immatérielle qui se dupliquera sans limite. On n'y peut rien ! Le prix de la musique est en train de tendre vers le prix du support, c'est-à-dire... presque rien. Par contre, l'on continuera à payer pour une prestation, comme les concerts.
Dans le concert de l'économie, le libre pourrait d'ailleurs jouer une symphonie magistrale...
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Les Champenois font mousser le libre. L'association Lolica, Logiciels libres en Champagne-Ardenne, située à Reims et présidée par le très linuxien Fabrice Romand, propose depuis 2003 un cru frappé aux couleurs du libre. Environnement de travail libre (ETL) sous Windows, compilation alternative aux logiciels propriétaires (CALP), projet de suite informatique libre (PSIL) : Absara lance les acronymes. Quelle que soit la dénomination que vous préférez, LoliWin se déguste comme un millésime didactique et complet.
Absara : Qu'est-ce qui, dès 2003, a poussé Lolica à compiler des logiciels libres ?
Fabrice Romand : Le projet est parti d'un constat clair. Pour un utilisateur non initié aux joies de l'informatique, le passage aux logiciels libres constitue... une épreuve. Proposer directement GNU/Linux pour cette population est utopique. A cela, deux raisons : 1) tout ordinateur neuf comprend - encore ! - Windows, 2) passer d'un système connu (et acquis) vers un système d'exploitation qui ne l'est pas (quoique gratuit) laisse songeur... Nous avons donc compilé des programmes pour Windows, pour favoriser à la fois une migration douce (ndlr - vers Linux) et une offre accessible.
>> Pédagogie - Dès le début, LoliWin a proposé beaucoup de documentation et de compléments afin que l'utilisateur dispose tant des outils que d'une documentation suffisante pour démarrer.
A : Quel est le parcours de Lolica ?
FR : Notre association s'est développée sur le noyau d'utilisateurs de logiciels libres. Premiers temps : rencontres sur Internet, dans les cafés locaux puis finalement officialisation du groupe par la création d'une association loi 1901. Mission première : promouvoir des logiciels libres dans la région Champagne-Ardenne.
A : A quel type de besoins comptiez-vous répondre en proposant LoliWin ?
FR : Proposer une alternative aux postes bureautiques classiques, c'est-à-dire répondre aux besoins essentiels de rédaction de documents, de communication et de consultation d'Internet.
A : Combien de personnes sont impliquées dans le projet ? Outre ces ressources humaines, disposez-vous de crédits financiers ?
FR : Tous les membres de l'association sont parties-prenantes du projet, que ce soit pour déterminer le choix des produits, les tester, les promouvoir... Par contre, la réalisation m'imcombe entièrement, pour le moment. La majorité des membres de l'association gravite autour du milieu informatique. Nous sommes tous bénévoles. Aucun crédit financier ni de sponsor. Nous sommes en cours de discussion pour créer des partenariats avec des structures pouvant distribuer LoliWin. La diffusion représente un enjeu crucial.
A : Comment vous situez-vous par rapport à des offres voisines telles que WinLibre ? Que pensez-vous de son succès ?
FR : Je suis frappé par l'aspect "vendeur" du projet et du site Web. Sinon, le téléchargement sélectif est une innovation intéressante. Par contre, je regrette l'absence de pédagogie : pas de documentation, pas de présentation des logiciels libres (ndlr - cela pourrait venir). Les logiciels sont livrés de façon un peu brutale.
A : Comment s'organise le planning du projet ? Est-on, actuellement, à une étape précise dans l'évolution de celui-ci ?
FR : En termes de contenu, le projet me semble mûr. Sur le plan technique, certaines améliorations sont toujours possibles. La prochaine version proposera certainement une innovation (ndlr - contenu en cours de discussion), qui viendra compléter l'offre d'essai des logiciels libres. Egalement à l'étude : la possibilité et l'intérêt d'intégrer un téléchargement sélectif, façon WinLibre.
A : Comment communiquez-vous autour du projet ? Comment distribuez-vous LoliWin ?
FR : Le Web est actuellement notre principale source de diffusion. Nous sommes en cours de discussion pour diffuser plus largement le CD-rom auprès des étudiants et des particuliers de notre région. Nous n'avons pas d'objectifs d'audience, nous sommes essentiellement attentifs à la qualité des travaux effectués. Ceci dit - de manière générale -, beaucoup c'est mieux qu'un peu !
A : Quel succès LoliWin rencontre-t-elle ?
FR : Nous n'avons que des retours positifs sur notre initiative mais malheureusement, pas de chiffres sur le nombre de téléchargements ou d'utilisateurs réels.
A : Quel est le profil de vos utilisateurs ?
FR : Particuliers et enseignants constituent la majorité des utilisateurs actuels. Ces profils sont stationnaires.
A : Quel est votre regard sur le monde du libre actuellement ?
FR : C'est un univers fantastique mais que d'énergie perdue ! Par exemple, les groupes d'utilisateurs de Linux (GUL/LUG ) ont énormément de mal à communiquer avec des non-initiés : beaucoup de manifestations s'organisent entre initiés et n'accueillent... que des initiés. Le logiciel libre ne se développera pas de cette façon. Lolica se propose de palier cela. Pour prendre l'exemple des compilations de logiciels libres pour Windows, une bonne dizaine de projets est en cours (cf. Framasoft.net). Certains vont faire preuve d'esprit "marketing" et proposent ainsi un produit vendeur (WinLibre), d'autres des contenus plus riches mais dotés d'une communication moins aboutie (LoliWin). Comme si cela ne suffisait pas, un site Web (ndlr - à la discretion de l'interlocuteur) a en projet de lancer sa propre compilation.
>> Rassemblement - Pour arrêter la dispersion des efforts, des motivations et des idées, il devient urgent d'unir les forces afin que chacun apporte ses points forts à un projet commun et fédérateur. Dans ce sens, j'ai pris contact avec les initiateurs de ces projets afin d'étudier la possibilité de les fusionner.
A : Quelles sont les productions qui vous enthousiasment le plus ?
FR : OpenOffice et Firefox constituent sans aucune doute des fleurons. Knoppix est un fabuleux outil de découverte de GNU/Linux. WikiPedia est aussi un modèle de partage de la connaissance et un emblême fabuleux pour la philosophie du libre. Et GNU/Linux, bien sûr, parce que c'est sans doute le logiciel libre du siècle !
A : Quels sont les projets de l'association désormais ?
FR : Nous avons maintenant des dizaines de sollicitations telles que des install parties, de la formation, des manifestations régionales. Malheureusement, trop peu de ressources humaines pour répondre favorablement à toutes. Trouver des membres actifs devient donc primordial pour assurer les missions de l'association.
A : Merci, Fabrice. Bon parcours !
[ Forum Lolica | L'enthousiasme de LinuxFr.org | Page de Fabrice Romand, membre de l'Apinc | GnuWin, PSIL historique | Migrer avec LinuxTransition.free.fr | Liste des principaux PSIL : Allegetice, AutoCdLibre, Colibris, Free-EOS Station Windows, Graoulug, Libres Ressources des territoires numériques, RDBMS Toolbox, TheOpenCD ]
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Avantages du libre pour l'entreprise - 1e partie [ Pourquoi l'administration centrale française migre massivement d'ici 2007 - 2e partie >> ]
Le libre est un levier financier. Cost killing à la clé. De plus, permet-il de gagner du temps, grâce à la compétence de ses développeurs : c'est pro, c'est propre, c'est solide. Le rêve de tout professionnel impliqué dans l'organisation de l'entreprise.
propose soixante mots pour convaincre :
* Meilleure qualité des logiciels (sources ouvertes, suivi et contrôle des bugs, etc.),
* Grande capacité d'adaptation des logiciels,
* Indépendance plus grande vis-à-vis de l'éditeur du logiciel propriétaire (contrôle des sources, pluralité d'édition),
* Universalité : respect des standards/normes et possibilité de contrôler/adapter les formats d'échange,
* Processus en expansion : les logiciels libres se développent à la même vitesse que l'Internet.
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