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 Paris - 4e partieTue 20 Jan 2009
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Paname-A


Trois choses.

Il y a l'histoire des soldes, en premier. Vous savez ? Regardons les vêtements. Une étiquette indique à la fois le prix passé (rayé) et le prix actuel. De sorte que le prospect, en consultant ça, se figure tout de suite le gain. C'est le plus pour lui. La campagne commerciale devient claire et parlante : Je fais une économie de tant.

Un trait mental consiste à faire la même chose dans les services. Prenons un prestataire. Il facture des choses et génère un gain pour la boîte. Il suffit simplement, comme dans les soldes, qu'il décrive un passé (avec ses problèmes, avec les blocages qu'il produisait), qu'il indique dans la même proposition le mieux qu'il envisage. Un seul et même support pour ça. Un gain se fait alors jour, fondé sur la différence entre une réalité et son amélioration prévisible. Reste juste à indiquer les moyens d'y arriver, par exemple en entretien. ce sont les pistes. Viennent logiquement les questions, les préoccupations, les envies du client. À charge pour le bonhomme de montrer les voies réalistes : trajectoires mesurables.

C'est logique.

Je veux juste dire que le modèle des soldes et du gain (cf. étiquette) est simple et efficient (naturel). Je le conseille aux prestataires que je connais : hardi, guys, gardez la foi.

Le deuxième point, c'est ce clochard de la place de Clichy. Regardez-le et quelque chose (un détail) vous fend doublement le coeur. Il est assis dans le métro, sur les marches. Immobile. Atterré. Ce qu'il perçoit, ce sont les milliers de trajets bruissants, qui lui passent à côté, dessus, partout, sans jamais le rencontrer (sans le toucher). Regardez sa bibine de vin : biberon rougeâtre. Un vrai biberon, en plastique, de gamin. (Comme ma progéniture.) Cet homme tète et se rassure. Son lait maternel, c'est du vin-poison. Alors il se le colle aux lèvres et subit le monde avec. Il se donne un contact à lui-même. Il affronte la vie comme ça.

(Dieu...)

Ouais.

Troisième point ? Marc Traverson. L'auteur, coach et psychanalyste [*], spécialiste des relations dans l'entreprise, me reçoit dans le Ier arrondissement. Des échanges riches et intéressants. J'aime quand les visages du Net s'incarnent et s'animent.

Un des privilèges de Paris : recéler des talents au bout d'un ou deux métros.

La visite aux chouettes profils prend des contours de pèlerinage amical.

Sûr.

Allez, 'nuf said : parlez-nous donc de vous.

Au plaisir !
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[*] Merci, Marc, pour les livres ;)

[ Tiens, que pensez-vous du nouvel habillage du blog ? ]


 You're talkin' to me?Wed 20 Feb 2008
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Exceptionnellement, ce billet est (c) - Merci


C'est fou. Je passe une journée, hier, avec une personne. Et nous travaillons, elle et moi. Une seule pièce, deux ordinateurs, du temps devant nous, etc. Très productive, cette journée. Et ça m'a marqué : je lui ai dit que je ferais ce billet. C'est un billet sur les petites voix.

Cette personne ponctue chaque avancée, même minime, d'une remarque à elle-même. Une remarque auto-adressée. Et, comme dans tous les cas de ces voix intérieures - ici verbalisées -, il y en a de deux catégories. Il y a les voix de critique et les voix de soutien. Il y a les Quel(le) imbécile je suis ! Mais ça va pas la tête ! et les Ouais, ça c'est du bon boulot mon/ma coco(tte) ! Là, t'assures grave.

Je sors du cas d'hier et aborde avec vous la nature de ces voix. Pour comprendre leur formation et les besoins auxquels elles répondent, il faut en revenir à Eric Berne (1910-1970), psychanalyste et psychiatre américain. Dès les années 1950, le père de l'Analayse transactionnelle (AT), travaille sur l'alternance des états personnels. En l'espace d'une journée ou en l'espace d'une vie, c'est pareil : vous et moi passons par plusieurs dispositions mentales et émotionnelles. Comme si, à l'intérieur de nous, il y avait plusieurs noyaux, plusieurs programmes, tous présents, plusieurs façons d'envisager le monde. Et c'est distinct. Berne appelle ça les États du Moi. Ils prolongent ce que Sigmund Freud (1856-1939) avait si bien senti : le réservoir des poussées de vie et des instincts (le Ça, réserve de sexualité et de combativité - bref, d'énergie [1]) reçoit le nom d'état Enfant (spontané-créatif, ou rebelle, ou soumis). Le Surmoi freudien, qui condense les valorisations et les interdits parentaux, c'est-à-dire le jugement (bien, mal), devient l'état Parent [2]. Le Parent sévère (poseur de structures voire castrateur) et le Parent protecteur (encourageant voire étouffant). Et le Moi de la psychanalyse (raisonnements, production de compromis pour sortir de l'écartèlement entre pulsions du Ça et impératifs du Surmoi), bref la Moi devient, lui, l'état Adulte.

C'est le fameux système PAE : Parent, Adulte et Enfant rythment la vie du psychisme.

Au stade actuel, il faut bien se figurer que les petites voix, cassantes ou chaleureuses, empruntent à la fois au Parent et à l'Enfant.




Fig. 1 - Le PAE - image (c) Icres.org



Le Parent ? Il critique. Ou il soutient (on dit alors qu'il nourrit). Ce qui donne : Quel(le) imbécile ! ou Tu es tout bonnement fabuleux-se !.

Dans le premier cas, il juge et en ça, il rassure, c'est un garde-fou. Dans le cas des encouragements (strokes positifs), les stimulations renvoient au temps ou les figures d'autorité (bien)veillaient sur nous : Tu peux y arriver !, nous disaient-elles avec amour.

Revenir à ça fait du bien. Revenir à ça permet de se recaler dans des valeurs personnelles, découlant du milieu éducatif et moral. Comme des fondamentaux. Et puis revenir à ça intramotive et rassure. On refait le plein.

Parlons maintenant de l'état Enfant. D'où vient cette joie à réussir ? ce Oui, là je suis trop, trop bon(ne) ! ? C'est de la jubilation : l'expression naturelle d'une satisfaction qui explose et cherche à s'épancher. Entendre en nous cet Enfant spontané, qui rit, qui joue, qui saute de joie, est un besoin de base. Une émotion. Une majorité de pratiquants de l'AT voient dans l'Enfant spontané une finalité. Celui qui va bien renoue avec ce qu'il a de plus naturel : l'expressivité, la joie simple, le placement direct de soi dans le monde.

Et c'est vrai que ça fait plaisir.

Passons une vitesse. Et regardons en quoi les connaissances actuelles peuvent donner du relief.

Il y a bien sûr la Process Communication (PCM). Taibi Kahler est au départ un fils de l'AT, qui s'intéresse aux biais intrapsychiques par lesquels nous passons d'un état normal (je vais bien / le monde est bien orienté, cf. positions de vie) à un état de décrochage et de souffrance (stress, mélancolie, dévalorisation personnelle). C'est le je vais mal / le monde est naze ou le je vais mal / le monde est beaucoup mieux que moi.

Car ces choses-là nous viennent par un scénario, un programme inconscient de recherche de strokes (jusque là tout va bien), mais qui s'emballe, qui perd les pédales et finit par produire un grand n'importe-quoi, potentiellement dévastateur. C'est le Miniscénario, objet d'une célèbre étude de Kahler (1974 puis 1999).

Le modèle qui découle de cette étude caractérise très bien les petites voix. Kahler, en bon prolongateur de Berne, les appelle drivers. Kesako ? Les drivers (incitateurs en français) sont des forces de recherche, des mécanismes inconscients qui se mettent à l'affut de strokes. Mes drivers traquent les indices de vie (stimulations, propos, attitudes de monde et des autres) qui me traduisent - dans ma langue à moi - que je suis vivant, accepté, en place et en sécurité tel que je suis (cf. la place et la chaise).

Si les strokes, les filtres par lesquels je perçois et interprète le monde, sont - selon ma configuration à moi - mal orientés (interprétés comme défavorables), je perds pied ou m'énerve contre les autres ou les accable ou me terre dans le mutisme ou m'autoflagelle. C'est terrible et déjà dans les années 1940, un psychanalyste, Rene Arped Spitz (1887-1974), avait constaté à quel point l'absence de ces signes favorables pouvait détraquer le psychisme, puis carrément le corps - le système nerveux (cf. hospitalisme).

Sans strokes, ou alors en proie à des stimulations maladroites, mal orientées, que j'interprète mal, mes drivers me conduisent (c'est le cas de le dire) dans un mal-être qui peut déboucher sur un sabotage ou un autosabotage relationnel.

Les petites voix ? Des remparts contre ça.
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[1] Cette énergie vitale, comme sous pression, demande à jaillir, à emporter le monde. Une majorité de psychologues, notamment jungiens, appellent ça la libido, mot latin signifiant désir (ici de vie). C'est un magma (métaphore romeyenne) d'énergie, d'Anima, de créativité. Ou de destruction si elle est mal canalisée. Notamment par un Moi défaillant, cf. la psychanalyste Christiane Olivier (L'Ogre intérieur).

[2] Mes élèves reconnaissent là le modèle du Ramsès que je leur campe en cours. Les statues du pharaon le représentent toujours un poing fermé (fermeté) et une main à plat, caressante. Pour rappel, caresse se dit stroke en anglais.

[ Le grand Walter Georg Groddeck (1866-1934), père du concept de Ça et pionnier de la réhabilitation de l'instinct créatif, bouillant et prometteur | dans les disciplines ou courants qui se penchent beaucoup sur les petites voix, il y a la psychologie cognitive (étude de la « boîte noire », perception, préférences personnelles, mémoire, etc.) ou la psychanalyse (via les pensées intrusives ou disruptives, relire Marc Traverson), il y a aussi - à nouveau dans le prolongement de l'AT - le Dialogue intérieur | faire mieux que les petites voix, grâce à René de Lassus ]


 Le temps, c'est du piment - 5e partieFri 12 Jan 2007
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Vous faire gagner du temps


Oui, je sais. L'excellent Marc Traverson, coach parisien, dit du temps que c'est occidental. La notion équivaut à un ensemble vide en Orient : nip, queud', walou, nada. Le temps, c'est quelque chose de culturel avant tout. Et c'est aussi ce que dit l'anthropologue Edward Twitchell Hall : l'espace et le temps sont des objets culturels, les croyances et les pratiques de tout groupe humain colorent ça de manière typique (cf. Occident Vs Orient). Au point que la culture - c'est moi qui le dis - serait une émergence de dyades (grilles de lecture avec deux grands pôles), relatives à l'espace et au temps : proche/éloigné, rapide/lent, intime/public, à point nommé/en décalage, etc.

C'est vrai, c'est complètement vrai.

Pour autant, votre entreprise - et le réseau qu'elle forme avec les entreprises et les institutions - se met au diapason de ce qui, en Occident, est jugé comme important : le délai. Le délai, c'est central. Il se fonde sur le calendrier : vous m'ferez ça pour jeudi en huit est une chanson commune. Il y a aussi le temps comptable, c'est-à-dire comment dans l'année l'expert répartit, amorce et arrête les événements chiffrés. Puis, il y a le temps commercial, celui qui fait que l'on vend bien de la deuxième semaine de janvier à fin avril, de mai ensuite à fin juin, puis de mi-septembre à fin décembre. Et puis, c'est ce qui m'intéresse aujourd'hui, il y a le temps efficace. Vous savez ? Le temps que l'on déploie pour les projets, pour les campagnes, le temps des plannings, le temps des productions (machines ou hommes), etc.

Ce temps, c'est le temps rationnel (le temps qu'on comprend, qu'on envisage), c'est le temps de travail.

Alors, comment un consultant en organisation peut-il vous aider à optimiser ce temps-là ? J'entends vous aider à y caser plus de choses agréables et/ou profitables ?



Il y a deux outils.

Le premier, c'est l'utilisation des papillons, les fameux Post-it. Je vous renvoie au billet là-dessus. Sûr que la méthode, qui s'appuie sur l'animation d'un groupe, produit des fruits. Vous résolvez des problèmes (mettons d'organisation) et donc... gagnez un temps précieux. Quelques heures de travail améliorent fortement les pratiques. Le plan d'action (ex. : punaiser un gros planning en carton dans le hall) permet alors de mieux saisir qui fait quoi. Et donc de rationaliser ce bon sang de temps.

Deuxième pratique : c'est le scoring. Ou méthode de notation, de priorisation des propositions. Le scoring, c'est le fait de lister plein de choses, par exemple des tâches. Là, vous les avez et vous demandez à votre équipe de donner, individuellement, un nombre de coeurs (les j'aime faire ça) et un nombre d'euros (mmh, ça, ça rapporte à la boîte) pour chaque item. Après, pour chaque ligne, vous multipliez le nombre de coeurs par le nombre d'euros : appelons ça des scores. Et appliquez un écrémage, un 20/80 façon Vilfredo Pareto. C'est-à-dire retenez les 20 % d'items qui génèrent 80 % de scores, ici positifs.

Echantillon :

A) Lire les e-mails le matin [ **** x €€ = score de 8 ]
B) Gérer les contentieux [ * x €€€€ = score de 4 ]
C) Préparer le prochaine campagne commerciale [ *** x €€€€ = score de 12 ]

L'on comprend aisément que l'activité C prime, sa représentation de 33,3 % des items listés génère 12/24 soit 50 % des scores. Tout de suite après ce qui est obligatoire (choses légales ou réglementaires), vous placerez donc dans le planning tout ce qui est relatif à C. Le reste se logera où il y a du temps.

Un conseil : dans les faits, gardez 5 % de tolérance, 5 % de flottement dans l'application réelle des tâches. Considérez qu'il y a des "plantages" possibles (impondérables, incompétence des fournisseurs). Il vaut mieux les inclure dès le départ. Ou alors de considérer que le planning est vrai à 95 %, c'est comme vous voulez.

Sur le terrain, si le "plantage" excède 5 %, réprimandez le fautif (cf. management-minute), discutez avec celui qui a fait une simple erreur (cf. Hervé Gougeon) et félicitez celui qui réussit et tient ses délais.

Voilà ! J'y vais : bon week-end !

[ Manager en Orient | en cas de changement de cap managérial, vous pouvez pondérer le critère "coeurs" ou le critère "euros", en coefficientant l'un ou l'autre (ex. : coeff de 2) | comment Alain Lefebvre, patron de 6nergies, utilise les Post-it - photos | regardez à quel point le Travaillomane de Taibi Kahler recherche une maîtrise du temps | time management, la théma (et notamment Getting things done - GTD) | quelques outils atomiques de ma collection personnelle ]


 Occident et Orient - 2e partieSun 9 Apr 2006
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Marc Traverson, blogueur fameux, coach et auteur de La Zen attitude

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