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Tout un courant. Prometteur : en croissance, depuis sûrement une quinzaine d'années. Je veux parler de la psychologie positive. Son objet ? Envisager l'individu comme une machine (un système) à aller bien. Par opposition à l'angle classique, psychopathologique, qui prend le genre humain (et l'étudie) par ses troubles. Ce qui ressemble à la charrue qui grille une politesse aux bœufs.
Chez l'homme, la téléologie (caractérisation des finalités de la vie, de la direction des efforts), en clair la téléologie s'oriente d'elle-même à la hausse : tout pousse l'individu à aller bien. Comme un programme en lui, fondé sur des constantes (les invariants). C'est donc légitime que la psychologie positive cherche à identifier les ressorts positifs. Et les questionne.
Commençons. Et parlons du psychisme versant sombre. On le sait, les bénéfices secondaires sont des installations intermédiaires (parfois durables), où le psychisme tire un suc, profite d'un relatif état de confort. Comme le dit la théorie des jeux, les gains sont optimaux - et c'est agréable - sitôt qu'ils excèdent les efforts demandés (engagés). L'intériorité, et sa formidable économie, peuvent alors « planter les sardines ». S'installer. S'endormir. Et souffrir, quand l'opportunité de rester comme ça se termine - car tout passe. Focalisé sur son acquis, le psychisme peut négliger, auto-censurer, voire nier le désir, cette saine poussée vers la procréation, l'inventivité, l'ethos authentique, la félicité. Ici, l'homéostasie pèse, étouffe et fabrique un ressenti morbide. La transformation, régime intrinsèque de la vie, patine et s'arrête.
Blam.
La téléologie envisage certes cette force (ambiguë) qui trouve les meilleurs compromis, les meilleurs rapports qualité/prix. Car coûteuse est la vie. Et limitée dans le temps.
Bien sûr.
Pour autant, la téléologie fait des visées de long terme, qui transcendent les états de satisfaction intermédiaires. Elle se projette dans une réalisation du potentiel humain. Sur le terme, et au quotidien (eccéité, intensité, joie d'être soi-même, plaisir du vivre-ensemble, disponibilité, profit de ce qui se présente). Tout ça en simultané. Tout ça dans une profondeur du ressenti qui confine à l'éternel présent. (À l'éternité.)
Au bonheur.
Fig 1. - L'homme, une architecture vivante ?
Tout ça pour quoi ? Pour dire que la psychologie positive s'approprie un champ longtemps réservé à la philosophie, à la mystique, aux institutions symboliques et idéologiques (sociales, religieuses, politiques).
Ce champ ? Celui de l'épanouissement. Vaste et profond. Mobile. Paradigmatique au possible (perméable à l'idéologie). Et pourtant vierge et natif : universel. Anthropologique. Au cœur énergétique de l'homme. Certes l'homme est-il singulier. Certes la feuille du chêne - quoiqu'unique - ressemble aux autres feuilles de l'arbre.
Ouais.
Psychologie positive ? Une affaire à suivre...
(Mmh.) Des idées ?
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[ L'excellente contribution de Jean Heutte | la psychologie positive s'intéresse à l'individu qui va bien et - par l'investigation - (re)découvre les vertus qui favorisent un bien-être durable | la téléologie (fait humain, élan vital, aménagement psychique en continu) mêle sûrement les forces d'homéostasie et d'entropie tout autant, sinon plus étroitement, que les pulsions de vie (état d'alerte, voire de conquête et d'épanchement) et les pulsions de mort (relâchement) | pour savoir ce qui va mal, il est intéressant de se demander ce qu'aller bien veut dire (aller bien, par exemple en PCM, c'est obtenir des sensations ciblées) ou, plus prosaïquement, quels sont les besoins humains et comment ils se mélangent (allant à l'infini) dans chaque individu ; de la même manière qu'il y a des milliers de façons pour les mêmes sortes d'atomes de former des combinaisons, réactives et mobiles (complexes) | la psychologie positive ressemble à une anthropologie, elle-même proche de la recherche des besoins (qui définissent une nature) | curieux matérialisme, qui considère l'homme comme une combinaison d'atomes, plus ou moins animés d'un principe de complexification (grotesque, si on en croit Stephen J. Gould et sa mise en valeur des bactéries, stationnaires à l'extrême) - l'homme peut tout autant se vivre comme une flamme, comme une intentionnalité, une Gestalt sensible et poétique (capable de faire des symboles, d'expérimenter des ressentis), une perception en mouvement, une recherche de transcendance, une envie de synthèse totalisante, etc. | trouver un référentiel de ce qui va bien, c'est sortir du regard réducteur (sociocentré) avec lequel on examine ce qui va mal - c'est, encore et surtout, une façon d'utiliser le cerveau dans son plein potentiel, cerveau qui fonctionne avec des affirmations, des choses positives, dites et désignées (et non leur contradiction, leur symétrique, cette apophasie à la petite semaine) | le représentant le plus connu de la psychologie positive est Martin E.P. Seligman, suivi de Mihaly Csikszentmihalyi ; il y a aussi - selon moi - les grands thérapeutes humanistes (optimistes pragmatiques) tels qu'Abraham Maslow, Milton Erickson, Alexandro Jodorowsky, Georges Romey, etc. | Seligman, histoire d'un déclic | le Positive Psychology Center | mmh, les belles photos d'/ivan | Tiens, que pensez-vous de l'écopsychologie ? ]
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C'est comme Maslow (Abraham de son prénom). Laborit (Henri) est le fourre-tout des formateurs. Tout le temps ! On les entend (ou pire, on les lit et re-lit) tout le temps. C'est la solution de facilité, le plon-plon, le ronron, le degré zéro de la formation.
Je m'énerve rarement, mais là j'ai comme une bave aux lèvres. Rouge, mouchetée de vert.
Maslow, je le dis, le répète et le tatoue volontiers sur les fesses des intéressés, Maslow, c'est tout sauf la pyramide. Got it? Ça suffit avec la pyramide ! Où voyez-vous que Maslow, au demeurant bluffant, parle de pyramide ? Pourquoi hiérarchiser quoi que ce soit ? Nostalgie de la pyramide alimentaire ? des âges ? de Khéops ?
Une pyramide ? Un enfant de trois ans sait déjà que l'humain est plus riche et plus désordonné que ça. Notre espèce, en permanence, fait passer des tas d'impératifs avant les autres, quel que soit leur rang. C'est la vie qui veut ça, la contingence, la nécessité quoi. Vous croyez que les patterns marchent comme en informatique ? Le cerveau (pauvre Damasio !), vous le voyez comme une boîte à coucou ?
Fig. 1 - Ce qui ne pue pas rend plus fort
Laborit, maintenant. Que dire ? Ce type est un grand lui aussi, son travail est de qualité... Alors, pourquoi le caricaturer comme un singe ? Pourquoi répéter comme un ris de veau névrosé que l'homme est (oui madame) partisan du moindre effort et se drogue aux sensations de plaisir ? Pourquoi, surtout, penser qu'en conséquence il faut - qui plus est pour des actions de même portée ou de même urgence - faire d'abord les tâches désagréables pour laisser notre inclination naturelle terminer le job plaisant ?
Tout individu normalement constitué (quoique) sait - au travail - qu'Alban conserve son état d'énergie, et se l'auto-entretient voire le développe, en partant de l'agréable (c'est son entame à lui) pour finir sur du dur. Et que Brigitte, au contraire, préfère commencer par l'ingrat, pour s'en débarrasser. (Pour Christophe, c'est encore différent.)
Ben oui : Alban, Brigitte et Christophe - grand scoop devant l'Eternel - sont différents. (Waouw.) Parfois même, ils sont opposés. (Re-waouw.) Ils carburent à un mélange individuel, qu'il va falloir analyser. Eh ouais.
Fini, les modules tout prêts. Les prêt-à-penser, les trucs à repomper.
Allez, file !
(Grr.)
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