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Le manager-caméléon : c'est bien ça. C'est par ce bout qu'il faut envisager la question. Comment discerner qui peut endosser une partie de votre travail ? en toute confiance ? Techniquement certes et aussi humainement ? Ce côté caméléon du leader situationnel, vous l'avez déjà : vous savez (merci Ken Blanchard et Paul Hersey) vous adapter au niveau de maturité du collaborateur. Maturité à entendre comme un Il peut en même temps qu'un Il veut. C'est d'accord.
Imaginons que Gilles ait la maturité pour prendre à sa charge un tronçon de vos tâches. Selon votre analyse, il est mûr. Il faut maintenant peaufiner cinq points. On y va ?
1. Avez-vous l'envie et le temps de le féliciter dès qu'il réussit quelque chose, histoire de le booster ? Souvent, les managers qui délèguent le font pour gagner du temps ailleurs (ou parce que certaines tâches les barbent). Êtes-vous en mesure de revenir vers ce que vous avez quitté ? en remettant le nez dedans ?
2. Si Gilles échoue, êtes-vous capable de reconnaître [*] que c'est, tout d'abord, du fait de votre initiative (vous l'avez changé de place) ? ensuite parce que, là encore faute de temps, vous l'avez formé très vite ? Je vois des cas de délégation où c'est le manager qui récolte les lauriers pour les succès, et Gilles les orties pour les échecs. C'est le contraire qui prévaut : le manager est quelqu'un qui assume, c'est ce qui donne son confort (sa concorde) à la boîte. Gilles ? Il est en dessous de vous : take care of him.
3. Le suivi de la performance (adéquation aux objectifs fixés), qui va le faire ? Est-ce que les indicateurs-qualité qui étaient les vôtres pour les processus A et B sont les mêmes pour Gilles ?
4. Qui va signaler à Gilles ses erreurs, pour qu'il s'améliore (erreurs suivies d'encouragements, cf. le poids du regard) ? qui va le sanctionner en cas de fautes ? C'est vous ? c'est un autre ? Quelles relations Gilles et cet autre entretiennent-ils (cf. sociogramme) ?
5. Quels bénéfices Gilles retire-t-il de son accroissement de tâches ? un meilleur salaire ? des honneurs ? une partie de vos prérogatives, de votre territoire ? S'il réussit, quelle est - pour lui - la prochaine étape ? Êtes-vous prêt à le faire évoluer ?
Je vous laisse : je rentre en France le 26 et dois appeler Lufthansa tout de suite.
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[*] Reconnaître dans votre for intérieur. Vous avez le droit de rester pudique.
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« Nous avons des points de vue différents par rapport à l'argent, explique Alexandro Jodorowsky. Personne n'a dans les poches les mêmes billets et les mêmes pièces de monnaie [*]. À la valeur économique s'ajoute une valeur émotionnelle. [...] L'enfant ne connaît que l'argent que lui donnent ses parents, ce qui crée en lui l'habitude de demander. Plus tard, incapable d'atteindre la maturité, il continue à demander à des chefs, à des institutions gouvernementales, des bourses, des retraites, des prix de télévision, etc.
» En réalité, estime Jodorowsky, tant qu'une personne, dans cette société, ne gagne pas d'argent en employant son talent créatif, on ne peut pas dire qu'elle est adulte. [...] La manière dont nous nous percevons [économiquement - ndlr] est essentielle. Il est très rare qu'on nous juge sur ce que nous sommes, on le fait, conclut le psychothérapeute, sur la façon dont nous nous voyons et nous sentons. »
Cabaret mystique - Histoires spirituelles
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[*] À ce propos, mettre à profit le Sibkis (See it big, keep it simple) que Charlie T. Jones préconise aux chefs d'entreprise, gagneurs d'argent. Une ambition (y voir grand, très grand, en termes de marché et de développements), ambition qui développe une idée simple (simple et qui surtout le reste au fil du temps).
[ Ah, Budapest - Hier, restaurant près du gigantesque centre commercial, puis (au Millenáris) Boban & Marko Marković, fanfare serbe bien connue des films d'Emir Kusturica, puis café clandestin (si !), puis LE grand bar sur le toit dont le logo est une théïère rouge (mmh, nom parti dans les limbes) et puis bars en plein air (quasiment sur le Danube) : l'excellent Buddhabeach Klub, enfin le décevant Chachacha Terasz | retour en taxi pour 8 € à 3 personnes | Nico me conseille, en outre, de découvrir le plus fameux des jazzmen de Hongrie : Akosh S. (tiens, encore un aquarius, comme Mozart et Mike Patton) ] Read More
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Merci, d'abord. C'est ce qu'on dit quand on est poli. C'est, encore et surtout, ce que je veux dire aux 800 personnes [1] qui lisent ce blog ces jours-ci. Ces jours-ci où les billets sont rares [2]. Votre fidélité est un cadeau : chaleureusement merci. Et félicitations.
C'est d'argent qu'on parle aujourd'hui. Vous venez ?
Ah, l'argent. Motif de réjouissance ou matière à soucis, selon qu'il rutile ou brille par son absence. Connaissez-vous votre seuil de charges à dépasser ? Moi, j'en ai 3, très simples à mémoriser. Le minimum qui paie mes crédits et factures. Le mouais qui permet de renouveler mes cravates, mes costumes, de m'acheter quelques bouquins et CD, de financer quelques restaurants. Le waouh qui autorise des départs familiaux en vacances - à l'étranger -, d'investir un peu et de provisionner les études de ma progéniture.
Trois seuils. Très généraux, à la centaine d'euros près. Comme dit à ma compagne, c'est alors comme ça que je peux ressentir l'argent. De grandes masses : des nécessités à dépasser. Des objectifs ? Oui. Objectifs simples, fondés, réalistes. Faciles à ressentir (mémoriser).
C'est important car c'est un cap. Trois vitesses, quoi. De ça découle tout. Je dis bien tout.
Alors je veux vous citer trois hommes, fort différents. Le premier, c'est Jodorowsky, que vous connaissez. Il nous dit deux choses. Le second ? Le Tremendous, ami et mentor du grand Ken Blanchard, gourou du management. Le dernier enfin, c'est un anonyme. C'est le musicien d'un musicien. C'est le collègue de mon pote Olivier.
Right ?
Jodo est un être à part. C'est un maître : inspirateur, thérapeute, artiste précurseur. Jodo est pff... Jodo est une espèce d'oriental-occidental [3], gorgé d'Animus, d'Anima, de courage, de jeunesse et d'entrain.
Il relate deux choses quant à l'argent. Une séance de psychomagie, indique-t-il, l'amène à faire une prescription sur ça. Que celui qui manque de finances retire une quantité de petites pièces (à bon marché), qu'il se saisisse de cette menue monnaie, qu'il la jette. De manière ostensible. Comme ça. Ça dégrippe un mécanisme : l'inconscient repart, se met en mouvement, active à nouveau la chaîne dépenser-gagner. Eh oui. Ce cerveau qui dépense s'affûte en direct, se met en recherche d'argent : une pompe à eau s'ébroue, la dynamique circulatoire (qui est comme un archétype [4], comme un ancrage nerveux, anthropologique), bref la logique s'auto-alimente. Comme un manque à combler, de fait. Et ça revient.
Il y a aussi son autre histoire. Il parle là d'une sorcière [5], thérapeute traditionnelle d'Amérique Latine [6]. Cette femme, à quelqu'un qui peine à gagner sa vie, conseille de rester alité (!). Avec un pot d'urine placé sous le lit. Jodo indique à quel point l'urine, de jour en jour, se met à puer. Le patient, d'instinct se lève et quitte sa couche, au bout de quelques temps, et spontanément se met en recherche d'argent. Foin de psychanalyse [7], explique Jodo. C'est juste que le gars sort de son urine (qui commence à sentir) et devient un homme : compétent, capable, ancré dans la réalité.
L'argent, c'est la réalité.
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[1] Personnes et moteurs de recherche, en connexion directe, hors agrégations RSS.
[2] Quand ils sont fréquents, le trafic habituel se stabilise à 1 400 connexions directes.
[3] Oriental ? Jodorowsky est l'élève du maître zen Ejo Takata (1928-).
[4] Au sens de Gilbert Durand. Au sens également de Georges Romey, digne successeur de Durand, de Jean Piaget (côté francophones), d'Arthur Janov, de Carl Gustav Jung, pour les internationaux.
[5] Pachita. Cette femme s'appuie sur l'inconscient, sur la façon - culturellement opportune - de saisir l'inconscient, de l'impressionner (à l'instar de la lumière sur un film-photo). En clair de le stimuler dans sa dynamique, dans ses ressorts innés (pulsions de vie) ou acquis (programmes intimes et personnels).
[6] Jodo est né au Chili (1929). En outre, il connaît bien le Mexique.
[7] Ce ballet des sphincters rappelle combien donner-engranger touche à l'intime. À l'organique.
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