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[ Thémas Mythologie & Qu'est-ce qu'un bon manager ? ] Mètis [ Catégorie Management-Sc. humaines | mots-clés, permalien, commentaires ]
Article (c), merci
Zeus est un bon manager. Ce mec-là (il en a tous les attributs) est un malin. Manipulateur ? Certes oui, et ça le dessert. Là où l'imaginaire mythique et littéraire en fait un bon chef, c'est quand il doit réguler puis canaliser les égos de ses collègues pour les faire tendre dans un ensemble à forme vivante, où l'énergie de chacun peut se glisser dans un vivier finalisé commun : une projection, un projet. Car le coco sait générer la collaboration conditionnelle. On regarde ensemble ?
Voyons voir. Zeus, c'est la condensation d'au moins cinq traits managériaux. C'est le leader qui donne une vision (il promet un mieux, qui se révèle séduisant, fascinant, mythique et terriblement concret : c'est-à-dire engageant, magnétique), c'est le chef qui sécurise le climat d'équipe en affirmant son rôle central et régulateur dans les échanges (strokes amenés tôt ou tard à devenir frictions, batailles autour de la place des uns et des autres), c'est aussi l'organisateur qui priorise les actions, le pédagogue qui les explique à chacun dans sa propre langue, c'est - si j'extrapole - le manager qui décline le plan d'actions collectif en objectifs individuels et motive chacun par là-où-ça-lui-fait-du-bien. Et qui réagit aussitôt qu'un collègue fait une sortie de route. Ou bien calcule, au calme, comment le re-fidéliser (le calme est meilleur conseiller que le coup de sang).
Alors tout ça pour quoi ? Pour dire que le modèle de la mètis est opérant. Mètis (nom propre) était la première épouse de Zeus, le nom de ce personnage signifiant ruse. Vous savez ce que son mari fit de la dame, sitôt enceinte ? Il la goba. Un peu comme son père Chronos le fit de lui-même et de sa fratrie. Il l'avala donc et ingéra du coup les qualités de la nénette. Et comme elle était enceinte, c'est Zeus lui-même qui porta l'enfant dans son corps et en accoucha... par la tête. Athéna était née.
On reprend. Zeus, chef par excellence (ambitieux, intelligent, limite coquin), intègre la ruse au plus profond de lui-même pour engendrer par le mental (la tête) la sagesse, cette vertu qui donne le discernement et la façon d'être au monde (ethos).
Je continue pour parler de ce pied de nez au destin. Un vrai bon chef est souvent un visionnaire, c'est quelqu'un qui déteste ce qui est préconçu et qui recherche un résultat. Les entorses lui vont bien. Il se bat pour un idéal, pour une équipe, pour lui-même et pour les siens. Quitte à inventer.
Car inventer c'est ça, c'est étrangler la fatalité, c'est retirer ce qu'il y a de plus pragmatique ou de plus inspirateur dans les modèles établis, c'est adapter tout ça à la réalité. C'est faire l'amour, c'est coller à la vie.
Et Zeus, en bon trickster fait tout ça à merveille. Il joue des tours. Être bien au monde, dans sa mentalité, c'est s'adapter. On retrouve bien chez Napoléon ce Il ne va pas bien loin celui qui sait d'avance où il va. Les improvisateurs de génie (souvent gros bosseurs) sont des mavericks en puissance, des inventeurs de mondes. Quand ils n'aiment pas les règles du monde ancien, ils les changent.
Alors le mot mètis, qui conduit à terme à la sagesse, je crois qu'il convient de le connecter à la notion de ruse, de pragmatisme et d'audace.
Dans le sillage d'Edgar Morin, le père de la complexité, cette façon de sentir le réel, je crois qu'on peut dire que la vraie sagesse c'est d'être fou (c'est-à-dire créatif).
Inverser le conservatisme, c'est accoucher du vrai rapport aux choses, c'est libérer le discernement, l'intensité, l'esprit pratique. Ajoutez à cette passion de réussir une chaleur humaine, une gentillesse et une capacité à conduire les gens (quiétude et clarté), vous avez là le boss tel qu'on le rêve : multiple et lisible.
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[ Thémas Mythologie & Qu'est-ce qu'un bon manager ? ] Mètis [ Catégorie Management-Sc. humaines | mots-clés, permalien, commentaires ]
Article (c), merci
Zeus est un bon manager. Ce mec-là (il en a tous les attributs) est un malin. Manipulateur ? Certes oui, et ça le dessert. Là où l'imaginaire mythique et littéraire en fait un bon chef, c'est quand il doit réguler puis canaliser les égos de ses collègues pour les faire tendre dans un ensemble à forme vivante, où l'énergie de chacun peut se glisser dans un vivier finalisé commun : une projection, un projet. Car le coco sait générer la collaboration conditionnelle. On regarde ensemble ?
Voyons voir. Zeus, c'est la condensation d'au moins cinq traits managériaux. C'est le leader qui donne une vision (il promet un mieux, qui se révèle séduisant, fascinant, mythique et terriblement concret : c'est-à-dire engageant, magnétique), c'est le chef qui sécurise le climat d'équipe en affirmant son rôle central et régulateur dans les échanges (strokes amenés tôt ou tard à devenir frictions, batailles autour de la place des uns et des autres), c'est aussi l'organisateur qui priorise les actions, le pédagogue qui les explique à chacun dans sa propre langue, c'est - si j'extrapole - le manager qui décline le plan d'actions collectif en objectifs individuels et motive chacun par là-où-ça-lui-fait-du-bien. Et qui réagit aussitôt qu'un collègue fait une sortie de route. Ou bien calcule, au calme, comment le re-fidéliser (le calme est meilleur conseiller que le coup de sang).
Alors tout ça pour quoi ? Pour dire que le modèle de la mètis est opérant. Mètis (nom propre) était la première épouse de Zeus, le nom de ce personnage signifiant ruse. Vous savez ce que son mari fit de la dame, sitôt enceinte ? Il la goba. Un peu comme son père Chronos le fit de lui-même et de sa fratrie. Il l'avala donc et ingéra du coup les qualités de la nénette. Et comme elle était enceinte, c'est Zeus lui-même qui porta l'enfant dans son corps et en accoucha... par la tête. Athéna était née.
On reprend. Zeus, chef par excellence (ambitieux, intelligent, limite coquin), intègre la ruse au plus profond de lui-même pour engendrer par le mental (la tête) la sagesse, cette vertu qui donne le discernement et la façon d'être au monde (ethos).
Je continue pour parler de ce pied de nez au destin. Un vrai bon chef est souvent un visionnaire, c'est quelqu'un qui déteste ce qui est préconçu et qui recherche un résultat. Les entorses lui vont bien. Il se bat pour un idéal, pour une équipe, pour lui-même et pour les siens. Quitte à inventer.
Car inventer c'est ça, c'est étrangler la fatalité, c'est retirer ce qu'il y a de plus pragmatique ou de plus inspirateur dans les modèles établis, c'est adapter tout ça à la réalité. C'est faire l'amour, c'est coller à la vie.
Et Zeus, en bon trickster fait tout ça à merveille. Il joue des tours. Être bien au monde, dans sa mentalité, c'est s'adapter. On retrouve bien chez Napoléon ce Il ne va pas bien loin celui qui sait d'avance où il va. Les improvisateurs de génie (souvent gros bosseurs) sont des mavericks en puissance, des inventeurs de mondes. Quand ils n'aiment pas les règles du monde ancien, ils les changent.
Alors le mot mètis, qui conduit à terme à la sagesse, je crois qu'il convient de le connecter à la notion de ruse, de pragmatisme et d'audace.
Dans le sillage d'Edgar Morin, le père de la complexité, cette façon de sentir le réel, je crois qu'on peut dire que la vraie sagesse c'est d'être fou (c'est-à-dire créatif).
Inverser le conservatisme, c'est accoucher du vrai rapport aux choses, c'est libérer le discernement, l'intensité, l'esprit pratique. Ajoutez à cette passion de réussir une chaleur humaine, une gentillesse et une capacité à conduire les gens (quiétude et clarté), vous avez là le boss tel qu'on le rêve : multiple et lisible.
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