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 Il est 5 heures, un siècle s'éveilleThu 6 Nov 2008
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[ < théma Changement | catégorie Management | archivage automatique du billet sur Edward de Bono et sur la rose de Jodorowsky - cette rose (binôme rose-petite fille) illustre l'importance d'avoir une pensée juste, une pensée consciente : 1. de sa propre subjectivité, 2. des changements d'angle possibles (et profitables), 3. des contraintes (limites) de la perception, 4. de l'évolutivité de l'objet pris en compte, tant dans sa catégorie que dans un ensemble plus grand | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]


Génération Yes we can


Que d'émotions. Je m'y remets : nous sommes le 4 novembre au soir, c'est la nuit qui conduit au 5. Ma télévision chauffe depuis 2 heures du matin (ma compagne, exténuée, se couche) et les heures et les résultats s'égrènent. Je tiens bon. Tout monte. Vient alors le waouh libérateur (explosif) : 5 heures à la montre et la joie qui envahit tout. Obama triomphe. Il gagne. (Le monde peut respirer.) La Virginie succombe et voilà qu'Obama raffle la mise : moderne, jeune, ouvert, instruit, responsable et porteur d'une force. Tout craque d'un coup, voilà ce que le monde ressent. (Je pleure.) Un métis ! I have a dream a sa réponse : Yes, we can. La preuve !

La preuve, bon sang.

Jesse Jackson, pionnier en droits civiques, est en larmes. Et le monde entier, qui souffle. Une prise de conscience est là. Collective, émerveillée, profonde (changement d'époque [1] et de régime). Mieux qu'une idée, Obama est un fait [2]. Allez, un SMS à mon Américain préféré, Flemming, qui me répond aussitôt : Yay!! Hurrah. Il est 5 h 06.

Le XXIe siècle est là (Ben Laden le confiscateur mord, un moment, la poussière). Et avec le siècle réel, un vent moderne, une porte béante. Un espoir qui fonctionne. Mieux : une grande route qui se déroule et s'anime. Et le regard de tous qui déjà la parcourt.

On y est.

Ce changement émane du cœur, des tripes, du rêve et du sang des peuples. Et peut-être que c'est ça, l'humanité ?

Quelle joie. Et quel bonheur d'être ensemble. (Condamnés à être heureux, seule vraie finalité de la vie.)



Continuons avec Obama. Quel chantier ! Rapports de force. Défis historiques. Irak, Iran, Afghanistan, développement durable, relance de l'économie, relations (par conséquent) avec tous les autres partenaires, Sécurité sociale, instruction publique, tolérance religieuse, ethnique et sexuelle.

Ce 44e président porte un poids : celui des espérances. Celui du monde actuel, qui accouche en permanence.

Je lui souhaite de connaître ses Gleicher et Moscovici sur le bout des doigts. Car la vitesse va compter. La vitesse et les symboles. Les forces d'entraînement. La saisie sur le vif. Le bétonnage. Les poussées et les réalisations, les faits.

Quel boulot !

Tout le monde compte sur l'Europe. Et sur la Chine, en outre.

Moment-clé, où l'inertie est à son paroxysme (homéostasies à l'agonie, donc puissantes à l'excès, rassemblées en un système de maintien des acquis). Les pulsions d'évolution doivent donc aller vite – et rassurer step by step les pulsions de conservation -, ce qui est le point décisif des changements. Le mariage énergétique. Le cocktail dynamique : tout en détermination, tout en écoute. Comme à la guerre.

Jurez-moi que ce mandat va marcher...

Allez, ça fait du bien : God bless America.

Et que le monde prenne conscience de lui-même. Tout est là.

God bless Obama.
__

[1] Une époque est une façon de vivre. Une idéologie fonctionnelle, en l'état cohérente, en l'état équilibrée (c'est évidemment provisoire). Il s'agit là d'un conformisme, d'abord enjoué, puis dubitatif et enfin crispé. Intolérant. Un socle d'idées et de perceptions, sur lequel s'entendent tacitement les gens. (Heureusement qu'il y a les Tricksters, les pragmatiques, les humanistes, les fortes têtes !) Cf. la théma sur les paradigmes.

[2] Autant la Libération s'est vécue dans la rue, autant le I have a dream - ici pour les Babyboomers - a pu se ressentir à la télé. De même que le premier pas de l'homme sur la lune. Ou, pour la génération X, la chute du mur de Berlin. Le Yes we can de 2008 prend lui aussi l'humanité en flagrant délit de réussite (la positive flash exposure du management par renforcements, essentiellement humaniste). Lors de ces grands moments collectifs, l'homme se voit en grand. En vrai. En possible. (Ça marque.)

[ Ce XXIe siècle devra construire l'ordre et les institutions - y compris mondiales - qui rythment une vie tolérante, pragmatique, libérale et de long terme, pour tous et pour chacun | il faut sortir de l'idéologie, du repli, de l'angélisme et de la vaine pâture, il faut troquer la façon de penser mécanique et linéaire (industrielle, abstraite, infantile) contre une vision, une réactivité systémique et impliquée (charnelle, vivante, concrète, assumée, responsable) - relire évidemment Gandhi, Martin Luther King, mais aussi Le Macroscope de Joël de Rosnay, Pour une politique de civilisation d'Edgar Morin ou encore l'excellent 80 hommes pour changer le monde de Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux (le site, les carnets) | Obama a su rappeler les aspirations et les préoccupations universelles, il a touché une essence, il a su mettre en mouvement un espoir frustré, donc un chapelet d'actions possibles ]  Read More


 Culture et changement - 3e partieMon 28 Feb 2005
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Mardi dernier, notre parcours a mis le huit à l'honneur [1]. C'était la deuxième étape de notre cheminement en cinq parties. En ligne de mire : le changement culturel, résolument volontariste. Pour la circonstance, le psychosociologue John P. Kotter - épaulé du pasteur Peter Coutts - avait égrené les huit étapes de ce changement. Les voici : 1. décréter la rupture, 2. former un comité de pilotage vigoureux, 3. construire une "vision" identifiable [2], forcément avantageuse, 4. propager à tout prix cette nouvelle vision, 5. inciter les parties-prenantes à s'y investir corps et âme, 6. plannifier la célébration (rituels) des victoires-clés, 7. pérenniser les améliorations, en guettant les "retours de bâton" possibles, 8. enraciner les nouvelles avancées dans la matrice de l'entreprise. Je vous l'accorde, cela ressemble à une prise de pouvoir [3] : un projet frais vient évincer l'ancien. Les cultures se succèdent et ne se ressemblent pas [4]. Peut-être est-il temps de synthétiser ce que nous avons appris ? Pour cette troisième partie, l'Equation du changement sera donc opportune.

Avant tout, faisons les présentations. Il y a tout d'abord Richard F. Beckhard, célèbre pour la coloration humaniste qui domine ses conclusions de spécialiste en restructuration. Il est également connu pour le primat qu'il accorde à l'innovation en tant que facteur du changement. Puis, Reuben T. Harris, facilitateur du changement chez The Tom Peters Group. D'après Jaap de Jonge, notre guide dans la 1e partie, ces deux auteurs à succès (5) doivent beaucoup au professeur d'économie new-yorkais David Gleicher, véritable instigateur de l'Equation du changement. Au sens mathématique, il s'agit en fait d'une inégalité : elle mesure des seuils.

Dévoilons le modèle !


(c) Communitywordproject.org

3/5. Formule synthétique du changement

Besoin de rupture x Attractivité de la vision x Réussite de l'entame > Résistance au changement [6].

Si je sature totalement suite aux dysfonctionnements continus de mon entreprise, que je trouve la nouvelle idée fabuleuse et que les premiers changements sont éminemment prometteurs, mon tempérament conservateur s'inhibe [7]. Le plus dur est provisoirement (je dis bien provisoirement) contourné [8]. Tâche au comité de pilotage de me motiver, maintenant. Et de me donner, sur le long terme, les bonnes raisons de ne pas douter... [9] L'on dit bien : Chassez le naturel... [10]. Or, le naturel - pour moi - c'est le présent. Le plancher des vaches, bien stable : la routine.

Dans une organisation, indique Jaap de Jonge, pour - pouvoir - vaincre la résistance au changement, il est important de disposer de chacune des trois composantes de gauche (voir formule). Naturellement, si l'un des trois termes reçoit une valeur nulle, la résistance au changement prévaudra. C'est un rapport de force, qui permet d'évaluer les chances de succès de la nouvelle vision, finalité du processus de changement.

Pour conclure, permettez-moi de saisir mon bâton de conseil. Cette formule a le mérite d'être facile à mémoriser : sachez rester simples dans la quantification des termes. Notez-les de 0 à 3 (nul, un peu, beaucoup, extrêmement). Cela suffit.

En aide décisionnelle, la simplicité est une vertu précieuse...

~

[1] Consulter également l'approche en huit étapes de Harrison M. Trice et Janice M. Beyer, professeurs américains (respectivement :) de psychologie des organisations et de management.

[2] Cf. Ce qui est simple est efficace, célébre aphorisme de Marcel Dassault (1892-1986). Biographie ici.

[3] Mesurer, pour la forme, toute la distance conceptuelle qui sépare un tel système de celui de Rensis Likert.

[4] Voir la façon dont - historiquement - les minorités influencent la majorité. Cf. Serge Moscovici, Psychologie des minorités actives et Dissensions et consensus - Une théorie générale des décisions collectives.

[5] Cf. Organizational Transitions: managing complex change.

[6] Dissatisfaction x Vision x First Steps > Resistance to Change

[7] [ Gêne et frustration liées au statu-quo ] x [ pouvoir projectif (c-à-d clarté, positivité, caractère engageant) de la nouvelle vision ] x [ nature significative des premiers pas amorçant le processus de changement ] > [ résistance au changement ]

[8] L'impression intérieure est cruciale. De même, tout est-il affaire de seuils : si je suis seulement agacé, que la nouvelle idée me semble moyenne et que les premiers pas sont à peine corrects, je préfère évidemment rester dans le domaine du connu (le présent). L'idée de changement reste, à mes yeux, inquiétante.

[9] Voire - et c'est mieux ! - d'embrasser totalement le nouvel état de faits. Formulation qui demande, à tous, un degré de conviction (ou de véracité, si c'est vrai) supplémentaire. Pour juger, dans la "vente" d'une idée, de l'importance d'une projection formulée positivement, voir les 3P, selon Absara.

[10] D'où la vigilance recommandée - en étape 7 - par John P. Kotter (Huit Etapes du changement).

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