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 Dr No - 6e partieTue 29 Jan 2008
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Beaucoup de professionnels se plaignent de toujours dire oui. Et ils se détestent après. L'expérience montre qu'un incitateur psychique [1] morbide (un driver) les pressurise : Fais plaisir. Sous son emprise [2], nous reléguons notre bien-être [3] mille lieux après celui d'autrui.

Dur. Les témoignages laissent passer amertume et mépris de soi.

Alors j'ai une proposition, qui est simple à mettre en oeuvre. Essayez-la : vous me direz, d'accord ?

La prochaine fois que quelqu'un (ou qu'une chose en vous) vous conduit à dire oui alors que vous éprouvez un non, dites... oui. Autorisez-vous à manquer d'à-propos, d'esprit, d'eccéité. De sorte que votre habituelle indulgence, vous la retournez sur vous. Puis, promettez-vous de dire non la fois d'après. Et si c'est en demie-teinte, recommencez la fois d'après encore.

Le renforcement positif de la demie-réussite de la fois numéro deux amorce un début de légère pompe à succès. Qui a toute l'énergie, ensuite, pour faire jaillir la satisfaction de soi en troisième lieu.

Vous réussissez juste un peu ? Imprégnez-vous de la réussite et du doux parfum d'indulgence et de soin à vous-même.

Hmm, tellement bon.
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[1] Morbide veut ici dire inconscient, limitateur, répétitif, à terme usant.

[2] Vous aurez reconnu le travail d'Eric Berne. Puis, plus tardif, celui de Taibi Kahler.

[3] Pourtant, Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Lv 19 : 18), repris ensuite par Jésus, implique que l'on s'aime d'abord soi. Il y a réflexivité complète.


 L'entreprise névrosée - 4e partieThu 22 Feb 2007
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Jeu bureaucratique


La Montagne sacrée. Voilà le film que mon collègue Olivier et moi sommes allés voir à L'Utopia, tout récemment. Le réalisateur est Alexandro Jodorowsky (1973) :



Etrange et beau film, produit par John Lennon. A la sortie, nous avons parlé de beaucoup de choses, et notamment du modèle psychothérapeutique (puissant) de Jodorowsky. Dans les pages de La Danse de la réalité (Jodorowsky) et J'ai mal à mes ancêtres (Patrice van Eersel et Catherine Maillard), il semble que désormais des psychiatres se forment audit modèle. Et les résultats cliniques pleuvent.

Nous avons rapidement parlé de la névrose et des formations névrotiques groupales, ou comment des entreprises, des familles, des pays (totalitaires) donnent leur accord inconscient [1] à une résolution morbide à plusieurs. Naturellement, c'est le Triangle infernal de Stephen B. Karpman qui prédomine ici. La figure collective énergétique se vérouille et développe sa propre économie interne (échanges). Un renvoi vers le psychiatre Michel Dubec [2] est tout aussi intéressant : un individu (ou un groupe) trouve son équilibre (mécanisme compensatoire, mouvement de rétablissement, à l'instar des tissus intelligents, des tissus infroissables ou à mémoire), bref un système trouve une organisation stable dans un enfermement mental ou dans un comportement insolite voire excessif (bouffées ou échappées délirantes, passages à l'acte). Ou comment se rendre malheureux et par là-même construire le malheur des autres.

Certaines entreprises y parviennent à merveille. Donnant toute force à un Boris Cyrulnik universalisant (Un Merveilleux Malheur, 2002). A être malheureux (névrose ou psychose), un système vivant trouve des compensations, des bénéfices. Voilà tout le paradoxe de nos systèmes. Gregory Bateson, avec sa double contrainte, décrit un bien gros travers de nos organisations. Fais et en même temps ne fais pas [3], voilà qui affole, déstructure ou paralyse. Voilà qui peut nous occuper longtemps...

La solution ? Le changement de degré 2, la sortie d'un système, l'accès à quelque chose de plus totalisant, de mieux réparti, de plus engageant (énergies à présent tendues [4] vers un objectif).

Oui.

A l'instant, je trouve un bon passage du psychosociologue Alex Mucchielli (le fils de son père). Le texte est extrait des Motivations (éd. Que sais-je ?). Il évoque le sociologue des organisations Michel Crozier, c'est passionnant :

« Rappelons l'analyse du "jeu bureaucratique à la française". L'analyse englobe le cas de deux administrations : un centre de chèques postaux et une préfecture. Dans le cas du centre de chèques, les acteurs en présence sont : 1. les employés qui ne sont pas satisfaits de l'état des choses et de la manière dont cela se passe. Malheureusement ils ne peuvent eux-mêmes rien faire, sinon exercer tous ensemble une pression, 2. les cadres subalternes : en situation de tampon entre les cadres supérieurs et les employés. Ils sont en concurrence entre eux pour essayer d'obtenir des moyens pour leur service. Ils sont protégés par leur statut et les réglements, et leur avancement se fait à l'ancienneté. Pour avoir le maximum de moyens, ils sont conduits à fausser les informations transmises à leurs supérieurs. Ils s'efforcent d'entretenir de bonnes relations des deux côtés et ce qui se passe "n'est pas de leur faute", 3. les cadres supérieurs : conscients de leur capacité à percevoir la réalité, se contentent de prendre le minimum de risques en choisissant des décisions de routine et en se retranchant derrière "le réglement". Il se passe la même chose dans l'administration préfectorale. [...]

» Si les acteurs en présence continuent année après année à jouer à ce jeu, c'est, nous dit Crozier, que d'une part, chacun en retire des bénéfices secondaires et que, d'autre part, ce jeu satisfait des motivations profondes inavouables chez chacun des partenaires.

» Le bénéfice secondaire serait pour les différents acteurs d'avoir satisfaction de passer pour des victimes du système. Par ailleurs, le maintien du système bureaucratique qui comporte un coût très important pour tous les participants ne peut donc se comprendre que si l'on admet qu'il répond à des motivations profondes. Pour l'auteur ces motivations sont typiques de la société française : il s'agit de la peur des relations professionnelles de face-à-face, du goût pour l'autorité hiérarchique formelle, de la recherche de la sécurité dans le travail, de l'individualisme et du besoin d'égalité. De plus, pour Crozier, le "système bureaucratique à la française" entretient ces valeurs et contribue à "bloquer la société". »



Conclusion ? Les maladies mentales (configurations morbides) peuvent toucher les groupes. La raison : des bénéfices secondaires, qui brouillent la finalité collective (recherche du bonheur, d'après Baruch Spinoza). Les comportements individuels - nécessairement égoïstes à l'état brut (cf. Adam Smith) - génèrent une homéostasie confite (puissance de persistance, inertie d'un confort illusoire). Autre point : les valeurs véhiculent des motivations (des "mises en mouvement", selon l'étymologie). Pour finir, l'on peut dire qu'une culture nationale (ici française) entretient ses propres valeurs et, partant, ses propres troubles [5] : réticence communicationnelle, refuge dans la colonne hiérarchique, satisfaction du travail pour le travail (infantilisme - Fais plaisir, Sois parfait), individualisme et besoin d'égalité de traitement. Pour rappel, la mise en mouvement des choses est salutaire. Et naturelle : seul le changement est durable, dit le poète.

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[1] Ces accords, ces adhésions se prennent parfois à contrecoeur. Cf. la théorie des agreements de Don Miguel Ruiz.

[2] Cette approche économique (transferts d'information ou d'énergie dans un système homogène, un milieu plus ou moins poreux avec l'extérieur), bref cette approche rappelle les fondements de la Gestalt. Cette théorie de la Configuration a notamment pour ambassadeur un immense monsieur, bien connu des consultants : Kurt Lewin. A sa manière, avec Le Macroscope, l'excellent Joël de Rosnay y souscrit. Pour prolonger, je vous renvoie à la théma sur la systémique, beaucoup de choses y figurent.

[3] Tout le monde a vu un chien courir en rond après sa queue ? L'animal se prend au jeu et enrage. Par ailleurs, cette gestion de deux contraires (je veux un truc alors qu'il est fait pour m'échapper) pourrait conduire à un paradoxe enrichissant, à une symbiose, une fusion de deux états, quelque chose qui dialogue en interne. Eh bien non, c'est la confusion, le chaos, l'ambigüité, l'angoisse. Georges Romey explique très bien qu'il faut une cure (un soin, une prise en compte des attentes profondes, parfois un deuil accompli) pour dépasser l'opposition du début et permettre ensuite aux contraires de constituer des pôles compatibles, riches, utiles. Tout à fait voisin de ce que dit Jean Monbourquette. Mettre à profit, d'ailleurs, les ressources sur Animus et Anima (ici). Cf. symbiose, également.

[4] Un objectif se mesure. Le consultant Hervé Gougeon estime que tout ce qui se mesure s'améliore : c'est une tendance humaine. De son côté, le grand Charlie T. Jones, gourou américain du management, rappelle à quel point le simple fait de noter quelque chose nous fait pencher vers sa déjà presque réalisation. (Pour peu que les efforts suivent.)

[5] La psychothérapeute et PNL-iste toulousaine Carine van den Broek rappelle qu'une valeur, qu'un principe (ou programme) n'est valable que jusqu'à un certain point. Au delà de quoi, il faut changer son fusil d'épaule. Ou souffrir. Traiter cela en pleine lumière, c'est l'objet de l'éthique des affaires. Ses articulations ? Les valeurs, oui. Et surtout les seuils, les points de bascule : les "jusqu'à-ce que" (l'inspiration est évidemment bernéenne).

[ L'entretien de Jodorowsky pour J'ai mal à mes ancêtres (texte) | la théma jeux psychologiques | changer de vie ]  Read More


 Vrac de janvier - 8e partieFri 19 Jan 2007
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[ < Culbuto et F2F | Communication - 7e partie ] Vrac de janvier - 8e partie [ Vrac de presqu'été - 9e partie > ]


E bella la vita !


Fier de moi : voilà ce que je suis. L'effet culbuto, abordé ici, joue pleinement aujourd'hui. Je pourrais être abattu et c'est l'inverse qui se produit. Merci (et grands bravos) à moi - oui ! Mille raisons de jeter l'éponge brillent de leurs feux froids. Eh bien moi, j'ai de très bonnes raisons (et de très grands plaisirs) à vivre, à jouir, à me battre, à comprendre. Le pilier-moteur, c'est la poursuite du bonheur, ou plutôt l'envie, la grâce et la joie. En clair, la vie. La vie suffit : la vie s'autosuffit. Vivre est un bonheur en soi. (C'est Casanova qui le dit, il a raison - Spinoza, avant lui, disait que la félicité était... une fin en soi.) Jodorowsky, le probablement plus grand artiste-philosophe du XXe siècle, confirme tout ça en vivant. En créant... En riant.

La beauté est calme et folie, humour, courage. La beauté ? Confiance et foi, è bella la vita !

En outre, plusieurs choses précises me mettent en joie profonde. Il y a, depuis quelques jours, ces deux superbes livres. Profitez-en :



Et puis il y a (juste en dessous) cette magnifique illustration du complexus dans lequel nous vivons. Le tissu de la vie est dynamique comme un vrai tissu : il prend une forme, se reconfigure, s'actualise en direct comme un vêtement. De plus, les accrocs de la maille de l'épaule (événement A) peuvent déliter l'ensemble de l'étoffe et affecter la maille ou le bouton du bas (conséquence B). De la même manière, par capillarité, le fait de mettre un parfum précieux à un endroit du vêtement diffuse et fait boire la beauté balsamaire à l'ensemble. Nos vies ont un impact (merci Matoo et Max Le Mans) - look :



Spin
envoyé par Fredy_K



[ Tenez, un chat avec l'un des auteurs de 80 Hommes, Matthieu Le Roux | Les Quatre Accords - ressources de Thierry Cros | Maud Séjournant et Olivier Clerc | Don Miguel Ruiz se range parmi les grands du management, consultez donc l'excellent Businessballs | le complexus est une notion maîtresse du travail du lumineux Edgar Morin | attributs du complexus en sciences humaines | voir le grand Jodo | << Quand j'étais petit, mon père me disait qu'un château humain certes ne prenait pas de coups mais ses fortifications l'empêchent aussi de vivre les courants et les stimulations de la vie, c'est-à-dire le bonheur >> - Un psychothérapeute toulousain, fils de psychothérapeute | croyances limitatrices, à corréler avec les scenarios morbides - prophéties autoréalisatrices de William Isaac Thomas, incitateurs de Taibi Kahler (drivers) et jeux d'Eric Berne (stratagèmes inconscients) | Jean Cottraux, un spécialiste de l'inconscient et de ses scénarios morbides | ce qui est morbide, c'est ce qui s'autolimite, s'autocensure et bégaye | la vie, c'est sortir de l'idée de sécurité et accepter le tout-venant avec sérénité, avec joie ! - cf. Tchouang Tseu | blessed are the flexible for they will not snap ]


 Aide-toi et le Ciel t'aidera - 6e partieTue 2 Jan 2007
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[ << Aide et manip' | The Tremendous et les besoins humains - 5e partie ] Aide-toi et le Ciel t'aidera - 6e partie [ Palmarès des conduites coopératives à succès - 7e partie > ]

Excellente année à vous !

Parfois c'est moyen, mais là c'est aigu : j'ai du mal à voir partir un article. Je veux dire faire l'effet goutte d'eau qui fait déborder, flouc : en fait écrire l'article qui, dans la page du blog, chasse le plus ancien. Vous savez ? Là, c'est "Innovation technologique et rapports de force (ITRF) - 4e partie" qui subit l'arrivée des présentes lignes, plus fraiches. Byebye "ITRF". Pourquoi je l'aime ? Parce qu'il condense des choses vitales. L'idée, c'est de le retrouver via le moteur :



Voilou.

Alors parlons de Charles "Tremendous" Jones aujourd'hui. Cet homme est un grand. Charlie T. Jones (look) est un des vingt meilleurs orateurs [1] du XXe siècle. Je crois que j'aime tout chez lui : le bonhomme et les idées. Et chez lui d'ailleurs, cet ensemble est un vrai tout. Que dire ? Deux grands trucs.

1. Sa notion d'aide est un simple et merveilleux moyen de déjouer le Triangle dramatique de Stephen B. Karpman, cette cochonnerie qui envenime les systèmes humains, les équipes. Récapitulons un peu : Karpman, l'ancien associé d'Eric Berne, identifie trois parties-prenantes infernales, c'est-à-dire trois individus ou trois institutions ou trois départements, ou trois parties de nous-mêmes (ça marche aussi à l'échelon individuel), qui jouent aux Indiens, aux cowboys et à la cavalerie. Les uns persécutent, les autres subissent, les derniers sauvent les seconds sans toujours leur demander leur avis. Ce type de jeu, tellement classique, est morbide, c'est-à-dire inconscient, fréquent, mangeur d'énergie, blessant et bloquant pour les vrais sentiments et le vrai bon travail (les résultats qui réjouissent et font avancer). Un vrai chantier. Protection, sabotage, souffrance : un cercle vicieux. Autre particularité : les rôles sont interchangeables, et c'est pour cela que ça vérouille la figure. Untel était Victime, voilà qu'il est maintenant Bourreau et son ancien persécuteur de geindre comme un bébé, c'en est trop, le Sauveur intervient et se fait Bourreau du méchant, qui à son tour pleure, etc. Eh bien Charlie "Tremendous" Jones a une solution. Quand quelqu'un vous demande de l'aide, accordez-lui UNE aide. C'est-à-dire quelque chose qui le dépanne et l'engage à la fois. Je prends un exemple : S'il te plait, dévisse-moi le bouchon du pot de moutarde. Là, vous dévissez en partie (juste avant le plouc libérateur) : c'est le demandeur qui termine le travail (- Plouc - Aah, j'y suis arrivé). Autre élément, et c'est Charlie qui fait comme ça, quelqu'un que vous aimez vous demande mille euros. Donnez-lui pile la moitié, son talent fera le reste. Le demandeur devient acteur. Et vous, vous restez juste un ami. Ou un collègue. Vous n'êtes ni sa maman, ni son papa. De plus, si la démarche est bonne, le coco trouve un succès mérité, et si c'est une entourloupe vous sauvez une partie de votre pécule (ou de votre énergie, ou de votre fierté ou, mieux, de votre réputation - cf. la précieuse image de marque). C'est simple et génial. Et si le demandeur se fait agressif (Dis donc, tu es gonflé, tu pourrais me donner ta femme et ton chien en plus), c'est qu'il joue. Involontairement, il est déjà Bourreau : laisse tomber j'ai envie d'dire.



Fig. 1 - Charlie T. Jones à la remise du prestigieux Cavett Award (2006)


2. Parlons d'une deuxième bonne pratique. Le Tremendous est quelqu'un de pragmatique, qui a su devenir millionnaire avec des principes centraux [2]. Dans son excellent La Vie est magnifique - A vous le leadership, il dit en page 25 [3] que son bureau d'assurances a adopté la formule SIB-KIS et l'a écrite sur tous les bulletins, l'a gravée dans tous les coeurs et en a fait un mode de vie. SIB-KIS est l'abréviation de "See it big - Keep it simple" (Vois-le en grand, garde-le simple). Eh bien moi, j'adore. Une envie de se dépasser, une belle clarté d'idées et un esprit de terrain, je dis que c'est génial.

Portez-vous bien - A bientôt.
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[1] C'est un magazine américain qui l'a désigné ainsi. Ah, les orateurs. Les orateurs et conférenciers-motivateurs, comme il en existe essentiellement aux Etats-Unis. Oui. Outre-Atlantique, la pratique protestante a fait naître des générations de pasteurs, de prédicateurs et de performers motivateurs très engagés, dynamiques et puissants. Certains sont chrétiens, d'autres sont agnostiques. Mmmh, majoritairement, ils sont chrétiens. Les Etats-Unis baignent dans cette pratique orale, dans ce corps à corps passionné, impactant, avec l'auditoire. Ils savent toucher le cerveau tout autant que les tripes et le coeur. Chez nous ? La plupart des prestations orales s'appuient sur un mauvais diaporama, sur des balbutiements intello-jargonnants. Et le corps, le corps - mes amis - n'y est pas.

[2] Tous ces leviers d'excellence, dans le monde de la performance humaine, sont souvent simples à comprendre. Ils se retiennent facilement et s'appliquent à merveille (sitôt neutralisée la fichue homéostasie des milieux complexes, milieux complexes tels que les équipes ou bien l'esprit humain). Ces outils-là, moi, je les nomme outils atomiques. Simples, petits, manipulables. Et surpuissants. Des exemples ? Eh bien le 2A, le 5C-4P, le 3QO2CP, l'Amdec, les matrices stratégiques. Cf. Outils atomiques.

[3] Un Monde différent, Itée - Editeur québécois, distribué en France par Librentreprise.com et Dilisco. C'est ici.

[ Définitives et magnifiques ressources par et sur Stephen B. Karpman (En) | sachez discerner qui manipule en vous cette fichue fibre de Sauveur | aide et christianisme, le point de vue de Sylvie Corman | tiens, c'est ma belle-mère il y a quelques jours qui m'a dit qu'en institution pour les personnes dépendantes, le terme d'aide avait disparu, l'on parle à présent d'accompagnement vers une autonomie, dans un projet, vers un mieux | saga Manip' | Le Tremendous, une interview, un palmarès inouï | le témoignage d'Og Mandino, l'auteur de The Greatest Salesman in the world ]  Read More


 Les pieds dans le tapis - 3e partieMon 27 Nov 2006
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[ << Confiance en soi - 2e partie | Psychologie ] Les pieds dans le tapis - 3e partie [ Le signe de Caïn, une histoire de regards, une histoire d'amour communicatif - 4e partie >> ]

Les pieds dans le tapis ou comment échouer avant même d'essayer. L'humain connaît bien ça : comment ne pas faire les choses et rester dans sa condition, quelle qu'elle soit. Ce comportement nous lèse et nous cloue là où nous sommes, souvent bien loin de l'objet de nos rêves. Il y a, à mon sens, trois façons de stagner, donc d'échouer :

1. Ai-je bien le droit ? Là ce sont les gens qui se sentent illégitimes. Je me souviens de quelqu'un qui n'osait pas, c'était il y a quelques années. Il se demandait tout le temps s'il avait le droit. Un jour une banque lui propose spontanément un poste avantageux car le bonhomme est très, très doué. Et lui - tenez-vous bien - il refuse, d'entrée de jeu. Au risque de vexer son patron. Il répond même : Je dois commencer à la base pour atteindre ce que vous me proposez. Voilà comment se mettre en dessous de son potentiel, comment ce type de modestie peut cacher une peur de souffler la place à quelqu'un, bref d'être un tyran. Cet homme avait peur de ne pas avoir la légitimité et donc de faire du mal.

2. La peur de ne pas être à la hauteur. Ca, c'est terrible, et tellement répandu. Vous avez les compétences, l'on vous propose quelque chose de bien et vous prétextez ne pas avoir les épaules. Où est la projection en avant ? la prise de risque ? la vie ? l'essai ? Vous vous sabordez avant même d'essayer. C'est la peur de l'échec (et de la déception) qui est ici en jeu.

3. La peur de la vie. L'on se sent accablé par la vie, en permanence "castré", maudit, rejeté par les choses. Le sentiment d'être légitime existe (j'ai le droit de faire ça, de prétendre à ça, d'être heureux), les compétences sont campées et assumées (j'ai les épaules pour ça) mais une horrible fatalité plane : De toute façon quelque chose ou quelqu'un me mettra des bâtons dans les roues, je suis toujours gêné par quelque chose. Ce sentiment-là est terrible car il puise sa force dans le désespoir et dans les peines de la vie. Il faut ici agir non sur l'estime de soi mais sur la capacité à vivre, envers et contre tout. Voire même dans la sérénité. Car vivre, c'est automatiquement s'exposer, certes aux rivalités et à la fatalité d'être pris dans des événements, mais aussi au simple plaisir... de vivre. Et d'éprouver.

De là, trois mécanismes de permission sont possibles : 1. mon cher Moi-même, apprécie d'avoir une place, apprécie les cadeaux qu'on te fait, apprécie la surface que les connaisseurs t'accordent, en plus tu peux faire le bien autour de toi et promouvoir ensuite ceux qui méritent d'évoluer, tu contribues à la justice des "petits" ; 2 tu vas réussir puisque tu connais tes forces et tes faiblesses, tu as tout d'un "grand" qui s'améliore en permanence, et ça, c'est le privilège des "nobles" et de ceux qui font avancer les projets... en vrai ; 3. la vie t'adore, elle a besoin de ton intensité, de ton truc à toi, tu vas petit à petit gagner l'estime des choses et des gens. Tu te vois déjà les entraîner à ta suite, à la conquête de quelque chose ? La vie est un risque, mais qu'est-ce qu'elle est belle ! Tu vas vivre, et vivre en abondance : tes impulsions sont nécessaires à ce monde.

En conclusion. Il y a trois façons d'échouer : je ne mérite pas, je ne peux pas, l'on me veut du mal. Il y a aussi trois percées formidables : 1. je vais faire le bien, 2. je vais réussir car j'ai l'étoffe d'un grand, 3. je vais vivre intensément ma voie, la vie est folle... mais tellement jouissive.

[ Intra et extramotivation | prudence et peur | les affres, au plan psychologique, du perfectionnisme | scénarii morbides ou permissifs (Patricia Coosman) ]


 Les jeux - 10e partieSun 4 Jun 2006
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[ << Analyse transactionnelle et jeux | miniscénario ] Incitateurs - 10e partie [ Incitateurs et profils PCM - 11e partie >> ]

Deux éléments. Premièrement, l'Analyse transactionnelle : l'AT d'Eric Berne, nous l'avons vu, est un projecteur braqué sur les chantages, cercles vicieux et autres jeux psychologiques. Vous vous souvenez ? Deuxièmement, Taibi Kahler. Ce disciple de l'AT voit dans les apports de Berne un formidable vivier (une galaxie) qu'il convient d'optimiser, de condenser. Autour d'idées-forces, centrales, cohérentes. Des points d'entrée dans la machinerie AT. Allons plus loin : ces points d'entrée sont aussi des tentatives de grilles de lecture fiables, transposables de manière indépendante à peu près partout. Je dis bien de manière indépendante. Au point de former un nouveau système, un modèle post-transactionnel, opérant : la Process Com (PCM). Alors voyons : d'une part l'AT et les jeux, d'autre part la PCM. Questions naturelles : Qu'est-ce qui incite, inconsciemment, à jouer ? quite à faire des dommages collatéraux ? D'autre part, qu'est-ce qui préside à la constitution des profils PCM, ces structures de la personnalité qui - selon Kahler - pétrissent le monde ? Réponse : c'est en grande partie les drivers. Ces incitateurs [Fr] sont les lignes de force inconscientes qui charpentent les gens, les actes et les rapports humains. De soi à soi, et de soi aux autres. Les drivers, pour les deux auteurs, sont les moteurs [1] du monde.

Continuons un peu. Le sujet d'aujourd'hui mérite que l'on se replonge dans le bouillonnement pré-PCM. Nous sommes en 1974. Taibi Kahler et Hedges Capers, transactionnaliste lui aussi, planchent sur le Miniscénario [2], ce 'pétage de plombs' universel qui, pour de 'simples' stimulations interpersonnelles non obtenues [3], fait dériver la personne vers des conduites a priori aberrantes. Quoique quotidiennes [4]. (Tout le monde stresse, joue... et perd, c'est un classique.) Il faut ici reconvoquer le consultant Giampaolo Possagno, qui fait un intéressant tour d'horizon des drivers :

1. 'Sois toujours parfait', 'Ne fais pas d’erreur'. Cet incitateur recquiert une qualité d'exécution parfaite et minutieuse. Tout est dans la maîtrise, vérouillée, fermée au monde et aux objectifs réels. La personne est enfermée en elle-même, focalisée sur les détails. Tous les détails. La fin du programme ? Quand la personne peut (enfin) constater que tout est maîtrisé à fond. Jouissance à la clé. Quand je suis sous cette emprise, reprend Possagno, en règle générale, j’attends aussi des autres un comportement de cette nature. Ajoutons que pour le consultant en communication René de Lassus, les croyances ici engagées se résument à : ne rien laisser au hasard, un être humain peut - concrètement, et ça lui est profitable - faire les choses à la perfection. Croyances (hélas !) renforcées par ce que la psychologie appelle l'attention sélective [5],

2. 'Fais toujours vite', 'Dépêche-toi', 'Regarde toujours en avant'. Le mot d'ordre ? Tout régler rapidement, énumère Possagno, répondre vite, parler vite, etc. C’est, selon lui, un appel à la précipitation, un appel à quitter le présent. Souvent aussi : un mécanisme d'autoprotection (implicite) pour éviter les gens de trop près. Leitmotiv : mieux vaut aller vite et se montrer pressé, analyse Lassus,

3. 'Donne-toi toujours de la peine', 'À la sueur de ton front', 'Travaille sans jamais t’arrêter' (Try harder). Celui qui agit selon cet incitateur fait de chaque tâche l’oeuvre du siècle. Rejaillissement sur les autres : le sujet cherche aussi à amener les autres à ce qu’ils fassent des efforts avec lui. Mot d'ordre : surtout ne pas se relâcher. Proverbe idoine : les dieux ont placé la sueur avant la réussite. Et quelqu'un qui en bave, dixit Lassus, finit toujours par y arriver. La croyance aliénante ici en jeu, c'est que l'on peut faire plaisir à tout le monde, il est important de montrer qu'on essaie constamment, avec acharnement [6],

4. 'Contente toujours tout le monde', 'Sois toujours aimable', 'Le chapeau à la main ...' L’autre a toujours plus d’importance que moi. (Fais plaisir ! ordonne le psychisme.) Les autres se sentent bien ou mal ? J'en fais une affaire personnelle. En fait, j'ai besoin que les autres m'estiment. Le risque : mettre ses propres besoins sous le boisseau. Phrases-clés : il faut être bien avec tout le monde, et ainsi se montrer aimable et dévoué, il y a moyen de contenter tout le monde,

5. 'Sois fort en toutes circonstances', 'Serre les dents' ('Ne montre rien', ajoute Lassus). Surtout, renchérit Possagno, ne jamais montrer de faiblesse, être un modèle, garder une attitude ferme, être intransigeant et si possible tout accomplir soi-même. Cet incitateur serait un appel à l’héroïsme. Il trahit un certain manque de confiance à autrui et une horreur (une fuite) de la vulnérabilité. Interdiction, par ailleurs, d'être triste. Schème impliqué : la méfiance, c'est important de faire croire [ndlr - y compris à soi-même] que l'on est fort.



Fig. 1 - Les éditions Tascabili Bompiani


Le mot de la fin à René de Lassus. Il existe heureusement des remèdes. Les injonctions se combattent avec des contre-ordres. Ici, des permissions. Voici les principales : Existe, ose être toi-même, prends du pouvoir selon les circonstances - Ose agir, pends des initiatives, des risques bien calculés - Réussis ce que tu entreprends - Réfléchis toi-même, ose dire tes propres idées - Deviens un adulte, ose prendre des responsabilités, analyse les pensées de ta jeunesse pour en retenir les meilleures - Fais confiance, tu sais apprécier qui est digne de ta confiance et qui ne l'est pas, délègue - Intéresse-toi aux autres, sois plus proche des gens - Ressens les choses et les individus, fais confiance à tes émotions et à ton intuition - Sois gai, sois libre, tu as le droit de t'amuser - Sois raisonnable, équilibré, fais preuve de mesure.

Un bon exercice, que je vous soumets, serait de relier ces permissions aux incitateurs.

Excellente soirée - Très bonne Pentecôte à vous.

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[1] Les strokes, dans le dialogue offre-demande, forment le carburant. (Bifurquons un instant par la motivation.)

[2] Nous sommes 15 ans avant le fameux Addendum.

[3] Précisons qu'ils s'agit ici de strokes ciblés : leur absence est inconsciemment ressentie comme un rejet. Tout le monde a besoin de signaux de retour, de preuves qu'il existe, qu'il est voulu, qu'il peut avoir sa liberté, sa vie propre. Lire René Arped Spitz. Ainsi que Jacques Salomé, qui relève quelques besoins fondamentaux : 1. la survie, 2. se sentir en sécurité, aimé, respecté, entendu, 3. les rapports sociaux (le socius ou la reliance du sociologue Marcel Bolle de Bal, commentée par Jean-Louis Le Moigne), 4. se sentir distinct des autres (individualité), 5. prendre en main son destin (autonomie), 6. la distance et le silence (repli), 7. la réconciliation et l'harmonie des choses mises dos-à-dos (symbiose).

[4] Cf. la dimension des scénarios de vie, par Jean Cottraux. Voir notamment ses passionnants schémas de personnalité, en complément des drivers.

[5] Voir aussi les effets de la prophétie autoréalisatrice de William Isaac Thomas. Ou encore les renforcements groupaux façon Janis.

[6] Je pense forcément aux devises Shadocks :-)

[ D'après l'Association internationale d'Analyse transactionnelle (ITAA), nous jouons pour : 1. obtenir des strokes, par tous les moyens possibles (surenchère, etc.), y compris si cela se termine mal, 2. occuper son temps (amplifier la sensation de maîtrise ou obtenir des sensations 'électriques'), 3. se voir confirmer (cf. attention sélective) que les croyances auquel l'on adhère sont bonnes et ainsi se sentir rassuré. A quoi j'ajoute personnellement le besoin de Tout cela est affaire de craintes : curieuses stratégies que celles de l'homme... Un bel appel à la symbiose, qui transcende (dépasse) les choses - cf. Marie-Louise von Franz | par ailleurs, le Triangle thérapeutique (sorte de contrepied vertueux du Triangle dramatique, ici intériorisé), peut s'envisager, selon la coach Patricia Coosman, comme une actualisation de la Puissance, de la Permission, de la Protection - à voir | un bon moyen de mesurer l'importance des jeux dans notre vie, le Questionnaire de scénario (p. 355) in : Que dites-vous après avoir dit bonjour ? | un bon moyen de les éviter, c'est d'être assertif et de refuser (poliment) de prendre part à l'un deux, quand il vous semble manifeste | autre apport, les positions de vie | Process com, tableau récapitulatif | l'école du Dialogue intérieur pousse l'idée des drivers jusqu'à envisager, derrière chaque injonction, des personnages intrapsychiques bien distincts ]  Read More