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 Toulouse - 2e partieTue 30 Oct 2007
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Au revoir time management, vous pouvez désormais consulter ici la coupure du Journal des entreprises consacrée à l'optimisation du temps et à la mobilisation (motivation) des collaborateurs. L'exemple est concret.

Je passe au thème d'aujourd'hui : c'est d'un trentenaire que je compte vous parler, d'un trentenaire et de ses principes.

Il y a certes, parmi les dirigeants que je connais, quelques représentants des générations X et Y (je pense - côté Ville rose - à Anthony Colombon, David Fauthoux, Fabien Fromage, Priscilla Rozé-Pagès). Leur point commun ? Technicité, pragmatisme et ambition : ils sont tous, sur leur marché, porteurs de nouveauté. Le propre de ceux qui sont nés dans les années 1970, c'est peut-être l'envie de rupture, l'envie de changer les règles du jeu et d'apporter une patte. La technologie, la distance critique, la sortie complète des idéologies expliquent ça : avoir trente ans aujourd'hui, c'est souvent se débrouiller avec le monde, c'est habiter, donner une personnalité aux échanges, aux interactions, aux usages dudit monde - pour le changer.

Je passe à présent à celui qui nous intéresse aujourd'hui : Jean-Christophe Tortora. Ce patron de presse et de publicité né en 1976 parle, c'est fin 2006 lors d'une conférence en école de gestion, de ce qui dirige sa vie. J'y suis, je l'écoute. Et ce qui me frappe, c'est l'efficacité des valeurs déployées, ici de vrais moteurs.

Nous l'écoutons, il relate son parcours étudiant (plutôt ennuyeux) et revoit cette devise gravée sur sa tablette en cours. Il la consulte en permanence, comme un fétiche : Ose. C'est un principe directeur : oser apporte tout, oser ouvre les portes. Celui qui est légitime, c'est celui qui occupe un terrain : honneur aux audacieux, qui forcent la chance. Il y a là un côté grec, que j'aime.

Je me souviens d'un second principe. Alors que ses associés directs inaugurent au moment où il parle un restaurant à Londres (événement excitant et marquant), l'homme explique que ce qui motive sa présence parmi nous, c'est l'engagement sur la date qu'il a prise au tout départ pour la conférence. Je respecte l'engagement antérieur, commente-t-il.

Alors que dire ? C'est édifiant : à la fois rare et simple. Je décortique un peu. L'ambition, c'est la condition du succès (ambition couplée à la mètis, à la vitesse de déploiement et à la compétence technique). C'est une visée permanente, une exigence, un présupposé-moteur (cf. les incitateurs, ressorts de la dynamique psychique).

Il y a aussi le respect de la parole donnée. C'est le gage absolu d'être prévisible, lisible et fiable (cf. clarté cognitive). Dans les affaires, c'est LA condition : elle vous attache les collaborateurs et autorise les partenariats. Hors d'elle, point de salut : on reprochera toujours à celui qui déplace en permanence ses rendez-vous son incapacité à prioriser en amont, de même que son manque de tact [*].

Être intramotivé et fournir aux autres de la clarté dans ce qu'on fait et va faire, c'est précieux. Ajoutez-y - de mon point de vue - la passion qui touche au cœur (lire LeeAundra Temescu) et l'aspect « don de soi raisonnable » dont parle Christian Blachas, vous avez là un carré magique. Une formule vertueuse.

J'en termine et lance le sujet : connaissez-vous de bons leaders ?
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[*] J'avais un ami, pour qui le gros de l'intelligence humaine consistait à savoir ménager (respecter) les susceptibilités. Paul avait raison.


 Motivation, facteurs intrinsèques et extrinsèques - 2e partieFri 13 Oct 2006
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Facteurs motivationnels intrinsèques et extrinsèques
~ les ressorts de l'intra et de l'extramotivation



Emotionnellement parlant, il y a deux types de porteurs de projet. Les premiers ont intériorisé tous les compliments, toutes les marques de confiance et d'estime jadis adressés par leurs proches. Je dis jadis pour parler de l'enfance. Ces gens-là disposent d'un capital d'assertivité (affirmation de soi) et de foi en eux-mêmes qui les amène généralement loin [1]. Eh oui. Valoriser les enfants, en quantités intelligentes, c'est leur fournir le carburant qui leur permettra de persévérer dans un projet. Persévérer [2] en dépit : 1. du principe de réalité, tellement castrateur, 2. des critiques liées au balisage permanent des territoires humains, 3. du manque persistant de strokes, en cas de pénurie prononcée.

Et puis il y a les autres.

Les autres, ce sont ceux qui ont besoin de proches. Ils mettent à profit les strokes de leur entourage. Et c'est là leur moteur. L'on appelle cela : tirer sa motivation de facteurs extrinsèques, ici socioémotionnels.

C'est comme ça. Je sais que l'Education nationale encourage les appuis motivationnels internes (travail personnel important) et - côté externe - qu'elle confie le gros des strokes au bon vouloir des professeurs, encore trop souvent inconditionnels dans leurs remarques (cf. "Peut mieux faire", dans l'absolu).

L'idéal, c'est d'avoir les deux leviers. Des leviers sains et assumés. S'appuyer sur soi et sur les autres équivaut à avoir plusieurs colonnes dans sa maison.

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[1] Ils vont loin si tant est que le projet soit bon (voir ceci). Ou qu'ils en changent sitôt qu'il produit des fruits douteux. Parlons de ceux qui vont loin, justement. Napoléon Bonaparte avait tellement confiance en lui (merci à sa maman Corse) qu'il se fiait à son instinct en toute circonstance. Son ambition et son sens de l'observation (ressorts intrinsèques) lui suffisaient amplement. Pour être si autonome, du point de vue motivationnel, il faut - comme lui - être valorisé abondamment. Dès le plus jeune âge. Il était persuadé d'aller loin, dans tous les cas. N'importe où que ce soit. L'Histoire a d'ailleurs cristallisé ce trait mental dans une citation restée célèbre : Il ne va pas bien loin celui qui sait d'avance où il va. Ce qui plaide en faveur de l'impulsion interne, de la force désirante qui s'autosuffit. (Quand elle est mise en synergie avec une force d'adaptation et une capacité à engranger les expériences, comme chez Napoléon.)

[2] A l'instar du "père-haine" que le psychanalyste Yves Enrègle entend dans l'adjectif pérenne, il me semble que le persévère sonne comme un "père-sévère". (A relier d'ailleurs à la description que Taibi Kahler fait du profil du Persévérant.) Et vous, qu'en dites-vous ?

[ Les incitateurs (drivers) sont des injonctions parentales, passées en mode inconscient - donc constructrices de scenarii de vie ; ces incitateurs s'actualisent dans les épreuves et souvent se confirment voire se renforcent | l'expérience montre que les intramotivés ont tendance à trouver satisfaction dans les retours d'eux à eux (attention à la subjectivité, ou au syndrôme de la "tête de mule"), tandis que les extramotivés, en cas de coup dur, attendent souvent les confirmations d'un entourage parfois déconnecté (être proche émotionnellement, cela peut induire une certaine distance intellectuelle ou une saisie incorrecte - souvent à la baisse - des enjeux de celui qui, dans l'épreuve, demande des strokes) | l'on se souvient combien Françoise Dolto préconisait les marques d'affection claires et fréquentes, pour les enfants, afin de les rendre autonomes sur le plan affectif (et cognitif, donc intellectuel - l'on sait depuis Antonio Damasio combien les affects et les idées sont liés) | elle avait bien raison, Dolto - dire tout l'amour pour permettre à l'autre de "faire le plein" et de se détacher pour vivre une vie libre, c'est la finalité psychique absolue | ajoutez cette liberté à la créativité et à la présence au monde, dans son acception la plus grande, vous avez là le triptyque cher à Alexandro Jodorowsky, certainement le plus doltoïen des psychothérapeutes actuels, avec peut-être Jacques Salomé | à propos de l'assertivité, je me souviens qu'une Franco-Américaine expliquait sur France culture, il y a un an ou deux, que les petits Américains qui se cassaient la figure dans les parcs publics étaient encouragés par leur mère à recommencer leur défi physique, alors que les mères françaises réprimandaient systématiquement leur bambin pleureur - ah, la culture ! ]