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C'est surprenant de voir ça : un consultant revient voir un client. Ok. Et là, au lieu d'indiquer les possibles - et souhaitables - ajustements-terrain (sorte de service après-vente), le client joue avec sa langouille. Vi. Je m'explique : il plaque celle-ci dans son palais (le sien propre) et reste muet... comme une carpe engourdie. Ou alors il l'agite, parle et re-parle comme une pie du Sud-Ouest. Vous demandez aimablement ce qui, au stade actuel, peut être amélioré (En quoi aujourd'hui puis-je vous aider ?) et le bonhomme continue son processus carpe ou pie. Mmh. Joli trait animalier, mais le côté arche de Noé vous déconcerte un tantinet : sans franche habitude, vous incarnez rapidement la poule cendrée qui interroge un propos systémique devant un peigne en corne extrudée (Attends, ils me proposent de venir et ce qui sort de leur bouche, c'est tout sauf une matière à travail ?).
Eh bien, c'est faux. D'abord parce que la relation qui vous unit à ces gens-là est souvent forte (ils vous ouvrent leur entreprise), ensuite parce que se taire ou faire son bavard sont des messages. L'un comme l'autre a grand sens, et souvent le même. Passent des flux entiers de choses. Comme un besoin de dire un truc important. Et c'est vrai : beaucoup des problèmes d'entreprise sont humains (stress, confusion mentale, surdétermination du quotidien, conflits de territoire, peur d'avancer, démobilisation des troupes, manque de confiance en soi). Et là, vous qui représentez un hors-l'entreprise frais, ferme et sain, comme une référence ou un repère, vous faites du bien. Vous êtes un symbole, vous incarnez un sumbolon. Soit une réunion de deux choses qui, quoique différentes, travaillent ensemble. Et fonctionnent. Vous représentez un pont communicationnel : vous voir (quite à vous parler-sans-vous-parler) fait du bien. Vous rassurez.
C'est fou ? Oui et non. Le temps de conseil peut aussi servir à ça : écouter, réagir. Moui.
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[ Image (c) Images.jupiterimages.com | tenez, des animaux qui communiquent | ah, et si Camille me lit : PNL ]
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[ << LeeAundra Temescu - 3e partie ] Speech efficiency - 4e partie
About communication. << It reminds me of the advice for giving a good speech. First you tell them what you're going to tell them, then you tell it to them, and then you tell them what you just told them. The frame of the first and last part makes it much easier to put the more wordy stuff in context. [...] It does point out that we better will know what something is if the borders or frames of it will give us a very good hint. >>
Flemming Funch, blogger, Absara co-worker, NLP master practitioner, agent for building and promoting new participatory solutions
[ Comment être clair | faire un bon elevator pitch ] Read More
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[ << Un retour ? Non merci - 2e partie ] Trois petits singes - 3e partie [ Souffler le chaud... et le chaud - 4e partie >> ]
Il y a trois écoles, que tout le monde connaît. Représentons-nous un gars dans un fauteuil roulant. Nommons-le Didier. Ce gars dirait : Pff, marre. Qu'est-ce que j'aimerais courir sur mes jambes. Là, trois attitudes fusent. Représentons-nous Amélie, Benoît puis Céline.
A : - Didier, je comprends ce que tu dis. Simplement, il faut que tu envisages ceux qui, en ce moment, ont de surcroît les bras paralysés. Tu te rends compte de leur souffrance ?
B : - Gulp. Didier, une boule me saisit à la gorge. Je me sens mal quand tu dis des trucs comme ça. Je sais pas quoi faire pour toi. Alors j'aime mieux que l'on parle de quelque chose de différent. De plus léger, tu veux bien ?
C : - Didier, je compatis tellement... Je ne sais pas pourquoi le destin a fait de toi ce gars cloué, là. C'est dégoûtant, c'est injuste. (Qu'est-ce que tu dois être malheureux !) Moi, ça me révolte et j'ai envie de pleurer, de m'effondrer, de tout casser, de te porter sur mon dos, de faire corps avec toi, etc.
C'est dur. D'abord parce que : 1. personne ne demande à Didier ce qu'il ressent vraiment. Est-ce 'lourd' ou bien comme un passager vague à l'âme ? un truc exceptionnel ? habituel ? ou contextuel ? Quelle est la situation de Didier [*], telle qu'il la vit, lui, maintenant ? 2. Tout est stérile. Que du constat. Que de l'appitoiement : sur l'un, sur l'autre, sur soi. De la culpabilisation ? Oui. L'utilité frôle le zéro. Même l'empathie (la vraie) est absente des propos A, B et C.
Que faire ? Poser des questions. Puis proposer des choses réalistes, chaleureuses, qui mettent l'autre dans une situation d'égalité, où il puisse bien vivre la solution. Version légère : Didier, et si on allait au cinoche ? ou descendre une bière fraîche ? Il y a quelque chose qui te dit là-dedans ? Version plus sérieuse : Tu veux qu'on en parle ? Version prudente : Il y a quelque chose ou quelqu'un qui puisse t'aider ? Je peux faciliter ça ?
A vos claviers. Excellente soirée.
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[*] Il faut, en guise d'amorce, revenir à ce que Didier a dit : Pff, marre. Qu'est-ce que j'aimerais courir sur mes jambes. Une explication de texte ? Quasiment. L'aide (qu'elle soit amicale ou professionnelle), c'est un point d'appui sur ce qui se dit. Il est normal, par exemple, que l'un des plus fameux psychologues français, Roger Mucchielli, soit aussi un éminent analyste de contenu (figures de style, sémiologie). L'on sait en outre l'importance, cette fois-ci du côté 'boîte noire', qu'occupait la parole pour Jacques Lacan. Cf. parlêtre. Lire aussi Françoise Dolto.
[ L'enfer du jeu, 1 et 2 | étranges échos (ici) d'Éliphaz de Théman, de Bildad de Schuach, de Tsophar de Naama | interventionisme et praxéologie | identifier les six ressorts (signaux, strokes, modalités, canaux) qui marchent ]
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