Blog Management & Organisation, depuis 2004 - Tag: peur

Management & performance humaine | Motivation | Organisation & plannings stratégiques | Dynamique de groupe | Intelligence collective & réseaux

 La colline a des yeux - 3e partieTue 15 Sep 2009
0 comments
picture

[ < 2e partie | thémas Foi, Peur, Stress intense & Motivation | archivage automatique du billet sur les indicateurs stratégiques | 4e partie > ]


Combattre à poil
- Ou comment je fais, dans la vie, quand c'est
dead, mauribond, hors de portée



Comme un général. Un général avant la bataille, en reconnaissance du terrain : de la réalité. En vrai.

C'est ça.

1. Peut-être vous en souvenez-vous : pour dérouiller, moi, j'ai besoin de voir l'ennemi dans les yeux. Là. (L'ennemi : les lieux, le terrain, le contexte.) Je prépare la campagne. Et la vis.

Quitte, et c'est la clé, à vivre un parcours du combattant. Une mort. Une horreur.

Quitte à pleurer, quitte à me liquéfier.

Mais j'aime le voir, le toucher, le goûter, le digérer. Ce terrain, vous savez ? Cette montagne folle et démesurée. Cette impossibilité. Alors je la mesure, alors je la vis. Je la subis : me la mange dans la poire. (Et jusqu'au bout.) La montagne ? Je la laisse m'engloutir. (Elle est lourde.) Et l'enjeu me recouvre, me morcelle, me tue et me dit en vrai : Tu as bien raison, c'est impossible. (Ça sussure.) Alors je meurs - C'est douloureux, de mourir. Je meurs à mes illusions de toute-puissance. À mon manque de réalisme. À mon infantilisme. À ma candeur.

Qui s'éboulent.

J'aime (non, je déteste : c'est plutôt un besoin), en clair je passe par une mort pour conquérir. Sabre au clair. (Quand c'est désespéré, comme ça se produit parfois.)

Ce qui me fait peur, je le regarde. Je le touche. C'est comme un loup. Loup féroce, ultime, fantasmatique, qui met en pièces, ravage le ventre. Dans ce qu'il a de factuel ou de fantasmatique, justement, je laisse l'échec travailler en moi. Travailler librement. C'est éprouvant (éprouvant oui et non, je suis également spectateur du vécu ; je peux en sortir, m'y replonger, j'en suis libre). Et comme ça, ça se fait : le pire passe. Le pire se passe. Et il le fait avant. Il le fait en moi. Une fois pour toutes. En avant-première.

Ce pire, il avance sur le chemin, dans le terrain : j'ai l'impression de plonger dans la matière, ce matériau de l'action. Ce pire, il dit la vérité. La vérité, c'est que j'ai peur. Peur de mourir. Voir (ressentir) que j'ai peur d'échouer (de mourir), ça me fait vivre la douleur. Une fois vécue, la morsure folle est là. Pourquoi la redouter ? M'a déjà tué. Déjà digéré. (Ok, je la re-digère en retour.)

Garce d'épreuve.

Ça me fait entrevoir non pas le pire (si : échouer, c'est le pire), mais le possible, la limite, le fracas, la panique. Ce que tout en moi occulte et fuit. La réalité. Mieux : la vérité (le vécu intime, brut). La vérité de la mort. Vérité du chaos (boule au ventre) :




Fig. 1 - Un bon guerrier, il est déjà mort,
alors il est disponible à la vie, ici au combat

[ Gladiator, Ridley Scott (2000) ]



En connaissant - par l'esprit [1] - ce que je risque en vrai, eh bien comme ça c'est fait : ça me communique le pire. Connaisseur de ça, j'enchaîne. Je renais. Je fighte. Je découpe. Je larde. (Terminé.) Action. Action forte. Confiance (confiance prudente : trempée de discernement). Courage, plutôt. Mmh, action (oui). Comme une force qui sort. Et qui connaît.

C'est ça.

Un mort n'a plus peur de mourir. Un mort s'en fout. Un mort peut tout. (Tout est accompli, déjà fait.) La résurrection, et son puissant cortège de floraisons (conscientes, inconscientes) parcourt et envahit le terrain : je deviens bon. Je suis bon. Je bondis. Je me surpasse.

Je vis.

Je parle évidemment là des grosses épreuves. Les rares.

Ces trois derniers jours, je les mets là-dedans. Catégorie plus-plus. Et deux livres m'ont tenu. Deux livres et un chant.

2. Les livres :



Le premier, c'est - toutes versions confondues - le recueil (et même l'écrit) le plus traduit au monde [2] et c'est de Josué, son sixième livre, que je compte ici parler.

Le second ? Une référence en matière de leadership. C'est un bouquin que Charles me fait passer, un don probable de la main du regretté Tremendous. Charles fait ça pour m'encourager. Lisez en particulier, je vous le conseille (en anglais simple et limpide) : How can a plane have an attitude? (p. 14).

Un régal.

Passons à Josué. Plusieurs passages enseignent la notion de combat spirituel [3]. Et il y en a un qui particulièrement me parle, il s'agit de celui de la colline (si !) aux Prépuces. Il parle (chap. 5) d'épées : Fabrique-toi des épées de silex, dit alors Yhwh à Josué, et retourne circoncire une deuxième fois les fils d'Israël. S'étant fabriqué des épées de silex, Josué circoncit les fils d'Israël sur la colinne aux Prépuces (traduction Bayard - autres versions, en ligne).

Plusieurs choses sortent de là. J'en vois une (et vous me direz) : un guerrier doit peut-être se laisser consacrer (ici, sens de la circoncision - voir en corrélat Galates 6:15 et Colossiens 2:11), il doit encore et surtout permettre à Dieu de l'éprouver par l'épée. Fût-elle une réplique, en silex, ou une préfiguration de celle qu'il doit utiliser. Il doit donc mourir (et ici dans sa virilité) pour pouvoir vivre au combat. Subir le tranchant (avec la peur qui va avec) pour ensuite le manier : être ensuite efficace. Immunisé.

En fait, c'est perdre pour gagner. C'est d'abord avoir peur pour ensuite :

| gagner en réalisme (en préparation) ;

| gagner en liberté (en disponibilité, en courage au combat).




Fig. 2 - To live is to die
[ Metallica - And Justice for all, 1988 ]



Allez, j'en termine. Voilà le chant qui, depuis dimanche, me porte :





Et voilà que me reviennent les larmes...

(Un bien fou.)

God bless.

__


[1] Cf. Cinéma intérieur (PNL, théma).

[2] Cette Bible Bayard est belle. Et bien écrite (simple). Pour autant, beaucoup d'autres traductions ont de la valeur. Il faut simplement faire attention : les versions catholiques comportent des apocryphes que même saint Jérôme (v. 340 - 420) déconseille. Ce sont des ajouts tardifs, forts différents (donc bien en dessous) de l'originalité, de l'essence et du souffle bibliques.

[3] Ceux qui, ici comme ailleurs, voient là un encouragement au combat physique sont des bouffres. De pauvres gens. Des violents (relire d'ailleurs le grand Girard). Des personnes ignorant tout de la Bible. Ils vivent dans le trouble. Ou pire, ils lisent (donc interprètent) avec des fantasmes de violence, des penchants malsains que tout à leurs yeux (je dis bien tout), justifie quand même. Lire, pour se recentrer : Luc 10:21 et 1 Jean 4:8. (Des classiques.)


 Eagle... - 2e partieSat 29 Aug 2009
0 comments
picture

[ < 1e partie | thémas Peur, Cognition et Cerveau | archivage automatique du billet sur le management situationnel et le dosage intelligent de la pression psychologique ]


... aïe, chéri


Faible. (Évidemment.) Il est faible en communication (en mise en commun), celui qui frappe au lieu de parler [1] : celui qui agresse. Et il est faible en boxe aussi. En boxe !? (Bien sûr.) En boxe, est fragile celui qui abandonne sa garde pour frapper. Il devient vulnérable. C'est simple : si je vous donne un coup, c'est automatique. J'ouvre ma garde, pour libérer mes bras. Et donc c'est obligé, j'ouvre mon thorax et ma tête... à vos coups. Si donc vous êtes rapide : 1. vous esquivez mon coup, 2. vous en profitez, dans la fraction de seconde, pour m'assener un punch ravageur pile dans la zone que j'ouvre. C'est redoutable et surprenant. Ça marche aux réflexes ; c'est ce qu'on appelle un contre (counter) :




Fig. 1 - Counter-punch



Et alors ? Eh bien je quitte à l'instant une émission sur Arte, qui parle des réflexes (forcément décisifs) dans le sport de haut niveau. On raisonne là, tenez-vous bien, en dessous du 20e de seconde. Quand deux adversaires rivalisent de technique, c'est soit l'endurance, soit ici la fulgurance qui l'emporte (vitesse de diagnostic, vitesse d'exécution, vitesse de correction et d'ajustement). Témoin, ce génie de la boxe (20 combats, 18 victoires) qu'est Eagle 'Akakura' Kyowa. Une équipe japonaise de scientifiques se penche sur son cas. Eagle, de son vrai nom Den Junlaphan, ancien champion WBC des Minimumweights (poids-pailles), est un alien de la vitesse. Ou du réflexe. Comprenez que ce Japonais d'origine thaïlandaise peut descendre en dessous du traitement normal (biologique) de l'information. Il agit plus rapidement qu'un humain normal, qui passe par le cerveau. Son secret ? Eagle passe (inconsciemment) par le cervelet [2]. Incroyable. Incroyable et, semble-t-il, inédit :




Fig. 2 - Documentaire scientifique
du Japonais Tetsuji Miyagawa



Waow.

Croyez-le si vous voulez, et j'en termine, c'est en se douchant qu'Eagle vous fait du mal. Non qu'il vous jette du shampooing dans les yeux. C'est juste que ses yeux à lui, sous la douche, il les travaille (Fig. 2 - 8'43'') : il s'exerce.

Une étude de ses combats, à la caméra de haute précision, montre certes qu'il enchaîne des contres comme un virtuose [3], mais surtout qu'il garde en permanence les yeux ouverts. C’est normalement impossible puisque, par réflexe de protection, les yeux humains se ferment quand un coup semble venir. (Faites-en l’expérience.) C’est bien par la volonté et la tenacité qu’Eagle tient ce regard de tour de contrôle, qui fait la différence : sous la douche il se force, sous la pluie du pommeau, à garder les yeux ouverts.

C’est ce qu’on appelle un secret d’excellence : simple et redoutable.

Eagle est un cogneur intelligent. Et les yeux, eh bé [4] il vous poche les vôtres.




Fig. 3 - Eagle fly freeeee
(désolé)


__

[1] Aah, la communication. Le psychiatre et psychanalyste français Boris Cyrulnik (je crois que c’est lui) rappelle que si un adulte dit à un petit garçon : Attention ! un loup rôde derrière la fenêtre, le marmot s'exclame qu'il va chercher un fusil pour le tuer. Quand vient le tour de la petite fille, elle dit : Un loup ? ah bon. Alors je sors et je vais discuter avec lui. [ Pause ] Tenez, au fait, une théma sur le loup.

[2] Le cervelet, c'est la banque du système nerveux. Qui emmagasine les informations et déclenche certains réflexes. On parle ici d'actions explosives et adaptées : Bam ! le cervelet coiffe au poteau... le cerveau.

[3] Eagle confie qu'il lui suffit, pendant le 1er round, d'assimiler en direct le mouvement des pieds (et le rythme) de son adversaire - annonciateur des coups - pour ensuite déployer (et pendant tout le match) les réflexes de contres inconsciemment. En pilotage automatique.

[4] Interjection méridionale. (Eh oui, pôvre.)

[ Le sous-titre, en gras, complète élegamment le titre de ce billet : ensemble, ils composent le nom d’un chanteur nord-américain | question bon goût, je vous préviens, j'aurais pu mettre en sous-titre Être contre, tout contre, façon Sacha Guitry (un humoriste que les Baby-boomers, ch'ais pas pourquoi, citent tout le temps) | We measured Eagle's reaction speed during a fight and found that he also reacts to incoming punches in less than 0.2 seconds (Reacting: brain and body miracle) | le contre, c'est - souvenez-vous - ce qui fait gagner le Manouche, ce boxeur clandestin que Brad Pitt incarne dans le fameux Snatch de Guy Ritchie (2000) – Attention, extrait à voir seulement (et pour le bien-être de l'histoire) si vous connaissez le film (dans ce cas, curseur plein pot sur 0' 48'') | en aimant aussi on s'expose, on ouvre les bras (revoir ça) ]


 Non merci !Thu 29 Jan 2009
2 comments
picture

[ < thémas Leadership & Motivation | catégorie Management | archivage automatique du billet sur Maslow et Laborit | billet interactif, naviguez par mots-clés et postez vos commentaires en cliquant sur le bandeau de son titre ]

Pour quoi faire, hein ? Pourquoi promouvoir quelqu'un ? (Je vous pose la question.)

Regardons.

Le contexte ? Une croissanterie, à Toulouse. Et deux collègues d'une entreprise de services, qui commandent un café. Ils discutent :

- C'est vrai, quoi. Tu me dis leader, machin, etc. Mais moi, je me sens pas leader, tu vois ? Je suis pas leader. Non, ça, c'est pas pour moi, je te dis.

- Mais si !

- Mais non, je te dis !

Eeeeh oui. Diriger, c'est un levier de motivation en soi. C'est spécial. Certains leaders en tirent la substance, le suc motivationnel, la valorisation. (En même temps que les responsabilités, l'exposition, le risque - ça va avec.)

D'autres restent froids : pour eux, maîtriser l'univers connu comporte un plus grand sens. Partir à l'aventure ? Un tue-l'amour. Qui plus est dans une entreprise qui hésite à féliciter ses managers (souvent, ignore comment les sécuriser, les conforter, les renforcer positivement, façon Manager-Minute). Tout ça... fait peur.

Trop d'incertitudes. Manque de soutiens, manque de clarté cognitive. C'est un cauchemar, c'est fear factor.

Chef, moi ? Non merci. Expert à la rigueur. Valorisé par les collègues, capable de travailler hors du champ du boss, très bien. M'avancer ? semblait dire l'employé. Que nenni.

La faute à l'expectation : l'employé hésite sur les gratifications personnelles à tirer de tout ça [1].

Il connaît, en outre, les féroces remontées de bretelles [2] : son boss à lui les redoute. Et stresse [3] toutes ses équipes avec ça.

Be seeing you.

__

[1] Relire Alain Fernandez, change manager convaincu (à raison) que ce qui rive ou bien motive un homme, c'est ce qu'il entrevoit des avancées (ou du recul) de sa carrière, de son salaire. J'ajoute à ça la catégorie sérénité (confort socio-émotionnel, pour les intimes). Cf. théma Paix ou Territoires.

[2] Pôvre discernement !

[3] Cf. analyse du psychothérapeute et coach Marc Traverson.

[ Motivation - Un peu plus loin avec Victor Vroom et Frederick Herzberg | démotiver | ce qui ressort du terrain, c'est que les entreprises françaises pensent motiver (mettre en mouvement) quasi exclusivement par la promotion et/ou le salaire - dans les faits, ça dépend juste des gens | intéressant Robert Wesley B (merci Marc) | monter en hiérarchie, pour certains profils, c'est anxiogène | témoin avisé, le P'tit D, à la motivation ce que le gaz sarin serait à la diplomatie ]  Read More


 Sweet emotion - 2e partieMon 18 Feb 2008
1 comment
picture

[ 1e partie | thémas Cerveau, Cognition, Sensibilité, Affects, Décision, Peur | catégorie Coaching | mots-clés, permalien, vos commentaires | 3e partie > ]


Je dédie ce billet à Anne


Banderas peut se rhabiller. Pour les rats de bibliothèque comme moi [1], il y a un Antonio - quoique moins beau - qui le surpasse. San Antonio ? À l'évidence [2]. Mais c'est d'Antonio Damasio que je veux aujourd'hui causer. Il est Américain, il est neurologue.

L'expérience scientifique, comme aime le rappeler Le Dictionnaire des sciences humaines, a tout d'une histoire humaine. Ouverte à la sensibilité, ouverte au hasard. Nous sommes à la fin du XXe siècle [3]. La vie privée d'Elliot, dit le dictionnaire, est un fiasco : divorce, remariage, nouveau divorce. A. Damasio aurait pu croiser Elliot sans y prêter beaucoup d'attention. Mais il fut au contraire très intrigué et analysa de très près son comportement pour en rechercher la cause par les méthodes de la neuropsychologie [4]. Il fit alors une hypothèse étonnante [aujourd'hui théorie validée, ndlr] : les émotions sont nécessaires pour prendre une décision adéquate. La raison et les connaissances ne suffisent pas. Voilà pourquoi Elliot, privé d'émotions depuis sa lésion cérébrale, se trompe si souvent. Un classique est né de ce travail (L'Erreur de Descartes, 1994), qui déboussole (et stimule) les valeurs occidentales de la modernité. Le génie de la modernité, René Descartes (1596-1650), en prend pour son grade [5] : loin d'être des perturbations des décisions rationnelles, les émotions - pour Damasio - co-construisent la décision, fût-elle rationnelle comme un plan d'Airbus A380.

Damasio va à l'encontre des idées reçues. Étendue de la remise en cause ? Importante. Le résultat : la réunion inattendue de deux instances, depuis des siècles fâchées. Par la culture occidentale. Je veux parler de la raison et du corps.

Reprenons. Pour se décider, il faut une représentation correcte de soi, du contexte, des autres. Ce qui, rappelle le neurologue, se pose sous le terme de conscience. Eh bien, cette conscience, elle emprunte à la cogitation et à l'émotion, à la raison et au corps (sensations nerveuses). Elle les réconcilie et les agrège.

Elle emprunte aux deux.

La conscience, sommet de l'organisation mentale en Occident, convoque bel et bien le corps. Cette « conscience-noyau » serait le fondement de soi. Elle reflèterait tout ce qui se passe dans l'organisme [système complexe]. Et de ce fait, elle n'existerait que parce qu'elle vient d'un organisme vivant, avec un corps et un cerveau capable de se représenter un corps.

Penser se fait avec le corps puisque le cerveau est un élément du corps, qui pense et qui éprouve, et qui fabrique une image de ce même corps (et d'ailleurs, le corps n'est qu'une image culturelle [6] - l'organisme, lui, est une notion médicale). Tout se répond : conscience et corps. Tout est dynamique et lié.

Logique. Logique et fécond : l'émotion (engagement du vécu, engagement de la subjectivité, engagement du corps) permet de se décider. L'émotion complète et renforce la raison, en ceci qu'elle co-forme une conscience. Un homme averti en vaut deux.

J'ai maintenant envie (je regarde ma montre) de vous parler de Robert Zuili, un coach français, auteur de Découvrez votre émotion dominante.

Partons pour ça dans la BD. Vous vous souvenez sûrement de Wildstorm, l'éditeur de Planetary, le comics. Je passe à une autre équipe de superhéros, The Authority. Et saisis le n°19 en VO (ou n°2 en VF chez Semic books) et, dans la foulée, vous campe le personnage du Docteur des années 1960 (autoproclamé génie criminel). Un affreux misanthrope, affligeant, drôle et cruel. Il est l'ancien shaman planétaire, le magicien absolu, doté des pouvoirs les plus fous, comme celui de remodeler la réalité. De faire converger ou diverger les lois qui régissent le monde. Torturé par le Midnighter, un autre joyeux idéaliste, il lui siffle : Pourquoi est-ce que les gens tuent, imbécile ? Parce qu'ils ont peur, se sentent menacés.




Fig. 1 - Les brutes en collants moulants de The Authority



La peur. Tout est là : l'émotion est une pulsion de vie, poussée d'évolution ou instrument de l'atteinte aux autres. Ce que Zuili nomme l'affect : ce qui éprouve et modifie le rapport au monde. Des autres. De soi. (C'est adjacent.)

Naturellement, avoir une place dans ce monde (une chaise) est un challenge. Life is tough, et pas seulement dans l'économie. Déjà, confirme l'indispensable Georges Romey, tout se passe dans le regard parental. Capter l'autre, quand on est petit, agréger sa confiance, conserver une prérogative : voilà qui participe de la survie. Pulsion écologique (et affective, même schéma).


Fig. 2 - Sweeeeet emo-ootion, Aerosmith !


De sorte que les affects, formant le Parasite de Don Miguel Ruiz, sont en trop. Ils dévastent. Ou plutôt, il faut les écouter, écouter leur origine [7]. Et capter ainsi le jaillissement de l'émotion. Jaillissement qui vient du besoin ou de l'envie de vivre (dixit le Docteur dans The Authority). Ou de la peur de mourir, ce qui est pareil.

Je suis tellement JOYEUX [en gras dans le texte] depuis que je n'ai plus PEUR de dire que ma COLÈRE cachait une profonde TRISTESSE, font dire à leur personnage - en début d'ouvrage - Zuili et le dessinateur François Baude.

C'est ça. La peur qui affecte [8]. Peur de perdre ses prérogatives (son territoire, sa zone de confort voire sa jouissance), peur de perdre sa dignité (injustice, colère dit Zuili). Son image de soi.

Me faire voir (et accepter et aimer) des autres. Et me faire aimer de moi.

Quel programme.

Ahla-la.

(Classe comme conclusion, n'est-il pas ?!?)
__

[1] Il y en a beaucoup. Notre maître à penser ? Umberto Eco, himself. Quand on lui demande s'il lit tous ces livres (un peu genre bibliothèque du Nom de la rose), il répond toujours non. Il manque de temps. Aimer les livres est une chose. Aimer les lire, encore une autre. En avoir le temps, quand on travaille, c'est une gageure. Certes Eco a-t-il de l'humour. Car il faut, dans son propos, se fixer sur le verbe lire. Lire ? À l'évidence, non. Mais consulter : mille fois oui. Les gens qui aiment les livres en ont généralement beaucoup. Et sans les lire, ils en consultent fréquemment plusieurs dizaines à la fois, comme un fil d'Ariane arborescent. Comme une toile d'araignée de questions-réponses, où le savoir et les points de vue sont fragmentés, multipolaires, forcément complémentaires (Qui opposerait Aristote à Charles Bukowski, Philip K. Dick à Ken Blanchard ?). Le fait humain ? En architecture naturelle, foisonnante et irradiante, souffle Tony Buzan. À l'instar d'une navigation Internet, bondissante, de nœud en nœud (mots-clés). Et s'il leur manque une information, les rats de bibliothèque adorent avoir la base de consultation sous la main : une tonne de livres. Parcourus en travers, sous forme de focus ou au hasard, les bouquins incitent à ce que je nomme le complexe alexandrin : l'illusion, douce et plaisante, d'un savoir à portée de la main, à portée du cœur. Façon bibliothèque (évidemment brûlée) d'Alexandrie. Babel montre toutefois que le savoir est évanescent, fragile et présomptueux. Par essence. Le zen et le taoïsme privilégient l'intensité au monde plutôt que sa cognition (traitement, jugement, distance, par opposition à la disponibilité d'emblée, courageuse et puissante). Et je crois que toutes ces écoles du dévoilement ont raison : l'intellect passera. L'âme (principes essentiels de rapport au monde), non. Celui qui chasse, dixit Alexandro Jodorowsky, n'a pas besoin de filet. Tout est live, tout est vécu. Vivre se fiche d'analyser (défaire des nœuds). Juste être sincère, concentré, fidèle à l'instant présent. Ça, finalement, c'est vivre. Vivre, c'est être là. Alors jaillit la confiante intuition, si créative : l'eccéité illumine et féconde le rapport au monde. Vivre devient possible. C'est un saisissement. Un saisissement permanent.

[2] Frédéric Dard, alias le commissaire Sana, est peut-être aussi créatif que François Rabelais (fin XVe-1653) ou Louis-Ferdinand Céline (1894-1961). Et puis quels ressorts inconscients, le mauvais goût assumé ! quelle santé ! quels voyages !

[3] Ce Dictionnaire des sciences humaines prend le parti d'introduire ses entrées par des exemples. C'est à la fois parlant, documenté, charnel (au sens de sensible, compréhensible). Le dico ? Il a du style, il est « écrit ».

[4] Approche systématique et rationnelle des représentations et des comportements humains, par l'étude des rôles et des interactions se jouant à partir et dans le sein du creuset nerveux : processus cérébraux (mentaux), système sensoriel, hormones, moelle épinière. Bref, toute la machinerie fine. Machinerie qui déploie le spectre fort nuancé du confort et de la souffrance de l'âme (de l'intériorité).

[5] Il faut être indulgent à l'égard de ce titan sensible. Descartes a perdu beaucoup de ses proches. Et son entreprise de rationaliser le Réel (l'insaisissable) est une formidable pulsion d'espoir et de vie. Pour autant, et dès son époque, Blaise Pascal (1623-1662) envisage déjà la raison comme un outil parmi d'autres (la sensibilité de son Feu de la saint-Clément est prégnante, cf. Pensées), et comme un outil limité (revoir l'esprit de géométrie de son Article premier). Mesurer aussi que la dernière démarche de la raison est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent consiste à dire que cette même raison n'est que faible si elle ne va jusqu'à connaître cela. Le mysticisme de Pascal emprunte aux racines du christianisme (et au-delà même, si on lit L'Ecclésiaste), ainsi qu'au scepticisme (ou plutôt discernement) quant à la nature humaine. Pour les chrétiens, la raison appartient à la galaxie des idoles (reflets illusoires, projections porteuses d'une fascination enfermante). Quant aux bouddhistes, ils envisagent la raison comme un phénomène mental parmi beaucoup (c'est même un sens, comprendre une sensation nerveuse, un filet à saisir, à figer illusoirement le Réel). Donc un motif de fascination, un attachement se tournant sur lui-même, une démarche productrice d'un voile. Productrice d'une perte de soi. L'inquiétude de veiller sur ses habits quand on se baigne (cf. Jodorowsky dans son commentaire de kôans, Le Doigt et la Lune) est normale : veiller au quotidien le plus prosaïque a du sens. Mais s'enflammer l'égo avec l'illusion de maîtrise est mortifère. Et gage de pleurs.

[6] Le corps est une catégorie sociale, religieuse, artistique et morale. Cf. notamment le travail de Jean-Yves Leloup sur la tri-unité et l'apport civilisationnel (éthique) qu'elle a semé dans les pays (ou plutôt les individualités) ouverts à l'Incarnation, à la rencontre corporelle de la Grâce et de la condition humaine. Voir aussi ce que le principe du Sel condense de vulgaire et de sacré dans l'hermétisme tardif (alchimie de la Renaissance - cf. Paracelse en Suisse ; ou déjà chez l'Arabe Geber au VIIIe s.). Pour l'hermétiste contemporain Hervé Delboy (érudit parmi les érudits), le principe Sel est une réunion... de Terre et de Feu. Vous imaginez le cocktail ?

[7] Écouter l'Ombre, dirait l'excellent Jean Monbourquette.

[8] Quand elle dépasse son rôle de simple protectrice de la vie (atteinte d'un paroxysme, puis bascule), la peur dévisse et se met à bloquer amour et foi (disposition confiante, ce qu'Eric Berne nomme ok/ok). Elle ferme lien organique et confiance, activité naturelle et ouverture au monde, relation et disposition et activité, amour et travail sain, dirait Sigmund Freud.

[ La Chaîne de valeur émotionnelle (CVE) de Zuili s'articule autour de la joie (épanchement naturel du sentiment de succès, de réussite dans un contexte plus ou moins tendu), de la peur (besoin d'éloigner, de contenir ou de traiter un danger, capable d'engendrer l'inconnu, et - partant - la fin possible de tout, c'est-à-dire la mort), de la colère (expression soudaine de la frustration, du sentiment d'injustice, de dévalorisation de l'image personnelle - tellement structurante, tellement rassurante), de la tristesse (mélancolie, expérience directe de la finitude, de la castration, de la dépossession des choses - deuil forcé du sentiment de visibilité, de maîtrise, de modelage du monde selon nos attentes) | engrenage, bien ou mal orienté, mettant en jeu des engagements nerveux, des sensations, voilà une traduction possible du processus naturel, mais aussi de l'outil - une fois actualisé - que devient, pour Zuili, la CVE | Damasio est neurologue ; pour se repérer dans les métiers de la relation d'aide, voir ceci | 1. la réhabilitation des émotions (intégration de l'Anima, dirait Romey), 2. l'analyse des freins, des résistances au changement (homéostasie), 3. l'identification des bénéfices secondaires : voilà, à mon sens, les trois grands défis du coaching | pour comprendre ce qu'est un bénéfice secondaire, il faut consulter l'excellent Marc Traverson ]  Read More


 Profils et Fon radio - 14e partieWed 13 Feb 2008
0 comments
picture

[< 13e partie | théma Profils | catégorie TIC | mots-clés, permalien, commentaires | 15e partie > ]

1. La qualité. Ah oui, c'est déterminant : un blog utile, agréable et typé, c'est la panacée. Et un blog vivant, c'est mieux encore. Je parle ici de quantités : nombre de commentaires, et donc d'échanges, nombre de connexions. Pour parler clair, nombre de billets à la semaine. Il est évident qu'un blog qui génère du mouvement, c'est un blog qui publie. Il faut pour ça des seuils. Et qu'en est-il de ceux d'Absara.com ? De grosses poussées de trafic ces dernières semaines, avec un plateau autour de 1 300 connexions quotidiennes (incluant visites de moteurs, excluant abonnements RSS). Et un léger tassement autour des 1 000. C'est normal.

Il faut que je vous raconte pourquoi. La faute, évidemment, au moindre rafraîchissement des billets.

Allez, l'histoire. Il y a une semaine, ma moitié et moi décidons de passer (enfin) en dégroupage total. Exit les 20 € de frais de ligne (marre). Un recommandé de résiliation part pour France Telecom (FT). Et alors là, cafouillage. Concertation à la va-vite, tutti quanti. Puis, un affreux doute m'étreint : je soupçonne FT de couper les vannes plus vite que Free ne les ouvre chez elle. Appel à l'ami Flemming, qui confirme. Puis à Jérôme. L'expert mobilité de Crème de violette 1.0 dit la même chose : FT va très vite. Et d'expérience, Free manque de gars qui reconnectent derrière. Free galère, Free dilate les délais.

Cauchemar.

Plus de Net, en attendant. Le délai ? Trois ou quatre semaines. Un appel au Maroc, sur la hotline de Free [1], et le frisson devient boule au ventre.

Je cavale dès le lendemain chez Laetitia, qui me dépanne avec sa connexion. Boulot bâclé, je grince des dents. Je perds du temps. L'imprimeur et puis Alain Azémar, le graphiste des cartons pour Crème de violette 7.0 (12 mars prochain), attendent - dans la chaîne graphique - mes validations. Avec un Net à zéro, c'est comme peindre en rose les ongles des éléphants de Plaisance-du-Touch.

Est-ce qu'un voisin peut me dépanner ? Denis dit oui tout de suite. Il compatit. Mais la clé-réseau de son wifi d'à-travers-le-mur plante aussi.

Arf.

Je suis chez moi, j'allume le PC et là - surprise. C'est ce matin. Je savais que l'opérateur Neuf proposait des spots wifi pour ses clients. Je n'en suis pas. Je farfouille alors dans les réseaux disponibles : trois lettres se dessinent en or. Je bénis FON. La communauté wifi, opérateur pour les nomades, à la carte, brille de mille feux. Un spot pulse à côté de chez moi. Hop, carte bleue, tout de suite. Les 15 minutes gratuites sont trop courtes, j'opte pour 24, non 120 h d'affilée. 5 jours pour 10 €.




Fig. 1 - Le blog de Fon, réseau de desserte wifi solidaire,
international et principalement urbain



Ouh. Le calme. Les mèls ? 27 en attente. Allez, j'my colle. Soulagé. Je peux même, si Vista veut bien faire l'amour avec le pilote Sony de mon camescope, vous montrer le film d'Absara café 7.0, tenu (si !) sur le Canal du Midi.

2. L'entreprenariat, maintenant. Deux de mes étudiants montent un très prometteur réseau social sur le Net. Je veux les aider. M'est avis même qu'Absara, réseau physique, peut leur donner une masse critique. 200 boîtes, ou moins s'il y a des volontaires précis, c'est intéressant pour eux. Les deux garçons sont ravis. Et moi, en tant que naturel preneur de risques, je me sens à ma place.

3. Scoop. Une participante à Crème de violette 2.0 (si !) se dévoile dans La Nouvelle Star dès jeudi 21 février sur M6 !

4. La Process Com (PCM) de Taibi Kahler (ami des Clinton). Oui. Un court manuel [2] de Jérôme Lefeuvre traverse avec brio la question des profils psychologiques et des peurs (ou des défis) qui vont avec [3]. L'exercice, en caractérologie, est un classique (familles de caractères et péchés, travers, vices correspondants). Façon PCM, la question s'articule autour d'un pivot existentiel, d'une problématique qui, par adaptations forcées [4], oblige à changer de phase. Il s'agit des épreuves (malentendus, stress, strokes mal ciblés), qui génèrent soit le repli soit le dépassement (évolution).

Je vous donne ça ici. Moi, ça me passionne :

| l'Empathique et la colère [ndlr - expression authentique d'un sentiment de dévalorisation],
| le Travaillomane et le chagrin lié à la perte [contrôle et rétention stériles],
| le Rebelle et la responsabilité [sens de l'engagement],
| le Persévérant et la peur [crainte d'un monde illisible, imprévu, aveugle, dévastateur et gratuit],
| le Rêveur et l'autonomie [prise de décisions],
| le Promoteur et le lien [solidarité, synergie, interdépendance façon Gandhi].

__


[1] De l'urticaire. Voilà ce que me donnent ces donneurs d'ordres frileux qui obligent les Maghrébins à s'appeler Paul ou Maria, c'est une négation des cultures et de l'identité des salariés. C'est de l'anti-management. Et l'éthique, on la donne à manger aux singes ?

[2] Pour débuter, Comment leur dire de Gérard Collignon est une bible simple et utile. Jérôme Lefeuvre, de son côté, est un consultant attachant, très généreux dans ce qu'il livre.

[3] Pour être précis, c'est le 24e point des éléments (c) 2006 de Taibi Kahler.

[4] Revoir la notion d'équilibre (branlant) dans les zones de confort, souvent temporaires, souvent annonciatrices d'un basculement dans un autre état.

[ Défis, évolution, ouverture au devenir, enjeux spirituels, même combat ? ]


 Tête en bas, une façon de conserver le NordMon 14 Jan 2008
0 comments

[ < Théma Changement | catégorie Organisation | permalien, mots-clés et commentaires ]

Back to the 90's. Souvenez-vous : en 1988 sort un bijou. Bijou discret, bijou profond, demandant ouverture et véritables efforts d'organisation. Mais levier puissant, c'est le bottom-up marketing (Al Ries et Jack Trout). Littéralement : contre-plongée, ou marketing inversé, ou marketing tête-en-bas. Ou cul par-dessus tête - vous voyez le topo.

Le succès ? Moyen. Les perspectives ? Riches, voyons ça.

Le marketing tête-en-bas, c'est, pour mettre une offre et sa demande en phase, intégrer en continu les remarques des commerciaux-terrain : les remarques d'en-bas, dirait un Raffarin en fin de repas. Sachant, et c'est bien naturel, que les commerciaux connaissent bien mieux que quiconque les attentes des cibles puisque c'est eux qui les pratiquent (les attentes et les cibles). De sorte qu'une circulation s'installe. Là où, avant, dominait un flux décisionnel fixe et descendant, convoquant la tête (headquarters) et puis ensuite les jambes (concrétisations-terrain), eh bien un changement s'opère. Une mise à plat circulatoire [1], où peut-être s'évapore le poids hiérarchique classique, mais où se renforcent et s'affinent les constituants.



Fig. 1 - Ouroboros, le principe d'une circulation qui donne à un ensemble
force et subtilité, performance et pénétration


Le cahier des charges ? Désormais, son ébauche a lieu sur le terrain à chaud, par ordinateur portable, dans la voiture ou sur une table de restaurant isolée. Le Quoi (ici Quoi faire) prend alors appui sur le décryptage live des réalités. Les quartiers généraux redeviennent « simples » stratèges (le Quoi de long terme, les tendances, les grands rapports de force) et les gens de marketing, « simples » organisateurs (un Comment de circonstance : un Comment de campagne). La stratégie reprend sa vocation de longue visée et de démarche politique (prendre et conserver le pouvoir pour imposer une patte). Le marketing se transforme en caisse de résonnance des ressentis-terrain : il trie, il priorise, il conclut tous les ajustements à fournir et génère les budgets pour ça. En clair, il passe son temps à donner sens aux remontées et - sitôt que tranchent la stratégie et la gestion-finance - à déployer les moyens idoines. Disponibilité de rigueur.

Révolution mentale, questionnement des territoires, tabous en chaîne. Voyons maintenant tout ça. Et parlons de peur (Qu'avons-nous à y gagner, sous-entendu à perdre de notre situation actuelle ?). C'est vrai : l'homéostasie enfle et bloque un tel changement. Les réactions de la tête affichent souvent des rationalisations : Les commerciaux que nous avons ne savent ni ne peuvent faire ça ou alors Changer nous ferait perdre du temps et la concurrence gagne du terrain tous les jours. Autre remarque, si fréquente : La norme ISO 9001 nous oblige déjà à faire ça (notez l'« oblige »).

C'est vrai.

Je veux juste vous présenter trois angles mentaux. Ils sont saillants et c'est le n° 281 d'Action commerciale (janvier) qui les décline dans son cahier pratique. Vous me direz ce qu'ils vous évoquent.

Au sujet de la synergie réelle entre équipes du marketing et de la vente :

L'information ne circule pas naturellement entre nos deux services, analyse avec justesse et modestie [ c'est moi qui l'ajoute ] Pascal de Nervo, directeur marketing chez Devoteam. Il faut encourager financièrement les vendeurs à partager leurs données, estime de son côté Xavier Gazay, consultant en relation-clientèle au sein du cabinet Accenture. Il faut, complète Édouard de Rémur, cofondateur et associé de la SSII Oodrive, encourager de tels échanges avec des moments de convivialité.

Tout est là. Décider que c'est faisable, ou s'en faire convaincre avec chiffres à l'appui (les consultants savent faire ça). Puis engager une démarche de changement, sur 12 à 18 mois (revoir Serge Moscovici et David Gleicher, ici). Et enfin valoriser, par le management motivationnel (portant, y compris sur le renforcement des statuts, sur l'orgueil bien légitime, et puis sur la sécurisation des positions des uns et des autres), bref valoriser toutes les actions allant dans le sens de l'amélioration (et donc perte d'un existant rassurant mais moyen). Je veux parler d'amélioration documentée, manifestée par un tableau de bord [2] clair et engageant. Tout ça ? Prenant et à la fois réjouissant.

Un vrai boulot (un vrai challenge).

Un vrai travail de motivation.

Excellente semaine à vous.
__

[1] Une boucle se constitue, englobant les recommandations du terrain (les remontées) pour venir féconder en permanence les modélisateurs de campagnes et de produits. En clair, les gens de la stratégie, du marketing et les bureaux d'étude (ou départements créatifs). Puis, redescente et applications-terrain. Et ainsi de suite. Renforts mutuels, synergie.

[2] Tout ce qui est mesuré s'améliore, rappele le consultant en performance humaine Hervé Gougeon.


[ Xavier Gazay, cité dans un cours de vente en ligne (.doc) | Flemming Funch, que vous connaissez bien, est un apôtre et pionnier du knowledge management (collecte, stockage, enrichissement, circulation-partage de l'information et du savoir) : depuis dix ou vingt ans, il conseille, adapte et conçoit les solutions participatives simples (donc coopératives), telles que plateformes ou logiciels de travail, wikis et blogs | À quand un bottom-up qui intègre tant les remontées-vendeurs que celles des partenaires, des fournisseurs, des clients ? C'est là le rêve de la qualité, je dis rêve car l'attribution d'une certification repose sur ce qui est constaté de manère formelle (les rouages), rarement sur la volonté managériale réelle et vécue et ressentie et appliquée, plus subtile, plus tabou (cf. résistances), plus induite | contribution sur la qualité (TQM) et les pulsions de vie d'un organisme | la chauve-souris, symbole romeyen de l'inversion du regard (et des valeurs usuelles), symbole de la plongée lucide en soi-même | l'organisation, c'est introduire le temps et la finalité (le client) dans un organisme vivant, que ce soit un individu ou un collectif, les deux étant pétris de pulsions d'évolution (envies de changer) et de besoins de permanence (homéostasie) - il faut donc s'appuyer sur leurs leviers motivationnels propres, et travailler la capacité de mise en mouvement et de commandement des dirigeants, pour pousser les individus et les équipes à travers des seuils de changement pré-définis, souples et rassurants ]


 Mojo d'entreprise - 2e partieFri 12 Oct 2007
0 comments
picture

[ < 1e partie ] [ Catégorie Organisation | mots-clés, permalien, commentaires ]

Ce qui est équilibré, c'est la mort : la mort est stable. À l'inverse, tout ce qui vit est mouvant, dynamique et transformatoire en puissance. C'est-à-dire porteur de champignons, de problèmes, de germes, de décalages et de contrariétés. Étant entendu que le problème est un fossé, une frustration entre les rêves d'épanouissement (appelons-les des objectifs) et les réalisations-terrain (mmh, sans appel). Un peu comme si la réalité faisait en permanence la nique au principe de plaisir. C'est comme ça. Que voulez-vous : c'est propre à la vie.

Reparlons du problème. Le problème est là, qui peut certes mener à la vraie mort si rien n'est fait (imaginons que tout explose, se corrompe ou perde son mojo, sa cohésion, sa raison d'être).

Le problème ? Il peut tout autant, et il faut voir ça, forcer un collectif à changer. Il est chargé de vie. Je veux dire que par essence, il incite un système à se transformer, par opposition au bidouillage d'une ou deux bricoles (cf. changement de degré 1 ou 2). Le bidouillage est tentant, presque naturel. En un sens, il est conservateur et rassurant. La métamorphose, elle, est exigeante et consommatrice d'énergie [*], c'est un processus quasi biologique.

Tout ça pour dire que la peur de changer se cheville aux corps. Témoin, cette conversation interne entre commerciaux. L'un d'entre eux fait un boulot superbe, fidélise et rassure ses clients. Qui, du coup, reviennent vers lui, de peur d'aller vers les autres, jugés plus rêches. Alors le collectif perd son équilibre, se décentre et dérive en direction du good salesman. Beaucoup l'envisagent comme une avarie : risque de... risquer quelque chose. Risque de perdre.

Ce que je dis moi, c'est qu'il est en déséquilibre, ce collectif. Bien sûr. Mais de ce déséquilibre stimulant et dynamique qui fait qu'on marche, appui instable après appui instable (l'enchaînement de ces instabilités, pour peu qu'on soit fluide et engagé, est équilibrant). Marcher, c'est évidemment risquer de tomber, mais c'est aussi jouir de vivre, être content de soi et rendre la course (la vraie) un jour possible. Voire même tout de suite, là : right now. Il faut y penser.



La lenteur fait tomber les anxieux,
pour les sagaces il y a... le roller


Quid de la conquête ? C'est, par définition, perdre la terre d'origine, le juste-avant. C'est aussi faire mieux (puisqu'on sort de soi-même, puisqu'on existe). Qui plus est, au contact ou dans la direction de celui qui nous fait vivre : le client, le bizarre, l'Autre.

Alors messieurs...
__

[*] Relire Henri Laborit. Ou mieux : Joël de Rosnay et son magnifique Macroscope, aussi indispensable à l'entreprise qu'une liasse fiscale.

[ Image (c) Placestosse @ Flickr.com | la peur de tomber, confirme Gilbert Durand, est un vieux schème, un vieil ensemble nerveux gravé dans nos têtes aux premiers âges de la vie, il est puissant (cf. héroïsme vertical et identitaire Vs mysticisme digestif et rentré en lui-même ou dynamique copulatoire, rythmée, mixte et circulatoire) | le mouvement mondial de la qualité, depuis 2000, insiste sur un lissage de tout en direction du client, celui pour qui les choses sont faites | dans le même registre - très parlant - la cale du PDCA (vidéo), une tentative de vérouiller les acquis (donc de rassurer une bonne fois pour toutes) mais aussi d'interdire le retour en arrière, donc d'autoriser la poussée d'évolution (cf. Romey) ]


 Mojo d'entreprise - 2e partieFri 12 Oct 2007
0 comments
picture

[ < 1e partie ] [ Catégorie Organisation | mots-clés, permalien, commentaires ]

Ce qui est équilibré, c'est la mort : la mort est stable. À l'inverse, tout ce qui vit est mouvant, dynamique et transformatoire en puissance. C'est-à-dire porteur de champignons, de problèmes, de germes, de décalages et de contrariétés. Étant entendu que le problème est un fossé, une frustration entre les rêves d'épanouissement (appelons-les des objectifs) et les réalisations-terrain (mmh, sans appel). Un peu comme si la réalité faisait en permanence la nique au principe de plaisir. C'est comme ça. Que voulez-vous : c'est propre à la vie.

Reparlons du problème. Le problème est là, qui peut certes mener à la vraie mort si rien n'est fait (imaginons que tout explose, se corrompe ou perde son mojo, sa cohésion, sa raison d'être).

Le problème ? Il peut tout autant, et il faut voir ça, forcer un collectif à changer. Il est chargé de vie. Je veux dire que par essence, il incite un système à se transformer, par opposition au bidouillage d'une ou deux bricoles (cf. changement de degré 1 ou 2). Le bidouillage est tentant, presque naturel. En un sens, il est conservateur et rassurant. La métamorphose, elle, est exigeante et consommatrice d'énergie [*], c'est un processus quasi biologique.

Tout ça pour dire que la peur de changer se cheville aux corps. Témoin, cette conversation interne entre commerciaux. L'un d'entre eux fait un boulot superbe, fidélise et rassure ses clients. Qui, du coup, reviennent vers lui, de peur d'aller vers les autres, jugés plus rêches. Alors le collectif perd son équilibre, se décentre et dérive en direction du good salesman. Beaucoup l'envisagent comme une avarie : risque de... risquer quelque chose. Risque de perdre.

Ce que je dis moi, c'est qu'il est en déséquilibre, ce collectif. Bien sûr. Mais de ce déséquilibre stimulant et dynamique qui fait qu'on marche, appui instable après appui instable (l'enchaînement de ces instabilités, pour peu qu'on soit fluide et engagé, est équilibrant). Marcher, c'est évidemment risquer de tomber, mais c'est aussi jouir de vivre, être content de soi et rendre la course (la vraie) un jour possible. Voire même tout de suite, là : right now. Il faut y penser.



La lenteur fait tomber les anxieux,
pour les sagaces il y a... le roller


Quid de la conquête ? C'est, par définition, perdre la terre d'origine, le juste-avant. C'est aussi faire mieux (puisqu'on sort de soi-même, puisqu'on existe). Qui plus est, au contact ou dans la direction de celui qui nous fait vivre : le client, le bizarre, l'Autre.

Alors messieurs...
__

[*] Relire Henri Laborit. Ou mieux : Joël de Rosnay et son magnifique Macroscope, aussi indispensable à l'entreprise qu'une liasse fiscale.

[ Image (c) Placestosse @ Flickr.com | la peur de tomber, confirme Gilbert Durand, est un vieux schème, un vieil ensemble nerveux gravé dans nos têtes aux premiers âges de la vie, il est puissant (cf. héroïsme vertical et identitaire Vs mysticisme digestif et rentré en lui-même ou dynamique copulatoire, rythmée, mixte et circulatoire) | le mouvement mondial de la qualité, depuis 2000, insiste sur un lissage de tout en direction du client, celui pour qui les choses sont faites | dans le même registre - très parlant - la cale du PDCA (vidéo), une tentative de vérouiller les acquis (donc de rassurer une bonne fois pour toutes) mais aussi d'interdire le retour en arrière, donc d'autoriser la poussée d'évolution (cf. Romey) ]


 Fear of the dark - 1e partieMon 2 Jul 2007
0 comments
picture

[ < Théma Peur | 2e partie >> ]

Cet article va parler de froussaille. J'ai deux amis francs-maçons. Et parmi les piliers de leur doctrine, ils envisagent certaines valeurs comme formant un triangle énergétique entre elles (quasiment une Gestalt). Ce qui nous amène indirectement au concept de la peur, vous allez voir. On reprend : il y a - par exemple - la peur et puis son opposé, la vaillance (ou la bravoure). Pour les aristotéliciens, les deux notions sont potentiellement des vices, comprenez des excès. Elles deviennent intéressantes dans la mesure où elles trouvent, dans le spectre qui les rejoint, une valeur d'équilibre, un réglage rationnel utilisable. Est vertueux celui qui est à la fois prudent et capable d'avancées. Ce qui nous conduit, comme prévu, au triangle. Pour les francs-maçons, et autres partisans de systèmes traditionnels, le troisième pied du tabouret est une entité à part, qui est beaucoup plus intéressant qu'un simple mélange, qu'un simple réglage intermédiaire entre les deux autres termes. Prenons la liberté. Puis l'égalité (oui les composantes de la devise républicaine française). Le seul point énergétique, la seule jambe solide qui permette à ces deux opposés de tenir d'aplomb et - surtout - de marcher ensemble, c'est la fraternité. C'est une clavicule.

Intelligent. Et puis très proche des percées fulgurantes du système des koân ou de la pensée latérale. Utile, en clair.

Ce qui nous permet de dire que la tension dialectique peur-vaillance trouve son échappée non dans un mélange, mais dans une troisième voie (c'est Traverson qui va être content). Une troisième voie très, très Jodorowsky [*], du type "discernement". Ou "lucidité". Ou "pragmatisme", ou "volonté". Sortir de la peur, ou du ch'uis-tout-puissant, c'est simplement discerner comment agir au mieux. C'est simple, c'est original : c'est concentré.



Fig. 1 - De quoi les Français ont-ils peur ?
(extrait des succulents
Contes de la crypte, que je me suis rachetés en DVD)



Revenons-en à cette histoire de peur. C'est Georges Romey, le psychothérapeute le plus intéressant depuis peut-être l'École de Palo Alto, qui explique que les deux courants dont dépendent les choses de la vie sont : le besoin de permanence, qui pousse tout organisme à sa conservation, et la pulsion d'évolution, qui assure son devenir. Hors d'un équilibre entre ces deux fonctions, rien ne peut exister dans l'harmonie ("Le Rêve éveillé libre").

À notre stade, on peut dire que la peur, c'est la survalorisation de l'acquis, du passé, de la solidité, de la permanence, par opposition au danger de trop évoluer trop vite, c'est-à-dire de régresser. Oui, c'est un fait. La peur est utile. Quand elle touche un système, par exemple un groupe de choses (atomes, cellules) ou de gens, elle se décline en homéostasie, en néguentropie ou en résistance (ou frein) au changement. Parlons aussi de conservatisme, voire de traditionnalisme (regardons vers ce - tellement coûteux - qui nous a construits et étouffons ce qui risque de nous faire changer de configuration, d'organisation, d'état énergétique entre nous).

Moui, c'est tout ça la peur. Mais, la peur, c'est surtout : 1. un manque de confiance en soi et aux autres (foi), et par là même manque d'amour (l'amour est un risque), 2. un frein au mieux (qui est très différent du "beaucoup plus", que l'on voit dans toutes les organisations peureuses ou bloquées).

La peur est un tue-l'amour et un empêche-évolution. Or, évoluer c'est tout simplement vivre. La peur, c'est la mort.

Ce qui me conduit à cet exemple, que je garde en ma besace depuis tout à l'heure. Je vous le livre, en guise de conclusion. L'est amusant. C'est Jean-Louis Boursin ("Les Maths pour les nuls") qui nous l'indique. C'est l'histoire du clavier Azerty, que les francophones utilisent tous les jours. Eh bien, le saviez-vous ? Cet arrangement de lettres provient, à l'origine, de l'intention de... ralentir votre frappe. Si ! Comme les marteaux des machines à écrire s'emmêlaient en permanence, l'idée, c'était de ralentir la valse des saisies. Donc l'efficience de votre travail. C'est incroyable. Incroyable, je veux dire, que nous l'ayons conservé, ce système de pas-bien.

Force de l'habitude ? Procrastination ? Bêtise ? Standardisation aveugle ?

Je vous laisse conclure.

__


[*] Voir la notion de symbiose, construction naturelle d'un troisième grand terme, hors des opposés. Ce terme émerge d'un rapport intense aux choses, ou d'un détachement (ce qui est la même chose, eu égard à la sortie que l'on provoque du circuit quotidien - donc lié à la perception du temps (impatience, ennui, etc.) - des frustrations-compensations).

[ Le Rêve éveillé libre, aperçu | l'équilibre est instable alors que la symbiose apporte une harmonie, une conciliation durable dans une nouvelle forme, voire une procréation, un nouvel arrangement - cf. changement de degré 2 | la différence, selon le généticien Albert Jacquard, entre reproduire une ou plusieurs choses et procréer (vidéo) ]


 Systémique... ta mère - 11e partieSat 9 Dec 2006
0 comments
picture

[ < Tire-bouchons - 10e partie | besoins Vs attentes | névrose de groupe | permanence et changement ] Systémique... ta mère [ 12e partie > ]

Harmonie

<< Les groupes de pensée se comportent à la manière d'un individu névrosé : ils nourrissent un complexe de l'enceinte. Dans ces lieux clos où ne pénètre que celui qui présente les signes de l'appartenance, on oeuvre au maintien, cet oppresseur des énergies créatrices. [...] Mon propos [...] est un acte de foi dans les deux courants dont dépendent les choses de la vie : le besoin de permanence, qui pousse tout organisme à sa conservation, et la pulsion d'évolution, qui assure son devenir. Hors d'un équilibre entre ces deux fonctions, rien ne peut exister dans l'harmonie. >>

Georges Romey, ancien consultant en organisation, psychothérapeute érudit, il est - avec Jean Monbourquette et Gilbert Durand - certainement le meilleur néo-jungien d'expression francophone, intellectuellement proche - par ailleurs - de Carl Rogers et de l'approche psychoneurologique d'Arthur Janov



[ Rendez absolument visite à Mickal | le changement, toute une théma | les territoires | Adrel, ressource officielle pour le courant thérapeutique de Georges Romey, le rêve éveillé libre ]


 Psychologie - 4e partieTue 10 Oct 2006
4 comments
picture

[ << Comportements de chasse - 3e partie | coaching | Erikson, Piaget, Wallon, Buhler, Husserl, Vaillant et tutti quanti ] Psychologie - 4e partie [ Pieds dans le tapis - suite >> ]

La vie est faite de caps, de montées en puissance, voire de cycles [1]. Bref, les choses changent. Tout le temps. C'est d'ailleurs l'une des certitudes [2] les plus universelles qui soient. Ou sinon, les choses se condensent dans un mauvais cycéon, elles font de bien vilains grumaux (relire Héraclite, philosophe du mouvement). Ce qui explique la stagnation, je pense, c'est la recherche en boucle de satisfactions 1, alors que la Nature nous a faits pour nous sortir de nous-mêmes (étymologiquement, exister) et nous projeter dans un minimum de satisfactions 2. Alors que dire ?

Ben, c'est Flemming Funch qui a une théorie sur le dégoût. Lors d'une séance de travail, je lui confiais que certains traits de personnalité me faisaient horreur, et tout le monde connaît ce sentiment de arf. Comme vous le savez, je pense, Flemming a longtemps travaillé comme psychothérapeute aux Etats-Unis [3]. Et il a bien roulé sa bosse. Il me disait notamment que l'horreur de certains comportements était une peur inconsciente de régresser, de rencontrer - cette fois-ci chez les autres - des comportements que nous avons plus ou moins bien passés, bref des traits du passé psychologique, de l'avant, de l'archaïque et du grossier. Sûr qu'il y a l'idée d'évolution là-dedans.

Sûr que la vie nous dégrossit. Et ce que nous rejetons, à l'instar de la bête (de l'Ombre) de Jean Monbourquette, c'est une version n-1... (ou n-x) de nous-mêmes.

Encore une fois, je crois que Flemming a raison... Et puis c'est la démonstration qu'il faut accepter en nous-mêmes les versions antérieures, hésitantes, en recherche. C'est une façon de mieux cohabiter avec (tous les) soi-même(s) et - du coup - d'accepter les défauts des autres. Et de mieux aimer son prochain, je rajoute.

Qui fait l'ange fait la bête, d'une part. D'autre part, il faut faire un sort à ce foutu perfectionnisme...

__

[1] Cf. notamment les logiques circulaires.

[2] Percy Bysshe Shelley disait : Seul le changement est durable.

[3] Il a même été traduit en... russe. Si ! J'ai vu les bouquins chez lui, c'est illisible.

[ Recherche d'excellence, pragmatisme, spontanéité et gentillesse sont - je pense - les remèdes au perfectionnisme | coaching | relire Le Baiser aux lépreux de François Mauriac, ainsi que les superbes travaux de René Girard | c'est Alexandro Jodorowsky qui parle du mépris des Blancs (j'ajoute des positivistes) à l'égard des cultures prétendument primitives - lire d'ailleurs le point de vue de David Nadeau-Bernatchez | le positivisme sous l'angle du philosophe des sciences Thomas Samuel Kuhn (1922-1996) | ah, ce vieux débat Apollon Vs Dyonisos - lire Nietzsche, ce qu'en dit l'Education nationale, ainsi que le sociologue Marcel Rioux | Kuhn, cétéki ? | Joel Peter Witkin, photographe catholique (à la Mauriac, quoique plus... libéral) des catégories humaines rejetées, mais acceptées par la lumière : 1. de son appareil photo, 2. de l'amour divin, par dessus tout ]  Read More


 Terra incognita - 1e partieFri 19 May 2006
1 comment

Terra incognita - 1e partie [ Atouts de l'intervenant | Druon fait sa mythologie - 2e partie >> ]

Prudent est le cerveau. Très. Qui s'appuie sur l'incertitude pour toujours prévoir un Peut-être, un Tu devrais faire ça. - Quelle est la chance pour que tu réussisses ? - Mmh, 70 %. - Que tu échoues ? - Compte 40 %, va. On ne sait jamais. Voilà grosso modo le principe sur lequel s'appuie notre esprit, de manière inconsciente, pour nous permettre d'enfler la réalité, de lui donner plus d'aspérités que ce qu'elle pourrait avoir de prime abord. La prudence fait toujours envisager une foule de choses. La logique floue, qu'utilise le cerveau, permet de construire un 'peut-être' et - de là - les actes qui devraient en découler : nous l'avons vu. Mais c'est de cartes que je compte vous parler aujourd'hui. De cartes et de monstres.



Fig. 1 - Monstre de carte, autour de 1600


Vous connaissez tous ces cartes anciennes, qui comprennent de nombreuses incertitudes, les explorateurs ne pouvant pas tout savoir. Quelqu'un d'astucieux aurait pu symboliser ces manques, ces blancs, par - pourquoi pas ? - un point d'interrogation. Ou par un commentaire de quelques lignes. Ou encore un dessin de pin up. Mais que pensez-vous que les cartographes aient fait ? Des monstres, messieurs-dames : des monstres. Eh oui, le manque, l'inconnu, le je-n'sais-pas s'est tradui par des monstres. Simple artifice ? Je ne crois pas. Au regard des connaissances actuelles sur le cerveau, ce procédé artistique semble emprunter à la logique floue. Je m'explique : l'esprit ignorant ce qu'il y a à cet endroit du globe, la démarche la plus instinctive consiste à symboliser l'absence de terre connue par... un monstre. Le signal devient : Hey, sois prudent. On ne sait jamais.

Y a-t-il un lien avec le management ? Bien sûr. Si l'on réalise à quel point le manager est un agent du changement. A quel point il anime des troupes pour réaliser une vue collective (de laquelle chaque individu - lui inclus - va tirer une jouissance ou un confort). A quel point il sort le collectif de sa torpeur [1], de son inertie, de sa peur du changement. C'est de cela qu'il s'agit : avancer en terre inconnue. (Souvenez-vous du monstre.) Certes les choses sont facilitées [2] sitôt que le groupe en a assez de stagner dans une situation d'échec, qu'un guide indique une échappée claire et rassurante et que l'expérience montre que les premiers pas sont probants. Oui. Pour autant, changer, c'est aller vers un monstre. Un inconnu, par définition non représentable. Ou mal représentable. Donc potentiellement dangereux, par défaut : un monstre. CQFD. Les cartographes, de l'Antiquité à la Renaissance, sont de formidables sémiologues. Mieux : ils nous aident à comprendre les ressorts de l'homme. Et donc à bien manager le fait humain, comme dirait le petit pragmatique [3] qui sommeille en chacun de nous.

[1] Le philosophe Michel Sora rappelle d'ailleurs qu'exister signifie sortir d'une potentialité. Sortir d'un préalable. C'est-à-dire agir. Sortir de la torpeur ? C'est ça exister.

[2] Cf. David Gleicher, génial économiste de New-York.

[3] Détestable ou utile ? Peut-être à l'école du Dialogue intérieur de trancher ça.

[ L'absence de signifiant produit un monstre, pour plagier Goya | ce que les psychanalystes confirment | de même que, bien avant eux, les Grecs, qui voyaient dans l'absence d'hospitalité (déni de l'autre, rejet des règles rassurantes, des rituels de bienveillance, de la zone de droit et de signification communes) une absence de signifiant... tout court | ah, le confort émotionnel, tout un challenge | parlons d'homéostasie (Kurt Lewin - dynamique de groupe) | et revenons-en aux cartes, allez - un très beau portail d'Atlas | la belle carte de Mercator, dans la British Library | Le Dessous des cartes | carte insolite de l'Europe, sur le site d'un passionné (Robert Ross) | cartographier les concepts | étonnantes sémacartes | bouclons ces corrélats par une autre forme de monstre, l'Ombre, boule d'énergie frustrée, qui pousse à agir - cf. Jean Monbourquette ]  Read More