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 Tendances et remèdesWed 9 Jul 2008
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Un effort continu. Peut-être faut-il parler de l'économie comme ça, comme d'une adaptation quotidienne, complexe, des hommes à leurs besoins. Dans un environnement vivant (ressources - limitées -, nécessité de les transformer, idée de répartition, mise à profit des biens, entretien du milieu d'émergence ou de production des denrées et des biens).

C'est sûr.

Peut-être faut-il encore aborder les flations, véritables jauges de ce qui se passe, de ce qui se produit quand tout l'ensemble chauffe. Ou se refroidit.

Vient alors l'idée de récession. Et c'est officiel.

Après les États-Unis, qui l'avoue du bout des lèvres, l'Europe occidentale le murmure : le pouvoir d'achat stagne ou se resserre. La demande patine. Et avec elle, les carnets de commande des entreprises. Donc les projections de production, donc l'emploi à terme, donc le pouvoir d'achat des familles (salariées ou non). Donc l'impôt, donc les moyens d'action publique. Et parallèlement, c'est l'épargne qui tousse (consommation future, retraite privée - pouvoir d'achat à venir). Avec elle, la consommation fait d'ores et déjà du sur-place.

Et pourquoi donc ?

Le pétrole - façon 2008 - est un brasier. Parlons en premier lieu de lui. Un brasier, c'est ça, qui enflamme avec lui les coûts de production, les coûts de logistique, l'ensemble des coûts intermédiaires. En trente années de crise, le monde s'est à peine sorti des chocs pétroliers des années 1970 - souvenez-vous. Bad news : le choc actuel est plus soudain, plus massif, plus englobant (touchant l'ensemble des pays - ajoutons à cela le tarissement des ressources agricoles disponibles, qui affame le Sud).

Que faire ?

Il y a aussi cette crise financière.

Tournons à présent nos regards vers le sommet. Je veux parler de la première puissance économique. Un hors-série dédié (juillet 2008) fait retranscrire au Monde 2 le propos lucide et direct de l'Américain Jeffrey Madrick. Il est directeur du Centre d'analyse des politiques économiques de l'université New School (Côte Est).

Ambiance de re-descente sur terre. Il y a un crash.

« Que le cataclysme ait commencé par la finance, analyse-t-il, n'est pas surprenant. [...] Tout le boom des acquisitions de biens, mais aussi de l'investissement, était fondé sur le crédit – et un crédit peu coûteux. Quand j'ai acheté un appartement à New York, se souvient Madrick, l'organisme prêteur ne m'a quasiment demandé aucun document justificatif ! Tant que l'on a pu continuer d'emprunter, le déni s'est poursuivi. Le jour où cela a pris fin, le système s'est effondré. [...] L'effet dominos s'est enclenché. [...] La crise a touché les particuliers [...] mais aussi les entreprises, qui fonctionnaient sur le même modèle d'endettement. Resserrement du crédit égale moins d'investissement, égale moins d'emploi [cf. principe de l'économiste et ex-chancelier allemand Helmut Schmidt, nda]. Quand on perd son emploi, aux États-Unis, on perd aussi, très souvent, son assurance pour l'appartement, sa pension, son assurance-santé », déplore l'économiste.

Un vrai film d'horreur.

Origine ? « Jusqu'en 2006, on a connu une phase longue de croissance importante, de profits records. La productivité augmentait. Normalement, cette dernière est le fondement de la croissance et de la hausse des revenus, explique l'économiste. Or là, le pouvoir d'achat moyen a stagné. Pour beaucoup, il a régressé. On n'avait jamais connu cela auparavant. [...] Du temps de - Bill - Clinton, l'économie a pu [...] bénéficier des dividendes de la paix, après la fin de la Guerre froide, et du boom technologique. Les marchés et l'immobilier ont commencé à beaucoup prospérer. [...] Mais Clinton a fondamentalement poursuivi la ligne de ses prédécesseurs, regrette Madrick : c'était une économie d'accès aux biens beaucoup plus que de croissance des revenus. » Priorité : lutter contre l'inflation, protéger les profits financiers.

La donne a changé. L'inflation désormais galope.

« Le travailleur moyen gagne moins [...] que son père il y a trente ans, reprend l'expert. Et ceux qui n'ont pas fait d'études supérieures, beaucoup moins. Parmi ceux qui sont sortis de l'université, seuls les détenteurs d'un diplôme élevé font beaucoup mieux que les autres ». Résultat : « La part des dettes personnelles est devenue énorme.

[...] Nous sommes, conclut Madrick, dans la pire situation économique depuis le début des années 1990. »

C'est dire.

Que faire ? Je re-pose la question, que j'adresse aux entreprises. Comment se développer ?

Crochet furtif par la quatrième ville de France, où je regarde beaucoup la télé. Dans un entretien au Club économique du grand Toulouse (TLT - site en panne), un observateur de l'immobilier déclare : « Actuellement, dans notre pays, le budget mensuel des ménages souffre - par rapport aux années passées - d'une baisse de 150 à 200 €. »

Atmosphère dépressionnaire. Alors, les entreprises, que faire ?



J'ai cinq éléments, en appui direct sur les démarches que donnent à voir certaines des structures que je connais. En période de repli, il y a grosso modo cinq stratégies :

1. Faire de la pointe - Une entreprise qui développe un savoir-faire ou un produit cinq étoiles (a fortiori unique en son genre), bref cette entreprise consolide son patrimoine immatériel, sa spécificité, son angle ou son diamant aigu, son potentiel de pénétration ;

2. Toucher des niches, par définition beaucoup plus « micro » et donc typiques et donc modélisables ou prévisibles (maîtrisables, en termes de domination, de vérouillage, de marges - cf. David Vs Goliath), bref plus tranquillisantes que ce grand marché en repli ;

3. Adopter une stratégie discount (politique d'optimisation des circuits de coûts, prix finaux très bas) - Cette politique répond aux nouveaux besoins des (grandissants) nouveaux modestes, qui - en outre - s'assument de plus en plus comme tels (cf. dîners en ville où fusent des propos sur les méfaits de l'inflation) ; attention toutefois : une image de marque, c'est sacré, or le discount est au glamour ce que le déodorant du marché de la gare est au Chanel Numéro cinq ;

5. Investir le luxe - Ah là : oui ; l'image de marque prévaut (attention toutefois au prix du ticket d'entrée sur le marché concerné), de plus la stratégie s'enfle d'un charisme durable et conquérant ; les marges sont souvent confortables et l'autre bonne nouvelle, c'est que le luxe (forcément différenciateur - sinon ce n'est pas du luxe), bref le sommet du panier se porte à merveille pendant les crises ; la frustration et la volonté de se démarquer du troupeau en peine sont de formidables ressorts ;

5. Développer son volet international - Ça permet premièrement de toucher les marchés (encore) émergents ; deuxièmement, de mettre ses œufs dans différents paniers, en émulation les uns avec les autres (il est toujours temps de tout transférer là où l'herbe est la plus verte - dynamique des vases communicants).

Je vous quitte ici : je révise mon hongrois.

Be seeing you!

[ Image (c) Tom Q @ Flickr.com ]  Read More