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Ah, les noms : de vraies marques. Un court séjour à l'Inpi vous fait voir à quel point les bonnes idées sont déjà prises. Compte tenu du bruissement informatif permanent (contamination positive, effet-dominos en continu, complexité), 2008 sera l'année du challenge. Trouver un nom, trouver sa marque, va relever de la gageure. Et c'est bien : exister, en environnement commercial, demande une originalité, un plus, et surtout un mieux. Exister, c'est se sortir de soi.
S'extravertir, quand beaucoup parlent, c'est nécessairement trouver un angle, un ton, un style. Quelque chose de typique (identifiable, comme le son du bébé manchot sur la banquise qui interpelle, parmi mille, sa mère et elle seule). Quelque chose de typique, ok, et un apport significatif aux clients : améliorer l'existant ou innover pour faciliter, au final, la vie de ses contemporains.
Fig. 1 - La mondialisation, un processus ancien -
Ici, la Route de la soie, remontant à l'Antiquité romaine,
lisez le passionnant blog du chercheur T. Matthew Ciolek
Pour comprendre cette logique, pluriséculaire, accrue par la modernité (exploration des terres, des idées, des statuts humains) et répandue via les moyens de connaissance et de conquête [1] actuels (avion, téléphone, voiture, architectures managériales et documentaires normées et accessibles à distance), il suffit juste de lever le Net et le nez. Il suffit aussi de relire Adam Smith et Mike Porter, le père - en dehors de Jean-Baptiste Colbert - de l'avantage concurrentiel.
Ok.
Les idées forment une noosphère qui nous baigne, autant que l'air [2]. Tout est dans l'air. C'est dans l'air du temps, c'est dans la peau, j't'ai dans la peau, l'air de rien, de pas y toucher.
Mouais.
J'ai grande considération pour l'excellent consultant-coach Patrick Tardivon, qui dit Vous pouvez prendre mes idées, j'en aurai d'autres. À l'instar de Flemming Funch, ce type a tout compris du XXIe siècle. Face à la vague, qui vous carotte des choses et qui grossit des courants émis par les uns et par les autres, il vaut mieux apprendre à surfer : produire et lacher prise. La propriété ? C'est has been. C'est d'ailleurs le principe du copyleft, qui contraint l'émetteur à la production par le haut, à la créativité permanente, au dépassement de soi.
Yes.
Mais ça m'ennuie toujours quand on prend sans signaler. Faites-vous plaisir, ok. Mais citez les sources. Quand on se sert, on dit merci.
Sinon c'est bouffrerie : la prochaine fois, je dégomme. Version massif.
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[1] Investigation, veille et benchmarking.
[2] Il faut saluer le formidable esprit de synthèse du philosophe Pierre Teilhard de Chardin, à l'origine du concept d'enjeu du Point Omega (noosphère).
[ Absara, fan de Silicon Sentier, par exemple, et de l'esprit OpenCoffee club - honneur aux pionniers | respect symbolique du droit d'aînesse, sinon c'est mètis à deux balles | bravo à ceux qui inventent - ce n'est pas la propriété qui est has been, c'est de s'approprier des mérites, sans les risques, et de faire son cake après | envisager, sans pour autant verser dans la mémétique, à quel point modèles et systèmes sont autonomes et nous échappent ] Read More
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Chose promise, chose due. Je vous confie mes 10 principes.
1. Manger avec ses interlocuteurs. C'est très archaïque : il y a presque un côté animal derrière ça. La bonne nouvelle, c'est que ça marche au-delà des espérances. A table, beaucoup de choses se disent, s'échangent et se partagent. Vous percevez mieux ce qui fait vibrer l'autre. Est-il fiable ? sincère ? investi ? franc ? chaleureux ? Quelles sont ses passions ? A-t-il vraiment fait toutes ces choses ou bluffe-t-il un coup sur deux ? Vous touchez là à la finalité privée : vous entrevoyez ce que l'autre a 'dans le ventre'. Faites l'expérience : invitez un futur collaborateur ou associé à déjeuner. Beaucoup de choses se décantent (pour vous) à l'issue du repas. Choisir les yeux grands ouverts passe ici par les avoir aussi gros (aussi réceptifs) que le ventre. A digérer.
2. Adaptez-vous aux VIP's locales. Ces very important persons ont dans leur bagage le savoir-faire local, les usages, les clefs d'entrée. De plus, elles ont la 'langue' qu'il faut : le juste ton, les mots forts, les prédicats du jargon industriel ou commercial. Très, très précieux.
3. Aiguisez vos atouts. Certains excellent là-dedans. Je pense au chanteur de rap américain 50 cent. Son enfance est digne de Cosette, en plus stupéfiant. Mais le gosse était intelligent. Et fin observateur des démarches à succès. Que pensez-vous qu'il arriva ? Cet artiste doué, élevé à l'école de la vie, fit de ses trois ou quatre atouts des leviers surpuissants. Dans une interview sur MTV, il déclara que son succès tenait 'seulement' à (tenez-vous bien) : 1. la musculature de son torse (si !), 2. le changement de direction artistique après chaque disque, pour étendre l'amplitude commerciale au maximum, 3. la délégation de la marque '50 cent' à toute une armée de professionnels du marketing qui la déclinent à toutes les sauces, 4. la sélection impartiale (en parfait blind test, sans les pochettes) des groupes que le chanteur produit, il applique là la bonne vieille règle de la qualité. Sélectionner un contenu. Ce gars-là est génial : son exemple est plus parlant, à mon sens, qu'un cours de stratégie à la Harvard Business School.
4. Encouragez les autres à vous voir 'en tant que'. C'est Kofi Yamgnane qu'il faut écouter : Les Français votent pour vous si et seulement s'ils vous imaginent... en tant qu'élu. Ils ont besoin de se représenter la fonction et vous dedans. Ils vous "voient" à ladite place : c'est à cette condition seule qu'ils vous donnent leurs voix. Sa vie, de galères puis de succès, vaut celle de 50 cent. En plus altruiste, peut-être.
5. Ecoutez beaucoup. Et mettez-vous au diapason de ce qui se dit, particulièrement dans le cas 2. Ca fait travailler la tolérance, l'écoute active et l'empathie. En cas d'embarras [*]... souriez. Franchement, honnêtement. Gentiment. La finesse est une vertu, appréciée à la tablée des rustres comme chez les grands. L'on peut être intègre et chaleureux. Adulte et réservé. Classe et calme. C'est de la courtoisie : un classique. Je vous donne mon avis - l'on vous pardonnera d'être ambitieux, jamais d'être mal élevé.
6. Faites des cadeaux ! Les Japonais en raffolent, les Européens se les montrent à l'envi. C'est important, ça fait plaisir et ça ancre un bon souvenir (exemple... un bon repas, cf. 1.).
7. Ah, très important : soyez aimable avec tout le monde. Rien de plus arrogant que de saluer les nantis et de snober les petits. Une fois encore, le mufle a une espérance de vie limitée. Ce qui est bien normal.
8. Le discours vaut, lui aussi, son pesant de gibier gras. Conseil d'ami : écartez tous les Honnêtement, Déontologiquement et autres éléments creux, pseudo-éthiques, résolument mous du genou. L'éthique, ça se vit. Et encore, du mieux que l'on peut.
9. Comblez les besoins. Vous constatez qu'il manque un petit quelque chose dans un contexte donné ? Allez-y franchement : la meilleure garantie de réussite, c'est là où on a besoin de vous. Coût énergétique du pionnier : 100. Coût d'amélioration de l'existant : 25. CQFD.
10. Pour finir, le conseil le plus important qui soit. Jamais, je dis bien jamais, ne succombez à la calomnie. Untel vous donne des ulcères et vous fait pousser des pustules ? laissez-le s'écrouler de lui-même. Passez à autre chose. Le monde est suffisamment riche et beau pour avoir à y faire des choses. La justice ? Bof, coûteuse et usante. L'aventure, elle, est gratuite. Et excitante.
Avisé, chaleureux, simple et cool. Comme le dit Yoda, cette bonne ligne de vie tu respecteras.
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[*] Il faut ici que je vous narre ce déjeuner d'affaires, tenu il y a quelque dix mois dans notre bonne Ville rose. Un interlocuteur, fort cultivé, développait habilement son point de vue, de manière rigoureuse et documentée. A ma tablée, un homme du terroir - très, très puissant - aspirait du pâté, du vin rouge et roulait ses yeux proéminents pour rythmer un quelconque mouvement intérieur, difficile à interpréter. Croyez-moi si vous voulez : cette notabilité rugueuse, quasi san-antonionesque, profita d'une rare pause dans la parlante de l'autre pour lancer - en direction dudit orateur - un massif Hé, il se touche l'autrrre ou quoi ? Gêne absolue, silence total. De mon côté, que fis-je ? Je souris. Sans plus. Aimablement. Puis - grâce au Ciel - un brouhaha touffu et rassurant revint tapisser nos existences pénibles, suite à ce sacrilège trempé dans le gros sang du boudin. L'honneur était sauf : je pus de nouveau vivre. Merci la maîtrise. Merci le sourire discret, classe et bien élevé : tiliiing ! Qué galère...
[ Image (c) Saveurs.sympatico.ca | Les carnets ? Ah, une belle histoire d'écrit, tenez : Un Cantique pour Leibowitz - Walter M. Miller | pour ce qui est des conseils sur l'entreprise, je vous recommande absolument ceci ]
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