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Exceptionnellement, ce billet, de même que les mots et expressions-clés qui - du seul fait de l'auteur - s'y rattachent, sont (c), merci
Dans les sciences humaines d'expression francophone [1], qui fait autorité comme Anne Ancelin Schützenberger ?
Son expertise ? J'en vois trois majeures : 1. dettes inconscientes (l'attachement aux ancêtres - charnels ou symboliques, en tout cas porteurs d'une justification de la vie et d'un système de références - bref, cet attachement favorise chez l'individu une culpabilité latente à l'idée de réussir des percées d'émancipation, d'où des pressions inconscientes d'autosabotage, pour « rester comme » ou, par exemple, « changer sans changer »), 2. tâches inachevées (attachement excessif à ce que la vie a pu interrompre, ressassement psychologique, comme pour terminer - digérer - les actions figées par le temps, cf. effet Zeigarnik), 3. somatisations symboliques (le corps devient traduction et caisse de résonnance de vérités, pourtant porteuses de sens, pourtant étouffées), bref des mal-à-dits façon Françoise Dolto.
Le cursus ? Cette quasi-nonagénaire pétrie de terrain est une des élèves de Jacob Levy Moreno, le père de la cartographie socioémotionnelle et du psychodrame (regardez), de Dolto bien sûr, et aussi de Ronald Lippit et Leon Festinger, assistants de recherche du grand Kurt Lewin, pilier de la psychologie moderne.
Mmh, la classe.
Elle incarne une référence mondiale en matière de dynamique de groupe [2], versant thérapie : c'est dire si elle a voix au chapitre.
Et que dit-elle du processus de décision personnelle ?
Elle dit bien sûr qu'il baigne dans un système individu-interactions groupales (représentations, influences réciproques). Elle dit, encore et surtout, que la décision personnelle relève de deux degrés d'implication. C'est dans ce livre.
Il y a tout d'abord la déclaration d'intention. C'est un peu l'incantation, le « je veux » scandé par la bouche, voire traduit par le corps (acte symbolique posé, par exemple : je veux faire du footing, je mets mes baskets devant la porte). C'est, vous l'avez compris, la pré-décision, telle que la définit Lewin.
Il y a son corrolaire profond : la décision. Celle-ci engage les actes en vrai, elle opère quelque chose. Allez je sors, je fais trente minutes de footing dans le jardin public devant chez moi. Vous mesurez toute la distance entre l'un et l'autre des degrés d'implication.
La décision découle de la prise de conscience peut-être (identification d'un problème, assurance qu'un de mes actes peut faire basculer la donne, sélection de cet acte, démarche volontaire de mise en mouvement). Elle provient encore et surtout d'une vraie dynamique de changement, souvent dépensière en énergie. Et puis aussi anxiogène (c'est instinctif). Nous sommes en plein changement 2. Il y a tout un monde entre comprendre et réaliser. Entre réaliser et faire.
La décision, alors ? Redoutée. Et puis l'inconnu, vous savez comme moi que...
Ben oui : agir c'est forcément passer à l'étape d'après. La vie est une enfilade de seuils.
Vivre est un risque... (Et c'est tellement bon !)
Ouaip.
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[1] Alexandro Jodorowsky, bien distinct d'Ancelin Schützenberger, forme lui aussi ce front protéïforme de réappropriation de la clinique humaine. Mouvance francophone certes, et beaucoup anglophone aussi. Regardons ça : clinique mêlant psychisme et corps (psychosomatique), communication et inconscient (anthropologie de Palo Alto), destin individuel et conditionnements groupaux, voire familiaux (psychosociologie, systémique et psychogénéalogie d'inspiration psychanalytique). Il y a là un feu épistémologique que le XXe siècle ambitieux a bien voulu alimenter, séchant sur pied l'ethnocentrisme et l'étroite idéologie du positivisme. Je veux rendre hommage à tout ce magma pénétrant, à tous ces transversaux ou spécialistes géniaux et féconds : Gaston Bachelard et Gilbert Durand, Françoise Dolto, Gregory Bateson, Paul Watzlawick et Ray Birdwhistell, Ludwig Wittgenstein (plus tôt), Alfred Korzybski, Edgar Morin ou Joël de Rosnay (actifs plus que jamais), Mircea Eliade (tellement plus intéressant que Lévy-Strauss et son affreux structuralisme), Alfred Withehead, et plus récemment Georges Devereux, Tobie Nathan et Isabelle Stenger. Je veux encore saluer Georges Romey, l'éternel étonné, l'acharné de travail, le découvreur de symboles. Et puis clore, catégorie borderline, avec Rupert Sheldrake et Jeremy Narby. Nous nageons en pleine post-modernité, finie la notion de progrès, ce carcan mental d'augmentation de tout et de son contraire. La relativisation des portées de la pensée rationnaliste occidentale (Antonio Damasio, dans une certaine mesure Edward de Bono), couplée d'un retour aux racines (parfois ténues) de la perception (bain sémiotique) voire de la fulgurance (intuition, présence à soi, intensité au monde et eccéité), font à présent du monde un vaste complexus marin, un tissage aquatique et multidimensionnel enthousiasmant. Jouissance permanente que tout ça.
[2] Beaucoup de consultants se servent de la dynamique de groupe avec plus ou moins de bonheur (c'est souvent très moyen). Leur angle : la performance d'un groupe professionnel. Bien souvent, bof.
[ Aider la personne à passer à l'acte, tout le doigté, toute la mise en tension et la facilitation du coaching | dettes inconscientes, l'histoire du clan Kennedy, par Bernard Gensane | Anne Ancelin Schützenberger, interview sur le site du Cairn | le destin, c'est ce contre quoi luttent, par exemple, la psychanalyse - et en philosophie, le marxisme (hum, hum), il y a là une volonté prométhéenne d'affranchissement (s'arracher de sa condition, est-ce vraiment devenir libre, uh ?) | ressasser (rejouer constamment le film), c'est vouloir accomplir par la tête ce que le corps a laissé de côté (pour autant, la tête est toujours plus aérienne, donc futile et usante, qu'un corps qui marque durablement la matière et le cours - même imaginaire - du monde) - c'est là toute la puissance de l'incarnation (voir danse, théâtre, katas d'arts martiaux, gestes de l'artisanat, pélerinages avec les jambes, actes psychomagiques, chant traditionnel choral (si physique - cf. conditions d'émergence de la quintina), performances, doctrine de l'Incarnation, etc.) | sur le risque - vivre, c'est mourir tous les jours puisque la réplication des cellules (multiplication, renouvellement cyclique) se fait à partir de copies, puis de copies de copies, etc. | mourir de vieillesse, c'est mal répliquer la version n-1 (celle juste avant la fatale) | se décider en logique floue ]
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Ah, les noms : de vraies marques. Un court séjour à l'Inpi vous fait voir à quel point les bonnes idées sont déjà prises. Compte tenu du bruissement informatif permanent (contamination positive, effet-dominos en continu, complexité), 2008 sera l'année du challenge. Trouver un nom, trouver sa marque, va relever de la gageure. Et c'est bien : exister, en environnement commercial, demande une originalité, un plus, et surtout un mieux. Exister, c'est se sortir de soi.
S'extravertir, quand beaucoup parlent, c'est nécessairement trouver un angle, un ton, un style. Quelque chose de typique (identifiable, comme le son du bébé manchot sur la banquise qui interpelle, parmi mille, sa mère et elle seule). Quelque chose de typique, ok, et un apport significatif aux clients : améliorer l'existant ou innover pour faciliter, au final, la vie de ses contemporains.
Fig. 1 - La mondialisation, un processus ancien -
Ici, la Route de la soie, remontant à l'Antiquité romaine,
lisez le passionnant blog du chercheur T. Matthew Ciolek
Pour comprendre cette logique, pluriséculaire, accrue par la modernité (exploration des terres, des idées, des statuts humains) et répandue via les moyens de connaissance et de conquête [1] actuels (avion, téléphone, voiture, architectures managériales et documentaires normées et accessibles à distance), il suffit juste de lever le Net et le nez. Il suffit aussi de relire Adam Smith et Mike Porter, le père - en dehors de Jean-Baptiste Colbert - de l'avantage concurrentiel.
Ok.
Les idées forment une noosphère qui nous baigne, autant que l'air [2]. Tout est dans l'air. C'est dans l'air du temps, c'est dans la peau, j't'ai dans la peau, l'air de rien, de pas y toucher.
Mouais.
J'ai grande considération pour l'excellent consultant-coach Patrick Tardivon, qui dit Vous pouvez prendre mes idées, j'en aurai d'autres. À l'instar de Flemming Funch, ce type a tout compris du XXIe siècle. Face à la vague, qui vous carotte des choses et qui grossit des courants émis par les uns et par les autres, il vaut mieux apprendre à surfer : produire et lacher prise. La propriété ? C'est has been. C'est d'ailleurs le principe du copyleft, qui contraint l'émetteur à la production par le haut, à la créativité permanente, au dépassement de soi.
Yes.
Mais ça m'ennuie toujours quand on prend sans signaler. Faites-vous plaisir, ok. Mais citez les sources. Quand on se sert, on dit merci.
Sinon c'est bouffrerie : la prochaine fois, je dégomme. Version massif.
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[1] Investigation, veille et benchmarking.
[2] Il faut saluer le formidable esprit de synthèse du philosophe Pierre Teilhard de Chardin, à l'origine du concept d'enjeu du Point Omega (noosphère).
[ Absara, fan de Silicon Sentier, par exemple, et de l'esprit OpenCoffee club - honneur aux pionniers | respect symbolique du droit d'aînesse, sinon c'est mètis à deux balles | bravo à ceux qui inventent - ce n'est pas la propriété qui est has been, c'est de s'approprier des mérites, sans les risques, et de faire son cake après | envisager, sans pour autant verser dans la mémétique, à quel point modèles et systèmes sont autonomes et nous échappent ] Read More
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