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 Dynamique de groupe - 11e partieThu 21 May 2009
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Réunir des opposés, vérifier la tolérance (ouverture joyeuse) qu'ils ont à travailler ensemble




Yves Enrègle, psychanalyste,
consultant en performance humaine et dynamique de groupe -
université d'été du groupe de gestion privée Financière de l'échiquier (2008)


 Besoins, une synthèseMon 9 Jun 2008
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[ < thémas Besoins et Psychologie | catégorie Coaching | archivage automatique du billet sur Crème de violette 7.0 (mars 2008) | interagissez avec ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]

En matière d'hommes, faut-il distinguer les besoins des attentes ? Bien sûr. Je le crois. Là où les attentes convoquent quelque chose de très personnel (le désir) et de caractérisé (entretien, sondage, enquête-qualité), les besoins eux se rattachent à quelque chose de naturel. De général. De brut (de sourd). D'anthropologique. Souhaiter manger un chou à la crème le mercredi à 13 h, à la sortie du bureau, c'est une chose. Avoir le besoin de se nourrir pour entretenir la vie est un besoin.

Abraham Maslow (1908-1970) fait pssshht. Quoiqu'intéressant (voire brillant), son modèle s'accomode à toutes les sauces barbecue, de manière stéréotypée, pré-digérée, abusive (Maslow aurait sûrement désavoué [*] la pyramide qu'on lui attribue).

Je propose qu'on donne la parole à René A. Spitz, à Jacques Salomé, à Taibi Kahler, à Jean Monbourquette et à Georges Romey. Les deux derniers prolongent admirablement Éric Berne et Carl G. Jung. Au final, un croisement de tous ces faisceaux se révèle fécond.

Plongée.

Pour le psychanalyste Spitz, le petit d'homme a besoin d'interactions avec son milieu humain. Sans quoi, on l'a vu mille fois, il dépérit. En renfort de quoi Berne précise que ces signes de reconnaissance - tellement vitaux - sont des contenus vécus comme des coups (métaphoriquement : règles, cadrages, confrontations au désir de l'Autre) ou des caresses (permissions, acceptations, félicitations). Et c'est une nécessité pour se sentir vivant. Pas forcément heureux (réglages oblige) mais vivant. La communication interpersonnelle est un maillage de ça, coulée permanente et complexe (réactive, mobile) de ces échanges, de ces strokes. Les strokes sont les aliments de base du ressenti de soi dans le monde, dans un environnement avant tout humain. Et si possible aimant (ferme et permissif, doté de répondant).

Avançons.

Pour Salomé, les besoins boivent à la source des strokes. À quoi il rajoute une composante philosophique (placement de soi dans une globalité intelligible) et écologique (confort et actes de garantie de la vie). Besoins, en conséquence, de se sentir en prise avec : une survie possible ; une protection, un respect, une interaction émanant des autres ; une distance aux autres, pleinement acceptée, porteuse de liberté et de style personnel (agir de son propre chef, déployer un ethos, une façon typique d'être au monde) ; un repli reconstituant ou un repos méditatif possibles (besoin de retrait, dirait Berne) ; une synthèse personnelle et une représentation cohérente et totalisante du monde (système explicatif ouvert, utile et apaisé).




Interview with Eva Ivanova -
(c) A. Novelli, amenove @ Flickr.com



Dès les années 1980, un des partisans de Berne, rapidement pressenti pour modéliser les comportements en milieu confiné-stressant (domaine aérospatial), bref Kahler détermine six grands besoins subjectifs. Champs concernés ? Psychologique, affectif, philosophique et moral, intellectuel. Beau modèle. Et complet. Les besoins : l'excitation (liée à l'action, au risque) ; les interactions fréquentes et les changements (prétextes à créativité) ; le calme et la connexion paisible à soi ; le sentiment d'être accepté en tant que personne ; ou en tant que contributeur direct à un travail ; ou en tant que personne-guide, engagée, valable pour ses opinions ou prises de position.

Romey, le psychothérapeute français le plus néo-jungien qui soit (mâtiné de l'érudition de Gilbert Durand quant aux figures récurrentes peuplant l'imaginaire, plus cette notion d'empreinte nerveuse qui découle d'Arthur Janov), en clair Romey estime que l'homme a besoin - au préalable - d'un regard parental positif (reconnaissance de l'existence et de la valeur de soi), nécessaire à l'autonomie. Il y a aussi ce besoin d'exercer sa volonté et son emprise personnelle sur les choses (Animus), en interaction avec cette vague instinctive, totalisante, ouverte et naturelle que constitue l'Anima, partie ronde et femelle de l'âme.

Intégration d'une confiance initiale ; exercice de la volonté de puissance ; de la réceptivité.

Romey va même plus loin. Quid des besoins de maintien et de dépassement de soi (pulsions) ? Ils dialoguent dans le creuset intime de la psyché, aboutissant par paliers à des formes de soi plus abouties, plus complètes, réconciliées avec le monde. Un mouvement pour consolider et conserver ce qui est bâti, un autre pour intégrer la différence, courir et réaliser des percées nouvelles. Le travail alchimique de ces deux ressorts (forces dialogiques dirait Edgar Morin) - en conflit énergétique ou en symbiose intime (cf. procréation) - c'est une façon d'accoucher de soi dans des versions augmentées. Évoluer, c'est à la fois maintenir et accueillir, dans une ronde harmonieuse et subtile. Très profonde. Voire coûteuse (notion de travail puissant, de negrido).

Monbourquette conclut avec brio (comme d'habitude). Le prêtre et psychanalyste estime, au regard de tout, que l'homme a besoin de se sentir comme une personne pleine et cohérente. C'est également, dit-il, être soi-même. Et aimer. Et se sentir aimé.

Je vous laisse le soin de conclure.

Excellente semaine à tous.
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[*] Maslow, en grande intelligence, a seulement listé les besoins humains. Quel bouffre les a hiérarchisés sous forme de pyramide ? N'importe quel garagiste ou cordonnier de centre ville sait que le cortex humain sait faire passer - en cas de choix ferme - les options morales avant la survie écologique. Cf., par ex., Jean Moulin (1899-1943) dans sa démarche de sacrifice.

[ L'attente a un ou plusieurs objets - Le désir, lui, tient son tonus de l'objet fuyant : est-elle vérouillée que sa cible s'enfuit déjà ]


 Le Métaprospecteur - 17e partieMon 18 Feb 2008
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[ < 16e partie | thémas De Bono, Profilage et Archétypes | catégorie Management | archivage automatique du billet sur la démarche bottom-up en organisation, en marketing, en management | mots-clés, permalien, ainsi que vos commentaires ]

Beaucoup. C'est la quantité d'angles par laquelle vous et moi pouvons aborder le travail du psychologue Edward de Bono. Mon préféré ? L'axe du Trickster (Maverick, lateral thinker), figure forte et mythologique, tellement présente dans le tréfonds des cultures, des groupes. Certes. Et puisque nous parlons mythologie [1], je veux vous dire à quel point le Chapeau bleu de Bono (le Métaprospecteur dirait Flemming Funch) me frappe. Je le trouve proche du maître de jeu, dans les jeux de rôle, et du narrateur détaché (Personnage principal), façon Melanie Anne Phillips et Chris Huntley, spécialistes de la fiction et des ressorts de la narration (cf. Dramatica Theory).

Le Chapeau bleu, m'expliquait Flemming en 2004, c'est quelqu'un qui plane au dessus des débats. En méthodologue, il suit la ligne de temps (planning), rappelle les enjeux et grosso modo le cahier des charges propre aux échanges. Il incarne la mémoire objective (les étapes, les seuils, les moments forts) de la vie du groupe.

Et parce qu'il est au dessus et même au delà (meta en grec) des défis immédiats, le Chapeau bleu inspire la distance, le sentiment de fiabilité, voire le respect.

Un autre nom, à mon avis, lui convient [2] : l'Ancien.

Oui.

Je repense au Panorama des profils. Vous serez d'accord, je présume, si j'y ajoute les apports de Phillips et Huntley.

Les voici :

[ Personnage principal (baromètre subjectif, référent déployant le fil narratif) | Protagoniste, Meneur de l'intrigue (élément moteur, sur qui et avec qui les événements surgissent) | Héros (rencontre des deux précédents, cumul des potentiels de narration et d'action) | Opposant (symétrique et adversaire du Protagoniste, comme un jumeau d'ombre) | Compère (assistant, ami) | Obstacle ou Individualiste ou Franc-tireur (élément moteur, parfois forte tête, perturbant - volontairement ou non - la progression du Protagoniste) | Rationnel (calme, sage et froid, parfois flanqué d'un boute-en-train pour faire des étincelles dans le récit) | Spontané (contrepartie du Rationnel) | Sceptique (critique) | Guide (maître) ]

Il existe une multitude de ces modèles, tous aussi passionnants les uns que les autres.

Be seeing you.
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[1] Étude des interactions entre personnages fondateurs - imaginaires, ou symboliques c'est-à-dire fixant des règles psychosociales - des civilisations et des cultures.

[2] Le grand Georges Romey actualise la figure de l'Ancien par la dynamique du Vieillard ou de l'Étoile. Deux formes pour parler de l'accomplissement de soi : lâcher-prise, réalisation des potentialités, intégration de l'ambivalence des choses, ouverture au monde et placement confiant d'une personnalité dans un futur incertain.

[ L'Amérique n'a pas Thor, la nouvelle effrayante - et fascinante - de David Brin, à l'origine de la BD D-Day, Le jour du désastre - Les Mangeurs de vie | D-Day, un travail sur les archétypes et le magnétisme qu'ils exercent (attrait numineux, d'après Carl Gustav Jung) | la France découvre, bien naïvement, l'usage - pourtant culturellement ancré - que font les hommes politiques anglosaxons du storytelling (art narratif, ici rhétorique) | Flemming Funch et le théoricien d'art dramatique Georges Polti ]  Read More


 Profils et Fon radio - 14e partieWed 13 Feb 2008
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[< 13e partie | théma Profils | catégorie TIC | mots-clés, permalien, commentaires | 15e partie > ]

1. La qualité. Ah oui, c'est déterminant : un blog utile, agréable et typé, c'est la panacée. Et un blog vivant, c'est mieux encore. Je parle ici de quantités : nombre de commentaires, et donc d'échanges, nombre de connexions. Pour parler clair, nombre de billets à la semaine. Il est évident qu'un blog qui génère du mouvement, c'est un blog qui publie. Il faut pour ça des seuils. Et qu'en est-il de ceux d'Absara.com ? De grosses poussées de trafic ces dernières semaines, avec un plateau autour de 1 300 connexions quotidiennes (incluant visites de moteurs, excluant abonnements RSS). Et un léger tassement autour des 1 000. C'est normal.

Il faut que je vous raconte pourquoi. La faute, évidemment, au moindre rafraîchissement des billets.

Allez, l'histoire. Il y a une semaine, ma moitié et moi décidons de passer (enfin) en dégroupage total. Exit les 20 € de frais de ligne (marre). Un recommandé de résiliation part pour France Telecom (FT). Et alors là, cafouillage. Concertation à la va-vite, tutti quanti. Puis, un affreux doute m'étreint : je soupçonne FT de couper les vannes plus vite que Free ne les ouvre chez elle. Appel à l'ami Flemming, qui confirme. Puis à Jérôme. L'expert mobilité de Crème de violette 1.0 dit la même chose : FT va très vite. Et d'expérience, Free manque de gars qui reconnectent derrière. Free galère, Free dilate les délais.

Cauchemar.

Plus de Net, en attendant. Le délai ? Trois ou quatre semaines. Un appel au Maroc, sur la hotline de Free [1], et le frisson devient boule au ventre.

Je cavale dès le lendemain chez Laetitia, qui me dépanne avec sa connexion. Boulot bâclé, je grince des dents. Je perds du temps. L'imprimeur et puis Alain Azémar, le graphiste des cartons pour Crème de violette 7.0 (12 mars prochain), attendent - dans la chaîne graphique - mes validations. Avec un Net à zéro, c'est comme peindre en rose les ongles des éléphants de Plaisance-du-Touch.

Est-ce qu'un voisin peut me dépanner ? Denis dit oui tout de suite. Il compatit. Mais la clé-réseau de son wifi d'à-travers-le-mur plante aussi.

Arf.

Je suis chez moi, j'allume le PC et là - surprise. C'est ce matin. Je savais que l'opérateur Neuf proposait des spots wifi pour ses clients. Je n'en suis pas. Je farfouille alors dans les réseaux disponibles : trois lettres se dessinent en or. Je bénis FON. La communauté wifi, opérateur pour les nomades, à la carte, brille de mille feux. Un spot pulse à côté de chez moi. Hop, carte bleue, tout de suite. Les 15 minutes gratuites sont trop courtes, j'opte pour 24, non 120 h d'affilée. 5 jours pour 10 €.




Fig. 1 - Le blog de Fon, réseau de desserte wifi solidaire,
international et principalement urbain



Ouh. Le calme. Les mèls ? 27 en attente. Allez, j'my colle. Soulagé. Je peux même, si Vista veut bien faire l'amour avec le pilote Sony de mon camescope, vous montrer le film d'Absara café 7.0, tenu (si !) sur le Canal du Midi.

2. L'entreprenariat, maintenant. Deux de mes étudiants montent un très prometteur réseau social sur le Net. Je veux les aider. M'est avis même qu'Absara, réseau physique, peut leur donner une masse critique. 200 boîtes, ou moins s'il y a des volontaires précis, c'est intéressant pour eux. Les deux garçons sont ravis. Et moi, en tant que naturel preneur de risques, je me sens à ma place.

3. Scoop. Une participante à Crème de violette 2.0 (si !) se dévoile dans La Nouvelle Star dès jeudi 21 février sur M6 !

4. La Process Com (PCM) de Taibi Kahler (ami des Clinton). Oui. Un court manuel [2] de Jérôme Lefeuvre traverse avec brio la question des profils psychologiques et des peurs (ou des défis) qui vont avec [3]. L'exercice, en caractérologie, est un classique (familles de caractères et péchés, travers, vices correspondants). Façon PCM, la question s'articule autour d'un pivot existentiel, d'une problématique qui, par adaptations forcées [4], oblige à changer de phase. Il s'agit des épreuves (malentendus, stress, strokes mal ciblés), qui génèrent soit le repli soit le dépassement (évolution).

Je vous donne ça ici. Moi, ça me passionne :

| l'Empathique et la colère [ndlr - expression authentique d'un sentiment de dévalorisation],
| le Travaillomane et le chagrin lié à la perte [contrôle et rétention stériles],
| le Rebelle et la responsabilité [sens de l'engagement],
| le Persévérant et la peur [crainte d'un monde illisible, imprévu, aveugle, dévastateur et gratuit],
| le Rêveur et l'autonomie [prise de décisions],
| le Promoteur et le lien [solidarité, synergie, interdépendance façon Gandhi].

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[1] De l'urticaire. Voilà ce que me donnent ces donneurs d'ordres frileux qui obligent les Maghrébins à s'appeler Paul ou Maria, c'est une négation des cultures et de l'identité des salariés. C'est de l'anti-management. Et l'éthique, on la donne à manger aux singes ?

[2] Pour débuter, Comment leur dire de Gérard Collignon est une bible simple et utile. Jérôme Lefeuvre, de son côté, est un consultant attachant, très généreux dans ce qu'il livre.

[3] Pour être précis, c'est le 24e point des éléments (c) 2006 de Taibi Kahler.

[4] Revoir la notion d'équilibre (branlant) dans les zones de confort, souvent temporaires, souvent annonciatrices d'un basculement dans un autre état.

[ Défis, évolution, ouverture au devenir, enjeux spirituels, même combat ? ]


 Les Six Chapeaux pensantsSat 9 Feb 2008
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[ < thémas lateral thinking, dynamique de groupe, profils, de Bono | catégorie Management | mots-clés, permalien, commentaires ]

Parlons de Bono. Non, ce n'est ni un bonobo ni le chanteur de U2 : Edward de Bono est un psychologue [*], mondialement connu pour ses casquettes. Vous savez ? Les Français, souvent, disent : J'enlève la casquette de comptable pour reprendre celle de père de famille. Le langage admet qu'on puisse passer d'un état mental (intellectuel ou émotionnel) à l'autre, d'une couleur à l'autre.

Les Six Thinking Hats sont un très bon outil. La casquette jaune est celle de l'optimiste. La noire ? Celle du critique un peu paranoïaque, la blanche celle de madame ou monsieur-chiffres (factuel, documenté, précis), la verte représente la pensée créative, gratuite et jaillisante, la rouge est un épanchement de ressentis, d'impressions, d'émotions personnelles politiquement correctes ou non, la bleue caractérise le/la méthodologue, qui indique calmement où on en est dans le et dans le Comment (caps, reste-à-faire). C'est l'ami Flemming Funch qui m'a parlé de cet intéressant modèle en 2003. Et je l'aime (le modèle et l'ami).

All right?

Ce modèle est puissant car il recoupe et dynamise les profilages pointus de Taibi Kahler (PCM), de Carl Jung (introversion, extraversion), de Georges Gurdjieff (Ennéagramme). Peut-être. Encore et surtout, il met en couleurs et en couvre-chefs (il fixe visuellement) des états que tout le monde connaît. Des états tout autant que des profils. Je peux avoir un tempérament de base, ok. La bonne nouvelle c'est que le modèle me permet, en groupe, de prendre une autre casquette - quelle qu'elle soit - et de faire des jeux de rôle intelligents. De changer d'optique. De faire circuler, de compléter la pensée. Ou le projet.

C'est là que je veux en venir. De Bono survolé, parlons de projet. Instinctivement, en entreprise, on a tendance à faire parler l'optimiste (généralement à l'origine d'une idée qui l'enthousiasme), puis on passe l'idée au crible du pragmatique, parfois condescendant, parfois respectueux. Souvent coupeur plus que chercheur du mieux possible.

Résultat ? L'idée perd en énergie. Si le management est correct (tout le monde se sent sûr de sa place), de même que le rapport à l'innovation, alors l'idée simple peut devenir service ou produit. L'abstrait peut devenir concret. Mais en plus faible.

Qu'est-ce à dire ? Bien sûr je me réjouis quand ça accouche. Et quand le ou les porteurs d'idée jouissent de voir le prototype ou le plan d'actions là, comme ça, en vrai. Evidemment. Pour autant, c'est rare. Et pourquoi, me direz-vous ? Mmh, management c'est sûr. Mais aussi méthode. Il vaut mieux, je crois, mettre un gars critique en amont de l'idée, le plus tôt possible. Et que Grincheux-Réaliste ait ce vrai rôle, qu'il puisse l'incarner dès la sortie du tuyau des méninges. Comme ça c'est fait (pendant ce temps, le porteur-amorce s'isole, ou alors vous le préservez, l'encouragez à passer au plan B). Un Chapeau blanc-factuel pur et dur (les chiffres, les spécifications, les chiffres, le terrain, les chiffres, seulement les chiffres) note alors comment entrer dans le réel. Puis, juste après, vous confiez la mise en enthousiasme de l'idée à sa maman ou son papa des débuts.

Là on peut bosser. L'énergie est toujours là. Le passage par les autres casquettes peut avoir lieu : le carburant motivationnel de départ jouit d'un potentiel quasi intact.

Les chapeaux ? Sûrement faut-il tous les passer (hop, hop) mais il y a un ordre à ça. Pour conserver la pêche.
__

[*] De Bono rime avec pensée créative et lateral thinking (pensée alternative, passant par d'autres - pour presque dire par toutes - les modalités mentales, les façons de voir le monde). Le saviez-vous ? De Bono est tout aussi pénétrant dans la résolution des conflits humains (ce qui sépare et déçoit). Ouais.

[ Mandrake, l'homme au(x) chapeau(x) magique(s) - J'ai le n°1 de le toute première édition française, côté 50 € je crois ]


 Profils - 16e partieThu 24 Jan 2008
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[ < 15e partie | théma Profils | catégorie Management | archivage automatique du billet sur les rêves, sur les profils, sur André Larané | mots-clés, permalien, commentaires | 17e partie > ]

Numéro un ou deux ? Allez, je reste dans la thématique biblique : je connais surtout Caïn et Abel (ici) pour s'intéresser à ça. Et s'inquiéter de savoir qui est un, de savoir qui est deux. Rajoutez à la rigueur Absalom... qui a mal fini.

René Girard est un bon guide pour comprendre à quel point mimétisme (cf. mimesis), jalousie, territoires, inquiétude et rang (place [1] et conquête), bref à quel point toutes ces modalités sont une seule et même chose. Et que c'est le ressort de bien des conduites.

Je me remémore aussi une conversation avec mon grand-père Marcel Bruel, tellement expérimenté quant à la dynamique de groupe. Il disait qu'un bon second charpentait et solidifiait les choses. C'est, en plus, un généraliste, un touche-à-tout, technique et émotionnel. De sorte que numéro deux, c'est bien. Autant que numéro un.

En outre, à l'en croire, l'orientation définitive d'un homme (accouchement intellectuel [2], moral et socioprofessionnel de lui-même) n'a de sens qu'au sein d'une équipe.

Oui.

Et le point commun que je retire de tout ça, du pionnier-défricheur et du concrétisateur-améliorant, c'est que les deux sont des créatifs (guide pour l'un et pragmatique pour l'autre). Et les deux sont des leaders, des gens proactifs, en proposition permanente de quelque chose.

En ferme capacité.
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[1] Tout cela diffère de la saine ambition : envie de faire des choses, de se sortir de soi (exister). C'est-à-dire de s'extravertir. Le blog d'Emmanuel Ferraguti a malheureusement disparu, mais son bref commentaire de l'entreprise (au sens de mettre et de conserver la main sur quelque chose) est superbe de réalisme. Comme d'hab'.

[2] Un homme est un être engagé. Ce qu'il fait de sa tête, de ses tripes, de son coeur, de ses jambes et de ses mains est un seul et même accomplissement de lui-même. Qu'est-ce que j'aimerais trouver des gens qui pensent ça, eux aussi !

[ Sur le rôle du guide, revoir Yves Enrègle et William Torbert | je connais bien cette distinction entre numéro un et numéros deux, entre leader (visionnaire ou stratège) et manager-animateur de troupes, mais j'y souscris peu : les réalités sont plus mélangées que ça, de sorte qu'un chef, un motivateur, un visionnaire, un boss, bref tous ces aspects-là sont des qualités (clarté cognitive, garantie d'équité, capacités socio-émotionnelles d'entraînement - regardez), des modalités qui sont aussitôt traduites et ressenties par la base (ou les ailes) comme des stimulations ou non, comme du pouvoir ou pas, comme du danger ou de l'opportunité, c'est à peu près tout (et tellement d'ailleurs) de ce qu'il faut en savoir ]  Read More


 Tout ce que vous avez toujours voulu savoir...Tue 8 Jan 2008
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[ < Thémas Profilage et Motivation | archivage automatique du billet sur la notion de définitive orientation d'après Marcel Bruel ] AddThis Social Bookmark Button [ Catégorie Méthodologie | permalien, mots-clés et commentaires ]

... sur mes outils de caractérisation de profils motivationnels,

sans oser me le demander.

Eh bien c'est ici depuis janvier.

(Chanceux !)

Be seeing you.


 Profils - 15e partieSat 8 Dec 2007
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[ < 14e partie | théma Profils | archivage automatique de la contribution sur l'histoire du speed consulting ] AddThis Social Bookmark Button [ Catégorie Management-Sc. humaines | permalien, mots-clés et commentaires | 15e partie > ]

C'est agréable. C'est agréable de conserver l'inertie de semaine, je veux parler du lever-tôt, pour se reveiller le week-end comme une fleur. Humeur bonne, sourires familiaux, temps devant soi.

Que dire ? Quelques mots sur le sommeil : j'aimerais voir des blogs parler de rêves. Après tout c'est la voie royale, quite à lire quelqu'un (je veux parler d'une vraie personne), autant le faire en vrai.

Beaucoup de blogueurs se servent de leur support pour faire des revues de presse, dévoiler des scoops sectoriels (sortie de tel appareil), parler de leurs réussites professionnelles, montrer leur compétence dans un domaine (CV ou plaquette), raconter l'éclosion de leur boîte ou aborder une passion et échanger avec d'autres aficionados, dans un cercle précis.

Très peu, à mon sens, innovent quant à la langue (sauf Joël Ronez). Très peu dévoilent un contenu personnel, identitaire, ouvert (sauf Flemming Funch). J'en vois moins encore faire des travaux de recherche à ciel ouvert (à part Dave Pollard). Limitation des risques oblige, notamment en matière de carrière ou de relation-clientèle.

Je le comprends.

Certes, les blogs intimistes ferment-ils plus qu'ils n'ouvrent : les dimensions intérieures appellent souvent une confidentialité étroite. De sorte que ça fait oui tout de suite ou alors non ; vraiment. C'est vrai.

Mais un rêve de temps en temps ; je plaide pour une connexion directe au ressenti des gens : quelque chose de drôle, de saugrenu, de stimulant, touchant, créatif. De personnel. Comme un ADN, comme un brin de personnalité qui peut féconder l'imagination du lecteur. Ou lui parler en direct, comme une connexion live.

En clair, j'aimerais voir des Qui suis-je ? en portrait chinois, peints de l'intérieur. Vous savez ? Il y a ces techniques de dessin qui commencent par une ligne, un contour, et puis remplissent ensuite la forme, en plongeant vers le dedans. Et puis il y a cette école qui fait l'inverse : on remplit un centre, qui se répand dans un intérieur pour venir ensuite border un contour, une butée imaginaire. J'aime mieux ça : c'est plus réaliste.

Oui.

Mon rêve de juste-avant-le-réveil, c'était dans une grande pièce de lycée, fraîchement repeinte. Une gigantesque antichambre : plafonds hauts, vide, quelques copains. (Le lycée, c'est - pour moi - l'endroit et la période des grands enjeux, des grands appuis affectifs.) Dans cette grande pièce, je me dis que c'est le moment de déballer ce qui m'a toujours pesé. Je suis avec des amis. L'écho de la pièce, et son emplacement dans ce centre nerveux de mon adolescence, en font le lieu pour crier. Chose que je fais (je me souviens encore de la mélodie), me vient ce que je ressens comme des drivers ou plutôt des programmes liés au Parasite, façon Don Miguel Ruiz. Des choses qui conditionnent la vie, la civilisent peut-être, mais la limitent aussi. Vous savez ? Bref, je hurle avec l'écho, ça s'amplifie. Et ce qui vient ce sont des ordres : des fais ça-empêche-toi de, et tutti quanti.

C'est la première fois que ces programmes-là me viennent, se nomment, passent par ma bouche et font sens à ce point : j'ai tout noté dans un carnet.

Vous connaissez ça ?

Je passe de Charybde en Scylla (ou vais du psychisme au Net) et vous présente maintenant André Larané. (Nous allons parler de profils psychologiques.) Ce journaliste freelance est aussi l'éditeur du gigantesque portail historique Herodote.net [1], le plus consulté de France. L'homme a tout juste sorti (2006) une Chronologie universelle, quelque chose de vif pour comprendre les fils directeurs, les articulations, les seuils de bascule (cf. complexité) et les grandes passions humaines. C'est là que je veux en venir.

Le trait, forcément rapide, est particulièrement fin : les passions sont un moteur [2]. À tel point même qu'elles dessinent des profils précis : profils de peuples, profils de catégories, profils d'influenceurs (ça, c'est moi qui le rajoute).

Je vous les cite : amour, dépassement de soi, création, curiosité, soif de dignité ou de reconnaissance, appétit de pouvoir, etc.

C'est tellement vrai que j'ajoute la contribution de Larané dans le Panorama des profils. Les passions font émerger des tempéraments, des profils, qui forment des comportements, qui se frottent à d'autres : des modèles avec caps sont possibles.

Excellent week-end.

__


Ce que crier veut dire - ici, Mike Patton :

[1] Voyez-y notamment le parallèle entre le président de la République actuel et Valéry Giscard-d'Estaing, ou encore le commentaire sur Les Très Riches Heures du duc de Berry (voir aussi le diaporama en Flash).

[2] En matière de profilage psychosociologique, une observation minutieuse fait de grandes choses. Les médecins-philosophes de l'Antiquité connaissaient ça, de même que les écrivans de tout temps. Revoir Jean de La Bruyère, fin XVIIe, ou - par exemple - Hubert Selby, mort en 2004.

[ Entendu il y a quelques mois sur France culture (Alain Finkelkraut) : Les spécialistes du monde contemporain feraient bien de faire un peu moins de sociologie et un peu plus d'Histoire ]


 Profils - 14e partieWed 3 Oct 2007
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[ < 13e partie ] [ Catégorie Management-Sc. humaines | mots-clés, permalien, commentaires | 15e partie > ]


Exceptionnellement cet article est (c) - Merci


Alors qu'entre en archives la contribution sur les différences au travail entre générations baby-boom, X et Y, je vous propose de vous replonger dans cette histoire de profils : il y a un panorama des typologies humaines, vous vous souvenez ?

Certes, pour délivrer un sens, la complexité humaine demande bien plus (surtout, bien mieux) que des grilles de profilage. C'est en partie ce qu'illustre le proverbe zen « Quiconque chasse n'a pas besoin de filets ». Être en phase étroite avec les choses et les gens, être « en direct » rend caduque et terne toute idée préconçue, tout théorème.

C'est vrai.

Pour autant, définir et utiliser des typologies comporte un intérêt : celui de scénariser les convergences entre personnes [1], parallèlement aux clashes prévisibles. Envisager ça, à plus ou moins vingt pourcents, c'est précieux. Peu de dirigeants le font alors que le même raisonnement trouve pleine faveur eu égard aux machines ou aux processus [2]. Je le répète : une activité économique est une histoire de séduction, d'affinités, de confiance, de rapports de force et de territoires, d'attribution des fortunes et des revers. Le fait humain, éminemment dynamique, détermine tout. Ou presque.

Je vous emmène aujourd'hui aux Pays-Bas [3], à Breda. Le cabinet Talent8-Online Talent Manager nous y présente son Octogramme (octo : huit ; gramme : dessin). Il s'agit d'une toile d'araignée à huit côtés. Je vous la décris par étapes.

1. Robert E. Quinn et John Rohrbaugh (1983), certainement influencés par Carl Jung [4], déterminent deux axes par paires, dessinant quatre quadrants :



2. Quinn finit par les expliciter : Flexibilité et Centration interne (internalité) concernent le vivre-ensemble ainsi que sa vie propre et ses règles [5] ; Flexibilité et Facteur externe renvoient à l'innovation, à l'extraversion et à la création de richesses communes ; Contrôle et internalité fondent la hiérarchie, la structuration et les forces de maintien (homéostasie, conservation) ; Contrôle et externalité font bon ménage quant au pragmatisme, à l'efficience [6], au management par objectifs.

C'est là :



3. En 1988, Quinn subdivise le modèle (Beyond Rational Management). Que dire ? Pour lui, le manager se doit d'embrasser chacune des nouvelles facettes possibles : le Facilitateur favorise le travail en équipe, donne de la cohésion à l'ensemble et régule les frictions internes [7], le Mentor est disponible, chaleureux, profond, ouvert, il comprend les gens et leur fait du bien, l'Innovateur est dynamique et porteur de changement, il sait repérer ce qui amène de la nouveauté, du dépassement, du lateral thinking, le Promoteur (littérallement sponsor) est astucieux, persuasif, vendeur, c'est une personne de pouvoir, de poids, de représentation, particulièrement à l'extérieur, l'Homme de production est technique, focalisé(e) sur les objectifs, les résultats, le travail effectué au fil du temps, le Directeur est celui qui définit le qui-fait-quoi et encourage les passages de cap, les Coordinateur et Moniteur - enfin - font la logistique, l'administration, le suivi des processus, la conformation.



4. En 1999, les consultants André Tjoa et Bert Goos condensent le modèle autour de ce qu'ils estiment [8] être ses traits saillants.

Faisons une pause.

Et reprenons :

Les Pionniers portent en eux la créativité (et ils en ont besoin), les ferments du renouvellement, les intuitions, l'innovation. Les Hommes de réseau créent en permanence des contacts et les animent, ils aiment convaincre, persuader, vendre. Les Accomplisseurs recherchent le résultat et la reconnaissance personnelle à travers notamment le marché visé, le client à satisfaire. Ils ont un côté persévérant, impliqué, dévoué. Les Stratèges ? Ils fabriquent une vision à long terme, avec les étapes et les objectifs correspondants. Ils modélisent la route à prendre, quitte à déléguer, à distribuer le travail. Les Fixateurs adorent structurer, trier, donner du sens, de l'assise et de la logique interne aux systèmes. Ils sont capables d'aller dans l'analyse et le détail. Les Analystes, maintenant. Leur tempérament les conduit à résoudre les problèmes, à proposer les percées possibles. Ils sont rationnels, factuels. Les Animateurs (ou membres) de l'équipe se soucient du confort socio-émotionnel, de l'ambiance, de l'harmonie groupale. Ils cherchent à aplanir les choses, à apaiser les conflits. Il y a, pour terminer, les Aides, qui prennent le temps nécessaire pour réconforter, comprendre et encourager les individus.

Résumé optique :



Intéressant. Je me dis simplement que Georges Romey, ancien consultant en ressources humaines et en organisation (et père du Rêve éveillé libre) a bien senti les choses. Tellement bien que sa pratique du fait humain, et depuis des décennies, intègre un axe Capacités de structuration-Mouvements de la sensibilité, croisé avec celui du Besoin de maintien des choses-Nécessaire pulsion d'évolution. Tout était là, déjà, en substance.

Preuve que tous sont d'accord. (N'est-ce pas ?) Ou que tout se recycle. C'est selon.

Anyway... Votre panorama intègre désormais le travail d'André Tjoa et Bert Goos - Excellent week-end !

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[1] Aller ensemble dans une même direction, c'est faciliter les échanges et enrichissements énergétiques mutuels, c'est tresser une corde à plusieurs brins. C'est faciliter la synergie, cet épanchement collectif qui fait accéder à un degré supérieur de conscience ou de pratique. Cf. métamorphose, changement de degré 2. Voir aussi tout ce qui a trait à la dynamique de groupe (Kurt Lewin, Taibi Kahler) et à la cartographie - Jacob Levy Moreno - des échanges dynamiques : qui fait quoi et quand. Et sur quoi ça débouche. C'est le sociogramme, à mes yeux inégalé. Ah, et pour savoir comment naissent, vivent et meurent les systèmes, voyez l'inclassable et vivifiant Maximilian Sandor.

[2] Un processus, c'est un moment donné de l'activité (il y en a de très généraux : expédier une lettre ; et de très précis : coller un timbre de valeur A pour un poids de colis A'). C'est comme un segment plus ou mois récurrent, comportant un début, un milieu et une fin. Idéalement ce processus tombe sous la coupe d'un pilote, un humain qui en est responsable (Antoine colle le timbre). Que dire ? Si on pousse le bouchon plus loin, le processus prolonge une réflexion 3QO2CP : on sait exactement qui y fait quoi, comment, combien et parfois pourquoi. En conclusion : le processus est un qui-fait-quoi,-etc., avec son responsable, capable de le décrire et de veiller à sa bonne marche (il est son spécialiste, son pilote), tout ça dans un timing précis et une fréquence scénaristique donnée. Les processus s'enchaînent comme des perles sur un collier. En amont, plusieurs processus (activités logiques) peuvent engendrer un seul ou plusieurs processus-aval. C'est une arborescence, qui se lit de gauche à droite, telle une frise.

[3] Décidément !

[4] Bien sûr : orientations interne et externe rappellent l'introversion et l'extraversion. Flexibilité et Contrôle sont des redites d'Anima et Animus. On ne compte plus le nombre de psychologues qui ont recyclé des idées du maître suisse pour tirer gros gain de ses intuitions géniales.

[5] Cette identification du vivre-ensemble, du socius, il faut la replacer dans le sillon de travaux plus anciens, comme ceux du grand Kurt Lewin, puis - dans l'ordre chronologique - de la catégorisation systématique de Robert Blake et Jane Mouton, pour aboutir à la conception dite situationnelle (et beaucoup plus pragmatique) de Paul Hersey et Kenneth Blanchard. Regardez la filiation : ici et .

[6] L'efficience, c'est certes parvenir aux objectifs, mais avec un minimum de moyens. C'est être encore meilleur que celui qui est efficace : fidèle aux objectifs. L'efficience, économe et performante, recherche constamment les 20/80. Elle exige qu'un dépassement de soi favorise la paresse intelligente, l'excellence avec un minimum d'efforts. Là où l'efficacité est scrupuleuse, l'efficience est sélective et pragmatique. C'est peu ou prou le vieux clivage entre esprit de géométrie et esprit de finesse (Blaise Pascal, Les Pensées).

[7] Sûrement quelqu'un qui sait identifier, canaliser et/ou recadrer les leaders spontanés. Bref s'affirmer en chef, en gardien de la concorde et de l'ethos (le bon comportement).

[8] D'un point de vue scientifique, acter des études portant sur seulement 300 personnes confine à l'imprudence. Mathématique oblige, l'échantillon doit au moins comporter 1 000 sujets (cf. modèle de Taibi Kahler).

[ L'Octogramme, biscornu cousin de l'Ennéagramme ? | Octogramme, le blog ]  Read More


 Profils - 13e partieMon 17 Sep 2007
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[ < 12e partie ] [ Catégorie Management-Sciences humaines | mots-clés, permalien, commentaires ] Profils [ 14e partie > ]

Dans ce blog, il y a des séries que j'affectionne : Le Cerveau, Le P'tit D, Les Jeux, Un Bon Manager, Le Temps c'est de l'argent.

Et puis Les Profils : je suis heureux d'y revenir. Let's go.

Vous le savez peut-être, il y a trois écoles post-transactionnalistes, c'est-à-dire dérivées des apports d'Eric Berne et de ses continuateurs (Analyse transactionnelle - Stephen Karpman, etc.). Il y a la Process Communication, les 2L et le Dialogue intérieur. Pour ce dernier courant de communication et de développement personnel, il faut lire Pierre Cauvin et Geneviève Cailloux.

Vous connaissez mon goût pour les archétypes, que je trouve au minimum évocateurs, pour l'intellect, au maximum stimulants pour le psychisme. Eh bien, je vous indique ce que les auteurs sus-cités relèvent d'archétypes dans le tout nouveau Embrassez vos opposés avec le Dialogue intérieur [*] :

[ Carol S. Pearson ] - 1. voyage constitutif de l'Égo (archétypes Innocent, orphelin, Guerrier, Parent) ; 2. travail de l'âme et découverte des potentialités personnelles (Explorateur, Amant, Destructeur, Créateur) ; 3. complétude et connexion-retour à l'essentiel du Soi (Gouverneur, Magicien, Sage, Fou) ;

[ Philippe Peissel ] - Mère, Amante, Vierge guerrière, Énerginatrice ; Laboureur, Guerrier, Nomade, Bâtisseur.

Dont acte. Le panorama d'Absara intègre à présent ces apports.

Bonne semaine à vous !
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[*] Pour bien saisir ce qu'est la symbiose des opposés (fortifiante, alchimique, génératrice de changement 2), c'est surtout Jean Monbourquette et Georges Romey qu'il faut - en 2007 - mettre à profit.

[ Motivation - Comment créer vos questionnaires de profilage | attention, l'archétype peut être numineux, estime Carl Gustav Jung - le père moderne de l'empreinte psychoculturelle innée -, il peut être intense et subjuguant : aliénant | la PNL considère les archétypes (y compris de Pearson) comme des images du changement personnel, cf. dragon | théma profilage ]  Read More


 Motiver - 2e partieSat 7 Oct 2006
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[ Identifier les leviers de motivation - 1e partie ] Motiver - 2e partie [ Les yeux et la bague, attributs du meneur - suite >> ]

Motiver, c'est repérer [1] chez l'autre sa part de besoins, écologiques [2] et psycho-affectifs [3], de même que ses attentes [4], pour lui procurer la satisfaction [5] capable de transformer sa frustration initiale (plus ou moins forte selon les personnes) en quatre types d'extrants positifs : 1. argent [6], 2. mouvement d'attachement ou de sympathie [7], 3. force de travail [8], 4. capacité à être à nouveau mobilisable [9].

Cela va sans dire que les satisfactions - et les fruits qu'elles engendrent - varient en fonction des gens, en intensité, en fréquence, en persistance.

J'ajoute que bien motiver, c'est faire tout cela avec : 1. une orientation générale saine et naturelle, 2. un rapport sincère aux valeurs présentes à la fois chez l'autre et chez soi-même [10], 3. une connaissance empirique des notions de reconfiguration permanente du tissu que la personne compose avec son milieu, 4. une vigilance aux changements de niveau 1 et 2 [11], chez tout le monde, à commencer chez soi, 5. un rapport normal (assumé, lucide) au travail et à l'argent.

Mais parlons de vous. (Ch'uis fatigué.) Qu'est-ce qui vous motive, uh ?


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[1] Plus ou moins consciemment. Cela se fait intuitivement, dans le meilleur des cas, d'où la nécessité pour un manager d'être sur le terrain. L'on ne peut motiver qu'en faisant vibrer, de manière étroite, et en se laissant vibrer et être touché en retour. Sinon, c'est... pff, du vent. Ou de la technocratie. Ou, pire, de la manip'.

[2] Manger, copuler, dormir...

[3] Sempiternelles strokes ! Qui peuvent être cognitives aussi, fournir (ou favoriser) une clarification intellectuelle chez l'autre, c'est - pour beaucoup de profils - quelque chose de recherché. Tenez, comment bien cibler ses strokes.

[4] Valeurs, rêves, désirs, ambitions, bref tout ce qui nous rend humains.

[5] Confucius, de son temps, expliquait que les cadeaux n'avaient de sens (et de portée) que s'ils étaient offerts avec gentillesse et respect. En outre, il y a deux sortes de satisfaction : la satisfaction immédiate (cf. satiété voire vérouillage et répétition, troubles obsessionnels compulsifs, scenarii et mécanismes morbides - cf. Jean Cottraux) et la satisfaction de meilleur niveau (impliquant davantage le désir et la projection), qui induit un risque heureux, une envie, une symbiose (et une réalisation de soi) possibles à plus haut niveau de conscience (lire Marie-Louise von Franz).

[6] Relation marchande, propre à tous les peuples, à tous les contextes, à toutes les époques.

[7] Relation affective, universelle elle aussi. Cf. théorie de l'attachement (sur le sujet, une bonne interview du psychanalyste Serge Lebovici).

[8] Nous sommes dans le cadre d'un projet collectif finalisé, par définition demandeur d'énergie.

[9] Respecter les seuils de saturation de la personne (intimité, besoin de repos, début d'aliénation, faiblesse passagère ou pathologie particulière à l'égard des rapports de travail, de séduction, de pouvoir et d'effort). Attention aux jeux psychologiques. Et gare à la névrose institutionnelle.

[10] Ici, l'éthique nous est d'un grand secours.

[11] Il est évident qu'un Japonais recherchera davantage l'amélioration d'un processus (changement 1) ou alors sa métamorphose (changement 2), mais alors de façon beaucoup plus progressive (montée en puissance), et puis de toute façon respectueuse des traditions, qu'un Occidental de 2006. C'est pour cela qu'il faut toujours manager... dans la culture.

[ Le motivateur est à la fois un satisfacteur (items d'hygiène, cf. besoins et satisfactions de type 1 - attention à la satiété) et un stimulateur (items de valeur, cf. attentes, désir et satisfactions de type 2 - attention au côté trop métaphysique) | hygiène et valeur (ici) | profils de motivateurs ]  Read More


 La bistourette des prés - suiteThu 5 Oct 2006
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[ << Vendre ! - 2e partie | Systémique... ta mère - 8e partie | Psychologie - 2e partie | Profils, vertus et complusions - 12e partie ] La bistourette des prés - suite



Parlons chasse (pour rappel, je suis végétarien), profils et synergie. La chasse, d'abord. Un guerrier est un chasseur. Il calcule tout. C'est le contrôle. Une fois qu'il a terminé ses calculs, il agit. Il laisse aller. C'est l'abandon, nous dit l'étrange Carlos Castaneda. Il est facile d'y voir le lâcher prise, le "pilotage automatique", la fameuse inspiration, fruit - d'après Thomas Edison - de tant de transpiration en amont. Ou bien l'alternance entre cerveau gauche (calcul - esprit de géométrie, disait Pascal) et cerveau droit (siège de l'inspiration et de l'action synthétique - esprit de finesse). Cela vous parle ?

Ce que nous disent, en outre, les excellentes émisions TV sur les guépards, c'est que leur profil est tout sauf celui d'un chasseur. Le guépard est fin, rapide et fragile : il course sa proie comme l'éclair, au risque de mourir d'épuisement en cas d'échec. Son problème, c'est qu'il chasse seul. Eh oui. Prenez le chat : certes chasse-t-il en solitaire. Mais il est surtout bon pisteur, capable de se tapir longtemps. Résultat : quand il bondit, c'est pour faire mouche à cent pourcents, son énergie est bien (dé)pensée. Il y a aussi les loups, dont la chasse synergétique (inspiratice, à coup sûr, de bien des tactiques [*] humaines) est un must.

Que dire ? Ben ouais, y a le mauvais chasseur et le bon chasseur.



C'est hier, en déjeunant avec Guillaume et Sophie, que la métaphore des chasseurs m'est venue : 1. chasse en solo, désespérée, tous azimuts, 2. chasse en solo, patiente et resserée, 3. chasse à plusieurs, synergétique.

L'on trouve ici trois métiers : 1. le métier qui consiste à consumer une passion (si, c'est un métier, que beaucoup font avec sincérité et dévouement), tellement épuisant (à moins d'être sur un tout petit terrain de chasse, ou marché, limité par un "enclos" réglementaire ou démographique ou technologique), 2. le métier du marketing opérationnel, qui repère calmement les tendances et les attentes et qui - paf ! - leur fait correspondre une proposition en phase à cent pourcents, 3. le métier de partie-prenante (ou d'animateur) de groupe, avec des troupes spécialisées, rôdées à la synergie.

Guépard, chat ou loup, quoi.
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[*] La tactique est à bien détacher de la stratégie, les entreprises savent bien (hum, hum) cela. La stratégie, c'est une idée de conquête (ex. : les Francs ont l'idée de reconquérir [sic] le tombeau du Christ - pourtant vide d'après les Evangiles - en "surfant" sur la ferveur fanatisante et sur une certaine crise de la noblesse). Quant à la tactique, c'est le déploiement des outils (cling, cling) sur le terrain : faire ci, faire ça. Et bouger. Regardez :



[ Image (c) le grand Frank Frazetta | Alexandro Jodorowsky nous donne son impression de Carlos Castaneda | Blaise Pascal (1623-1662), le meilleur rempart contre l'esprit cartésien, tellement incapable de résoudre les problèmes complexes : le grand sociologue Edgar Morin rappelle que "dès le le XVIIe siècle, deux types de pensées se posaient. Celui de Descartes (qui a triomphé) disait :"Quand je vois un problème très compliqué [ndlr - mais c'est là l'essence de ce qui est compliqué, c'est divisible, alors que ce qui est complexe est à considérer avec tous ses liens, la relation entre les choses valant souvent autant que les choses elles-mêmes, ce qu'ignorait certainement Descartes], je divise ses difficultés en petites parties et une fois que je les ai toutes résolues, j'ai résolu le tout." Celui de Pascal disait : "Je ne peux pas comprendre le tout si je ne connais pas les parties et je ne peux pas comprendre les parties si je ne connais pas le tout", invitant à une pensée en navette. Pascal n'a malheureusement pas été entendu, ni même compris. La pensée complexe essaie en effet de voir ce qui lie les choses les unes aux autres, et non seulement la présence de parties dans le tout, mais aussi la présence du tout dans les parties." - c'est le principe de correspondance ou principe hologrammatique | autre thème - stratégie et SWOT | en tactique, lire Sun Tzu (gratuitement) | le chat, animal efficient | le "tout, vite et bien" - regardez | profils comportementaux - se frotter au tigre, à la panthère, à la grue, au serpent | savourer l'immense Frank Frazetta ou la superbe Claire Wendling ]  Read More


 Distribution de strokes - suiteThu 27 Jul 2006
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[ << Communication | Chaleur, Kahler et MBTI | Incitateurs, panorama ] Distribution de strokes - suite [ Ce qui fait changer une personne - 12e partie >> ]

Zéro pointé. Ça, c'est pour mon opérateur : Free. Ou plutôt pour France télécom, l'opérateur histrionïque. Le débit de ma ligne flirte avec la tarte aux beignes.

Changement de registre. Et là, c'est un bravo. Ecrivez donc à Phyllis Baltz [*], vice-présidente des services cliniques des Community Medical Centers de Californie. (Je me replonge dans les documents qu'elle m'a fait parvenir l'année dernière.) De là vous obtenez une liasse de choses passionnantes sur l'émergence scientifique du modèle de Taibi Kahler, la Process communication (PCM). Idéal pour manager des gens.

Vous y apprenez notamment quels programmes inconscients régissent la vie des six profils kahlériens, de ces six catégories universelles profilées à la Nasa (si !).

Lesdits programmes, sous stress :

1. Je dois faire plaisir, Je dois faire des efforts | profil Empathique (Réagissant),

2. Je dois être parfait | profil Travaillomane (Bourreau de travail),

3. Toi, sois parfait | profil Persévérant,

4. Je dois être fort | profil Rêveur,

5. Je dois faire des efforts | profil Rebelle,

6. Toi, sois fort | profil Promoteur.

Vous les avez reconnus. J'arrête ici : il s'agit des drivers (incitateurs). Vous les avez ici.

Excellente journée !
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[*] Kahlercom@aristotle.net : Could you please send me Dr Taibi Kahler's annotated research, including ten dissertations, and a an overview of Process Therapy?

[ Les strokes | tableau synthétique de PCM | incitateurs et Ennéagramme | métaprogrammes | les programmes, vus par le psychiatre Jean Cottraux | perfectionnisme | PCM - la base, c'est bien ; phase et base, c'est mieux : il faut alors lire Bruno Dusollier | mini jeu ]


 Blogogramme - 13e partieThu 6 Jul 2006
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[ < Profils et management de projet - 12e partie ] Blogogramme - 13e partie [ 14e partie > ]

J'adore les blogs, que j'agrège grâce à l'extension Sage de Firefox. Certains m'instruisent. D'autres me détendent. Le Da Vinci blog emprunte un peu aux deux. Et là, chapeau. Je vous dévoile ce que j'y ai découvert, simple et parlant :

1. L'intitulé des ennéatypes (ex. : Perfectionniste, Romantique...) est réducteur. Les animateurs dudit blog préfèrent les plus vastes, les plus ouvertes formulations chiffrées (telles des archétypes), de Un à Neuf,

2. Les compulsions. Comprenez les repoussoirs, les hantises, les peurs. Les voici :

[ Un => la colère (surtout la sienne) | Deux => une reconnaissance trop directe de ses besoins | Trois => l'échec | Quatre => la banalité | Cinq => le vide intérieur | Six => la déviance des conduites | Sept => la souffrance | Huit => la faiblesse | Neuf => le conflit avec les autres ]

La caractérisation, de mon point de vue, marche à merveille. Je suis bluffé...

3. Les motifs de fierté personnelle :

[ Un => capacité de travail et intégrité | Deux => aide chaleureuse et affection apportée aux autres | Trois => performance et réussite publiques | Quatre => originalité et sensibilité | Cinq => connaissances, compréhension, culture | Six => loyauté envers les autres, respect de la parole donnée | Sept => joie de vivre et optimisme | Huit => force et capacité à faire respecter la justice | Neuf => facile à vivre, calme et serein ]

[ La suite (pdf) >> ]


 Vrac d'été - 5e partieMon 3 Jul 2006
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[ << Vrac du printemps - 4e partie ] Vrac de l'été - 5e partie [ Vrac d'automne - 6e partie >> ]

Ah, le vrac ! L'occasion de dire des choses dans tous les sens.

Alors, 1. Je suis secouriste du travail, depuis la semaine dernière. L'on dit que 8 % de vies supplémentaires peuvent être sauvées tous les ans, par exemple grâce au massage cardiaque. Bon à savoir. Heimlich, t'es génial.

2. Le marketing. Le numéro 246 du magazine L'Entreprise (juin dernier) nous apprend qu'un easy adopter est un consommateur qui en a marre de se prendre la tête. Dans un monde de surconsommation, de plus en difficile à décrypter, il se simplifie la vie. Il recherche des produits à la fois utiles et assortis d'un discours vrai. Intéressant. Par ailleurs, le saviez-vous ? Les catégories socioprofessionnelles (les CSP de l'Insee, les plus récentes PCS ou encore les sociostyles du consultant Bernard Cathélat) ont du souci à se faire : les segmentations se font désormais autour des stades de vie. Mais encore ? Comptez désormais avec les solos, les familles monoparentales, les foyers recomposés. Le futur, c'est eux. De sorte que le cabinet ACNielsen conseille à présent de découper le marché en quatre phases : 1. installation à deux, 2. arrivée d'enfants (naissance ou recomposition familiale), 3. changement de statut familial (séparation, veuvage) ou 4. professionnel (retraite, chômage). A bon entendeur...

3. Management. Me sont revenues récemment les notions d'hygiène et de valeur. L'hygiène, ce sont les facteurs certes indispensables à la motivation mais insuffisants (ex. : les conditions de sécurité). La valeur, c'est ce qui n'est pas indispensable mais qui produit l'adhésion et l'envie des individus (ex. : parler à un empathique sur un ton affectueux). Que dire ? C'est évident, l'essentiel du ressort motivationnel est contenu dans la valeur. Comment expliquer alors que tant d'entreprises continuent à décréter que l'ergonomie des bureaux (90 % d'hygiène, seulement 10 % de valeur) va motiver les gens ?

Tenez, un bon exercice : déterminez parmi les actions de motivation que vous menez pour vos collègues la part d'hygiène et la part de valeur investies. Faites-en une matrice. C'est parlant, vous verrez.

[ Les gestes qui sauvent, avec Adriana | motiver en vrai | amusant : le switcher et ses potes | le Centre de communication avancée (CCA) de Cathélat | magazine Psychologies, une interview de Cathélat | la valeur, parent pauvre du management motivationnel ]


 Vendre ! - 2e partieSun 4 Jun 2006
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[ << Vendre - les ressources | Phase de découverte - 1e partie ] Vendre ! - 2e partie [ Guépards, chats et loups - 3e partie >> ]

Cela mérite un billet : précipitez-vous sur ce manuel de Process Communication (PCM) appliquée à la vente. Tant qu'il est disponible en ligne. Et gratuit.

[ La PCM ? Modèle développé par l'Américain Taibi Kahler | vidéo de formation par Gérard Collignon - inscription pour un extrait gratuit | le fichier d'autoformation complet coûte 30 € ]


 Profils projetés - 12e partieFri 28 Apr 2006
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[ << Profils de Marson - 11e partie ] Profils en management de projet - 12e partie [ Ressorts cachés de chaque ennéatype - 13e partie >> ]

Mmh, compliquée l'affaire. Votre projet rentre-t-il dans un cadre de salariat voire de mission avec honoraires ? ou est-ce une activité bénévole ? C'est différent : la fidélisation des troupes, a priori anthropologique qu'il y ait paiement ou non [1], change du tout au tout selon... le contexte. Eh oui, ce dernier détermine tout : la pression économique, la renommée recherchée, le côté institutionnel formel ou 'seulement' charismatique du meneur, la disponibilité temporelle des uns et des autres, le produit visé. Autant dire tout.

Pour en avoir discuté avec le collègue Flemming aujourd'hui [2], je dis qu'il y a quatre très grands types de profils de collaborateurs [3], de manière générale. En management de projet en tout cas (opération ponctuelle). Regardez, il y a :

1. le collaborateur impliqué, qui manifeste beaucoup (retours fréquents, questions régulières, communication des résultats),

2. l'impliqué introverti (fiable, mais il faut aller le chercher, lui demander ses résultats, l'interroger),

3. le démobilisé extraverti, qui 'remue du vent' et semble (en apparence seulement) faire des trucs, en cas de pression il jure qu'il ne savait pas ou il trouve mile excuses - avec empressement -, et s'offusque presque qu'on le soupçonne de ceci ou de cela,

4. le démobilisé éteint, qui ne produit plus de signal. Bip, bip, bip : Houston ? Vous m'entendez ? Mmh, ne produit plus de travail non plus, nada, peanuts.

Ce qui donne, dans l'ordre : un actif, un réservé, un Jean-foutre, un mort. Blague à part, il faut redoubler de finesse et d'intelligence pour : 1. donner des signes de reconnaissance clairs, documentés, ou déléguer librement des choses à l'Actif (allez, mettons la majuscule), 2. donner au Réservé des consignes directives rassurantes (cadre, clarté cognitive et visibilité de rigueur) ou lui demander son mode d'interaction privilégié, respectueux d'une certaine bulle, 3. mobiliser le Jean-foutre en lui montrant que l'on n'est pas dupe mais (et c'est là qu'a lieu le renforcement positif, la positive flash exposure), qu'on le sait parallèlement très, très intelligent et compétent, c'est pour cela qu'on attend de lui un résultat prochain, la confiance est envisageable (comme une nouvelle virginité - c'est la 'main tendue'), ou alors imposer un entretien gentil mais intense pour lui demander si quelque chose lui fait peur (ou plus exactement : Y a-t-il quelque chose à faire pour que tu te sentes assuré d'une sécurité, d'une bienveillance et d'une bonne disposition de la part de nous tous ?), 4. donner au Mort un électrochoc de réveil ou le valoriser sur quelque chose qu'il a fait par le passé, pour voir où il en est de sa motivation.

Un beau mélange de management situationnel, d'attribution de strokes, de behaviorisme sauce management, d'apports kahlériens et d'Ennéagramme. Ajoutez-y, pour la route, un zeste de modélisation de valence. Plus du bon sens et de l'instinct, toujours utiles.

Quoi d'autre ? Chaque profil a grand intérêt, en fonction notamment de vos besoins momentanés de relations ou - au contraire - de retrait. Par ailleurs, le Jean-foutre et le Mort ont, eux aussi, une valeur. Le premier, recadré ou rassuré, dispose de beaucoup d'énergie. Le Mort (paradoxalement très sensible) signale, à son corps défendant, un problème de dynamique de groupe ou de management : manque de tonus ou, au contraire, besoin d'autoprotection. Ou, pour terminer, manque de finalité. Collective (le sens de notre travail) ou individuelle (Qu'est-ce que j'fais là ?). L'idée : faire basculer le Jean-foutre et le Mort dans les autres cas de figure. Et si l'Actif vous fatigue ? Canalisez son énergie et son besoin de reconnaissance par des valorisations bien senties, qui apaisent. Ou (s'il est très, très autonome) en lui fixant de nouveaux défis. Le Réservé vous exaspère par ses silences ? Mmh, lâchez prise s'il est impliqué dans son coin (et chevronné, c'est-à-dire capable). Sinon, parlez-lui de temps en temps : vous verrez ce qu'il tolère le mieux en termes de modalités de rapports. Deux minutes peuvent suffire à vous rassurer : oui il bosse, ça va.

Allez, à vous : qu'en dites-vous ? Le champ est libre.
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[1] C'est-à-dire psychologique, avec des constantes.

[2] Et d'ailleurs Absara a de nouvelles (très belles) choses en préparation. Je vous dirai.

[3] Valable aussi pour les partenaires, techniques ou commerciaux.

[ Mobiliser des gens, synthèse raisonnée | tiens, rien à voir - Savez-vous ce qu'on retient d'un professionnel ? Son implication, son relationnel, sa capacité à mettre à l'aise, alors professionnels au contact acerbe, aménagez-vous des vacances (plusieurs années si possible) | le triptyque humilité-proximité-humanisme (HXH) de Christian Blachas, valable aussi dans le mode relationnel pro ]


 Le saviez-vous ? - 11e partieWed 5 Apr 2006
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[ << Les PTypes de Dave Kelly - 10e partie ] Wonder Woman, Marson et les profils - 11e partie [ Profils et management de projet - 12e partie >> ]

L'héroïne de comic books Wonder Woman, jadis incarnée au petit écran par la superbe Miss Monde 1973, est la création d'un... psychologue américain. Oui. William Moulton Marson (1893-1947) est le papa de l'Amazone la plus glamour de la galaxie papier puis cathodique.

Saviez-vous que Marson avait également conçu un système de profilage psychologique ? Je vous laisse le découvrir ici, dans le panorama.

[ Management, profils humains et archétypes | tous les comics possibles (En) ]


 Améliorer son leadershipWed 9 Nov 2005
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Deux modèles pour apprendre à mobiliser les hommes

Un collègue belge m'envoie par e-mail quelques ressources sur le management. Deux, précisément. Avant de vous les dévoiler, j'en profite pour rappeler que Le Manager minute de Kenneth Blanchard est, pour beaucoup, un référentiel idéal, tant pour débuter que pour perfectionner ses propres pratiques de management. J'adhère complètement.

Venons-en aux modèles annoncés.

1. Parlons tout d'abord de Richard Barrett, fondateur du centre international de ressources en management Values Centre. Il nous expose ses archétypes de dirigeants d'équipes : 1. le Jugulateur de crises, autoritaire, 2. le Communicant, à l'écoute, 3. le Manager, qui organise le travail et les ressources, 4. le Facilitateur, qui influence les parties-prenantes, 5. le Motivateur, qui inspire et donne envie, 6. le Mentor, véritable partenaire, 7. le Sage visionnaire, capable de tracer une voie.

Naturellement, cela rappelle les modèles de William Rockwell Torbert (cf. Magicien), de Don Edward Beck et de ses vMènes. De même que, versant francophone, les profils d'Yves Enrègle (voir notamment le Guide).

Que dire ? Panorama intéressant : à creuser.

2. Il y a ensuite Jim Collins. Cet ancien professeur de Stanford travaille désormais en tant que chercheur indépendant, sur la conduite des entreprises. Le gourou dit repérer les pratiques à succès pour en induire de grandes lois. Faites-vous en une idée claire. (Voir son fameux Volant).

[ Vidéo en ligne de Richard Barrett | Testez votre leadership | Ecoutez (mp3) Jim Collins ]



 Identifiez les leviers de motivation de vos collaborateurs - 1e partieWed 9 Nov 2005
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Les quatre dimensions du profilage ou comment créer vos propres questionnaires - 1e partie [ Satisfaire et frustrer, une synthèse - 2e partie >> ]

Le management (en particulier quand il s'agit de cartographier la motivation des équipes) utilise bon nombre de filtres : beaucoup de modèles détachent un profil sommaire de vos troupes, individu par individu.

Mais les quatre axes à retenir, selon moi, sont les suivants :

1. Motivation générale. Qu'est-ce qui motive la personne dans la vie [1], tout registre confondu ?

2. Champs professionnels [2] privilégiés. Aime-t-elle plutôt prévoir, analyser voire modéliser les choses, ou bien les lancer, ou encore les réaliser elle-même, ou bien les contrôler, voire les améliorer ? Aime-t-elle faire elle-même ou faire faire ? Est-ce vrai dans le domaine intellectuel (les idées), dans le domaine technique (les chiffres, les processus), dans le domaine opérationnel (les actes), dans le domaine humain (les échanges, les signes de reconnaissance, l'attachement) ? M'est avis que le modèle du psychanalyste Yves Enrègle [3], particulièrement simple, peut être d'un grand secours pour commencer large.

3. Leviers de motivation socio-émotionnels. Un gros morceau. Il s'agit là du programme individuel de la personne, de son style, de sa grille de lecture du monde [5], de ses valeurs [4], de ses penchants intrinsèques. Autant dire de sa personne, au sens le plus intime (et inconscient, voire réflexe) du terme. Un conseil ? Combinez puis synthétisez librement les modèles - particulièrement opérants - de l'Ennéagramme et de Taibi Kahler. Cela peut donner des choses du type : aime (et déteste manquer de) maîtrise intellectuelle, aime les défis personnels ou encore l'aide égalitaire aux autres (sur un mode adulte-adulte, voire - vitesse supérieure - gagnant-gagnant) ou bien affectionne le fait de materner. Quelques autres ? Aime se retrouver en soi-même au calme. Ou encore aime jouir de la vie, sans contrainte, à toute vitesse, en permanence. Et caetera.

4. Modes de leadership à privilégier. Il faut revenir au modèle [6] de Paul Hersey et Kenneth Blanchard : le management situationnel. Pour nous en parler, en trois mots, je redonne la parole à Christiane Grau et Alain Métral : 1. celui qui débute a grand besoin de directivité, 2. celui qui sait peu mais veut bien progresser doit se faire expliquer les choses (notamment par de la formation), 3. celui qui sait mais ne veut pas ou ne veut plus [7] doit être fidélisé (ré-engagé, au moyen d'objectifs négociés). Enfin, 4. : celui qui sait faire et qui a envie de faire doit être laissé en paix, vous intervenez auprès de lui seulement s'il le demande. Ceci étant dit, où en est chacun de vos collaborateurs ?

Récapitulons : qu'est-ce qui enthousiasme votre collaborateur ? Quels sont ses modes comportementaux privilégiés, au travail ? Quel est son profil socio-émotionnel ? Comment aime-t-il (et comment a-t-il besoin [8]) être ou d'être guidé ?

A vos neurones. A vos jambes aussi, car vous devrez parcourir les services, questionner les gens et peaufiner votre questionnaire au contact de minies-populations test. Voire d'experts. Mais c'est un autre débat...

__

[1] Souvenez-vous de l'anecdote qu'Eric Berne rapporte de ces salariés qui, immergés dans leur entreprise, se sentent écrasés et cotonneux. Une fois au bowling, entre copains, ils rivalisent d'enthousiasme et d'énergie (cf. Des Jeux et des hommes). Il y a là détection d'un déclic motivationnel fort. En l'occurrence en dehors de l'entreprise.

[2] Il faut envisager ici quels penchants la personne affectionne, dans un contexte de travail (sous semie-contrainte). C'est le psychosociologue anglais Meredith Belbin (voir également ici), qu'il faut - pour le coup - distinguer. Avec lui, son cortège de Priseurs, Concepteurs, Experts, Organisateurs, Propulseurs, Perfectionneurs, Promoteurs, Coordonateurs et Soutiens : des rôles d'équipe - typés 'entreprise' -, potentiellement indépendants de ce que les gens aiment faire 'dans la vraie vie' (cf. [1]).

[3] D'après Yves Enrègle, les équipes se découpent en polarités de réalisation, de guidage, d'organisation et de mobilisation. C'est le Village gaulois (si !) - Détails ici.

[4] Mieux que tout autre modèle de communication, c'est la programmation neurolinguistique (PNL) qui cartographie le mieux les grilles de lecture que nous jetons sur le monde : les métaprogrammes (ou filtres cognitifs induisant une action). Cela confine, à mon sens, à de la philosophie, au sens le plus élevé du terme. (Note - Sur le fécond dialogue qui se produit entre sciences humaines et philosophie, la vision d'Emmanuel Ferraguti est exemplaire.) Quelques métaprogrammes ? Les consultants Christiane Grau et Alain Métral les indiquent clairement. Il y a (p. 79) : 1. l'orientation (je tends vers ; je me retire de), 2. l'opérateur modal (je peux faire ; je veux faire ; je dois faire), 3. la modalité d'implication (je prends la main ; les autres le feront), 4. cadre de référence (j'agis comme je veux ; j'agis en fonction des autres), 5. rapport au temps (j'accomplis un vieux rêve, produit dans le passé ; j'agis ici et maintenant, on verra bien ; j'ai des objectifs pour le futur, qui me poussent à agir), 6. base de motivation (je veux m'apanouir avant tout ; je veux influencer les choses et les gens ; je veux du lien avec certaines personnes et cheminer avec elles).

[5] Qu'est-ce qui, outre l'éthique (version systémique), analyse le mieux les points de tension entre nos valeurs, à l'oeuvre tant à l'intérieur de nous-mêmes (cf. seuils) qu'en friction avec l'extérieur ? Ma réponse ? Rien.

[6] Je reprends une note importante, sur la motivation. (La voici :) Comme le pense le cadre RH d'une mutuelle belge (voir ce forum), l'on peut (doit ?) coupler le leadership situationnel au process communication management (PCM), qui analyse les motivations individuelles. La valeur ajoutée du PCM étant de considérer les canaux de communication comme un levier de management à part entière. Ce cadre estime donc qu'une application trop littérale du leadership situationnel [ndlr - primat de la mâturité sur les motivations intrinsèques] peut générer de véritables catastrophes. Prenons un exemple. N'importe qui, poursuit-il, peut se trouver à un moment donné en situation de - débutant - et avoir besoin de directives claires (compétence faible, focus sur la tâche). Ainsi, un manager formé 'à la hussarde' - pourrait-il - être tenté d'utiliser systématiquement un style directif, anxiogène et froissant pour environ... 85 % des managés. En plus de la maturité professionnelle, il faut aussi tenir compte du tempérament propre à chacun. Conclusion : lorsqu'on sait jongler avec les 'Voudrais-tu bien me faire cela pour demain ?' et les 'Faites-moi une proposition !' on a - déjà - fait un grand pas.

[7] Voir Les objectifs sont des contrats entre humains. C'est par ici.

[8] Ce qui est souvent la même chose, étant entendu que vos managés attendent de vous une cohérence face à leur situation (cohérence = clarté cognitive, prévisibilité des choses).


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 Profils, Ennéagramme et drivers - 7e partieWed 27 Jul 2005
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Ennéagramme et drivers

Trouvée sur le portail Ennéagramme.com, cette table des correspondances entre ennéatypes et motivations intrinsèques. Appelons-les des programmes inconscients. De fait, un lien se fait jour avec les drivers de Taibi Kahler.

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 L'Enneagramme, faire du neuf avec l'ancien - 6e partieMon 21 Mar 2005
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L'ennéagramme - Faire du neuf avec l'ancien

Il y a des modèles incontournables. Certains découlent de protocoles rationnels, établis dans les grands laboratoires de sciences humaines ou de sciences de gestion (1). D'autres proviennent de l'expérience de managers (ou d'intellectuels) et s'affinent avec le temps : ils sont empiriques. Leur cohérence et leur pertinence se construisent (ou s'affaiblissent) avec l'usage. L'usage seul. L'ennéagramme (2) est de ceux-là. Intuitif à l'extrême, il continue pourtant de fasciner l'entreprise, sanctuaire (supposé) de la performance. C'est une mise à jour du Fil pro sur les profils - Panorama (3) qui m'amène à me pencher sur ce classique. D'où vient ce modèle ? Et de quoi, sommairement, est-il fait ?

L'ennéagramme, annonce l'Institut français de l'ennéagramme (IFE), est une carte étonnamment précise du fonctionnement des êtres humains. Au commencement étaient neuf profils, neuf tendances. Traduction graphique ? Une figure géométrique à neuf sommets, inscrite dans un cercle figurant l'unité, la proximité, la capacité à ' glisser ' d'un point saillant à l'autre. C'est l'artiste, mystique et voyageur français d'origine arménienne Georges Ivanovitch Gurdjieff (~1866-1949) qui aurait ramené l'ennéagramme de son immersion chez les soufis. Sa vision de l'âme humaine en neuf points a trouvé un écho psychologique (et commercial) chez les intellectuels des années 1960 à 1980. Tournons-nous maintenant du côté du Centre d'études de l'ennéagramme (CEE) (4), en région parisienne : neuf archétypes humains se dévoilent.


I. Les bases


Un - Le Perfectionniste. Critique, exigeant avec les autres et avec lui-même, le Un estime qu'il existe une (et une seule !) façon de faire les choses : la parfaite, l'idéale. Il se considère comme un champion de la droiture, un chevalier de la vertu. Son processus décisionnel, qui sépare consciencieusement le bon du mauvais, l'acceptable du vil, le vertueux du tortueux, peut prendre... beaucoup de temps.

Deux - L'Altruiste. Son carburant ? L'affection. L'acceptation par les autres. ' Aimez-moi ', semble crier le Deux. D'où l'idée de se rendre indispensable à autrui. Pour obtenir cette stimulation interpersonnelle vitale (5), il peut se faire manipulateur et avoir plusieurs facettes, montrant un visage différent à chacun. Nous voilà prévenus. Séducteur, le Deux est quelqu'un d'actif, surenchérit le CEE, d'encourageant, qui choisira souvent une activité [...] où utiliser sa compassion pour l'autre. Axe d'épanouissement : de la fierté de rendre service à la reconnaissance de ses propres besoins.

Trois - Le Battant. ' Aimez-moi pour mes résultats ', telle est la raison de vivre de ce grand pragmatique. Mais attention : roi de l'apparence, le Battant a du mal à détacher son " vrai moi " de celui qui atteint ses objectifs. Il peut sembler plus performant qu'il ne l'est en réalité. L'illusion pointe. Le Trois se réalise généralement dans des postes à fort leadership et à défi permanent (sport de compétition, management d'équipe, vente). Sa voie de salut : de la duperie trompeuse à l'authenticité.

Quatre - Le Romantique. Le vague à l'âme est son quotidien. Le passé, son refuge. Plus que d'autres, il souffre de l'absence du partenaire. Emphatique, sensible et original, cet artiste est par ailleurs d'une créativité décoiffante.

Cinq - L'Observateur. Cet authentique intellectuel a besoin d'espace, de calme et d'indépendance. Pour lui, l'émotion a comme un parfum de soufre. Et d'irrationnel. Mieux vaut rester à distance et... étudier les choses. Il compartimente les obligations, commente le CEE. Si le savoir est un pouvoir, les livres en sont le socle. Son arme favorite ? Les lunettes de lecture.

Six - Le Loyal-sceptique. Rebelle en puissance, il embrasse la cause qui lui semble juste. Et s'y conforme. Si possible aux côtés des faibles. D'où le sentiment de drame qui parcourt son existence : le Six a tendance à toujours envisager le pire scénario possible, afin d'anticiper pour mieux se protéger. Chemin de vie : du doute à la confiance en soi.

Sept - L'Epicurien. C'est Peter Pan, le puer aeternus [ ndlr - l'éternel enfant ]. Superficiel ? Aventureux et butineur serait plus adapté. Le Sept aime garder plusieurs options ouvertes, il recherche un haut niveau d'excitation. Tout le temps. Son caractère jovial lui attire la sympathie. Un bémol : ce qu'un Epicurien entame, il le finit rarement.

Huit - Le Chef. Ce paternaliste manie parfaitement la protection, l'intimidation et le ressort des signes de reconnaissance. Il maintient les autres sous contrôle. Sa colère ? Homérique. Même s'il apprécie le courage de ceux qui viennent l'affronter. Il mène souvent une vie excessive. Le Huit évolué est compétent et juste, surtout dans l'adversité. Il peut être un puissant appui pour les autres : il s'investira pour aplanir la route de ses amis.

Neuf - Le Médiateur. Naturellement talentueux, il voit facilement tous les points de vue et tend à remplacer ses désirs par ceux des autres. L'équanimité a ses travers : il a souvent du mal à différencier le véritable objectif des tâches secondaires. Paisible, voire nonchalant et indécis, il aime la nature et l'harmonie. La concorde est son El dorado. Consensuel, le Neuf apprécie les métiers de diplomate, conseiller, négociateur. Quand il est sur les rails, conclut le CEE, il devient très performant. Tout est dit.



Passons à la dynamique de l'ennéagramme.


II. Les déplacements




Première originalité : les ailes, par essence latérales. Ce sont les ' contaminations ' d'un profil sur l'autre. Quand je suis Un, je prends - à la fois - un peu du Neuf et du Deux, juxtaposition oblige (nous sommes sur une roue). De la même manière, quand je suis Observateur (Cinq), je tiens un peu du Romantique (Quatre) et du Loyal-sceptique (Six). Et ainsi de suite.

Seconde particularité : les flèches. En situation d'épanouissement, je tends vers mon profil favorable, selon le sens 1 -> 7 -> 5 -> 8 -> 2 -> 4 -> 1 (voir le ' parcours fléché ', sens de ' circulation ' suggéré par la figure ci-dessous). Un moyen mnémotechnique : 1-7-5 sont impairs, 8-2-4 sont pairs. Ou bien l'homonymie. Prenons l'image d'un cep de vigne en pleine santé, flambant dans la cheminée : un (un) | cep (sept) | sain (cinq) | luit (huit) | dans (deux) | l'âtre (quatre).



Suivons les flèches : si je suis par exemple un Sept (Epicurien) en pleine jouissance, je peux adopter la réserve émotionnelle du Cinq (Observateur), productive et apaisante. De même, un Deux (Altruiste) émotionnellement rassasié bénéficiera-t-il de la profondeur introspective du Romantique (Quatre), propice à la nécessaire prise d'autonomie affective. Un cep sain luit dans l'âtre. Vous vous en doutez, avec le stress, c'est exactement le contraire. Nous prenons les défauts de celui que désigne le contre-courant : tout s'inverse. Le Huit (Chef) sous stress adopte ainsi l'attitude ' décortiquante ' d'un Cinq (Observateur) morbide ; le Un malmené (Perfectionniste) tendra vers la dépression potentielle du Quatre (Romantique), etc. Remarque : les profils Trois, Six et Neuf sont à part puisque - pour eux - les ' bonnes ' flèches sont toutes les flèches de gauche. Ainsi : 3 -> 6 -> 9 -> 3. Le bond se fait de 3 en 3. Pour connaître le pendant négatif (version stressée) d'un 3, 6 ou 9, il faut là aussi ' remonter ' le courant. L'ennéagramme est un résumé graphique complet, un mode d'emploi visuel. Le sens de circulation classique désigne le parcours normal, le cheminement psychologique et spirituel gagnant. Quant au ' rebrousse-poil ' pathologique, il renvoie aux écueils de nos vies, aux tendances aliénantes naturelles. Qu'il faut bien sûr vaincre.


III. Conclusion


Intéressant. Stimulant. Sur le plan de la science ? Un peu faible : au nom de quoi les profils communiqueraient-ils entre eux selon ces modalités ' géométriques ' ? Autre bémol : les présupposés propres à Gurdjieff et au ' mysticisme ' du Nouvel Age. La philosophie métaphysique - édulcorée par notre confort post-moderne - flirterait-elle avec opportunisme ? Pire, avec charlatanisme ? Chacun ses goûts : la tolérance philosophique et religieuse est de rigueur. Naturellement. Ceci étant, l'entreprise doit-elle être un carrefour des croyances ?



(1) Nord-Américains pour la plupart (voir également ici).

(2) Ennea signifiant ' neuf ' en grec, la totalité du mot désigne une cartographie (représentation graphique dotée d'enjeux) à neuf modalités.

(3) Cf. contribution de David Daniels et Helen Palmer.

(4) Les centres de formation ont repéré un filon (voir aussi ). Formateurs certifiés par ici.

(5) Voir les strokes.


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 Profils - 5e partie | Pro-feelSat 8 Jan 2005
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Attention, exceptionnellement, tout dans ce billet est soumis à la législation sur le (c). Citations autorisées, avec mention de l'auteur, mais reproduction commerciale interdite - Merci.


Le profilage se révèle passionnant. Comment Untel va-t-il interagir avec tel autre ? Comment travailler (ou faire travailler) ce groupe, avec sa culture et son mode d'organisation typiques ? Un challenge permanent. Un appel quotidien. J'y retrouve personnellement des éléments appris dans l'analyse transactionnelle et la programmation neurolinguistique. Mais bien plus encore. Voir d'ailleurs la mise à jour du panorama dédié. Aujourd'hui, je vous emmène autour de la Méditerranée et aussi un peu partout. D'accord ? Mais avant cela, fixons les choses.


1. Particularités

Entendons-nous : un profil, c'est quelque chose de rapide, qui relève du coup d'oeil. Et du coup de pinceau vif, bien appliqué, en temps voulu. Le profilage ? Un excellent rapport qualité-prix. Rapide et fiable (si bien fait !) Alors, bien fait, cela induit qu'il y a beaucoup de réflexion en amont. Merci aux chercheurs en psychosociologie (parfois un peu 'stars', surtout chez l'Oncle Sam) qui testent et développent les modèles. LEURS modèles. Bien caractérisées - observation fine, rigueur protocolaire, esprit de synthèse -, les lois qui caractérisent les profils a priori font la qualité des profilages, qui en découlent a posteriori. Tout le monde est content. Mais je te profile si et seulement si mon modèle est un modèle sérieux. Quasi scientifique, sous l'angle des 'sciences molles', en prise avec la complexité, la difficulté à prévoir. Bref, la matière humaine.

Autre chose, le profilage se distingue de l'analyse de caractère - hommage au génial monsieur de La Bruyère (1645-1696) - et même de la psychologie en général. Il s'agit d'un genre à part. Ecartons également cette cousine qu'est la psychanalyse, discipline unique (la plus profonde ?) de toute l'histoire humaine, où l'on écoute vraiment la totalité de ce que l'autre a à dire. Mais l'écarter, c'est se priver d'une source d'inspiration précieuse. Alors, gardons-la un instant. Nous verrons ensuite pourquoi.

Le profilage est une branche à part, qui prolonge la dynamique de groupe, cette psychosociologie des petits groupes. Comme elle, elle s'intéresse aux interactions humaines. Mais elle sert avant tout le quotidien.

Manipuler quelques modèles simples pour agir au mieux avec les autres. Tout est posé.


2. Profilage, grandes familles

Y a-t-il des grandes familles ? Bien sûr. Quatre d'entre elles semblent évidentes.

2.1 Profilage traditionnel

Bien avant Platon (427-347), la métaphysique combinatoire (alchimie), lecture spirituelle de la Nature et de son cours, invitait l'homme de bonne volonté à intervenir sur tous les règnes (y compris le sien propre) pour réaliser sa destinée d'accoucheur d'évolution. L'homme est un petit dieu. L'alchimie, son mode opératoire. Cette alchimie - si dense - découpait le monde en quatre instances métaphysiques simples : les Eléments. Le Feu, l'Air, l'Eau et la Terre contiennent chacun un couple précis de caractéristiques. De vrais matériaux pour le vivant, combinables à l'infini. C'est bien connu : une loi simple d'organisation (ici une quadripartition, la tetrasomia en grec) peut engendrer la complexité : le monde ou bien sa réplique, en plus petit. Ce qui est la même chose puisque dans ce système, tout est lié. Tout se vaut.

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, énonce d'ailleurs la superbe Table d'émeraude, empreinte de toute la poésie du Nil. Cet écrit synthétique et fondateur est quasi contemporain de Platon. A cette époque, l'analogie règle le monde. Faisons une pause. Et reprenons. Le microcosme humain (physique et spirituel) se comporte comme le macrocosme qui le surplombe et l'entoure. Les quatre Eléments se retrouvent en lui, qualifiés de tempéraments : sanguin, phlegmatique, bileux, mélancolique. Voilà notre première classification d'hommes.

Il y a là un modèle qui séduit Platon, puis - plus tard - Aristote : l'Artisan tourné vers l'action, le Rationnel versé dans la cogitation, l'Idéaliste établi dans la communauté humaine, le Gardien consolidateur des choses et conservateur par essence. Bien sûr, les médecins - qui étaient aussi métaphysiciens et donc alchimistes - soignaient les patients selon cette typologie, liée au comportement des fluides corporels, des humeurs. Dingue ? Oui, ça l'est. D'autant que Carl Gustav Jung (1875-1961), ô combien amoureux d'alchimie, se saisira de cette quadripartition de la communauté humaine pour mettre au point sa propre typologie. Je vous laisse le soin de retrouver dans le panorama cité plus haut ses nombreux héritiers. Un indice (eh oui, Yves Enrègle, que vous le vouliez ou non, vous en faites indirectement partie !) : ces modèles tournent toujours autour de quatre profils-pivots. Ou huit, le double.

Voilà pour la première famille, particilièrement féconde et fournie.



2.2 Profilage interactionniste

La seconde famille repose sur les interactions, ce tissu d'échanges que l'on peut noter - en tant qu'observateur - de manière rationnelle. Untel dit cela à l'autre, etc. Les échanges sont centrés sur la tâche ou bien sur l'interpersonnel, etc. Le chef de file de cette famille est incontestablement Robert Freed Bales, qui attache plus d'importance aux processus en jeu qu'aux personnes qui les initient. Le Quoi prime sur le Qui.

2.3 Profilage psychanalytique

Eh oui ! Certains le déplorent, mais Eric Berne, le père de l'analyse transactionnelle est un enfant - certes bâtard - du génial docteur Freud. C'est bien la psychanalyse qui lui a donné l'idée de mettre au point ses trois états du moi, déclinables jusqu'à sept. L'état parental correspond au Surmoi du modèle freudien, l'enfantin répond aux exigences du Ca (mince, la cédille !) Et caetera. Je vous étonne ? C'est pourtant le fil historique.

2.4 Profilage cognitiviste

La cognition désigne l'ensemble des processus intellectuels qui conditionnent la recherche, la compréhension, le stockage, l'activation et l'optimisation des informations par le cerveau. Cherchez dans le panorama ce qui vous semble relever de l'observation de conduites 'cérébrales'. Cela sent la synapse à plein nez. La logique et l'informatique, très orientées cognition, sont la piste de décollage de ce bel engin volant.


3. Conclusion

En guise de conclusion... je m'arrête ici. De toute façon, tout est dit. Et puis, Sylvie tient à partir pour le Tarn. Le temps passe. Ah, une idée pour agrémenter vos soirées d'hiver : allez donc sur le site sublime d'Hervé Delboy. L'appel de l'alchimie vous y emporte comme un torrent... C'est également le meilleur site conscacré à l'art d'Hermès. Demain, nous devons aider à un déménagement. Pff. A bientôt ! Salutations.


Excellent Jean Deleuvre (c) Editions Ramuel

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 Bestioles de NoëlWed 22 Dec 2004
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Allez, virez-moi ces rênes de Noël, faiseurs de crottin, et passons à des animaux plus exotiques et plus virils. Bienvenue aux bestioles d'Asie, qui font des arts martiaux comme je vous parle. Exactement ! Le kung fu - paru au VIe siècle sous sa mouture moderne - en compte quatre, emblématiques, qui rivalisent de force et d'adresse. Limite fourbes... De sorte que les stratèges s'emparent de ces archétypes, qui ne viennent pas de la brousse (Lee). Exit le Noël naïf, nous ne sommes pas des nonnes (chaku).

A écouter le maître australien de kung fu Robert Z, le système des cinq animaux du - monastère - Shaolin vit le jour sous la dynastie Ming, ce qui correspond peu ou prou à la période de notre Renaissance. Les cinq animaux sont le tigre (ou le lion), la panthère, la grue, le serpent et le dragon. Ce dernier n'étant que pur symbole, il condense les qualités des quatre autres. Ce sont donc les deux bêtes à poils, la bestiau à plumes et le porteur d'écailles qu'il faut ici retenir.

Ce système, précise le maître au nom peut-être le plus kitsch d'Australie, reposait - à l'origine - sur une métaphore simple et donc claire pour permettre aux moines et aux maîtres de saisir la nature complexe tout autant que les capacités de l'homme. L'on peut rattacher ce système à des problématiques stratégiques et martiales mais aussi, poursuit le maître, à l'idée de modèle pour les styles de comportement humains, l'interaction, la résolution de conflit, la formation.

Mieux que les rênes :

Le Tigre a tout d'un roi. Seul maître sur Terre, il respire l'honneur. Très simple, il est également honnête et donc prévisible. Son tempérament le pousse à l'action, à la simplicité, à la puissance. Dominant, fiable et instinctif, il fait preuve d'une intuition et d'une intensité émotionnelle tout bonnement félines ;

La Panthère déploie sa profonde intelligence pour intimider, influencer et gagner la partie. Mais elle écarte parfois les demies-teintes interpersonnelles au profit de la connaissance pure, intellectuelle. Elle adore relever les défis. Elle excelle dans le savoir et la rigueur ;

La Grue recherche l'harmonie, quoique sensible à l'amélioration continue. Elle a besoin de retrait pour réfléchir aux choses, calmement. Sous stress, elle peut céder aux mouvances du groupe ;

Le Serpent s'attache aux détails et fuit les surprises. Il délibère quand les choses lui semblent complètes et clairement caractérisées. Il est prudent.


(c) Gungfu.com

Robert Z, qui n'a décidément rien d'un gardien de zoo, conclut que les Tigres sont des concepteurs, les Panthères, des délibératrices, les Grues, des conciliatrices et les Serpents, des connaisseurs.

Quant aux Dragons, êtres parfaits qui peuplent les nuages, une minute, un mot, un enseignement - d'eux - vaudraient une vie entière de sagesse... Si vous en rencontrez un, pensez à vous munir d'un dictaphone.


 Profils - 2e partie | Fil pro sur les profils - PanoramaMon 13 Dec 2004
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Fil pro sur les profils - Panorama
~ Profilage & typologies transposables en management et dynamique de groupe


Profils interactifs (12) Robert Freed Bales | marque sa solidarité | plaisante, détend l'atmosphère | accepte et comprend autrui | fait des suggestions | donne son opinion | reformule, clarifie, confirme | demande des suggestions | demande des avis | demande des informations | désapprouve | critique et dégrade l'atmosphère | attaque et dévalorise autrui |

Types de managers (7) Richard Barrett | Jugulateur de crises, autoritaire | Communicant, à l'écoute | Manager, qui organise le travail et les ressources | Facilitateur, qui influence les parties-prenantes | Motivateur, qui inspire et donne envie | Mentor, véritable partenaire | Sage visionnaire, capable de tracer une voie |

Spirale dynamique, Méta-mèmes (vMèmes) attracteurs de valeurs (8) Don Edward Beck | Beige - survie, bande | Violet - sécurité, tribu | Rouge - pouvoir, empire | Bleu - ordre, hiérarchie | Orange - succès, entreprise stratégique | Vert - harmonie, communauté | Jaune - indépendance, système | Turquoise - totalité, organisme holistique |

Styles d'apprentissage (4) Jean-Luc Bédard | Dynamique, simultané non-verbal, concret et action - Quand, Comment | Innovateur, simultané verbal, concret et réflexion - Pourquoi | Pratique, séquentiel non-verbal, abstrait & action - Comment | Analyste, séquentiel verbal, abstrait & réflexion - Quoi |

Profils de co-équipiers (9) R. Meredith Belbin | Priseur | Concepteur | Expert | Organisateur | Propulseur | Perfectionneur | Promoteur | Coordonateur | Soutien |

Principaux modèles comportementaux (10 et plus) Kenneth Benne | Lanceur d'idées | Coordonnateur | Mobilisateur | Informateur | Secrétaire | Médiateur | Protecteur | Avocat | Cynique | Bouffon |

Etats du moi (7) Eric Berne | Parent nourricier (encourageant ou étouffant), Parent donnant, Parent bienveillant | Parent normatif (éducateur ou persécuteur), Parent critique | Adulte | Enfant adapté soumis | Enfant adapté rebelle | Enfant intuitif, Petit Professeur | Enfant libre, Enfant spontané, Enfant naturel |

Types de leaders (4) Kenneth H. Blanchard | leader directif | leader vendeur | leader participatif | leader délégatif |

Masques de comédie (5) André Bonnard, hélenniste | docteur charlatan-pédant - Diafoirius, Il Dottore, Dosennus, Doktor Faust, Desfonandrès, Doctor Caïus | vieillard avide et convoiteur - Pantalon, Harpagon, Pappas, Eudion, Volpone, Bartholo | cuisinier goinfre et féroce - Arlequin, Agoracrite, Méson, Manducus, Hans Wurtz | dindon de la farce - Pulcinella-Polichinelle, Kasperl | guerrier vantard, grotesque et dangereux - Capitaine Fracasse, Capitán, Lamachos, Pyrgopolinice, Matamore |

Types de personnalités (5) Jean Cottraux | Personnalité dépendante - N'exprime jamais tes désirs personnels, Soumets-toi, Suis les autres | Personnalité évitante - Evite les autres, Ne les laisse pas approcher | Personnalité narcissique - Utilise les autres à ton profit, Comporte-toi toujours comme si tu étais le meilleur | Personnalité paranoïaque - Méfie-toi des autres, Tais-toi, Ne parle pas, Attaque avant qu'on ne t'attaque | Borderline - Quitte les autres avant qu'ils ne se rendent compte de qui tu es, Fais des crises pour tester leur amour, Règne sur eux en jouant de leurs émotions |

Spirale dynamique, Méta-mèmes (vMèmes) attracteurs de valeurs (8) Christopher C. Cowan | voir Beck

Ennéagramme (9) David Daniels | Perfectionniste | Altruiste | Battant | Romantique | Observateur | Loyal-sceptique | Epicurien | Protecteur | Médiateur |

Types de penseurs (6) Edward de Bono | Chapeau blanc - objectif et rationnel | Chapeau rouge - émotionnel et intuitif | Chapeau noir - critique, avocat du diable | Chapeau jaune - optimiste | Chapeau Vert - créatif tous azimuts | Chapeau bleu - méthodologue, projectif, superviseur neutre, gardien du protocole |

Modèles dominants (7) René de Lassus | Battant | Soumis-Suiveur | Dévoué | Rebelle | Roublard | Militant | Moi j'suis comme ça |

Les anti-leaders mythologiques (4) Maurice Druon | le Riche, qui dépouille les autres | le Beau, égocentrique et narcissique | le Sage, inerte et connaisseur des hommes | le Fort, compétent, déterminé, violent |

Parties-prenantes de la qualité (4) W. Edwards Deming | plannificateurs | faiseurs | vérificateurs | améliorants |

Profils de collaborateurs (4) Nicolas Eber | Collaborateur inconditionnel | Traître inconditionnel | Donnant-donnant (collaborateur conditionnel, joue exactement ce que l'autre vient de jouer) | autres stratèges

Profils psychosociologiques (5) Yves Enrègle | Obélix - réalisateur | Astérix - guide | Abraracourcix - organisateur | Panoramix - mobilisateur positif | Assurancetourix - mobilisateur négatif |

Maturité personnelle (8) Erik Erikson | confiance | autonomie | initiative | travail | identité | intimité | générativité |

Profils d'apprentissage (8) Richard Felder | actif | réfléchi | sensible | intuitif | visuel | verbal | séquentiel | global |

Types intégratifs de personnalité Ennéagramme et Myers-Briggs (12) Larry J. Gabbard | Perfectionniste | Altruiste | Motivateur | Spécialiste | Individualiste | Assistant | Observateur | Penseur | Loyaliste | Enthousiaste | Champion | | Médiateur |

Styles d'apprentissage (4) Gilles Gagnon | voir Bédard

Octogramme (8) Bert Goos | Pionnier | Homme de réseau | Accomplisseur | Stratège | Fixateur | Analyste | Animateur d'équipe | Aide |

Profils intellectuels (4) Anthony F. Gregorc | Concret linéaire | Abstrait aléatoire | Abstrait linéaire | Concret aléatoire |

Préférences cérébrales (4) Ned Hermann | Cortical gauche - rationnel, factuel | Cortical droit - expérimental, imaginatif | Limbique gauche - prudent, structuré | Limbique droit - interpersonnel, intuitif |

Types de leaders (4) Paul Hersey | voir Blanchard

Types de base (8) Gerardus Heymans | Nerveux - émotif-inactif-primaire | Sentimental - émotif-inactif-secondaire | Colérique - actif exubérant, enthousiaste, émotif-actif-primaire | Passionné - émotif-actif-secondaire | Sanguin - réaliste, non émotif-actif-primaire | Phlegmatique - non émotif-actif-secondaire | Amorphe - non émotif-non actif-primaire | Apathique - non émotif-non actif-secondaire |

Interactions fondamentales (4) Randy Y. Hirokawa | établit des procédures opératives | analyse les solutions posibles | génère les solutions posibles | évalue les solutions potentielles |

Dynamiques de la personnalité (9) David Horne | Mental-mental (rare) | Mental-relationnel (rare) | Mental-technique (commun) | Relationnel-mental (commun) | Relationnel-relationnel (rare) | Relationnel-technique (commun) | Technique-mental (commun) | Technique-relationnel (commun) | Technique-technique (rare) |

Théorie Dramatica, personnages (8) Chris Huntley | Personnage principal, Narrateur | Protagoniste, Meneur de l'intrigue | Héros (rencontre des deux précédents) | Opposant | Compère | Obstacle, Forte-Tête, Individualiste ou Franc-tireur | Rationnel | Spontané | Sceptique | Guide, Maître |

Profils psychologiques (6) Taibi Kahler | Travaillomane - aime-moi pour la qualité de mon travail | Persévérant - aime-moi pour mes opinions, pour mes valeurs | Rebelle - aime-moi tel que je suis, interagis, joue avec moi | Empathique - aime-moi pour ma sensibilité | Promoteur - stimule-moi, rends-moi fort et vivant | Rêveur - respecte ma bulle, donne-moi des échéances |

Profils psychologiques (4) Carolyn Kalil | Courageux - actif-rationnel | Conventionnel - réactif-émotionnel | Compatissant - actif-émotionnel | Conceptuel - réactif-rationnel |

Tempéraments (4) David W. Keirsey | Dionysiaque - la liberté avant tout | Epiméthéen - je veux être utile | Prométhén - à moi le pouvoir | Apollonien - l'investigation et la connaisance pour elles-mêmes |

Tempéraments (16) David Mark Keirsey | Supervisor, Superviseur | Inspector, Contrôleur | Provider, Fournisseur-ressource | Protector, Protecteur | Promoter, Promoteur | Crafter, Artisan | Performer, Interprète | Composer, Compositeur | Teacher, Enseignant | Counselor, Conseiller | Champion, Champion | Healer, Guérisseur | Fieldmarshal, Chef de projet | Mastermind, Cerveau | Inventor, Inventeur | Architect, Bâtisseur-architecte |

PTypes (16) Dave Kelly | Conscientieux | Sensible | Vigilant | Dramatique | Agressif | Idiosyncratic, Original | Inventif | Solitaire | Leisurely, Sensuel-Diletante | Sérieux | Self-sacrificing, Capable de sacrifice | Dévoué | Sûr de lui | Aventureux | Mercurial, Mercuriel | Artistique |

Profils d'apprentissage (4) David Kolb | Activist, Expérimentateur concret - divergent | Reflector, Observateur réflexif - assimilateur | Pragmatist, Expérimentateur actif - convergent | Theorist, Concepteur abstrait - accomodateur |

Attitudes face au changement (4) Wilfried Krüger | Opposant - montre du négatif, pense du négatif | Opposant caché - montre du positif, pense du négatif | Promoteur potentiel - montre du négatif, pense du positif | Promoteur - montre du positif, pense du positif |

Styles d'apprentissage (4) Luc Lacroix | voir Bédard

Passions humaines (6 ou plus) André Larané | Amour | Dépassement de soi | Création | Curiosité [ndlr - j'ajoute active, investigation, ou passive, observation] | Soif de dignité ou de reconnaissance [Affirmation de soi et de ses prérogatives] | Appétit de pouvoir |

Participants en groupe de tâches (4) | Pierre Lebel | Impératif | Attentif | Effacé | Coopératif |

Types de base (8) René Le Senne | voir Heymans |

Profils psychosociologiques (9) Charles J. Margerison | informer | innover | promouvoir | développer | organiser | produire | inspecter | maintenir | coordonner |

Profils de personnalité, couleurs de Marston (4) William Moulton Marston | Rouge, le Confiant | Jaune, l'Enthousiaste | Vert, le Sympathique | Bleu, le Fiable |

Besoins humains (5) Abraham Maslow | besoins physiologiques | besoins de sécurité | besoins d'appartenance | besoins d'estime | besoins d'accomplissement, de réalisation de soi |

Besoins fondamentaux (9) Manfred Max-Neef | subsistance | protection | affection | compréhension (cognition) | participation | loisir | création | identité | liberté |

Profils psychosociologiques (9) Dick Mc Cann | voir Margerison

Profils psychosociologiques (6) Pierre Mongeau | Impulsif | Convaincant | Analyste | Discret | Sceptique | Strict |

Ennéagramme (9) Helen Palmer | voir Daniels

Archétypes (12) Carol Pearson | Innocent | Orphelin | Guerrier | Parent | Explorateur | Amant | Destructeur | Créateur | Gouverneur | Magicien | Sage | Fou |

Natures fondamentales (8) Philippe Peissel | Mère | Amante | Vierge guerrière | Laboureur | Guerrier | Nomade | Bâtisseur |

Types comportementaux (4) Ivan Petrovitch Pavlov | excitable | craintif | calme | vif |

Styles d'apprentissage (4) Fernand Pellerin | voir Bédard

Théorie Dramatica, personnages (8) Melanie Anne Phillips | voir Huntley

Personnages du conte merveilleux (7) | Vladimir Propp | Héros | Princesse | Mandateur | Agresseur | Donateur | Auxiliaire | Faux Héros |

Styles de personnalité (7) | Bernard Raquin | Affectif | Opinion | Défi | Organisateur | Méditatif | Synergique |

Modes d'interaction (5) Yves Saint-Arnaud | Centre | Emetteur | Récepteur | Satellite | Absent |

Dyamiques relationnelles (5) Jacques Salomé | Eponge | Filtre | Entonnoir | Tamis | Alambic |

Dynamiques de personnalité (9) Sandra Seagal | voir Horne

Principaux modèles comportementaux (10 et plus) Paul Sheats | voir Kenneth Benne

Types d'orateurs (7) LeeAundra Temescu | Entertainer, Comique | Educator, Pédagogue | Evangelist, Prédicateur | Exhibitor, Démonstrateur | Energizer, Mobilisateur | Eulogist, Apologiste | Executive, Pragmatique |

Octogramme (8) André Tjoa | voir Bert Goos

Stades personnels (7) William Rockwell Torbert | Expert | Consolideur | Individualiste | Diplomate | Stratège | Opportuniste | Magicien |

Profils psychosociologiques (6) Jacques Tremblay | voir Mongeau

Types de base (8) Enno Wiersma | voir Heymans

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 Profils - 1e partieMon 13 Dec 2004
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Profils - 1e partie [ Un panorama des profils - 2e partie >> ]


Profils mis à profit


Les lecteurs d'Absara sont désormais familiers des modèles de Meredith Belbin, Yves Enrègle, Taibi Kahler ou de Robert Freed Bales. Le premier, Britannique, suggère de recruter, pour les équipages spatiaux - très pointilleux -, des profils relationnels conciliants. Le second, psychanalyste touche-à-tout de la place parisienne, calque les modèles de leadership sur les personnages emblématiques du village d'Astérix. Le troisième, Américain, ami personnel de Bill Clinton et versé - lui aussi - dans le casting d'équipages spatiaux, décrit six profils psychologiques universels, à partir d'observations de patients psychiatriques. Il occupe la place de prolongateur lumineux des travaux d'Eric Berne. Quant au dernier, pilier de l'observation en dynamique de groupe, regretté bien au-delà des frontières américaines, il reste - avec ses douze comportements-clés - le passeur de relai le plus rigoureux, le plus pragmatique et peut-être le plus déterminant de la dynamique de groupe. Qu'en est-il des autres systèmes ? Existe-t-il des modèles aussi pertinents que ceux que nous venons de voir ?

La roue, outil civilisateur, entend-on chez les historiens. La roue, comme l'arbre, est un motif récurrent de l'histoire humaine, valorisé dans les modèles religieux. C'est certainement pour leur pouvoir d'évocation puissant que les psychologues puisent dans ces archétypes. Témoins : des admirateurs - justement - du père des archétypes, Carl Gustav Jung, qui s'appuient sur la symbolique de la roue pour modéliser leur théorie. Dick Mc Cann et Charles J. Margerison, consultants en management établis en Australie, distillent leur Team Management System (TMS, voir également ici) de manière... rotative. Pour RMC-conseils, cabinet haut-rhinois de conseil en ressources humaines, la roue TMS synthétise de façon claire et dans la langue de l'entreprise, les fonctions à prendre en compte dans le travail de l'équipe et les caractéristiques des personnes qui sont les plus aptes à assumer ces fonctions. Carl Gustav Jung est mis à contribution, de même que Meredith Belbin (!) Résultat : une synthèse, plutôt heureuse, en neuf fonctions actives. Les consultants y vont de leur énumération : 1. informer - rechercher et diffuser les informations utiles, 2. innover - susciter de nouvelles idées, 3. promouvoir - saisir les opportunités et enthousiasmer, 4. développer - évaluer et tester les projets, 5. organiser - réunir les moyens et planifier la réalisation, 6. produire - établir le processus de production, 7. inspecter - vérifier les détails et la conformité, 8. maintenir - assurer l'intendance et le respect des valeurs, 9. coordonner - créer la synergie et dynamiser les groupes de travail. Le compte est bon : toutes les fonctions-clés sont mises en évidence. Avantage : ce sont bien des fonctions (abstraites, interchangeables) et non des rôles (désignant des personnes).





Seconde et ultime étape de notre voyage : le Canada. Mais avant cela, retraçons le cours des choses. Au commencement, il y avait des managers, d'une part, et des chercheurs, d'autre part. Les premiers manageaient, observaient et écrivaient des manuels de management. Les seconds étudiaient des groupes-tests. Les premiers, très pragmatiques, manquaient de rigueur scientifique. Les seconds, plus sourcilleux, produisaient des résultats rébarbatifs et abstraits. Que faire pour avoir des bases en dynamique de groupe, qui soient à la fois objectives (scientifiques) et exploitables en situation de tous les jours ? C'est précisément la question qui a hanté jour et nuit le psychopédagogue Pierre Mongeau et le consultant en organisation Jacques Tremblay, regroupés - le temps d'un travail de recherche - sous les couleurs de l'université du Québec de Rimouski. Objectif : concevoir un modèle générique et universel (un métamodèle), qui viendrait coiffer tout ce qui a pu se dire sur les profils en dynamique de groupe. La question brûle toutes les lèvres : est-ce qu'il existe des profils systématiques, identifiables en situation ?

Les résultats, jubilent les deux chercheurs, ont révélé trois niveaux d'analyse.

1. Une première catégorie réunit trois modes d'interaction où l'individu joue un rôle proactif et cherche à moduler le déroulement des événements dans le groupe. Il s'agit des modes Impulsif, Convaincant et Analyste.

Impulsif : exprime promptement son avis, ses sentiments et ses opinions, quitte à les analyser par la suite. Il ne peut s'empêcher de laisser savoir ce qu'il pense. Ses interventions dynamisent le travail du groupe.

Convaincant : tente de persuader, de vendre une idée ou un projet. Il cherche à convaincre tout le monde et profite de toutes les opportunités pour obtenir l'adhésion à ses propositions. Sa fonction au sein du groupe serait de rallier les diverses contributions des membres autour d'un même projet.

Analyste : met en perspective l'ensemble des éléments, communique sa compréhension des enjeux, accorde une grande importance à bien établir où l'on va. Sa contribution principale est de clarifier les échanges et la production.

2. La seconde catégorie réunit les trois autres modes d'interaction où l'individu joue un rôle réactif. Il réagit à ce qui se passe au sein du groupe. Ces modes d'interaction sont respectivement nommés : Discret, Sceptique et Strict.

Discret : appuie plus souvent qu'il ne propose, reste silencieux lors de confrontations entre d'autres membres, est plutôt effacé et tend à noyer ses idées parmi celles des autres. Sa contribution se situe principalement au niveau de l'écoute et de l'appui aux autres membres du groupe.

Sceptique : se fie peu aux autres. Il est aux aguets et cherche à savoir à qui profitera une décision. Face aux tensions, il tend à tout ramener à un conflit d'intérêts. Sa fonction est de surveiller et d'examiner les échanges.

Strict : préoccupé par le respect de l'horaire, des règles et des procédures. Il porte beaucoup d'attention à la structure et à la répartition équitable des tâches entre les membres. Sa contribution est de structurer les échanges et la production.

Le dernier niveau d'analyse connecte les rôles proactifs (1.) et réactifs (2.) aux dimensions psychosociologiques mises en évidence par les modèles dans le sillage de Kurt Lewin (style autocrate, débonnaire ou laisser-faire) : Robert Blake et Jane Mouton en tête.

Convaincant et Impulsif trouvent ainsi leur centration dans la production du groupe. Les participants interagissant sur ces modes, expliquent Pierre Mongeau et Jacques Tremblay, contribuent surtout à l'avancement de la tâche [ndlr - centration "tâche" ]. Ils veulent que le travail avance et avance le plus vite possible, précisent les chercheurs.

Discret et Sceptique sont surtout préoccupés par la qualité des relations d'échange entre les gens. Les uns s'en méfient tandis que les autres les redoutent. C'est ce qu'on appelle la centration "personnes".

Pour finir, les participants interagissant sur les modes Strict et Analyste contribuent essentiellement au bon fonctionnement du groupe, c'est-à-dire à son organisation.

Synthétique, clair, passionnant.

Comme Jean-Edern Hallier s'amusait à le faire, vous pourrez désormais jeter vos manuels scandaleusement dispendieux par-dessus l'épaule...

[ Images (c) RMC-conseils & Strategos.ch | l'étude de Pierre Mongeau et Jacques Tremblay ]


 Profils - 1e partieMon 13 Dec 2004
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Profils - 1e partie [ Un panorama des profils - 2e partie >> ]


Profils mis à profit


Les lecteurs d'Absara sont désormais familiers des modèles de Meredith Belbin, Yves Enrègle, Taibi Kahler ou de Robert Freed Bales. Le premier, Britannique, suggère de recruter, pour les équipages spatiaux - très pointilleux -, des profils relationnels conciliants. Le second, psychanalyste touche-à-tout de la place parisienne, calque les modèles de leadership sur les personnages emblématiques du village d'Astérix. Le troisième, Américain, ami personnel de Bill Clinton et versé - lui aussi - dans le casting d'équipages spatiaux, décrit six profils psychologiques universels, à partir d'observations de patients psychiatriques. Il occupe la place de prolongateur lumineux des travaux d'Eric Berne. Quant au dernier, pilier de l'observation en dynamique de groupe, regretté bien au-delà des frontières américaines, il reste - avec ses douze comportements-clés - le passeur de relai le plus rigoureux, le plus pragmatique et peut-être le plus déterminant de la dynamique de groupe. Qu'en est-il des autres systèmes ? Existe-t-il des modèles aussi pertinents que ceux que nous venons de voir ?

La roue, outil civilisateur, entend-on chez les historiens. La roue, comme l'arbre, est un motif récurrent de l'histoire humaine, valorisé dans les modèles religieux. C'est certainement pour leur pouvoir d'évocation puissant que les psychologues puisent dans ces archétypes. Témoins : des admirateurs - justement - du père des archétypes, Carl Gustav Jung, qui s'appuient sur la symbolique de la roue pour modéliser leur théorie. Dick Mc Cann et Charles J. Margerison, consultants en management établis en Australie, distillent leur Team Management System (TMS, voir également ici) de manière... rotative. Pour RMC-conseils, cabinet haut-rhinois de conseil en ressources humaines, la roue TMS synthétise de façon claire et dans la langue de l'entreprise, les fonctions à prendre en compte dans le travail de l'équipe et les caractéristiques des personnes qui sont les plus aptes à assumer ces fonctions. Carl Gustav Jung est mis à contribution, de même que Meredith Belbin (!) Résultat : une synthèse, plutôt heureuse, en neuf fonctions actives. Les consultants y vont de leur énumération : 1. informer - rechercher et diffuser les informations utiles, 2. innover - susciter de nouvelles idées, 3. promouvoir - saisir les opportunités et enthousiasmer, 4. développer - évaluer et tester les projets, 5. organiser - réunir les moyens et planifier la réalisation, 6. produire - établir le processus de production, 7. inspecter - vérifier les détails et la conformité, 8. maintenir - assurer l'intendance et le respect des valeurs, 9. coordonner - créer la synergie et dynamiser les groupes de travail. Le compte est bon : toutes les fonctions-clés sont mises en évidence. Avantage : ce sont bien des fonctions (abstraites, interchangeables) et non des rôles (désignant des personnes).





Seconde et ultime étape de notre voyage : le Canada. Mais avant cela, retraçons le cours des choses. Au commencement, il y avait des managers, d'une part, et des chercheurs, d'autre part. Les premiers manageaient, observaient et écrivaient des manuels de management. Les seconds étudiaient des groupes-tests. Les premiers, très pragmatiques, manquaient de rigueur scientifique. Les seconds, plus sourcilleux, produisaient des résultats rébarbatifs et abstraits. Que faire pour avoir des bases en dynamique de groupe, qui soient à la fois objectives (scientifiques) et exploitables en situation de tous les jours ? C'est précisément la question qui a hanté jour et nuit le psychopédagogue Pierre Mongeau et le consultant en organisation Jacques Tremblay, regroupés - le temps d'un travail de recherche - sous les couleurs de l'université du Québec de Rimouski. Objectif : concevoir un modèle générique et universel (un métamodèle), qui viendrait coiffer tout ce qui a pu se dire sur les profils en dynamique de groupe. La question brûle toutes les lèvres : est-ce qu'il existe des profils systématiques, identifiables en situation ?

Les résultats, jubilent les deux chercheurs, ont révélé trois niveaux d'analyse.

1. Une première catégorie réunit trois modes d'interaction où l'individu joue un rôle proactif et cherche à moduler le déroulement des événements dans le groupe. Il s'agit des modes Impulsif, Convaincant et Analyste.

Impulsif : exprime promptement son avis, ses sentiments et ses opinions, quitte à les analyser par la suite. Il ne peut s'empêcher de laisser savoir ce qu'il pense. Ses interventions dynamisent le travail du groupe.

Convaincant : tente de persuader, de vendre une idée ou un projet. Il cherche à convaincre tout le monde et profite de toutes les opportunités pour obtenir l'adhésion à ses propositions. Sa fonction au sein du groupe serait de rallier les diverses contributions des membres autour d'un même projet.

Analyste : met en perspective l'ensemble des éléments, communique sa compréhension des enjeux, accorde une grande importance à bien établir où l'on va. Sa contribution principale est de clarifier les échanges et la production.

2. La seconde catégorie réunit les trois autres modes d'interaction où l'individu joue un rôle réactif. Il réagit à ce qui se passe au sein du groupe. Ces modes d'interaction sont respectivement nommés : Discret, Sceptique et Strict.

Discret : appuie plus souvent qu'il ne propose, reste silencieux lors de confrontations entre d'autres membres, est plutôt effacé et tend à noyer ses idées parmi celles des autres. Sa contribution se situe principalement au niveau de l'écoute et de l'appui aux autres membres du groupe.

Sceptique : se fie peu aux autres. Il est aux aguets et cherche à savoir à qui profitera une décision. Face aux tensions, il tend à tout ramener à un conflit d'intérêts. Sa fonction est de surveiller et d'examiner les échanges.

Strict : préoccupé par le respect de l'horaire, des règles et des procédures. Il porte beaucoup d'attention à la structure et à la répartition équitable des tâches entre les membres. Sa contribution est de structurer les échanges et la production.

Le dernier niveau d'analyse connecte les rôles proactifs (1.) et réactifs (2.) aux dimensions psychosociologiques mises en évidence par les modèles dans le sillage de Kurt Lewin (style autocrate, débonnaire ou laisser-faire) : Robert Blake et Jane Mouton en tête.

Convaincant et Impulsif trouvent ainsi leur centration dans la production du groupe. Les participants interagissant sur ces modes, expliquent Pierre Mongeau et Jacques Tremblay, contribuent surtout à l'avancement de la tâche [ndlr - centration "tâche" ]. Ils veulent que le travail avance et avance le plus vite possible, précisent les chercheurs.

Discret et Sceptique sont surtout préoccupés par la qualité des relations d'échange entre les gens. Les uns s'en méfient tandis que les autres les redoutent. C'est ce qu'on appelle la centration "personnes".

Pour finir, les participants interagissant sur les modes Strict et Analyste contribuent essentiellement au bon fonctionnement du groupe, c'est-à-dire à son organisation.

Synthétique, clair, passionnant.

Comme Jean-Edern Hallier s'amusait à le faire, vous pourrez désormais jeter vos manuels scandaleusement dispendieux par-dessus l'épaule...

[ Images (c) RMC-conseils & Strategos.ch | l'étude de Pierre Mongeau et Jacques Tremblay ]


 Syndrome ApolloThu 23 Sep 2004
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"Houston, on a un problème." Tout le monde connait cette réplique alarmante du film à succès de Ron Howard. Tout aussi fameux - dans son genre - est Meredith Belbin, docteur en psychologie, sujet de Sa Gracieuse Majesté, jadis consultant pour l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ou le ministère américain du Travail. Ses manuels sont des best-sellers planétaires. Son domaine : la dynamique de groupe. C'est ce qui l'amène à se demander comment des sujets brillants (les meilleurs !) peuvent ensemble produire un fiasco de l'ampleur de celui de la mission à la bannière étoilée. Comment peut-on être aussi "pointu" et manquer mourir dans l'espace ?

Une équipe d'experts, tout comme un ordinateur équipé de Windows, peut générer des arrêts critiques. Technicité et crashes brutaux vont ensemble. Pourquoi ? Belbin explique que les géants intellectuels, ultra spécialisés, sont de véritables nains relationnels. Pour eux, le groupe est une gageure. Trop d'égo, trop de débats, trop de technicité les empêchent de coordonner des actions basiques. Un vérouillage surgit.

Comme dans tout syndrome, poursuit Belbin, plusieurs symptomes co-existent : 1) intellectualisme poussé, prolongé de "débats stériles" où chacun s'escrime à "persuader les autres membres d'adopter son propre point de vue", 2) pinaillage égotique, où chacun emploie son talent à "pointer les faiblesses dans l'argumentation de l'autre", 3) incohérence complète des decisions prises en commun (Rensis Likert explique aussi cela), 4) négligence des tâches "urgentes et nécessaires". Le résultat est un "plantage" total, l'inertie poussée à son paroxysme. L'on est très près d'un profil décrit par un autre spécialiste des équipages spatiaux : le génial Taibi Kahler. Sous stress intense, son persévérant, homme de principe, rigide, se bat bec et ongles pour imposer ses vues. Y compris quand les priorités opérationnelles deviennent aiguës.

Je pinaille alors qu'un réservoir d'oxygène explose : voilà toute la mesure du syndrome Apollo. Belbin préconise d'adjoindre aux équipes "cérébrales" des talents davantage orientés "communication". Il faut de tout pour faire une équipe opérante : des intellectuels rigoureux, des hommes d'action énergiques et des personnages empathiques, soucieux de coopérer pour le bien de tous.

Réussir un bon vol spatial, ou tout projet d'excellence, c'est mobiliser toutes les composantes humaines. Tout le prouve : complémentarité rime avec succès.

[ Un peu plus loin avec les team roles de Belbin ]