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 Occident et Orient - 2e partieSun 9 Apr 2006
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[ << Améliorer plutôt que changer - 1e partie ] Occident et Orient - 2e partie

<< Dans la conception extrême-orientale de la conquête du pouvoir et des honneurs, la question de l’efficacité est centrale. Le panache y est plutôt vu comme une faiblesse, l’expression d’une vanité plutôt qu’une esthétique flamboyance. Le stratège véritable se fond dans le paysage, se coule dans le processus, et manifeste, d’abord, le souci d’une prudence extrême. Pour durer, il faut – au minimum – survivre. Il semble donc naturel de commencer par organiser les conditions de son inexpugnabilité. Les mesures préventives [...] construisent les bases d’une stratégie victorieuse, la sagesse du guerrier consistant d’abord à ne rien faire qui aide l’ennemi à forger ses armes, qui excite sa rivalité ou renforce sa motivation. >>

Marc Traverson, blogueur fameux, coach et auteur de La Zen attitude

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 De l'utilité des réseaux, 2e partieThu 12 Jan 2006
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[ << De l'utilité des réseaux, 1e partie ] Remarque éclair - De l'utilité des réseaux, 2e partie [ 3e partie, le don, phénomène à double tranchant >> ]

Celui qui dans ses entreprises cherche uniquement son intérêt propre excite beaucoup de mécontentement, Confucius (551-479 av. J.-C.)
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A mon avis, s'annoncer dans un tonnerre de trompettes et proposer tout de go un partenariat à quelqu'un n'a pas de sens. Fût-ce sur Internet, où les choses vont pourtant vite. Attention : vite et bien sont compatibles. Et vitaux. Que ce soit sur le Net ou dans la vraie vie, plusieurs facteurs conditionnent le succès, ou tout au moins le 'sans faute' :

1. le 'poids' économique de quelqu'un. Si je représente économiquement moins (même à terme) que ma cible, la relation est déséquilibrée. Que faire ? Attendre de prendre de la masse. Si je pèse autant que ma cible, cela peut valoir la peine d'essayer. Davantage ? Prévoir alors de démontrer l'intérêt, en valorisant - chez l'autre - sa compétence-clé.

2. Les règles de politesse. L'on peut appeler quelqu'un par son prénom, certes. Mais les premiers temps au moins - sauf contre-indication culturelle de sa part - privilégier le vous. Et puis agir comme tous les jours : salutations d'usage, respect de l'âge, du statut, des domaines de compétence d'autrui. Pourquoi ? Parce que c'est culturel. Or, la culture, c'est ce qui donne un cadre à la relation. Et un rythme. Les us sont des modalités connues, qui satisfont le besoin instinctif des uns et des autres de se figurer la forme que prendra l'avenir. Une sorte de canevas rassurant.

3. La progressivité. L'on fait une offre à quelqu'un si et seulement si on le connaît. Bien, je veux dire. L'acte d'amour couronnant de galants préparatifs, l'acte d'affaires obéit à la même règle. Rendez à la personne visée plusieurs services, même petits, surtout sincères : mentalement bien orientés, chaleureux, adultes et assumés. Si elle vous connaît, du point de vue de votre utilité [*] à son égard, elle ouvrira ses oreilles quand vous lui direz : Mon cher, puis-je vous parler de quelque chose qui me tient à coeur, idéalement dans les deux semaines qui viennent ? L'on écoute ceux qui nous aident. Et qui l'ont prouvé.

Les mouches s'attrapent avec du miel. Or ce dernier s'obtient avec patience et tours de main multiples. Pour rappel symbolique, l'abeille figure la sagesse chez les Juifs. En conclusion, le réseau, c'est du temps. Et de la gentillesse : celle qui rend service. La sagesse ? Discernement pur.

[ Relire Confucius, notamment les pans relatifs à la politique et au fait humain ]


[*] Est utile celui ou celle qui satisfait des constantes anthropologiques chez vous : des instincts. Par exemple, vous faire gagner du temps (besoin de maîtriser ce qui s'écoule), de la certitude sur quelque chose (clarté cognitive), de la confiance en vous (valorisation de vos prérogatives et de vos territoires, notamment de compétence), de l'argent (sécurité immédiate), des contacts précieux (sécurité à terme) ou des biens (biens à jouir).

[ Autre sujet - écouter l'anthropologue Philippe Descola. Et par exemple l'enregistrer directement en MP3, à partir du flux de Real player ]


 De l'utilité des réseaux, 1e partieMon 5 Dec 2005
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De l'utilité des réseaux, 1e partie [ Remarque éclair, 2e partie >> ]

L'on sait depuis Alexandre le Grand [1] que la promotion, les honneurs et autres percées vers le haut ont une valeur quand elles sont dues au mérite exclusif. Celui qui progresse à la force du poignet, ce self made man si prégnant chez l'Oncle Sam, a la côte. On l'admire. On le pense capable de tout. Et surtout du meilleur. Il a la volonté et la connaissance des échelons successifs, connaissance fort utile pour ensuite manager les différentes strates qui conduisent à son poste. Soit. Est-ce que cette façon de voir, un peu romantique, a des failles ? Oui bien sûr. On peut l'aimer (j'en fais partie) et rester lucide. Le discernement est l'atout principal du conducteur de troupes. Ce qui marche en théorie - et Dieu sait si c'est noble - se heurte à la culture. Manager est un acte inclus dans la culture. Eh oui. On attaque ?

Regardons ensemble. Il y a trois choses. Ou plutôt trois périodes. Souvenons-nous d'une culture passée, où les affaires se faisaient entre initiés. Entre personnes liées. C'est-à-dire, au final, entre petites quantités de gens. L'automobile des années 1920 étaient comme cela : les fabricants s'adressaient à un petit marché, riche à l'époque. Il y eut aussi la télévision : pareil. Ses heureux propriétaires [2] se comptaient, au départ, sur les doigts de la main. Une petite offre, une petite demande. Comment la sphère informationnelle se comportait-elle ? Les uns parlaient aux autres au moyen de publicités ciblées. Il y avait encore peu de 'réclames' : les ressources se cherchaient comme des aiguilles dans des meules de foin. C'était calme : les médias s'invitaient discrètement.

Deuxième temps : une communication de masse. L'offre et la demande se rencontrent comme deux lames de fond. De grands mouvements informationnels, et commerciaux, déplacent des millions de données. Les caractères d'imprimerie donnent le change aux propos radiophoniques, aux blablas numériques, aux saoûleries télévisuelles. Chouette, mais envahissant. Le tri cognitif [3] devient difficile. Beurk devient le râle de l'oie consommatrice, gavée jusqu'au bec.

Troisième temps : les réseaux. Je les place volontairement au bout de la frise chronologique. Il s'agit, pour moi, d'une période où les filtres cognitifs les meilleurs sont mis à contribution. Quels sont les meilleurs moyens de qualifier l'information qui vous intéresse et intéresse votre sphère, votre marché, votre milieu [4] ? Réponse : les gens. Prenez quelques personnes informées, qui - en outre - ont professionnellement intérêt à trier, diffuser, jouir eux-mêmes de l'information qui rapporte. Qui LEUR rapporte. Et qui parallèlement vous rapporte. Ces gens-là sont les parties-prenantes de ce qu'il convient d'appeler un réseau. Pour aller vite et capter l'essentiel, rien de tel que des agents qui travaillent pour vous. Et profitent de la synergie, des échanges et des 'renvois d'ascenseur' qu'une telle alliance procure. Une alliance de fait. Les réseaux sont les instruments de la réussite. Comme je le disais à Jacques Froissant, l'on devrait enseigner cela à l'école. Etre bon, c'est bien. Etre efficace, c'est mieux : d'autres en profitent. Etre efficient (selon un rapport résultat obtenu sur énergie - ou temps - déployés), c'est une clé. C'est LA clé. Vos concurrents n'ont qu'à bien se tenir. Vous devez être capable de donner satisfaction à un réseau. Qui vous le rendra bien. Le carburant du réseau, c'est l'unité de services rendus. Composez-vous un bon réseau, sensible au gagnant-gagnant (c'est le donnant-donnant d'antan). Valorisez ce réseau. La méritocratie a changé de peau, elle est de plus en plus tournée vers la capacité à structurer et faire vivre un réseau. Est méritant celui qui se compose un réseau. Y compris à la force du poignet.

Paradoxal ? Oui et non. Il faut vivre avec son temps.
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[1] Connaître la clé de ses succès militaires, donc humains.

[2] Je rends hommage à l'un de mes arrières grands-pères, avant-gardiste et curieux de tout, qui était le seul de sa petite ville de l'Aveyron à disposer d'un poste de TV. Une sorte d'Age d'or où seule une poignée de gens (ici enthousiaste - et parfois, mais pas toujours, aisée) jouissait des avancées d'une technique.

[3] La cognition, kesako ? Voir ici.

[4] Les milieux sont multiples. Et particulièrement opérants.

[ Sortir du rêve - Certains succès ou échecs dépendent de nous, d'autres pas du tout ]