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 Seul avec tous - 13e partieWed 13 May 2009
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Manager quand ça pète


Qu'est-ce qu'un bon manager ? (Mmh.) Faut-il passer par les champs de bataille pour répondre à ça ? Faut-il envisager les éternels rapports de force ? La nature conquérante et violente [1] de l'homme ? L'Histoire coloniale ? l'Histoire de France ?

Moi, je dis oui. Car, dans la vie, tout est management. (Et tout est jeu.) Ben oui : tout est friction, tout est compréhension de l'autre (en théorie). Et tout est motivation : mise en mouvement de soi et d'autrui, en contexte tendu. Cf. vie et travail, version dynamique.

Regardons ça.

Le contexte ? France culture. J'allume, ce matin, la radio. Et là, le journaliste Emmanuel Laurentin [2], producteur et animateur de La Fabrique de l'Histoire, donne la parole à des descendants. Il s'agit de la famille du général Alain Fauveau, qui témoigne de la vie de son ancêtre : Charles de Berterèche de Menditte [3], militaire et homme d'honneur.

Menditte est officier dans le Haut Tonkin (actuel Vietnam) entre 1895 et 1897.

Outre les anecdotes ébouriffantes, l'homme apparaît comme un manager : il en a le profil et les pratiques. C'est ce que pense sa famille, avec ce propos incroyable :

Charles de Menditte était ce qu'on nommerait maintenant un manager, qui faisait passer ses hommes avant tout. Il était comptable [ responsable, nda ] de la vie de chacun. Un vrai manager fait passer l'intérêt de ses hommes avant tout. Et surtout avant lui-même. Contrairement au carriériste, qui est un individualiste. Le manager, lui, prend des risques personnels pour les autres. Et garde leur bien-être en tête, à tout moment.

Je trouve ça inspirateur. Et bien pensé.

Vos réactions ?
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[1] Revoir le grand René Girard.

[2] Menditte, le parcours (pdf).

[3] Menditte et ses carnets : quelques extraits (pdf). Il s'agit, cette fois-ci pour la Première Guerre mondiale, du récit d'un homme de terrain, passé par le feu.

[ Voir aussi Roger J. Morneau, ancien vendeur d'encarts publicitaires en BtoB pour une grande compagnie canadienne d'édition d'annuaires-papier - Il explique préférer le terrain, en contact avec ceux qui peuvent avoir besoin de lui, aux promesses d'une promotion personnelle, pourtant alléchante (responsable régional des ventes) ]  Read More


 Deux temps, trois mouvementsTue 21 Apr 2009
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François Dubet


En deux temps. Je les aime comme ça les billets de blog. Vous savez ? Un fil directeur, qui introduit, et puis un cœur de sujet juste après : parfois en phase (dans la droite continuation), parfois différent. Comme une bifurcation. Vient alors une histoire, un rythme - oui - un truc en deux temps. L'un installe et l'autre dit.

C'est vrai que les derniers billets de ce blog ont des accents très perso. Je l'assume. Écrire des billets, c'est ouvrir quelque chose. Une boîte à choses (et c'est open). Une âme, un vécu... Souvent dans l'instant. Aux contributions pro, viennent contraster (compléter ?) des éléments perso : certitudes, doutes, expériences. Des pointillés forts. Ou bien le tiers-élément d'une tresse à trois brins : 1. le pro, 2. le perso dit (ici écrit), 3. le perso secret (le vrai, diffus, induit, invisible - comme un tempérament, comme un nuage humide, personnel, qui nimbe les écrits).

Ouais.

Je reprends un instant cette histoire de propos en deux temps. Puis passe, avec vous, à François Dubet, sociologue français.

Parlons des Simpsons. La série animée. (Hilarante.) L'art de ses nombreux scénaristes, c'est de couper l'épisode en deux temps, deux histoires. Que dire ? Narration bien faite. Et rebondissement central, qui fait une charnière immédiate. Alors vient un rythme, ok. L'histoire se tord, se dynamise, prend une posture. Un souffle.

Direction France culture à présent. (C'est le second point). Et chapeau bas. Dans son rendez-vous du mardi, de 11 h à 12 h, le journaliste Sylvain Bourmeau (blog, émission La Suite dans les idées) reçoit des personnages-piliers en sciences sociales et humaines. Son invité d'aujourd'hui : le sociologue méridional François Dubet, spécialiste de l'exclusion. Sa contribution d'aujourd'hui confirme un rôle, une pensée à part, stimulante. Qu'en dire ? Les grilles de lecture, selon lui, se plongent dans l'idéologie du XXe siècle. L'épreuve des faits dépasse, malmène et désarçonne donc ces anciennes (quoique vivaces) façons de lire le monde, de l'analyser (voir théma Paradigmes). L'idéologie donne une logique interne : une forme. Une limite...

Or, le monde a changé.

Le monde riche (le nôtre, celui du Nord) change à grands pas. Les institutions classiques ont du mal à suivre. Elles sont en crise. Leur côté rassurant, prépondérant, modérateur, répartiteur (en clair central) s'efface. Et le doute arrive. Regardons ça : la pratique religieuse perd du terrain, l'école absorbe mal la détresse culturelle, l'université isole au lieu d'introduire au choc (et aux attentes) du monde du travail, l'entreprise détruit ses propres emplois (elle est cannibale), les travailleurs sociaux peinent à tisser des références, des pratiques, des liens salutaires, les intellectuels lorgnent tantôt vers les idéologies (forcément réductrices, forcément croupies) tantôt vers le succès personnel lénifiant, pauvre et bien-pensant (carrière, reconnaissance, appétit pour les choses évidentes), les familles deviennent de simples noyaux, souvent monoparentaux, parfois marqués de la chute du père (divorce, chômage, mal à se projeter, à être un individu socioprofessionnel tenace, donc porteur d'une image de structuration, de légitimité, de sagesse - recul, enseignement - et d'autorité ; cf. Nom-du-Père - Lacan -, et cf. Animus).

La lose, en clair.

La perte des repères...

Augmentée d'un moteur ferme et à présent général : l'individualisme à tout va. Quand mon tissu va mal, et que son rôle signifiant part en toupie, je m'appuie sur moi-même. Fini le religare : mes liens, qui pourtant me définissent, s'effilochent. L'Autre devient un rien, un point d'interrogation, voire un porteur de microbes.

De sorte, et c'est là que je veux en venir, la déroutinisation s'installe. Ce qui faisait le code du vivre-ensemble perd en substance. Il se vide. Les modes de communication s'individualisent, donc perdent en efficacité générale. Et comme tout s'évanouit, j'échoue. Je doute. Je bataille. Porteur de moi et de moi seul (survie, accrochage délibéré). Moi seul avec - ou contre - le monde, c'est une croisade perdue.

L'Autre devient un moyen ou, pire, un obstacle. Il n'est plus lui.

Et moi sans lui, je deviens une soustraction. Une peine à être.

Dubet parle du sentiment d'échec. C'est le signal qu'un processus s'arrête. Au lieu d'attribuer à ce tissu de crise mes ralentissements, mes tentatives, mes arrêts dans le milieu (voir Attribution), je crois que l'échec est mon résultat. Ma chose. Mon fruit. Si le reste est maigre, c'est que moi je suis (et je me le dois) être fort. C'est-à-dire opérant. Mais comme c'est sociologiquement infondé, je me heurte à moi. Je crois que tout est de mon fait.

Je déprime. Et perds plus encore le lien avec autrui.

Que dire ? C'est intelligent, c'est réaliste. Je range Dubet parmi les pragmatiques.

Revenons-en à la déroutinisation, qu'il faut rattacher aux thémas Rituels et Besoins de structurer (de maîtriser) le cours du temps. J'en termine ici. Pour communiquer (trouver ce que les autres et moi avons en commun : attentes, envies, projets), je dois passer par des rituels. Des routines. Des garanties. Des clés. Ces processus amènent la paix sociale : si je sais comment pacifier un rapport (les rituels rassurent et montrent que l'on a le même référentiel que l'interlocuteur), eh bien si je possède ça, je me débrouille. Je sais rassurer l'autre et rentrer dans un lien. Il me reconnaît comme un pair.

Si mon trousseau comportemental est vide de clés - ou pire, doté d'une abondance de cultures différentes, segmentées, morcelées, microscopiques (pontillistes, pour paraphraser Dubet), autant dire spécifiques et individualistes -, je me perds. Je perds en lien. Je perds en assurance. Je me perds moi. Je m'éparpille. Et prends des coups (rejet, éviction).

Je m'attribue l'échec. En ligne de mire ? La violence : faite à moi-même, faite aux autres.

J'en finis : je veux rappeler combien, dans sa sagesse, le docteur Berne soulignait l'intérêt d'être superficiel. D'avoir les codes. C'est une dynamique sociale, tournée vers autrui, futile et utile. Constructive, en clair. Naturelle.

L'individualisme est une impasse. La peur de souffrir (maîtrise et prudence excessives) ? Un beau leurre. Le risque : une nécessité, consubstantielle à la vie.

Car il faut bien vivre. (Bon sang.) Et vivre, ça se fait ensemble.

Vous êtes ici chez vous : je vous souhaite une excellente semaine.

Be seeing you.

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[ Bande-son de mes dernières semaines : Charlie Winston, beatnik à souhait (The less I have, the more I'm a happy man... - Ouais, et un hobo, c'est un vagabond de la Grande Dépression, années 1930) | hobos, langage visuel ]


 Demander la luneSat 10 Nov 2007
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Un prof de japonais m'expliquait il y a dix ans que le Pays du soleil levant adorait contempler la lune : c'est traditionnel. Et c'est magnifiquement actuel puisqu'un bijou de vidéo nippone, relayée depuis ce matin par Le Figaro, montre le caillou céleste comme si on y était.

Je vous l'intègre ici :



Et puis je passe du coq à l'âne en mentionnant qu'une soirée intense à L'Esquinade hier m'a fait rester, ce matin, plus longtemps que prévu sous la couette. Résultat : quasiment une heure l'oreille collée à la radio. Je vous recommande absolument l'émission de David Jacquot sur BFM (archive sonore). Le thème ? Utiliser le montant de ses impôts pour se créer des placements juteux, par exemple transmissibles aux enfants. Panorama simple et rapide, avec des mots de tous les jours. À signaler aussi, le numéro encore en kiosque du Particulier, consacré aux leviers fiscaux.

Allez, j'envoie le lien à Serge - Chlorion finances - Alzas.

Et vous souhaite un bon week-end.

[ Image à droite : il s'agit (si !) d'un d'ascenseur au départ prévu pour rallier la lune | autre sujet - un défilé-vidéo de L'Absara, créateurs de vêtements atypiques de la région d'Avignon, merci à Truveo.com et meilleurs souhaits de succès à la boutique gardoise | Fly me to the moon | Ah, le Japon ! J'adore les haikus (blogs dédiés), et vous ? ]  Read More


 Energie - 14e partieFri 9 Nov 2007
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Parlons d'énergie, fossile ou renouvelable, cette énergie qui projette l'homme dans l'espace et contracte ses délais, dilate ses rêves, remplit son assiette et soigne ses angoisses. Cette énergie, du moins celle de l'ère industrielle, elle pollue et préoccupe. Elle déclenche des guerres. Cette énergie, les pays émergents la réclament et c'est nouveau. Mieux (ou pire), ils la consomment en masse.

Il y avait bien du monde. Et je vous les cite un à un : il y avait Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, Jean-François Giannesini, consultant pétrolier, Emmanuel Lechypre, rédacteur en chef de L'Expansion et Yves Paccalet, écrivain-philosophe, auteur d'un essai sur l'énergie. C'était mardi dernier dans C dans l'air sur France 5. Ce même jour il y a avait aussi à la radio, dans Les Grands Débats de BFM, Patrick Behm, président d'Enercoop, François Carlier, directeur adjoint des études et de la communication chez UFC-Que choisir, Pierre Papon, physicien-expert en énergie, Serge Pierre, consultant en stratégie d’entreprise, Philippe Perdrix, journaliste à Jeune Afrique et Gabriel Sonier, avocat en droit des affaires, bref tous ces gens-là pour dire des choses sensées. Et simples.

J'ai bien retenu deux traits saillants, que je vous relaie. Vous me direz ce que ça soulève en vous :

Le Japon, qui a plus que donné des signes de bien-être et de progrès, a pourtant réduit sa consommation énergétique, en 10 ans, de 10 %. Autre chose ? Depuis deux mois, c'est officiel, les pays émergents consomment autant de pétrole que ceux du Nord.

Gosh...  Read More


 Repères économiques - 10e partieThu 22 Mar 2007
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[ << En France, l'équivalent de Chicago est inscrit à l'Assedic ] Classe économique [ 11e partie > ]


Amis d'l'économie, bonjour !


Terre-à-terre. Voilà ce qu'est Olivier Pastré, chroniqueur des Matins d'Ali Baddou (France culture). Son champ : l'économie. Pastré est à la fois professeur de cette même discipline à Paris 8, président de la banque d'affaires tunisiennes IMM Bank et expert auprès du think tank français Le Cercle des économistes (dernière publication).

Son travail radiophonique est remarquable. Le bonhomme est synthétique et franc du collier. De plus, il organise son propos. Points noirs, points forts de l'objet étudié, pistes d'amélioration : c'est fluide et complet.

Je suis un grand fan de France culture, qui propose de beaux angles le matin (plus tard, c'est variable). Les invités y sont multiples (merci Ali Baddou), l'information, continue (zéro pub), les chroniqueurs ont du tempérament. Tout ce qu'il faut pour se lever du bon pied. Et apprendre des trucs.

Cette semaine, Pastré dit des choses essentielles. Sur l'Europe. Et sur les jeunes, dont je suis (je sais en outre que beaucoup de trentenaires lisent ce blog).

Je vous ai mis le contenu en ligne. Et m'éclipse en patins de feutre pour vous laisser ouïr :



[ Pour enregistrer le son radiophonique du Net, voici quelques technos (légales puisque les contenus sont avant tout diffusés sur le medium hertzien) : 1. CamStudio pour la saisie, 2. MediaCoder pour la conversion du fichier en AVI_optimisé (compression à 90 %), 3. une quelconque plateforme vidéo en ligne pour la mise à profit collective | archivage automatique - aujourd'hui, c'est l'article sur les valeurs qui s'y colle ]


 Ecrire pour un public - 3e partieFri 26 Jan 2007
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[ << Joël de Rosnay sur France culture | Journalistes et hommes de com' - 2e partie ] Ecrire pour un public - 3e partie


Information, communication, com'


Chers amis,

Je fais un détour radiophonique par le spécialiste de la communication, Dominique Wolton. Après quoi je me penche à nouveau (et sûrement même pendant le week-end) sur la micro-enquête, merci de vos pertinents avis.

Parlons communication. Et écoutons Wolton, qui est très clair :

<< L'information, c'est un message. La communication ? Une relation [1]. Quant à la com', c'est les paillettes. >>

Dominique Wolton [2], invité des excellents Matins d'Ali Baddou (France culture), le 26 janvier 2007

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[1] Dominique Wolton explique que pour réussir cette relation, il y a négociation entre parties-prenantes. Ce que j'en pense ? Eh bien, l'émetteur doit fait mouche chez celui qui l'écoute. Il doit l'intéresser au sujet et créer un impact (intellectuel, émotionnel - bref, sur le cerveau), voire amorcer une influence, une coloration des représentations et/ou des actes de son partenaire. Alors oui, il recherche des percées séduisantes, des compromis, des angles. Cf. la notion classique de dialogue (représentation du monde à deux, deux parties-prenantes opposables ou - au contraire - capables d'une rencontre, voire d'un partage). C'est toute l'ambivalence du nombre deux (puissant archétype).

[2] Spécialiste de la communication, directeur de recherche au CNRS, directeur du laboratoire « Information, communication et enjeux scientifiques », directeur de la revue Hermès.

[ Comment enregistrer France culture à partir du Net | il y a dans la notion de relation quelque chose en rapport avec le tissu, le complexus dynamique, et aussi quelque chose en rapport avec le bain sémiotique | mmh, parlons aussi des rapports de force et des transferts d'énergie (libidineuse ou agressive), qui constituent les groupes - cf. Freud et sa dynamique de groupe | bouclons sur les beautés de la communauté Flickr, je veux parler notamment des dessinateurs sur carnet Moleskine ]  Read More