Blog Management & Organisation, depuis 2004 - Tag: rapports de force

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 Garder l'avantage sur une mer mobileSun 13 Apr 2008
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[ < thémas Complexité et Stratégie | catégorie Citations | interagissez sur ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]

« La guerre permet le déploiement d'un grand art, qui témoigne à sa manière du génie humain, celui de la stratégie, c'est-à-dire l'intelligence opérant en conditions aléatoires, capable d'anticiper, de se modifier selon les informations acquises, et de capter le hasard à son profit [...] »

Edgar Morin, Français transversal brillant, penseur de la sagesse, du socius, de la folie, de la guerre et de la complexité (La Méthode, tome 5 - L'Humanité de l'humanité)

[ La stratégie, c'est l'art de : 1. comprendre les rapports de force en général, 2. modéliser une prise d'avantage en contexte fluctuant, 3. modéliser l'administration du pouvoir, 4. courber le hasard à son avantage, en continu (tactiques vivantes) | la stratégie, c'est la volonté de puissance au service d'un projet, motivée, mise en mouvement et attentive, étalée dans l'espace et le dans temps | la stratégie, c'est la recherche d'un ordre, et aussi d'une aventure, d'une friction live ]


 Man(a)ge-moiWed 5 Sep 2007
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Ceux qui réussissent, et je veux parler là des managers, sont ceux qui ont le sens des rapports de force.

Il y a deux types de forces dans les systèmes. La suite.

[ Turnover - Au revoir coopération conditionnelle | 'a y est : c'est la rentrée | vécu - mmh, pourquoi les startups locales les plus pointues (avec les développeurs les plus intéressants) sont-elles les plus décalées en termes de pragmatisme commercial ? ah, la passion du métier, quelle chimère : c'est le service au client qui détermine tout (là est la base) | retour à l'article et à son fond - théma cartographie ]


 Un bon stratège - 7e partieWed 30 May 2007
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[ < Marque et stratégie pour positionner une offre - 6e partie ] Un bon stratège [ 8e partie > ]


Trois qualités


Depuis trois ans, Absara.com aborde les rôles, les qualités et les devoirs du manager. Témoin, cette synthèse. Plus interactifs que les livres et plus légers que les ateliers, les blogs, chantiers à ciel ouvert, permettent ce type de réflexion continue. Ainsi avons-nous des idées-forces.

Parlons maintenant du stratège. La stratégie, nous l'avons vu, c'est la cartographie des rapports de force présents et à venir entre votre offre et un marché (demande à satisfaire, concurrents meurtriers). C'est, sur le papier, comment gagner à l'avance et - dans la réalité - comment tirer profit de tout ce qui surgit.

Les cas que je vois depuis sept ans me font dire qu'un bon stratège, à mon sens, a trois qualités :

1. Il sait perdre des batailles. J'entends par là qu'il sait qu'il y 1 000 batailles à jouer, en perdre quelques unes le laisse indifférent. A l'instar de Donnant_donnant, le bon stratège sait prendre des coups et, sur le long terme, c'est celui qui... perd le moins de points. C'est-à-dire qui gagne la course en relatif bon état, et c'est ce qui compte ;

2. Il sait repérer les failles de ses adversaires. Eh oui, même les grands ont un talon d'Achille (réactivité molassonne, cycles de R&D longs comme des jours sans pain). En face de diplodocus historiques, le bon stratège est agile, il sait se glisser dans des enjeux très localisés qui tournent tout de suite à son avantage ;

3. Il sait mobiliser une communauté : fournisseurs, collaborateurs et bien sûr clients. Cf. Macintosh et ses inconditionnels. Le bon stratège, avec ses produits typés, a une valeur de gourou. Son style agrège des gens qui se sentent valorisés de souscrire à ses valeurs et à ses offres. Ici, la marque est un aimant.

Bonne soirée.

[ Le bon stratège sait repérer les absences de l'autre qui vont le rendre, sur certains terrains, indispensable et fort | il sait, en outre, prévoir toutes les façons de bloquer cet autre et/ou de lui faire faire quelque chose malgré lui ]


 Le temps c'est du talent - 11e partieMon 30 Apr 2007
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[ < 10e partie ] Le temps c'est du talent [ 12e partie > ]


Mon assistante, c'est le Net
~ Gmail vous aide à prioriser vos tâches



J'aime les gourous. Pourquoi ? Un tempérament, une ou deux idées-forces : un style. Dans le registre, Steve Covey se révèle utile, sa Priorité aux priorités fonctionne à merveille. Et pour être clair, c'est de ce type de scoring (priorisation, en stratégie ou en organisation) que je me sers en entreprise.

Alors quoi ? Prioriser, c'est faire ce qu'il y a à faire et conserver du temps pour : 1. les imprévus, 2. la croissance de quelque chose en plus (qui deviendra peut-être une vache à lait) et/ou - et pourquoi pas ? - 3. le plaisir. Le temps ? C'est un moyen de réussir une activité, c'est-à-dire de satisfaire un public (clients externes, clients internes) et puis vous aussi tout autant, quelles que soient vos visées. La bonne utilisation du temps détermine le coeur de votre boulot.

Parlons de Google. L'outil, qui se confond avec sa propre stratégie ou façon de penser les rapports de force, bref la techno et l'arme qu'elle représente, tout cela me fascine. Et je me souviens, dans la Ville rose, avoir fait partie des premières cuvées d'enthousiastes et de curieux. Regardez l'ambition de Google : vous fournir, sur PC ou téléphone mobile, les programmes dont vous avez besoin, pour pouvoir - en retour - compulser des données commerciales (vos goûts) et profiler vos futures envies d'achat. Fascinant, quoique... bizarre. Que dire ? C'est comme ça.

Penchons-nous sur Gmail. C'est le point de départ d'un excellent outil, gratuit, d'efficience personnelle. Vous connaissez mon goût pour Getting things done (GTD), je vous parle aujourd'hui de ma méthode personnelle pour savoir quoi faire en priorité, c'est-à-dire détecter la valeur potentielle d'une action : ce qu'elle apporte, a priori. Allons dans Gmail, pile au dessus du logo à gauche :



Activez-y l'onglet Document et tableur. Surprise : vous y trouvez l'improbable cousin d'Excel, en plus gratuit, en plus disponible en ligne, en plus partageable avec votre communauté de travail. Bref en mieux. Directement, vous pouvez concevoir un document compatible avec le format xls.

Créez une Nouvelle feuille de calcul :



Là, vous listez des actions, des tâches. Par exemple : A - Vérifier déclaration d'impôts, B - Rencontrer monsieur Durand, C - Aller au salon de l'habitat. Une par ligne. Ensuite, vous vous servez des colonnes pour mettre au point des critères. Cela peut donner : W - Utilité de la tâche, X - Plaisir à la réaliser, Y - Facilité de réalisation, Z - Obligation réglementaire. Un conseil : vous servir du découpage cognitif que procure la PNL, quelque chose comme (je peux concrètement, je dois absolument, j'ai envie de, etc.).

Avançons : vous donnez aux intersections [A-W], [A-X], [A-Y], [A-Z] et ainsi de suite jusqu'à [C-Z] (ici 12 cases en tout) une note de 1 à 4, avec 1 = inexistant et 4 = vraiment flagrant. Puis, ligne par ligne, vous faites les produits : [A-W] x [A-X] x [A-Y] x [A-Z] = un produit allant de (1 x 1 x 1 x 1) à (4 x 4 x 4 x 4). Même chose pour la ligne de B et pour la ligne de C, qui donc affichent un score allant de 1 à 256.

Qu'est-ce que cela signifie ? Qu'une activité (et beaucoup plus quand on liste 15 ou 20 tâches) se détache(nt) parmi les autres. Un classement se profile. Je vous recommande alors de coefficienter un critère, de donner une couleur, de faire un choix pondéré. Imaginons que le critère X (utilité stratégique ou commerciale, mettons) ait, à mes yeux, et pour cette vague de calculs, plus d'importance que le facteur Y (facilité à réaliser ladite chose), alors je peux mettre un coefficient de 2, voire de 3 pour le critère X.

Je refais les calculs, ligne par ligne. L'idée, c'est de faire de ces produits pondérés des proportions. C'est-à-dire de les exprimer en pourcentages par rapport à la totalité, par rapport à la somme. Nous avons, mettons, A qui pèse 25 %, B, 42 % et C, 23 %.

Alors ? Il faut que je réalise en premier B, le plus intéressant, et en second A. Et, si j'ai le temps, à la rigueur, C (qu'il vaut mieux que je loupe, plutôt qu'A). L'idée, c'est de faire les choses qui me rapportent le plus, par exemple jusqu'à 80 % du résultat final. Ce sont les 20/80 de Vilfredo Pareto, un outil de tri simple et puissant.

A moi de déterminer la longueur de chaque tâche. Par exemple 1 semaine ouvrée pour B, 0,5 semaine ouvrée pour B et 4,5 semaines ouvrées pour C. Je mets la main sur un calendrier (Google propose aussi cela en ligne) et place en conséquence A et B (les lauréats du scoring ci-dessus). Comme dans un planning de Gantt.

Faisons une pause.

Je vous réponds par commentaire. D'accord ?

Qui d'autre se sert du Net pour s'organiser ?

[ Très bon Premier Mai à vous ]


 Knife is knife - 5e partieWed 31 Jan 2007
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[ << Gagner des rapports de force - 4e partie ] Knife is knife - 5e partie [ La publicité bien faite amplifie le chiffre d'affaires et co-construit la marque - 6e partie >> ]

Le commandant Couteau

J'ai déjà évoqué cette histoire de Laguiole, cette histoire de couteaux. Vous vous souvenez ? Avant d'en parler plus avant, je regarde en arrière : oui, l'article qui s'en va aujourd'hui (rotation des stocks oblige), c'est AbsaraTV.

Partons maintenant pour l'Aveyron. Prenons nos moufles. Il y a - au nord - la ville de Laguiole (prononcer Layole), c'est la capitale des couteaux. Son aura est mondiale. Il y a à Laguiole un grand nombre de vendeurs de couteaux, de boutiques. On en voit partout : la ville en est saturée. Rentrez dans l'une d'elles et demandez ce qui constitue un vrai Laguiole. Un vrai de vrai. Là, c'est le tout venant, vous entendez tout et son contraire. Vous trouvez même une multitude de contrefaçons, du bien imité au très kitsch.

Alors que dire ? Il y a deux tentations. D'abord celle de faire du kitsch, c'est-à-dire du volume : je vends donc je suis. C'est à la coutellerie d'art ce que la malbouffe est à la gastronomie. C'est tout et rien, c'est le jus d'éponge. Et puis il y a le reste, je veux dire la qualité. Et cette qualité se subdivise en deux branches. Vous avez la coutellerie traditionnelle qui survit fragilement, se servant d'une image passée pour vendre. Plongeant ses racines dans une paysannerie traditionnelle, elle se veut (et elle est) familiale, authentique. Qu'en dire ? Elle vend mal, sa patine est une poussière, ses principes sont des fleurs séchées. On reconnait un arbre à ses fruits : cet arbre est sec. A quelques encablures de là, il y a la coutellerie de qualité qui - elle - vend bien. Je vous en parle tout de suite.




Fig. 1 - Vrai ou faux Laguiole ?



C'est incroyable. Cet artisanat qui vit bien se munit d'un arsenal moderne et rôdé. Les vendeuses sont avenantes (jolies), les boutiques sont éclairées, les présentoirs à couteaux empruntent tant à la joaillerie qu'à l'univers du design pointu. C'est très bien fait. Ça fait envie. Et quand vous interrogez cette coutellerie-là, elle vous dit de sa stratégie qu'elle consiste à bétonner l'authenticité. A démontrer que la branche historique passe par elle. Historiquement ? C'est faux. C'est par la coutellerie paysanne [1] que passe le courant du vrai. Mais commercialement c'est opérant. Professionnellement, c'est solide. Ce sont eux, les "usurpateurs", qui utilisent le mieux les référentiels qualité, ce sont eux qui alignent, en 2007, le plus de critères d'authenticité. C'est dingue et c'est comme ça. Le monde appartient aux audacieux. Et aux pragmatiques. Leurs couteaux sont : 1. faits de A à Z sur site, à Laguiole, 2. pourvus du meilleur acier inox possible (12C27), 3. dotés, dans le manche, d'une croix en petits clous de métal (les paysans plantaient leur couteau dans une miche de pain et bénissaient ainsi le repas), 4. porteurs d'un trocard, ce poinçon qui perce et dégonfle in extremis la panse des ruminants trop gourmands, les sauvant d'un gonflement d'herbe chargée d'azote. Ils sont en outre formés de solides mitres en métal (qui encapuchonnent et scellent le manche en haut comme en bas), elles résistent aux chocs, aux chutes et à l'usure. Ajoutons que ce type de fabricant délivre un certificat d'authenticité (et de garantie à vie) muni d'un vrai numéro de téléphone, correspondant à la boutique en dur. Ce que les contrefacteurs peinent à imiter.

La classe. Je reconnais que les couteaux sont superbes [2]. Et pour couronner le tout [3], on vous les fabrique sous le nez : magnifique, démonstratif, passionnant. Là où la tactique excelle à mon sens, c'est que les opérateurs qui travaillent selon ce cahier des charges (peut-être trois ou quatre ateliers) comptent se réunir sous un label officiel. Et obtenir ainsi la bénédiction des institutions, qui sont de gros, gros relais. Oui, le vrai Laguiole, il est comme ci et comme ça, c'est ce regroupement, c'est cette plateforme qui en détient l'esprit et la pratique. C'est incroyable. Et ça va tuer tout le reste. Bien sûr l'audace est un plus. L'initiative est du côté des fabricants aux six critères. Mais que dire des fabricants historiques ? Ces descendants de paysans ont des (mmh, plutôt une) boutique mal éclairée. Les armoires sont en vieux bois teint. La décoration remonte au XIXe siècle, version chiche. Et les personnes qui animent sont les descendantes directes, fatiguées, peinées, pressées par les contrefacteurs à eux tous millionnaires [4] et par la génération montante : celle du consortium qualitatif en béton. Les difficultés d'adaptation les ont usées. Le gros gâteau les repousse. Et les miettes sont maigres. Résultat : elles ont délocalisé la production à quelques dizaines de kilomètres, à Thiers. Excellente ville de coutellerie, quoique hors de Laguiole. Economies de bouts de chandelles. Ainsi s'évapore l'espoir d'intégrer le consortium du "vrai".

Vous savez ce qui les attend ? Le rebut. Les nouveaux les excluent. Et se couronnent eux-mêmes, avec un sourire d'acier.

La morale à tout ça : les affaires, c'est beau mais c'est parfois "limite". Félicitez les agiles et les forts, mais continuez à acheter des couteaux paysans. En collant votre oreille au manche, vous entendrez parler de belles vieilles mains. Voire battre un coeur aimant.
__

[1] Au XIXe siècle, un paysan de l'Aubrac, poussé par la nécessité, serait allé prêter main forte aux exploitants espagnols. Il en aurait ramené la navaja, un couteau de caractère, busqué. Son forgeron aurait ensuite travaillé l'ergonomie, redressant la pièce. Les Laguiole sont effectivement droits et préhensibles. Seul le bout opposé à la lame est encore un peu courbe.

[2] L'abeille, censée confirmer une authenticité ? Non, c'est un élément facultatif. Son origine : un clin d'oeil de l'ancêtre-artisan, qui aurait soit admiré Napoléon III, soit joué sur un calambour fonctionnel. A vous de trancher.

[3] Enfin, on vous en fabrique sous le nez juste une partie. Le reste est secret.

[4] La marque Laguiole est dans le domaine public depuis fort longtemps.

[ Image (c) Knivesandtools.com | j'ajoute qu'un sursaut vital est toujours possible, tant qu'il y a des pulsions, il y a de l'espoir | j'ai la chance et la fierté d'avoir le Calmels de mon arrière grand-père | les manches d'origine sont en bonne corne de vache | navajas | tout confondu, la contrefaçon représente 10 % du commerce mondial, estime Marc-Antoine Jamet, président de l'Union des fabricants | autre sujet, Laurent - expert Crème de violette en design sonore - m'adresse à l'instant ses voeux, vous avez déjà entendu quelque chose d'aussi classe ? ]


 Innovation technologique et rapports de force - 4e partieThu 9 Nov 2006
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[ << David Vs Goliath - 3e partie ] Innovation technologique et rapports de force - 4e partie [ Saga des couteaux Laguiole - 5e partie >> ]

Ah, la stratégie. Je condense rapidement les points évoqués par Henry, il y a sept points d'or. Gagner les rapports de force actuels et à venir, c'est donc :

1. construire un passage obligé, que vous minez en prévision des suiveurs,

2. travailler une image de marque qui soit votre interface avec le marché (les alternatives seront ainsi hors sujet - vous "vérouillez" vos clients),

3. toucher une niche qui soit de surface trop menue pour attirer les gros opérateurs (compte tenu de la taille du marché, le retour sur investissement va sembler terne à beaucoup),

4. gagner sur la niche un maximum de parts de marché (je rajoute rapidement), pour dissuader les concurrents petits de venir s'y frotter (prix astronomique du ticket d'entrée),

5. envisager peut-être de vendre l'entreprise ou son brevet technologique à un "gros porteur" commercial (immense force de tir, mise à profit de l'image de marque d'un grand),

6. investir quotidiennement dans la veille économique,

7. faire de son modèle économique un enjeu "sexy", techniquement doté d'une porte de sortie pour les capital-risqueurs qui souhaitent butiner, s'enrichir... et partir.  Read More