C'est quoi ? Tout le monde en parle et ça mérite un coup de projecteur : la qualité c'est la démarche quotidienne qui permet aux personnes d'une boîte d'orienter les activités de ladite boîte vers le plus d'avantages (valeur ajoutée à chaque fois [1]). C'est le fameux Ça ramène quoi de plus ou de mieux, de manière rationnelle et en vrai ? Tout ça en continu [2], comme une machine biologique : un organisme vivant qui s'augmente (s'améliore) en permanence, au contact des gens. Et leur délivre du mieux, un mieux souple et progressif.
Oui.
Actes procurateurs de valeur ajoutée, sinon on chiffonne et on jette : on conserve uniquement ce qui amène un plus. Activités intéressantes, productrices de plus d'argent, de plus de commodité (service rendu), de plus de disponibilité (le temps), de plus de sécurité (clarté, repérage de soi, de l'entreprise, des enjeux), de plus d'implication, de plus de plaisir pour tous. La valeur ajoutée, eh bien c'est ça. C'est la satisfaction :
Alors ? Ouvrir en permanence une oreille permet de comprendre ce que les gens recherchent [3].
Et comment on y parvient ? 1. En écoutant toutes les personnes en prise avec le projet d'entreprise : clients finaux (qui paient, qui restent ou s'en vont à la concurrence), clients internes (salariés), fournisseurs, financiers, partenaires commerciaux, sous-traitants, journalistes et animateurs de communautés, institutions [4]. Il faut donc un système de boîte aux lettres (intranet, blog modéré, programme CRM ou ERP, simples Post-it en vrac, sondages, entretiens informels à la machine à café, etc.) : système qui permet les feedbacks en continu, les points de vue, les impressions. Les voilà ce qui me botte, les voilà ce que je kiffe moyen - et pourquoi.
De là, dans son retroplanning, 2. le manager, au fil de l'eau, prend l'initiative d'implémenter (d'attribuer à Untel ou tel autre) les actions à faire. Actions génératrices de valeur, de satisfaction. Ces actions sont soit correctives (elles améliorent quelque chose, que quelqu'un nous signale ou qu'on constate), soit préventives (elles anticipent une perte de fiabilité ou de valeur, que quelqu'un envisage à l'avance [5]). Dans tous les cas, ces actions se rattachent à un budget, à une satisfaction qu'on vise [6] - par exemple un meilleur chiffre d'affaires, également à une ligne de temps (durée, date-butoir), à une personne qui fait, à une personne qui contrôle que c'est bien fait, à une personne à qui on passe le relai quand c'est terminé et qui, par exemple, transforme l'essai ou transfère la chose pour la faire évoluer ailleurs.
Voilà.
On a bien deux choses : 1. repérer tout ce qui ramène de la satisfaction (à quelle hauteur, et pour qui), ôter tout le reste (émonder, simplifier, libérer du temps), écouter pour ça toutes les parties-prenantes, 2. placer dans un retroplanning les actions qui améliorent en continu la satisfaction des clients (internes, externes), vérifier que la démarche (par ex. : groupes-experts, ateliers) tourne en permanence. Vérifier que les budgets collent. Vérifier que les indices de satisfaction virent au vert [7].
J'ajoute un élément : encourager. C'est-à-dire féliciter façon Manager-minute tout ce qui avance. Et, comme le dit Thierry Gougeon, mesurer et afficher les résultats. Tout ce qui s'affiche, renchérit-il, s'améliore : c'est humain [8].
Comme une logique.
J'en termine. Les qualiticiens, habituellement, vous serinent avec la qualité désirée (demandée, par exemple via cahier des charges), la qualité effectivement produite (réalisée, sortie d'usine), la qualité ensuite livrée (packagée, mixée, mise à disposition avec le mode de délivrance et de consommation qui va bien), la qualité - enfin - que les clients perçoivent, à réception de l'action ou du produit.
Ces quatre qualités ont une importance... différente. La décisive, c'est celle qui délivre une satisfaction à l'arrivée. C'est subjectif et c'est comme ça. Je provoque un peu en disant qu'importe si votre produit est objectivement le meilleur. L'important, c'est que vos clients le ressentent comme tel. Dans leur quotidien. Au moment où ils le mettent à profit.
Et en la matière, les rapides et les pragmatiques font plus d'étincelles que les tâcherons perfectionnistes.