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 Un (bon) boss pour bosser - 15e partieWed 17 Mar 2010
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Mon père. C'est maintenant à lui que je songe. Et pourquoi ? Je suis assis, là, je rembobine et me revois marchant tout à l'heure en train de penser à lui. Et à ce que j'aime chez lui. Un rapport avec le leadership ? Oui et non. Une grappe de choses [1] survient au sujet de mon père. Ce sont ses qualités qui me viennent facilement. (Pour le leadership, on voit après.)

Ses qualités. (Oui.) Je hiérarchise tout ça, je fais des blocs. Et me dis : Qu'est-ce que j'aime le plus chez mon père ? C'est évident, ce sont ses qualités morales. Le primat ? Je le mets, j'admets, sur des choses qui touchent au caractère, à l'attitude, à l'éthique des gens (placement de soi dans le monde [2] et comportement). Et mon père, il a ça : il est fidèle, dévoué, confiant. Il est intelligent et il est là. Il connaît sa place : il sait ce qu'il a à faire. Il y a là un lien avec la sagesse et avec la connaissance de soi : pourquoi je suis là. Pourquoi je persévère aussi. En quoi j'ai confiance [3].

Ensuite ? Ensuite il y a les qualités émotionnelles. C'est-à-dire l'empathie, la finesse, la compréhension de l'autre, la capacité à rire avec autrui quand il rit ou à pleurer quand il souffre. Ma mère, par exemple, avait ça.

Je termine. Les qualités intellectuelles. C'est savoir bien y voir. C'est savoir cerner : savoir ce qui relève du détail (verticalité) ou - au contraire - du régime général, du système, de la grande mécanique, du vaste tissu des choses (horizontalité). Savoir switcher de l'un à l'autre [4] : détails ou bien globalité mobile (articulations).

Un, la morale. Voilà mon palmarès. Deux, la gentillesse [5]. Trois, le discernement intellectuel : la bonne focale, la juste appréciation des interconnexions, des répercussions, des lois de cause à effet. J'ajoute, si possible dans le temps (cf. scénarisations, comme en stratégie).

Est-ce que je vais loin en disant qu'un bon leader (fût-il - regardez - économique, émotionnel ou organisationnel), eh bien qu'un bon leader il a tout ça ? et dans cet ordre là ?

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[1] La grappe, c'est - à mes yeux - l'une des jolies trouvailles de la psychologie des profondeurs d'expression francophone. Vous savez ? Gilbert Durand ou Georges Romey. La grappe est, pour l'esprit humain, le mot qui désigne les bouquets de neurones qui s'agrègent autour d'une idée.

[2] Il y a toute une théma sur l'éthique... des affaires - look.

[3] Revoir Foi, même racine.

[4] Façon Blaise Pascal (esprits de finesse et de géométrie), Edgar Morin, Joël de Rosnay ou encore Edward De Bono. Mettre à profit les choses sur le cerveau.

[5] Me revient une expression du dessinateur Paul Renaud - Finesse (considération, diplomatie, prévenance) : capacité à ménager les susceptibilités.

[ Au sujet de la morale du leader, je vous mets le lien de Voiture-réalité (conversation) | photo, le travail sublime de Jon Madison | rouh, que c'est compliqué de taper avec un MacBook - Un avis là dessus ? ]


 Les chauves sourient - 11e partieSun 31 Aug 2008
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Joli challenge que se faire un plan Babel. Un de ces effets où les langues se mêlent. (Babel ? J'en parle après, pour parler de photos.) Ba-ba-ba-babab-Babel, comme le dit le fromage du (presque) même nom. Dans le registre mélange de langues, je propose l'héritage de Shakespeare et la sensibilité d'Attila József. Quoi de mieux, pour mettre leurs langues sous une seule et même espèce, que de se taper une bonne toile ?

Ouais. Le cinéma budapestois - c'est de lui qu'ils s'agit -, c'est la certitude de trouver un mini sanctuaire, un lieu respectable et respecté, chouette et beau. Classe, encore une fois. Je reviens du Corvin mozi, un de ces centres (ici moderne) où projection du septième art rime avec bouquins, CD, bar - dans un même endroit. Stimulant, as always. Populaire et « beau » de gamme [1].

C'est le Dark Knight en VO yankee, sous-titrée d'apports finno-ougriens, qui me pousse à deviser ce soir.




Fig. 1 - Complexe et bien fichu,
ce
blockbuster pour les plus de 16 ans


Les personnages ? Fouillés (tellement bien joués). Le scénario tient la route, en libre appui sur la BD-chef-d'œuve du grand Frank Miller, l'auteur qui a su faire passer une bande dessinée gentille et plon-plon (tant pis pour Bob Kane, le premier papa) au rang de production adulte. Noire et travaillée : crédible.




Fig. 2 - Nico et Lionel ou quand les chauves sourient,
mais que pour les intimes



Batman, donc. Mais c'est de Babel que je veux vous parler. Babel, c'est un volet du magnifique (et doté de wifi) Gozsdu Terasz, ce bar de traboule, ce bar de patio comme Budapest en propose de si bons. De si frais. (Et l'architecture, mes amis !)

Bourrés de photos d'artistes contemporains, les longs murs sous le ciel puissant. Avec cette exposition, le Goszdu Terasz propose des angles de vie, du noir et blanc, de la couleur. C'est ma compagne qui aimerait ça...

Je l'aime. Elle et notre progéniture me manquent [2]. Mais il y a une vie ici. Et du travail à la vraie mesure de tous ceux qui s'investissent. (C'est à dire à fond.)

Budapest ? Une ville de chauves-souris de lumière. Porteuses d'éclat. Et de vies où tout croît. Et se répand.

Be seeing you, gentille et dingue ville : on s'est trouvés, toi et moi.

Tu m'attendais.

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[1] Bon sang, faites comme moi, cherchez de beaux guillemets à la française, à copier-coller depuis Google, et vous trouvez - désormais en bonne place - une occurrence sur les guillemets... chinois. Bon sang, les temps changent. Effet nid d'oiseau, ou effet papillon ?

[2] En août, j'ai vu ma famille, en tout et pour tout, 4 jours. C'est peu.

[ Tout Batman (ou presque) | le justicier capé de Josh Millard | ce matin, alors que le qualiticien et contrôleur de gestion Ramzy dormait encore (et comme un bienheureux), je suis allé au petit marché de la Teleki László utca, marché de gens (très) modestes et de Roms | un gars torse nu, bronzé, jambe gauche amputée, y faisait des mots croisés dans son fauteuil roulant, un gars d'une soixantaine d'années | la chauve-souris, pour le grand Georges Romey, c'est l'archétype de l'inversion, du regard sincère au dedans, des contenus que l'inconscient dévoile | À Toulouse, et en France, qui dessine mieux les superhéros que Paul Renaud ? C'est d'ailleurs lui qui m'a fait découvrir les géants de la BD d'outre Atlantique | ah, aujourd'hui lundi, Hősök tere (Place des Héros, les patriarches magyars - mon roi tribal préféré est Huba, impressionnant avec son cheval augmenté de bois de cerf), expresso et pêche melba au café du Szépmûvészeti Múzeum, remontée à pinces (je recommande) d'Andrássy út puis halte au petit jardin du Musée d'arts asiatiques du riche opticien et collectionneur Ferenc Hopp (1833-1919), sorte de Georges Labit local | à propos de cultures traditionnelles d'Asie, c'est Max Sandor qui me signale par e-mail son ancêtre tibétologue Alexander Csoma de Kőrös (1784-1842) - la classe ! ]