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À compter du 1er janvier, assure le ministère de l'Économie, des finances et de l'emploi, le Régime social des indépendants (RSI) devient, en matière de protection obligatoire, l'interlocuteur social unique des commerçants et artisans.
Issu de la fusion en 2006 des trois caisses de protection sociale des indépendants (Organic, Cancava, Canam), le RSI permet désormais au « 1,5 million d’artisans et de commerçants » de passer par lui seul pour : 1. s'acquitter de l’ensemble des côtisations et contributions dues à titre personnel (retraite, allocations familiales, côtisations-maladie, indemnités journalières, CSG), 2. se faire compenser les prestations-vieillesse et maladie.
Vous êtes indépendant ? À la mi-décembre, à la place des appels de caisses RSI, d'assurances et de mutuelles (organismes d’assurance maladie conventionnés) et d'Urssaf, vous recevez un seul avis d’appel de côtisations. De même, recevez-vous un échéancier unique de paiement, avec possibilité de choisir « entre deux dates de prélèvement automatique : le 5 ou le 20 du mois. »
[ Calculez votre niveau de retraite | pourquoi je préconise de modéliser tout ça, de calculer comment vous pouvez faire, en fonction de votre régime matrominial, des engagements divers (famille, projets), du niveau de vie que vous souhaitez pour votre retraite : bref, d'anticiper et de vous garantir à l'avance des niveaux décents (revenus, transmission, protection en cas de problème) | il faut pour ça un(e) expert(e) en gestion privée, si possible indépendant(e), c'est-à-dire libre de vous tailler sur mesure les voies d'amémlioration (indépendamment, par exemple, d'un groupe immobilier ou bancaire, qui cherche à revendre des solutions-catalogue) ]
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L'a bon dos la République : l'Égalité de la devise semble partie faire un tour du monde par les Bahamas [1]. Pour la génération X ou Y, avoir une retraite par répartition relève de la croyance aux Walkyries, au Dahut, à la Montagne dorée, à Dora l'exploratrice, au syndicalisme gagnant-gagnant, aux places en crèche. Le tout cumulé.
Bon, entre deux insomnies par suite de progéniture encore engluée dans le rythme échevelé de feues les vacances, j'écoute le matin - selon que je change de pièce - France culture et BFM [2]. Et quoi ? Il y avait encore un petit 15 % des invités pour dire que ce qui est dit est dit : les régimes spéciaux sont contractuels donc figés, vérouillés. Et la réalité, bon sang ? Y a-t-il quelqu'un pour comprendre qu'elle est mobile et fluide ? que la vie bouge ? que tout ce qui respire change, interagit, s'adapte et génère ?
Amateurs d'adrénaline, faitez-vous des wiiz-wiiiz grâce à ce simulateur de pensions, que j'avais gardé pour la soif. L'est ici, c'est la maison qui régale.
Fig. 1 - À l'opposé, un bon Fantômas...
et ça repart
La solution ? Investir dans la pierre. C'est-à-dire disposer d'un CDI rassurant pour la banquier, repérer les affaires et pousser la porte du type qui incarne le bon sens près de chez vous. La retraite, pour ma génération, c'est nous qu'on-se-la-fait.
Je vous indique le lien vers Les Matins de France culture, présentement consacrés aux retraites. Invités : Raphaël Hadas-Lebel, président du Comité d'orientation des retraites et Bernard Brunhes, vice-président de BPI, cabinet RH. C'est... beaucoup plus calme que Fantômas, c'est là.
Be seeing you. __
[1] Je pense même qu'à ce stade, elle parvient à pied par la Chine.
[2] J'ai dû faire partie des premiers à plébisciter la radio de l'économie. Puis, les pubs intempestives m'ont mangé la tête, comme dirait Cizia Zykë. À la suite de quoi, après des années, j'y reviens : je trouve que les réclames lénifiantes sur les warrants (prononcer « varan ») s'y font désormais plus rares. Et les Pouet-pouet asset-management sont plus espacés.
[ Âge-limite (moyenne) du départ en retraite dans l'Hexagone : 57 ans | très bon blog : Non à la dette !! | comment enregistrer une radio du Net : d'abord aller sur son site et trouver l'archive-son toute fraîche qui vous intéresse, ensuite... | truc de consultant - comment changer une donne groupale, par définition visqueuse (contraire de fluide), grâce à Pierre Moscovici et David Gleicher : exercez-vous ]
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Les vrais enjeux du « papy boom »
En France, entre 2002 et 2015, << plus de 500 000 personnes devraient quitter le monde du travail chaque année, c’est un fait établi qui génère autant d’espoirs (baisse du chômage des jeunes) que d’inquiétudes (perte de compétences). >>
Jean-Marc Moret, manager accompagnateur chez Emma - RH demain, excellent blog
Le management a l'âge de ses artères - 1e partie [ 2015, une modélisation des départs en retraite - 2e partie >> ]
Le management, en Europe, est affaire de cheveux gris. Le papy boom ? Une génération sur-représentée : le sang neuf peine à pousser. Eh oui : les postes jadis occupés par des séniors sont de plus en plus vacants, voire gelés, laissant aux galériens restants le soin de ramer davantage pour le même salaire. Conjoncture oblige, l'embauche tire la langue. De sorte que place en or rime avec sénior. Parlons management avec, justement, le gérontologue Pierre Mias. Sa devise ? La géronto englobe tout ! Sur son site, distingué il y a trois ans par l'hebdomadaire Impact médecin, l'éminent spécialiste livre son mémorandum sur le pouvoir.
La notion de chef, au sens fort du terme, vient du passé. Et pour Lucien Mias, c'est la psychosociologie qui aide à découvrir la clé de sa réussite, lui qui semble tout droit désigné par la Providence. Le chef est un homme exceptionnel [ndlr - l'excellent Yves Enrègle apporte un éclairage lumineux sur le chef, dans la lignée des travaux du mythologue Georges Dumézil]. Le chef intrigue les philosophes. Déjà Platon s'y était intéressé, rappelle le médecin : dans La République, qu'il écrivit dans les années 380, il traite du gardien de la cité qu'il veut « philosophe, irascible et fort ». Bref, un personnage éclairé quoiqu'impétueux. Il faudra attendre 1513 pour que Machiavel l'envisage comme un « fin stratège et retors ». La manipulation florentine trouve là son chantre définitif. De cet individu influent, qui l'est parce qu'il détient, sort une autorité rythmée par cinq modes d'actions [...] : récompense, punition, légitimité, identification, compétence. Le chef est un objet de science, chez qui - au XXe siècle - tout a été scruté : de l'éducation qu'il a reçue à l'activité professionnelle qu'il exerce, de sa taille à ses possibles lubies vestimentaires, des caractéristiques de sa pilosité à l'estimation de ses aptitudes intellectuelles, de son attractivité sexuelle à ses performances langagières [...]. Il faut, estime ici Lucien Mias, citer les travaux psychosociologiques méconnus du théoricien de l'intelligence Alfred Binet (1857-1911).
Cinq thématiques de recherche [...] peuvent être successivement repérées, explique-t-il : 1) les recherches élitistes au début - du XXe siècle -, sur la nature propre de l'Être-chef ; 2) les recherches situationnistes, vers 1930-1940, selon lesquelles le leadership est non l'apanage d'une personne mais la résultante d'une structuration particulière du groupe ; 3) les recherches interactionistes, dans les années 1950, qui étudient l'interdépendance entre la personnalité du leader et l'organisation du groupe - Bales illustrera cette tendance, qui note : « le leadership est une relation individuelle, relation volontairement acceptée par la personne influencée, relation dans laquelle le leader et le suiveur se stimulent mutuellement » Autres thématiques : 4) les recherches personnalistes, depuis 1960 et, avec l'éclosion du rogérisme [ndlr - issues de la non-directivité de Carl Rogers], la notion de leader/leadership s'efface au profit de celle du « pouvoir de la personne », de toute personne. La cinquième thématique, d'émanation militaire, serait une supercherie scientifique, dévolue à la manipulation mentale.
Aussi, le chef a-t-il progressivement quitté son casque à cornes pour arborer la casquette émaciée du conducteur d'hommes : le leader. Et le gérontologue de saluer l'identification que fait l'homme d'affaires Hervé Sérieyx des sept « inducteurs de progrès » : esprit de projet / de qualité / de technologie / de compétence / de flexibilité /de reconnaissance positive ou négative des efforts accomplis (cf. Changer le changement, ouvrage co-écrit avec Isabelle Orgogozo). Mais, trêve de fariboles : le leader de Lucien Mias existe seulement parce que les autres le veulent bien. De Gaulle tente sa chance, dans Le Fil de l'épée : « Fait affectif, suggestion, impression produite, sorte de sympathie inspirée aux autres, le prestige dépend d'un don élémentaire, d'une aptitude naturelle qui échappent à l'analyse. Le fait est que certains hommes répandent, pour ainsi dire de naissance, un fluide d'autorité dont on ne peut discerner au juste en quoi il consiste et dont même on s'étonne parfois tout en subissant ses effets. Il en va de cette matière comme de l'amour, qui ne s'explique point sans l'action d'un inexplicable charme.» Ce à quoi - d'après l'argumentaire du professeur de droit Denis Touret (Paris XII) -, Serge Moscovici oppose L'Âge des foules, titre inspiré des travaux du psychologue des foules Gustave Le Bon (1841-1931). Moscovici y lance que « les meneurs apparaissent comme une réponse à la misère psychique des masses ». Voilà qui rhabille les leaders pour l'hiver... Mias enfonce le clou : En somme, l'homme heureux n'aurait pas de leader.
Aujourd'hui, poursuit-il, le chef se défend de l'être, on ne l'admet qu'avec maintes nuances qui visent à souligner qu'il n'est en rien un potentat totalitaire, esclavagiste et opposé à tout dialogue. S'il commande, c'est uniquement parce que la situation ou l'institution l'exige ou parce qu'il est plus simple de s'adresser à un décideur unique ou, plus subtilement, parce que les autres ont exigé de lui qu'il assume un engagement de compétence dont ils ne se sentaient pas capables d'être responsables. Mias estime que rares sont désormais les patrons qui revendiquent de l'être. [...] Le temps est à la concertation, au consensus parfois, quelque peu mou, qui camoufle les lieux de conflits en espérant que toute crise explosive sera évitée. Apparemment, le leadership est partagé, distribué. Comme les bénéfices sont supposés l'être. De groupe d'innovation en cercle de qualité ou de progrès, chacun est invité à s'associer à l'oeuvre commune, à prendre part à la grande aventure de l'entreprise, à défendre la culture de la Maison, que menaceraient l'entropie ou des concurrents déloyaux.
Voilà qui, décidément, taille un superbe veston aux adeptes du discours melletonné. Et Mias fait mouche : Badges et t-shirts siglés, stratégies dites de communication, primes offertes aux mieux disants et au mieux vendants - cf. Stratégie de la récompense de Concetta Carestia Lanciaux -, assignation d'objectifs personnels et pratiques d'évaluation qui semblent accéder à la transparence, toute une panoplie participative est mise en oeuvre, plus ou moins inspirée par le fond anthropologique du « capital humain ». Ce qui a le don d'ulcérer les tenants d'un chef naturel, qui estiment que rien n'empêchera le Chef, naturellement fort, de l'être. Il devra simplement, en plus du charisme et de l'autorité naturels qu'il dégage, cultiver son ascendance par le biais de manipulations appropriées - c'est la leadertique, professe le médecin -. Le leader savant apparaît, expert en propagande et intoxication, spécialiste compétent d'un psychosociologie dure et aliénante qui s'efforce de soumettre l'autre sans que celui-ci en ait conscience ou, mieux, en le persuadant qu'il est libre et seul maître des choix qu'il effectue et des décisions qu'il prend. Le leader savant se veut ignoré, inaudible et invisible.
Par ailleurs, face à l'absence de modèles rigoureux, l'astrologie (!) serait de retour, où l'immatériel et l'occulte volent au secours de la rationalité dépassée. - Le - chef est à nouveau sous le signe des dieux [ndlr - anthropologie, quand tu nous tiens...].
Alors, qu'est-ce que le leadership doit incarner ? Une figure de la démocratie, pense Mias, où se conjuguent quatre présences : attention à soi et à l'autre, confiance dans nos capacités de poser et résoudre les problèmes de la vie solidaire, engagement véritable dans les processus de changement choisis et flexibles et, toujours, sens du service et du bien commun. Un rêve. Pourquoi pas ?
Peut-être, conclut le gérontologue, suffit-il [...] que le management déborde l'habituel clivage dualiste auquel il est le plus souvent réduit : centration sur des acteurs ou sur des décisions. Et s'ouvre, en une structure certes complexe, sur le pluralisme. A des moments, l'esprit du génial Karl Popper (1902-1994) semble planer...
Mais voyons : un gérontologue vous égratigne, leaders et autres grey panthers d'entreprise. Décideurs de tous les pays, unissez-vous !
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