|
|
[ < thémas Morissette, Foi, Potentiel & Confiance en soi | catégorie Coaching | archivage automatique du billet sur déroutinisation, pointillisme et sentiment d'échec, façon François Dubet (sociologue) ]
Sortir de la comparaison, c'est s'engager en personne,
c'est donner aux qualités latentes la possibilité de s'exprimer enfin
Moïse ? Un de mes personnages préférés. Tout en doutes, au début : regardez, lorsque l'appel sur sa vie se fait majeur [ ndlr - épisode du buisson ardent ]. L'embarras de Moïse est manifeste. Parce qu'il a affaire au « connu » de sa vie, ce grand personnage... décline l'invitation. On dirait qu'il dit : « C'est pour quelqu'un d'autre que moi. » En l'occurrence son frère Aaron, d'après lui plus compétent [ plus extraverti, plus loquace ].
Face à l'appel, regrette Denis Morissette, la réaction de Moïse consiste à se mesurer au talent d'Aaron [...] Dans ce cas comme ailleurs, il y a une tendance humaine, éminemment malsaine : se comparer. [ Se voir par défaut. ] Il y a quelque sept milliards d'individus dans le monde, rappelle le spécialiste en relation d'aide, et vous trouverez tout le temps meilleur que vous. Ce qui importe, c'est de réussir personnellement : utiliser vos talents propres. Ce qui compte, estime le psychothérapeute, c'est de s'investir. Réaliser d'une part ce que vous avez, vous, d'autre part ce que vous possédez en germe. Avoir affaire au « connu » de sa vie force à se comparer, à voir les défauts, à trouver meilleur. Et donc à refuser l'offre [...]
À l'inverse, conclut Morissette, l'engagement fort [ courageux ] révèle les potentiels latents.
Denis Morissette, pasteur canadien, conférencier, spécialiste de la relation d'aide [2]
__
[1] Profils - Voir le condensé.
[2] À l'instar des frères Linn.
[ Que t'importe... - Jésus, Jean 21:22 | s'inspirer mutuellement, ok - se comparer (pression stridente, à base de rivalités, d'inquiétudes et de creux), c'est mortifère à long terme | revoir René Girard et la jalousie - cf. défaillances, complexes et honte de soi (cf. Regard) | Et vous, qu'en dites-vous ? mmh ? | Burning Bush, earsaregood @ Flickr.com ]
|
|
|
|
[ < 6e partie | archivage automatique du billet sur frères Linn, Jean Vannier, idoles et bénéfices secondaires | ici, théma Argent ]
...je vous le dis, même Salomon dans toute sa splendeur n'était pas vêtu comme l'un d'eux - Matthieu 6:28
Ça va, ça vient. Gonflé, le Nico. C'est ma première réaction, là, au téléphone. L'argent ? Un flux. Un fait. Quelque chose qui - juste - rentre et sort. Mouais. Le premier truc qui me vient, en quittant Nico, c'est le trait d'humour de mon père : L'argent, moi spontanément, j'en ai modérément besoin. C'est mon banquier qui, lui, m'en réclame. Alors, même acabit ? Nico-paroles : un trait d'esprit aussi ? Que nenni. Je réfléchis à tout ça, ou plutôt écoute ce que ça m'évoque et - dès le début - ça fait impact. Un truc, là dedans, me parle.
Un flux.
Ouais.
Un fait.
Aussi.
Quand il (me) manque, l'argent, il faut juste que je voie ça. Que je considère les choses en vrai. Que je travaille en conséquence. Pour gagner. Et quand il est là, le flouze, l'idée c'est d'en faire quelque chose. Comme un outil. Comme un fait. Une donnée : un truc. Truc qui fluctue. J'ai souvent vu des gens aisés risquer le coup, comprendre cette donnée : ils gagnent, ils perdent, c'est normal. Je veux dire qu'eux, quand ils perdent, il leur reste quelque chose. En clair, leurs fluctuations sont fortes. Ok. C'est juste leur solde, le là-où-ça-se-joue (comme une fourchette), qui reste en positif.
Effectivement.
L'a bien raison le Nico. Qui parle en vrai. Qui me connaît (fort bien). Il a mon mode d'emploi, Nico. Et moi le sien aussi. C'est ça l'amitié : connaissance et courage. Savoir comprendre et parler à l'autre. Et aussi lui dire ce qu'on pense.
C'est peut-être ça le respect.
L'amitié.
Ouais.
L'argent ? Ça va, ça vient. Simplement. Pas plus, pas moins. Un fait.
Tout sauf une idole - Ok.
Ouais... Read More
|
|
|
|
[ < théma Qualité | | archivage automatique du billet sur de Bono et sur la (bonne) prise de décision en milieu complexe, par exemple par le tour du propriétaire façon PCM | réagissez à ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre | 2e partie > ]
Réaliser, c'est bien ; vérifier que ça touche la personne-cible, c'est mieux -
Et savoir d'emblée ce qui la touche, c'est l'excellence
Le dentiste ? Brr, me confie un ami. L'idée d'y aller me paralyse. Que le praticien à la roulette soit un as le laisse froid. Que son travail confine à l'orfèvrerie : pareil. Ce que je veux, confirme-t-il, c'est que, dans ma bouche, ses doigts s'invitent avec une graaaande douceur. Comprenez : de manière légère, comme un vent doux et frais. Car ce qui fait peur, eh bien c'est la douleur. (Ça rime.)
Et c'est fréquent.
Ce qui conduit à une idée simple et familière des qualiticiens. Il y a certes la qualité réalisée. Ici, la capacité à bien traiter les dents : de manière saine et experte. Et c'est une chose (la guérison). La seconde, on le voit bien, c'est la perception de l'acte livré. Un dentiste excellent ? Peut-être. Mais un dentiste qui laisse les sensations intactes, ça, ça vaut de l'or.
Ce qu'il fait, le dentiste, c'est la base. Comment c'est vécu, c'est la qualité... perçue. On retrousse tout et on se met dans le fauteuil du patient : c'est son ressenti qui compte. Les diplômes ? La réputation ? L'équipement ? Tout ça, c'est de l'hygiène, de l'indispensable (évidemment : le dentiste est un praticien sérieux, chevronné). C'est la base absolue. Examinons maintenant la valeur, voire la valence (effort motivant, centré sur le client, qui ressent et retient une plus-value subjective). C'est ce qui délivre le gros de la prestation. C'est ce qui donne sa couleur réelle à l'ensemble. À son souvenir.
Fig. 1 - Une dentiste rassurante,
dixit soy_outlook @ Flickr.com
Constat patent. Beaucoup de professionnels mettent l'accent sur le socle-métier : avantage concret 1, avantages 2, 3, etc. Une liste de choses entendues, bonnes mais normales. Déterminantes. Et pour autant... pauvres.
Je m'explique : une qualité réalisée, c'est le socle [*]. La perception de tout ça, c'est le reste de la pyramide, c'est le plus (obligatoirement en sus du socle), le plus important pour coiffer l'existant.
La qualité perçue ? Le combat réel du professionnel. Le souci extrême, la valeur ajoutée (normalement).
C'est ce qui fait le succès commercial, l'adéquation aux attentes humaines.
Ça mérite une couronne.
Fût-elle dentaire...
Fig. 2 -Allez, un résumé optique
__
[*] C'est le navrant : Nul besoin de féliciter mes troupes, qui font ce que je leur demande, 'sont payées pour ça. Cf. le manager démotivateur de troupes.
[ Qualité perçue, ici dans la dentisterie, voir Le Fil dentaire de mai 2008 (p. 53, pdf) | l'excellence, kesako ? | images insolites ] Read More
|
|
|
|
[ < 5e partie | thémas Frustration & Entrepreneuriat | catégorie Coaching | archivage automatique du billet sur le passionnant Eric Brun-Sanglard | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre | 7e partie > ]
Le travail, c'est surtout pour gagner de l'argent - Pour le reste, il y a la vie perso
Les successful people, vous vous souvenez ?
En matière de vie professionnelle, certains s'en sortent bien. Ils jouissent, ils assument, ils font quelque chose qui leur ressemble. Et, davantage qu'une vie conforme à des objectifs bien définis, une trajectoire dynamique congruente, assumée, ouverte, à l'affut, fait souvent des étincelles. Ils vont bien. Il y a dans le succès, semble-t-il, un savoir-être authentique, stylé, fort. Une personne assumée.
L'observation et la pratique conduisent à penser que les enfants frustrés, par exemple, donnent des adultes motivés : en mouvement. Le psychanalyste Alfred Adler (1870-1937) fait remarquer que la frustration est un moteur. Quand vient le manque (et sa sensation si prégnante, teintée de volonté - inconsciente - de réparation), les conduites de la personne se tendent vers une action nourrie. Action en actes ou action en pensée. Ce qui, selon moi, construit deux types de tempéraments. Parlons des frustrés financiers, ceux qui ont souffert d'un sentiment de manque d'argent. Cette sensation doublement gênante, dotée d'un premier ressenti intrinsèque, d'un ressenti de manque matériel, développe un renforcement tristement social : le regard des autres. Qui vient en second. C'est la différence. La souffrance de l'éviction, du vilain petit canard. Ça fait mal. Anna Freud décrit très bien, pour tout type de trauma, la logique qui pénalise en deux fois. J'ai mal, et d'un, et de deux je sens que les autres m'isolent.
Alors regardons ce que ça peut donner.
Il y a, selon moi, les affamés de strokes, de reconnaissance, de signes de valorisation, de succès personnel, de sentiment intérieur d'émancipation. Dès que je reçois mon salaire psychologique, je me sens mieux. La vie me fournit ce qui m'a manqué : le sentiment d'avoir de la valeur. D'être compétent, utile, dans le tissu du monde.
Il y a, par ailleurs, les affamés d'argent. Un enfant pauvre (et personnellement ressenti comme tel) peut devenir un adulte motivé en affaires. La finalité, ici, est éminemment matérielle : pour réparer, je gagne de l'argent. Tout euro m'arrache à ma condition, je suis un pragmatique. Et un homme d'affaires. Je suis même doué pour ça.
Les seconds, quand ils créent leur affaire, visent généralement un ROI au vert, sympathique et porteur. L'argent répare et fait du bien. Son confort est une manne.
Pour les autres, les assoiffés de justice, le bilan se mitige. Au lieu de solidifier mon entreprise, et la transformer en gigantesque tirelire (ce qui est sain), je me nourris des signes de justice, d'acceptation, d'intégration, de réussite intellectuelle, sociale ou morale. Je tire là mes nourritures affectives, pour paraphraser un grand.
La vie est cruelle, qui fréquemment couronne les seconds. Pour les premiers, une vie personnelle satisfaisante (porteuse de strokes) est à envisager au premier chef. Vient alors la sérénité, en annexe, d'une vie professionnelle solide, porteuse - elle - de finance. Et seulement de finance. Un pragmatisme peut s'enclencher. Il faut simplement séparer les registres : perso et pro.
Le pro, c'est pour gagner de l'argent. Et, si possible, en quantité correcte.
Passez d'excellentes fêtes, sereines et belles ;)
|
|
|
|
[ < 5e partie | thémas Frustration & Entrepreneuriat | catégorie Coaching | archivage automatique du billet sur le passionnant Eric Brun-Sanglard | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre | 7e partie > ]
Le travail, c'est surtout pour gagner de l'argent - Pour le reste, il y a la vie perso
Les successful people, vous vous souvenez ?
En matière de vie professionnelle, certains s'en sortent bien. Ils jouissent, ils assument, ils font quelque chose qui leur ressemble. Et, davantage qu'une vie conforme à des objectifs bien définis, une trajectoire dynamique congruente, assumée, ouverte, à l'affut, fait souvent des étincelles. Ils vont bien. Il y a dans le succès, semble-t-il, un savoir-être authentique, stylé, fort. Une personne assumée.
L'observation et la pratique conduisent à penser que les enfants frustrés, par exemple, donnent des adultes motivés : en mouvement. Le psychanalyste Alfred Adler (1870-1937) fait remarquer que la frustration est un moteur. Quand vient le manque (et sa sensation si prégnante, teintée de volonté - inconsciente - de réparation), les conduites de la personne se tendent vers une action nourrie. Action en actes ou action en pensée. Ce qui, selon moi, construit deux types de tempéraments. Parlons des frustrés financiers, ceux qui ont souffert d'un sentiment de manque d'argent. Cette sensation doublement gênante, dotée d'un premier ressenti intrinsèque, d'un ressenti de manque matériel, développe un renforcement tristement social : le regard des autres. Qui vient en second. C'est la différence. La souffrance de l'éviction, du vilain petit canard. Ça fait mal. Anna Freud décrit très bien, pour tout type de trauma, la logique qui pénalise en deux fois. J'ai mal, et d'un, et de deux je sens que les autres m'isolent.
Alors regardons ce que ça peut donner.
Il y a, selon moi, les affamés de strokes, de reconnaissance, de signes de valorisation, de succès personnel, de sentiment intérieur d'émancipation. Dès que je reçois mon salaire psychologique, je me sens mieux. La vie me fournit ce qui m'a manqué : le sentiment d'avoir de la valeur. D'être compétent, utile, dans le tissu du monde.
Il y a, par ailleurs, les affamés d'argent. Un enfant pauvre (et personnellement ressenti comme tel) peut devenir un adulte motivé en affaires. La finalité, ici, est éminemment matérielle : pour réparer, je gagne de l'argent. Tout euro m'arrache à ma condition, je suis un pragmatique. Et un homme d'affaires. Je suis même doué pour ça.
Les seconds, quand ils créent leur affaire, visent généralement un ROI au vert, sympathique et porteur. L'argent répare et fait du bien. Son confort est une manne.
Pour les autres, les assoiffés de justice, le bilan se mitige. Au lieu de solidifier mon entreprise, et la transformer en gigantesque tirelire (ce qui est sain), je me nourris des signes de justice, d'acceptation, d'intégration, de réussite intellectuelle, sociale ou morale. Je tire là mes nourritures affectives, pour paraphraser un grand.
La vie est cruelle, qui fréquemment couronne les seconds. Pour les premiers, une vie personnelle satisfaisante (porteuse de strokes) est à envisager au premier chef. Vient alors la sérénité, en annexe, d'une vie professionnelle solide, porteuse - elle - de finance. Et seulement de finance. Un pragmatisme peut s'enclencher. Il faut simplement séparer les registres : perso et pro.
Le pro, c'est pour gagner de l'argent. Et, si possible, en quantité correcte.
Passez d'excellentes fêtes, sereines et belles ;)
|
|
|
|
[ < 1e partie | thémas Psychologie & Intramotivation | catégorie Sc. humaines | this post in English | archivage automatique du billet sur l'audace (confiance en son élan vital), audace qui fait réussir (Terry McGuire) | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]
Provoquer et expérimenter des optimums
Selon le psychologue américain Martin Seligman, « il existerait des qualités personnelles, que l'on peut cultiver, qui favorisent la vie. Mihaly Csikszentmihalyi, professeur au Claremont College (Californie) est l'autre grande figure de la psychologie positive. Avec [...] l'expérience optimale [réalisation d'activités qui engagent l'envie et le talent personnels, nda], la vie passe à un autre niveau. L'aliénation fait place à l'engagement, l'enchantement remplace l'ennui ; le sentiment de résignation est chassé par le sentiment de contrôle. L'énergie psychique n'est pas orientée vers la poursuite de récompenses externes, mais elle est utilisée de façon à favoriser l'épanouissement de soi. »
Achille Weinberg, Sciences humaines - Les Nouvelles Psychologies (hors-série n°3)
__
[ Que peut être un optimum ? Une émotion, physiologique ou plus cérébrale (relire Antonio Damasio), qui procure un bien-être authentique. Authentique : 1. a minima en prise avec les besoins de l'espèce (revoir les strokes), 2. encore et surtout capable d'amener l'apaisement (confort) ou la jouissance propre à chaque profil (6 patterns, par exemple en PCM), 3. au maximum capable de conduire le ressenti vers une plénitude différente des projections, de l'inquiétude, des conditionnements, comme quand l'essence est disponible, parfaitement dans l'eccéité, la conscience forte et apaisée, le présent intense et intuitif (ressenti alors comme éternel, véritable, libre des conditionnements ou des ruminations du passé [par ex., effet Zeigarnik] ou des anticipations partielles, pressantes - et forcément bridées - de ce qu'on appelle le futur) | l'authenticité c'est un naturel, un plein vécu de ce centre de la personnalité - inconscient - qui pulse et ressent quelles que soient les animations hydrauliques (systèmes faisant pression les uns sur les autres), combinatoires, synergétiques, telles qu'Animus et Anima, instinct de conservation et poussée d'évolution | le psychothérapeute Alexandro Jodorowsky donne une graduation aux satisfactions (qui s'acheminent - vous allez le voir - vers un bonheur authentique) : 1. satisfactions liées au moi corporel (instincts de survie, auxquels j'ajoute le repos, ce retrait dont parle Eric Berne), et/ou qui dépendent du moi émotionnel (besoin de reconnaissance, d'appartenance, de guidage parental, de sanction ou de cadrage), et/ou qui découlent du moi intellectuel (satisfactions Animus liées au contrôle des idées ou des opinions, à l'orgueil d'avoir des modèles fonctionnels, universalisants), et/ou qui touchent au moi sexuel (conquête, agressivité, séduction, procréation) - relire Cabaret mystique ; 2. celles qui résultent d'un vécu authentique de ces besoins, à l'aune d'une prise de conscience, d'une guérison, d'un moi-parmi-les-autres adulte et assumé (pragmatisme, pleine conscience, compréhension des choses essentielles, plaisir d'être autonome, joie du don gratuit, créativité, libre cours aux puissances de félicité, de naturel, etc.), 3. vient ensuite cette sensation d'éternel présent (Nirvana, ou Pardes, selon des traditions connues), de pleine habitation sur la terre (habitation calme et concernée, libre et concentrée), de plein investissement de la vie, avec cette distance et cette conscience que nous faisons partie d'un tout qui concourt à sa propre félicité, à son propre partage, à sa propre finalité : la vie | un œil attentif verra dans les besoins décrits plus hauts le découpage traditionnel des quatre éléments de la médecine et de la philosophie antiques : Terre, Eau, Air, Feu | un esprit plus contemporain retrouvera là certains des appuis neurologiques de l'Après-Guerre (cerveau et ses régimes reptilien, limbique et cortical, interactifs entre eux) | pour les thérapeutes issus de la mouvance Palo Alto, ce qui compte, c'est la résolution de problèmes : 95 % de la difficulté de (se) soulager provient du mal à dire où est le problème en termes concrets (relire le très terre-à-terre Milton Erickson) ; exit la notion de psychologie positive (qui recherche les invariants du bien-être en général), tout est affaire de cas précis, de situations du quotidien, de choses à résoudre ]
|
|
|
|
[ < 4e partie | thémas Argent & Congruence | catégorie Divers | archivage automatique du billet sur Flemming Funch, l'inspiration (la vision) et la capacité à apporter des choses personnelles | interagissez sur le présent billet en cliquant sur le bandeau de son titre | 6e partie > ]
Sept points d'or
Ah, les sucessful people ! Ces hommes, ces femmes qui réussissent ce qu'ils entreprennent. Il y a des ouvrages qui en brossent le portrait : le « ce qu'il faut faire pour ». Le mieux, à mon sens, c'est de les rencontrer en vrai. De discuter avec ces pragmatiques. De leur demander de résumer leurs principes personnels en trois phrases. Versant littérature dédiée, je recommande les apports du Sibkis et les quatre principes de l'Entrepreneur-Minute. Versant vécu, je vous donne une synthèse personnelle. Ceux qui réussissent ont des traits communs :
1. Ils visent haut, raisonnent avec de grandes masses d'argent, qui sortent, qui rentrent (Combien ça rapporte ? Combien ça coûte ? dans les grandes lignes ?), et ils sont d'accord pour dépenser vite et beaucoup, à condition d'avoir une ligne de mire puissante ; l'argent appelle l'argent, c'est juste un moyen, qui - bien employé - génère de la richesse,
2. Ils envisagent l'international comme une première nature ; les segments, ce sont carrément des pays, des marchés nationaux (See it big),
3. Facteur discernement et donc confiance humaine - Ils délèguent tout ce qui peut l'être (modélisation juridique, comptabilité, traçabilité, reporting, traduction linguistique, conformations diverses) et se focalisent sur le cœur de leur efficience : l'intelligence des tendances, la prise de décision constante,
4. Ils raisonnent vite, tranchent en accord avec eux-mêmes, acceptant constamment le risque de perdre à un endroit pour gagner davantage ailleurs, ou juste après (La vie, c'est comme un jeu d'échecs, un mat vaut bien un sacrifice de pièces),
5. Ils délaissent leurs goûts personnels au profit de celui des marchés qu'ils visent (Bah, si ça leur plaît en bleu, vendons-le leur comme ça),
6. Ils revendent facilement leur business, à son plus haut, le considérant comme une étape vers quelque chose de plus général, confinant parfois à l'absolu (idéal de vie),
7. Ils aiment passer du temps avec des gens différents, de milieux bigarrés, de métiers réputés opposés ; ils s'amusent, observent les tempéraments et positions humaines, intégrant comme des caméléons les couleurs qui font de ce monde un environnement chatoyant, moiré, changeant. Fascinant. Si vous passez du temps avec eux, ils vous confient que ce qui les stimule, c'est l'aventure : humaine, géographique, économique. C'est une seule et même chose. Une unité excitante : amusante et sérieuse à la fois (Le monde est un terrain de jeu, où je m'accomplis).
Dois-je l'ajouter ? Ils sont fréquemment autodidactes, capables de travailler beaucoup, de faire confiance à côté, de récompenser sur le champ, de s'emporter, d'agir au feeling, de se reposer quand ils le souhaitent (ou de faire la fête). Ils aiment l'indépendance et le partage franc des résultats. Ils sont doués pour tout et en même temps pour rien de particulier. Les choses ? Pour eux, ce sont de grands ensembles, en mouvement permanent. Ils font penser à des gamins joueurs, à des félins patients et bouillants, à des francs-tireurs charismatiques. Plus que ce qu'ils veulent, ils savent ce qu'ils ne veulent pas.
Ils priorisent, tranchent. Et se comportent en conséquence...
Be seeing you.
__
[ Jeu de l'été : notez de 1 à 3 chacun des 7 facteurs sus-listés (1 = pas du tout ; 3 = c'est tout moi !) ; multipliez les 7 notes entre elles et évaluez votre potentiel d'assertivité entreprenariale, ici de 1 à 2187 | de 1 à 128, sécurité, vertu cardinale ; de 129 à 610, quelque chose est là, en travaillant l'acceptation de l'exposition personnelle au risque, le raisonnement sur de grandes masses (générales) d'argent, la délégation ou encore la mentalité « donnons aux gens ce qu'ils veulent », des leviers se font jour ; de 611 à 1200, du potentiel, reste à booster le pragmatisme ou la croyance en un instinct personnel bienveillant (lâcher-prise, intuition) ; au delà, tout est là, il s'agit maintenant de trouver les collaborateurs méticuleux et fiables ]
|
|
|
|
[ < 2e partie | thémas Romey et Confiance en soi | archivage automatique du billet sur la parole donnée ] [ Catégorie Coaching | permalien, mots-clés et commentaires ]
Chez les adultes, et même (et surtout !) dans l'entreprise, il y a beaucoup de comportements qui ont poussé dans le terreau de l'enfance. Parlons futur et passé : c'est dans la psychothérapie d'expression française que je vous emmène aujourd'hui.
D'abord le futur. Certes le coaching permet-il de dévoiler les atouts présents et de construire les stratégies pour un futur individuel plus clair, plus épanouissant, plus concret. Ce qui fait dire à beaucoup [1] que le coach est un spécialiste du futur, des projections dans le temps (changement). Et l'expérience montre que ça marche, pour peu que certaines conditions soient là.
Parfois, et pour autant, il faut aller dans le passé. C'est là que le coach cède sa place à un autre spécialiste : le psychothérapeute.
Je veux vous donner un exemple de ce qui peut conditionner toute une vie, uniquement accessible par un travail psychothérapeutique : le regard parental.
Il y a Stéphane (exemple fictif), cet homme de 40 ans est doué. Il est brillant. Il travaille bien, se projette plus ou moins bien dans le futur (parfois des doutes le saisissent) : tout ou presque en fait un candidat à l'épanouissement, au moins professionnel. Il parait normal, et même plus que capable. Mais il y un trou. Ce trou, c'est un terrible trou de mine dans son autoroute personnelle vers le bien-être. Ce trou l'empêche de réussir : à chaque fois qu'un obstacle se présente, Stéphane échoue. Tout le monde le sait : Stéphane perd ses moyens (alors qu'il est brillant), ou alors il commet un terrible acte manqué, se « tire une balle dans le pied », fait une échappée folle, une sortie de route incroyable qui stupéfie tout le monde. Stéphane « pète les plombs ». Il stagne, échoue, déprime : quelque chose le bloque et le rabaisse. Quelque chose le maintient dans son état permanent non-accompli. Si ça continue, Stéphane va mourir dans l'œuf, il va mourir de tout le temps rester comme ça, usé par le temps, déprimé, cloué au tarmak.
Il y a certes les transactionnalistes (AT), certes les hypnothérapeutes ericksoniens ou les successeurs de géants de Palo Alto comme Gregory Bateson ou Paul Watzlawick, certes quelques psychiatres comme Jean Cottraux ou encore des psychosociologues lumineux comme le regretté Jacob Moreno ou Anne Ancelin Schützenberger. Bien sûr. Il y a encore les flamboyants inclassables tels que don Miguel Ruiz.
C'est sûr.
Mais lequel fait une analyse-terrain comme Georges Romey ?
Celui-ci ressaisit complètement le travail de Bateson en affirmant que la double contrainte (géniale découverte de la double bind) est une puissance opératoire majeure. Je suis un enfant qui ressent le regard parental comme faible : Papa et Maman me regardent peu [2], c'est donc que je suis digne de peu d'amour (peu aimable, dirait Taibi Kahler). Toute ma vie, je vais me conformer à ce premier regard (pourtant faible en strokes), parce qu'il est celui des géants qui m'ont accueilli et donné la vie. Impossible de passer outre, de contrevenir, de tuer cet état de fait. Tuer ce regard originel, ce serait tuer les porteurs du regard. Nul ne peut tuer ses parents.
Greffez sur ce complexe (au sens durandien de grappe vivante), greffez sur cette situation dynamique une faiblesse parentale. Je veux parler de l'enfant qui perçoit ses parents (à tort ou à raison) comme pauvres, malades, absents, faibles ou lésés.
Son impossibilité inconsciente de remettre en question le regard primordial s'augmente d'une impossibilité de faire mieux que le Couple. Cela rendrait, par comparaison, la situation parentale encore plus aiguë. C'est de l'optique : celui qui dépasse les retardataires de la vie les voit de plus en plus petits (donc pathétiques) dans le rétroviseur. Qui veut voir ceux qu'il aime, ceux qui lui ont donné les premières marques d'amour (même faibles), et puis - j'ajoute - ceux qui le protègent, comme de simples gens ?
Il y a là trois dimensions de souffrance, d'impossibilité. Elles s'interpénètrent et font une synergie : c'est le complexe. Le nœud vivant.
Stéphane a peut-être besoin d'un coach. Il a, encore et surtout, besoin de quelqu'un qui l'aide à réaliser que le psychisme tisse et se tisse autour de complexes, que lui-même est digne de son propre amour, que ses parents sont des humains comme les autres, que les parents souhaitent avant tout la réussite de leurs enfants (Dépasse-moi est beaucoup plus naturel que Partage ma condition), que le temps passe et qu'il se doit à lui-même d'être heureux.
Se réaliser c'est parfois passer par là. Le futur, c'est une projection de ce passé qui nous fait ici et maintenant : de vrais objectifs de changement, ce sont des guérisons.
L'imagination projective (façon Boris Cyrulnik), le travail (aimer et travailler, rappelle Freud), l'optimisme (la positivité, intramotivation forte ou confiance en soi des aventuriers Giacomo Casanova ou Cizia Zykë) et les bonnes rencontres (complexité mouvante, danse de la réalité façon Jodorowsky) font le reste.
Changer, c'est profond. Changer (en vrai), c'est juste aller mieux. C'est juste être. Suit alors le faire.
__
[1] Merci Nathalie.
[2] Il y a une théma sur ce regard qui détermine tant de choses.
[ Le psychiatre, c'est un médecin spécialiste (bac + 10), qui travaille à rendre sa forme saine au système nerveux et aux représentations qu'il occasionne sur le bien-être de la personne, il utilise les thérapies qu'il souhaite (entretiens libres, entretiens dirigés, renforcements nerveux, thérapies de groupe, prescription de séjours en centres spécialisés, prescription de médicaments actifs sur l'activité nerveuse, donc les représentations, donc les comportements) | le psychologue (bac + 5) est une personne diplômée d'un master d'université en sciences humaines, catégorie psychologie (c'est une science, avec ses protocoles, son mode opératoire, son corpus, sa culture, ses visées) - il utilise les thérapies qu'il souhaite, sauf les médicaments, par définition réservés aux médecins | le psychanalyste est un représentant direct ou indirect de la découverte freudienne et de l'inconscient comme une structure autonome, discrète, dotée de sa propre logique et conditionnante du ressenti et du comportement humains (rêves, actes manqués, scénarios morbides, angoisses et souffrance psychique), il est nécessairement psychologue et formé pendant plusieurs années à l'école psychanalytique qui lui convient le mieux (Sigmund Freud, Jacques Lacan, Melanie Klein, Carl Jung, Wilhelm Reich, Alfred Adler) - particularité : le psychanalyste a conclu son parcours personnel en étant lui-même passé par le divan | le psychothérapeute est tout le monde ou n'importe qui, il y en a d'exécrables et d'arrivistes, certains autres sont des érudits dévoués, créatifs, intuitifs et efficaces ; certains sont affiliés à un courant, d'autres sont libres et disponibles à tout ce qui survient dans la vie du patient, certains sont des suiveurs - appliqués ou ternes -, d'autres de puissants pionniers ; je pense évidemment à Jodo | en coaching, les objectifs de la personne sont très souvent brouillés par cette histoire de regard originel, d'empreinte affective conditionnante | Romey apprend à voir les parents comme des êtres ambivalents : bons ET mauvais, aidants ET paralysants, marquants ET parfois faibles dans leur propre vie, facilitateurs ET castrateurs, parents ET amants entre eux, parents ET humains - c'est sortir du regard de l'enfant pour aller vers quelque chose de plus réaliste : la réalité devient multiple, donc praticable | ce qui rend la vie une et pleine, c'est par définition sa multiplicité chatoyante - nous rejoignons, cette fois-ci depuis l'inconscient, la représentation métaphysique de l'Un qui engendre le multiple, ce dernier renforçant l'unité de l'Un en l'augmentant, en le faisant parvenir à un plus haut degré de complexité donc de fonctionnalité peut-être, mais surtout de félicité et de jouissance à partager le lien, à cultiver l'amour (amour : liaison intense et pratiquée, connexion synergétique) ] Read More
|
|
|
|
[ << Le regard des autres, selon Anna Freud | Le regard sur soi - 3e partie ] Confiance en soi - 4e partie [ Le courage est une liberté face à l'autocritique - 5e partie >> ]
Regard, signe de Caïn et racines de la motivation profonde
Consideration, ça c'est le terme anglais. Un excellent terme : englobant, évocateur, précis. Prenons son sens, qui a peu ou prou les mêmes attributions en français. La considération, c'est central : considérer quelqu'un c'est poser un regard sur lui. C'est montrer qu'il existe. A lui, aux autres, à moi (trois dimensions).
Pour rappel, le management de la motivation met en mouvement des parties-prenantes, des travailleurs. Comment ? En activant les ressorts qu'ils ont en eux (ce qui les rend humains et en même temps uniques) et en fournissant quotidiennement la clarté des visées et aussi le bonne ambiance collective de sécurité et d'émulation (aller loin, aller ensemble, dépasser les blocages naturels, tranquillement). Fournir les moyens intellectuels et socioémotionnels de la réussite.
Le management de la motivation est un management de la considération. Considérer, c'est stroker (marquer l'autre d'un signe), c'est montrer une attention [1], c'est démontrer, c'est donc prouver qu'il existe. Si donc j'existe, je peux me projeter dans le temps, estime le collaborateur. Il y a une place (une chaise) pour moi, je peux me mettre en mouvement, je peux agir (ici, exister, me mettre en dehors de moi) : je peux travailler, produire un fruit.
Je peux travailler si l'on me considère. Je peux travailler si l'on me regarde, je peux travailler si l'on me dit ce qu'il faut faire. Un bon manager respecte mon expertise dès que j'en ai une, me laisse de l'espace quand j'en ai besoin, m'aide quand je le demande. Je peux travailler quand quelqu'un de bienveillant me rappelle ce qu'il faut éviter, à temps, et me félicite à chaque fois que je réussis quelque chose. Même des choses petites. Il me stroke (système de signalement et d'ancrage) de bonnes choses.
Considérer quelqu'un, c'est lui fournir un ou plusieurs éléments de tout ça, en fonction de sa mâturité. Pour ça, Kenneth Blanchard a mille fois raison. D'une part pour le primat qu'il accorde [2] au contact individualisé (réprimandes-minutes, félicitations-minutes). D'autre part pour le régime communicationnel (intellectuel et émotionnel) qu'il différencie selon les besoins du travailleur en marche, du travailleur qui gagne en mâturité. A chaque personne [3], un régime différent. Pour seulement une minute par jour et par personne, rappelle le gourou du management. Investir dans l'humain, voilà la plus utile des façons de gagner le défi de la rentabilité durable.
Blanchard est puissant. Le regard du manager (du motivateur) est un regard de discernement. C'est aussi un regard d'encouragement : vous êtes capable du mieux, je vous le montre en reconnaissant vos réussites successives. Le regard du manager suscite un beau regard intérieur : un regard de tranquille lucidité, un regard de capacité, un regard d'amour propre, de sain respect de soi (par opposition au harassant perfectionnisme).
Je termine sur le magnifique travail de Jean-Marc Dupeux, aumônier général des prisons (bulletin audio) et fournisseur de regards bienveillants. Même un détenu (frappé, à tort ou à raison, d'ostracisme) peut changer son regard sur lui-même. Et donner ensuite le meilleur de lui-même.
Un bel espoir pour les équipes humaines.
__
[1] Un tel signe est une protection. Cf. le signe de Caïn. Selon la Bible, Dieu protège et apaise, par opposition à l'accusation permanente, qui frappe, sape et détruit. Voir ceci. (Mmh, l'article de Wikipedia est bourré d'erreurs.)
[2] L'on sait, grâce à Michel Crozier, combien le manager français rechigne à rencontrer ses sbires.
[3] En outre, le consultant Bruno Dusollier explique à merveille quelle langue parler au profil psychologique que vous avez en face de vous.
[ Le regard est un discernement (A qui vais-je donner quoi ?), le regard sur l'autre est de toute façon un signe de reconnaissance, ce type de regard (s'il est bienveillant) amorce chez lui un amour propre tout à fait salutaire au travail, à nouveau le discernement fera de belles choses : la boucle est bouclée | communication - ce qui fait changer une personne | le psychothérapeute Georges Romey estime que la présence d'un regard parental (vrai ou supposé) chez l'enfant détermine une partie de sa future capacité à réussir (viser quelque chose de conforme à ses envies et puis l'atteindre) | le regard est un faisceau de vecteurs, qui bâtit un relief singulier : le regard parental, le regard ainsi construit chez l'enfant, les actualisations que font sur cette matière, dans ce système, le regard (supposé ou réel) des autres | l'oeil et la bague | symboles ] Read More
|
|
|
|
[ << Le regard des autres, selon Anna Freud | Le regard sur soi - 3e partie ] Confiance en soi - 4e partie [ Le courage est une liberté face à l'autocritique - 5e partie >> ]
Regard, signe de Caïn et racines de la motivation profonde
Consideration, ça c'est le terme anglais. Un excellent terme : englobant, évocateur, précis. Prenons son sens, qui a peu ou prou les mêmes attributions en français. La considération, c'est central : considérer quelqu'un c'est poser un regard sur lui. C'est montrer qu'il existe. A lui, aux autres, à moi (trois dimensions).
Pour rappel, le management de la motivation met en mouvement des parties-prenantes, des travailleurs. Comment ? En activant les ressorts qu'ils ont en eux (ce qui les rend humains et en même temps uniques) et en fournissant quotidiennement la clarté des visées et aussi le bonne ambiance collective de sécurité et d'émulation (aller loin, aller ensemble, dépasser les blocages naturels, tranquillement). Fournir les moyens intellectuels et socioémotionnels de la réussite.
Le management de la motivation est un management de la considération. Considérer, c'est stroker (marquer l'autre d'un signe), c'est montrer une attention [1], c'est démontrer, c'est donc prouver qu'il existe. Si donc j'existe, je peux me projeter dans le temps, estime le collaborateur. Il y a une place (une chaise) pour moi, je peux me mettre en mouvement, je peux agir (ici, exister, me mettre en dehors de moi) : je peux travailler, produire un fruit.
Je peux travailler si l'on me considère. Je peux travailler si l'on me regarde, je peux travailler si l'on me dit ce qu'il faut faire. Un bon manager respecte mon expertise dès que j'en ai une, me laisse de l'espace quand j'en ai besoin, m'aide quand je le demande. Je peux travailler quand quelqu'un de bienveillant me rappelle ce qu'il faut éviter, à temps, et me félicite à chaque fois que je réussis quelque chose. Même des choses petites. Il me stroke (système de signalement et d'ancrage) de bonnes choses.
Considérer quelqu'un, c'est lui fournir un ou plusieurs éléments de tout ça, en fonction de sa mâturité. Pour ça, Kenneth Blanchard a mille fois raison. D'une part pour le primat qu'il accorde [2] au contact individualisé (réprimandes-minutes, félicitations-minutes). D'autre part pour le régime communicationnel (intellectuel et émotionnel) qu'il différencie selon les besoins du travailleur en marche, du travailleur qui gagne en mâturité. A chaque personne [3], un régime différent. Pour seulement une minute par jour et par personne, rappelle le gourou du management. Investir dans l'humain, voilà la plus utile des façons de gagner le défi de la rentabilité durable.
Blanchard est puissant. Le regard du manager (du motivateur) est un regard de discernement. C'est aussi un regard d'encouragement : vous êtes capable du mieux, je vous le montre en reconnaissant vos réussites successives. Le regard du manager suscite un beau regard intérieur : un regard de tranquille lucidité, un regard de capacité, un regard d'amour propre, de sain respect de soi (par opposition au harassant perfectionnisme).
Je termine sur le magnifique travail de Jean-Marc Dupeux, aumônier général des prisons (bulletin audio) et fournisseur de regards bienveillants. Même un détenu (frappé, à tort ou à raison, d'ostracisme) peut changer son regard sur lui-même. Et donner ensuite le meilleur de lui-même.
Un bel espoir pour les équipes humaines.
__
[1] Un tel signe est une protection. Cf. le signe de Caïn. Selon la Bible, Dieu protège et apaise, par opposition à l'accusation permanente, qui frappe, sape et détruit. Voir ceci. (Mmh, l'article de Wikipedia est bourré d'erreurs.)
[2] L'on sait, grâce à Michel Crozier, combien le manager français rechigne à rencontrer ses sbires.
[3] En outre, le consultant Bruno Dusollier explique à merveille quelle langue parler au profil psychologique que vous avez en face de vous.
[ Le regard est un discernement (A qui vais-je donner quoi ?), le regard sur l'autre est de toute façon un signe de reconnaissance, ce type de regard (s'il est bienveillant) amorce chez lui un amour propre tout à fait salutaire au travail, à nouveau le discernement fera de belles choses : la boucle est bouclée | communication - ce qui fait changer une personne | le psychothérapeute Georges Romey estime que la présence d'un regard parental (vrai ou supposé) chez l'enfant détermine une partie de sa future capacité à réussir (viser quelque chose de conforme à ses envies et puis l'atteindre) | le regard est un faisceau de vecteurs, qui bâtit un relief singulier : le regard parental, le regard ainsi construit chez l'enfant, les actualisations que font sur cette matière, dans ce système, le regard (supposé ou réel) des autres | l'oeil et la bague | symboles ] Read More
|
|
|
|
[ << Confiance en soi - 2e partie | Psychologie ] Les pieds dans le tapis - 3e partie [ Le signe de Caïn, une histoire de regards, une histoire d'amour communicatif - 4e partie >> ]
Les pieds dans le tapis ou comment échouer avant même d'essayer. L'humain connaît bien ça : comment ne pas faire les choses et rester dans sa condition, quelle qu'elle soit. Ce comportement nous lèse et nous cloue là où nous sommes, souvent bien loin de l'objet de nos rêves. Il y a, à mon sens, trois façons de stagner, donc d'échouer :
1. Ai-je bien le droit ? Là ce sont les gens qui se sentent illégitimes. Je me souviens de quelqu'un qui n'osait pas, c'était il y a quelques années. Il se demandait tout le temps s'il avait le droit. Un jour une banque lui propose spontanément un poste avantageux car le bonhomme est très, très doué. Et lui - tenez-vous bien - il refuse, d'entrée de jeu. Au risque de vexer son patron. Il répond même : Je dois commencer à la base pour atteindre ce que vous me proposez. Voilà comment se mettre en dessous de son potentiel, comment ce type de modestie peut cacher une peur de souffler la place à quelqu'un, bref d'être un tyran. Cet homme avait peur de ne pas avoir la légitimité et donc de faire du mal.
2. La peur de ne pas être à la hauteur. Ca, c'est terrible, et tellement répandu. Vous avez les compétences, l'on vous propose quelque chose de bien et vous prétextez ne pas avoir les épaules. Où est la projection en avant ? la prise de risque ? la vie ? l'essai ? Vous vous sabordez avant même d'essayer. C'est la peur de l'échec (et de la déception) qui est ici en jeu.
3. La peur de la vie. L'on se sent accablé par la vie, en permanence "castré", maudit, rejeté par les choses. Le sentiment d'être légitime existe (j'ai le droit de faire ça, de prétendre à ça, d'être heureux), les compétences sont campées et assumées (j'ai les épaules pour ça) mais une horrible fatalité plane : De toute façon quelque chose ou quelqu'un me mettra des bâtons dans les roues, je suis toujours gêné par quelque chose. Ce sentiment-là est terrible car il puise sa force dans le désespoir et dans les peines de la vie. Il faut ici agir non sur l'estime de soi mais sur la capacité à vivre, envers et contre tout. Voire même dans la sérénité. Car vivre, c'est automatiquement s'exposer, certes aux rivalités et à la fatalité d'être pris dans des événements, mais aussi au simple plaisir... de vivre. Et d'éprouver.
De là, trois mécanismes de permission sont possibles : 1. mon cher Moi-même, apprécie d'avoir une place, apprécie les cadeaux qu'on te fait, apprécie la surface que les connaisseurs t'accordent, en plus tu peux faire le bien autour de toi et promouvoir ensuite ceux qui méritent d'évoluer, tu contribues à la justice des "petits" ; 2 tu vas réussir puisque tu connais tes forces et tes faiblesses, tu as tout d'un "grand" qui s'améliore en permanence, et ça, c'est le privilège des "nobles" et de ceux qui font avancer les projets... en vrai ; 3. la vie t'adore, elle a besoin de ton intensité, de ton truc à toi, tu vas petit à petit gagner l'estime des choses et des gens. Tu te vois déjà les entraîner à ta suite, à la conquête de quelque chose ? La vie est un risque, mais qu'est-ce qu'elle est belle ! Tu vas vivre, et vivre en abondance : tes impulsions sont nécessaires à ce monde.
En conclusion. Il y a trois façons d'échouer : je ne mérite pas, je ne peux pas, l'on me veut du mal. Il y a aussi trois percées formidables : 1. je vais faire le bien, 2. je vais réussir car j'ai l'étoffe d'un grand, 3. je vais vivre intensément ma voie, la vie est folle... mais tellement jouissive.
[ Intra et extramotivation | prudence et peur | les affres, au plan psychologique, du perfectionnisme | scénarii morbides ou permissifs (Patricia Coosman) ]
|
|
|
|
[ << David Vs Goliath - 3e partie ] Innovation technologique et rapports de force - 4e partie [ Saga des couteaux Laguiole - 5e partie >> ]
Ah, la stratégie. Je condense rapidement les points évoqués par Henry, il y a sept points d'or. Gagner les rapports de force actuels et à venir, c'est donc :
1. construire un passage obligé, que vous minez en prévision des suiveurs,
2. travailler une image de marque qui soit votre interface avec le marché (les alternatives seront ainsi hors sujet - vous "vérouillez" vos clients),
3. toucher une niche qui soit de surface trop menue pour attirer les gros opérateurs (compte tenu de la taille du marché, le retour sur investissement va sembler terne à beaucoup),
4. gagner sur la niche un maximum de parts de marché (je rajoute rapidement), pour dissuader les concurrents petits de venir s'y frotter (prix astronomique du ticket d'entrée),
5. envisager peut-être de vendre l'entreprise ou son brevet technologique à un "gros porteur" commercial (immense force de tir, mise à profit de l'image de marque d'un grand),
6. investir quotidiennement dans la veille économique,
7. faire de son modèle économique un enjeu "sexy", techniquement doté d'une porte de sortie pour les capital-risqueurs qui souhaitent butiner, s'enrichir... et partir. Read More
|
|
|
|
[ << Améliorer plutôt que changer - 1e partie ] Occident et Orient - 2e partie
<< Dans la conception extrême-orientale de la conquête du pouvoir et des honneurs, la question de l’efficacité est centrale. Le panache y est plutôt vu comme une faiblesse, l’expression d’une vanité plutôt qu’une esthétique flamboyance. Le stratège véritable se fond dans le paysage, se coule dans le processus, et manifeste, d’abord, le souci d’une prudence extrême. Pour durer, il faut – au minimum – survivre. Il semble donc naturel de commencer par organiser les conditions de son inexpugnabilité. Les mesures préventives [...] construisent les bases d’une stratégie victorieuse, la sagesse du guerrier consistant d’abord à ne rien faire qui aide l’ennemi à forger ses armes, qui excite sa rivalité ou renforce sa motivation. >>
Marc Traverson, blogueur fameux, coach et auteur de La Zen attitude
[ Art japonais, diaporama | art contemporain nippon | affaires et pragmatisme | l'importance d'un bon réseau, quelques règles | taoïsme et management ] Read More
|
|