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 Ceux qui réussissent - 6e partieMon 29 Dec 2008
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Le travail, c'est surtout pour gagner de l'argent - Pour le reste, il y a la vie perso


Les successful people, vous vous souvenez ?

En matière de vie professionnelle, certains s'en sortent bien. Ils jouissent, ils assument, ils font quelque chose qui leur ressemble. Et, davantage qu'une vie conforme à des objectifs bien définis, une trajectoire dynamique congruente, assumée, ouverte, à l'affut, fait souvent des étincelles. Ils vont bien. Il y a dans le succès, semble-t-il, un savoir-être authentique, stylé, fort. Une personne assumée.

L'observation et la pratique conduisent à penser que les enfants frustrés, par exemple, donnent des adultes motivés : en mouvement. Le psychanalyste Alfred Adler (1870-1937) fait remarquer que la frustration est un moteur. Quand vient le manque (et sa sensation si prégnante, teintée de volonté - inconsciente - de réparation), les conduites de la personne se tendent vers une action nourrie. Action en actes ou action en pensée. Ce qui, selon moi, construit deux types de tempéraments. Parlons des frustrés financiers, ceux qui ont souffert d'un sentiment de manque d'argent. Cette sensation doublement gênante, dotée d'un premier ressenti intrinsèque, d'un ressenti de manque matériel, développe un renforcement tristement social : le regard des autres. Qui vient en second. C'est la différence. La souffrance de l'éviction, du vilain petit canard. Ça fait mal. Anna Freud décrit très bien, pour tout type de trauma, la logique qui pénalise en deux fois. J'ai mal, et d'un, et de deux je sens que les autres m'isolent.

Alors regardons ce que ça peut donner.

Il y a, selon moi, les affamés de strokes, de reconnaissance, de signes de valorisation, de succès personnel, de sentiment intérieur d'émancipation. Dès que je reçois mon salaire psychologique, je me sens mieux. La vie me fournit ce qui m'a manqué : le sentiment d'avoir de la valeur. D'être compétent, utile, dans le tissu du monde.

Il y a, par ailleurs, les affamés d'argent. Un enfant pauvre (et personnellement ressenti comme tel) peut devenir un adulte motivé en affaires. La finalité, ici, est éminemment matérielle : pour réparer, je gagne de l'argent. Tout euro m'arrache à ma condition, je suis un pragmatique. Et un homme d'affaires. Je suis même doué pour ça.

Les seconds, quand ils créent leur affaire, visent généralement un ROI au vert, sympathique et porteur. L'argent répare et fait du bien. Son confort est une manne.

Pour les autres, les assoiffés de justice, le bilan se mitige. Au lieu de solidifier mon entreprise, et la transformer en gigantesque tirelire (ce qui est sain), je me nourris des signes de justice, d'acceptation, d'intégration, de réussite intellectuelle, sociale ou morale. Je tire là mes nourritures affectives, pour paraphraser un grand.

La vie est cruelle, qui fréquemment couronne les seconds. Pour les premiers, une vie personnelle satisfaisante (porteuse de strokes) est à envisager au premier chef. Vient alors la sérénité, en annexe, d'une vie professionnelle solide, porteuse - elle - de finance. Et seulement de finance. Un pragmatisme peut s'enclencher. Il faut simplement séparer les registres : perso et pro.

Le pro, c'est pour gagner de l'argent. Et, si possible, en quantité correcte.

Passez d'excellentes fêtes, sereines et belles ;)