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 Start-up, adieu, bonjour PME !Fri 12 Aug 2011
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Une start-up. C'est presque une entreprise. (Ouais.) Ce qui change, nous dit l'excellent Philippe Méda, ce sont les notions de temps, de partenariat, de profitabilité. Les visées en clair. Donc les actions qui en découlent. Donc les mentalités. Tout ça.

Quand ça frotte et que le changement pointe le bout de son nez, on fait comment avec le personnel ? Hein ? Les humains, c'est bien gentil, on les fait marcher vers quoi, on les anime avec quelle vision ? quelle organisation ? quelles pratiques ? quels actes ?

Tout le monde connaît le cas des start-ups qui s'écroulent. Rares sont celles qui se font racheter à coups de plus-values sexy. Rares sont celles qui — aussi — inscrivent leur métier dans le paysage durable des boîtes. En tant que PME. C'est de celles-là que je veux parler.

Et pour bien faire, j'en appelle au TQM. Le TQM, c'est quand l'entreprise décide de bien penser son utilité. Satisfaction-ci, satisfaction-là. Une entreprise, elle est surtout utile quand elle se demande à quoi elle sert. De là, deux finalités : 1. mon entreprise sert à payer des salaires, donc à survivre, donc à vivre, donc à chercher sa propre pérennité. En continu. (Ok.) C'est la rentabilité (plus de recettes que de dépenses, revoir Kenneth Blanchard) ; 2. mon entreprise sert à vendre un plus ou un mieux à des clients qui parfois savent ce qu'ils veulent (et comparent avec le marché), soit l'ignorent et se trouvent en flagrant délit de plaisir quand un commercial les rencontre et leur demande... où sont leurs envies.

Dans le premier cas, l'entreprise mène une stratégie. (C'est bien.) Dans le second, c'est très voisin, elle invente un marché. Tout ça, ça s'appelle gagner. Et gagner, ça se fait tôt dans le temps. Ca s'appelle... être utile : à soi, aux autres. Le plus tôt possible (j'insiste).

Il faut re-consulter Sam Walton pour voir que l'utilité, ça paye.

Don't be famous, be useful!

Fig. 1 — Doctrine de Cédric Giorgi, responsable-développement chez Seesmic


Très bien. Et le TQM, avec tout ça, en quoi il m'aide à transformer ma start-up fructueuse en gentille PME bon teint ?

Avec la roue de Deming, mes amis. Cette roue, il faut bien l'expliquer au personnel. Et, si on la décide, il faut la mettre en oeuvre très vite. Avec de bons résultats faciles, dès le début. Et le plaisir qui monte, qui monte, qui monte... Le plaisir d'être utiles. Là, tous ensemble.

Cette roue, je la transcris ici :

— [P]enser à ce qui peut être utile au client final, faire un cahier des charges succint (à quoi ça sert, à quoi ça ressemble, comment ça s'achète, en quoi c'est mieux que ce qui existe, en quoi ça crée une nouvelle accoutumance — forcément positive, etc.) ;

— [D]évelopper la solution (ou l'offre)-test qui va bien, auprès des bonnes personnes, avec des indicateurs et un timing intelligents ;

— [C]ontrôler le live : relever en continu les résultats, les remontées, les à-côtés, les choses annexes ;

— [A]dapter tout ça, en continu, bien réagir avec les actions correctives, capitaliser le savoir qui en résulte (en le stockant dans un wiki — voir plus bas), affiner la finalité quand elle est naze et recommencer à la [P]enser. Version plus ou mieux.



Fig. 2 — Le PDCA de Management30.com (cc)


Mon savoir là dessus, c'est que la roue qui monte, ça plait à tous. (Et ça marche.) Ce qu'il faut simplement — c'est là la clé —, c'est une bonne cale. Vous savez ? C'est la notion de standard à l'anglo-saxonne :



Fig. 3 — La vraie bonne cale de roue, qui est pas là pour rigoler


Cette cale (cette démarche de capitalisation, de standardisation des bonnes pratiques), c'est ce qui permet au mouvement continu de la roue de se caler (au minimum), au maximum de continuer de gravir la montagne de l'inertie. Ou de la plainte. Ou de la peur.

De permettre d'avancer en vrai.

Cette cale, vous en faites ce que vous en voulez. Moi, l'expérience me montre qu'elle intègre : 1. la politique de management de la boîte (rendez-vous formels avec l'équipe, qui rassurent, qui clarifient, qui montrent), 2. la politique de formation continue des collègues (apprentissages en permanence, affûtage des compétences et de l'estime de soi), 3. le système de connaissances incrémentiel (le wiki interne), que l'équipe augmente, renseigne et améliore au quotidien.

Tout ça pour bien asseoir l'existant.

Là, ça marche.


 Profils PDCA - 4e partieWed 15 Dec 2004
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Profil un jour, profil toujours

S'il est un invité qui reste à la porte (sans cacahuettes) lors des bamboulas managériales, c'est bien le regretté quoique rébarbatif (faussement !) William Edwards Deming (1900-1993), plutôt habitué des grands messes industrielles de type ' cravate-béton ' et screugneugneu.

Pourtant, si l'on découpe les ressources (in)humaines en quatre parties fonctionnelles, selon la roue de ce célèbre qualiticien, distingué par l'empereur du Japon, l'on trouve autant de grands profils psychosociologiques :

P - les plannificateurs-organisateurs ;

D - les faiseurs de choses (experts, réalisateurs) ;

C - les contrôleurs, superviseurs et autres consultants internes,

A - les améliorants, psychologues, créatifs, managers dans une certaine mesure, etc.

Preuve que Deming est loin d'être... la cinquième roue du carrosse.



[ Image - médaille du prix Deming de la qualité ]


 Profils - 1e partieMon 13 Dec 2004
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Profils - 1e partie [ Un panorama des profils - 2e partie >> ]


Profils mis à profit


Les lecteurs d'Absara sont désormais familiers des modèles de Meredith Belbin, Yves Enrègle, Taibi Kahler ou de Robert Freed Bales. Le premier, Britannique, suggère de recruter, pour les équipages spatiaux - très pointilleux -, des profils relationnels conciliants. Le second, psychanalyste touche-à-tout de la place parisienne, calque les modèles de leadership sur les personnages emblématiques du village d'Astérix. Le troisième, Américain, ami personnel de Bill Clinton et versé - lui aussi - dans le casting d'équipages spatiaux, décrit six profils psychologiques universels, à partir d'observations de patients psychiatriques. Il occupe la place de prolongateur lumineux des travaux d'Eric Berne. Quant au dernier, pilier de l'observation en dynamique de groupe, regretté bien au-delà des frontières américaines, il reste - avec ses douze comportements-clés - le passeur de relai le plus rigoureux, le plus pragmatique et peut-être le plus déterminant de la dynamique de groupe. Qu'en est-il des autres systèmes ? Existe-t-il des modèles aussi pertinents que ceux que nous venons de voir ?

La roue, outil civilisateur, entend-on chez les historiens. La roue, comme l'arbre, est un motif récurrent de l'histoire humaine, valorisé dans les modèles religieux. C'est certainement pour leur pouvoir d'évocation puissant que les psychologues puisent dans ces archétypes. Témoins : des admirateurs - justement - du père des archétypes, Carl Gustav Jung, qui s'appuient sur la symbolique de la roue pour modéliser leur théorie. Dick Mc Cann et Charles J. Margerison, consultants en management établis en Australie, distillent leur Team Management System (TMS, voir également ici) de manière... rotative. Pour RMC-conseils, cabinet haut-rhinois de conseil en ressources humaines, la roue TMS synthétise de façon claire et dans la langue de l'entreprise, les fonctions à prendre en compte dans le travail de l'équipe et les caractéristiques des personnes qui sont les plus aptes à assumer ces fonctions. Carl Gustav Jung est mis à contribution, de même que Meredith Belbin (!) Résultat : une synthèse, plutôt heureuse, en neuf fonctions actives. Les consultants y vont de leur énumération : 1. informer - rechercher et diffuser les informations utiles, 2. innover - susciter de nouvelles idées, 3. promouvoir - saisir les opportunités et enthousiasmer, 4. développer - évaluer et tester les projets, 5. organiser - réunir les moyens et planifier la réalisation, 6. produire - établir le processus de production, 7. inspecter - vérifier les détails et la conformité, 8. maintenir - assurer l'intendance et le respect des valeurs, 9. coordonner - créer la synergie et dynamiser les groupes de travail. Le compte est bon : toutes les fonctions-clés sont mises en évidence. Avantage : ce sont bien des fonctions (abstraites, interchangeables) et non des rôles (désignant des personnes).





Seconde et ultime étape de notre voyage : le Canada. Mais avant cela, retraçons le cours des choses. Au commencement, il y avait des managers, d'une part, et des chercheurs, d'autre part. Les premiers manageaient, observaient et écrivaient des manuels de management. Les seconds étudiaient des groupes-tests. Les premiers, très pragmatiques, manquaient de rigueur scientifique. Les seconds, plus sourcilleux, produisaient des résultats rébarbatifs et abstraits. Que faire pour avoir des bases en dynamique de groupe, qui soient à la fois objectives (scientifiques) et exploitables en situation de tous les jours ? C'est précisément la question qui a hanté jour et nuit le psychopédagogue Pierre Mongeau et le consultant en organisation Jacques Tremblay, regroupés - le temps d'un travail de recherche - sous les couleurs de l'université du Québec de Rimouski. Objectif : concevoir un modèle générique et universel (un métamodèle), qui viendrait coiffer tout ce qui a pu se dire sur les profils en dynamique de groupe. La question brûle toutes les lèvres : est-ce qu'il existe des profils systématiques, identifiables en situation ?

Les résultats, jubilent les deux chercheurs, ont révélé trois niveaux d'analyse.

1. Une première catégorie réunit trois modes d'interaction où l'individu joue un rôle proactif et cherche à moduler le déroulement des événements dans le groupe. Il s'agit des modes Impulsif, Convaincant et Analyste.

Impulsif : exprime promptement son avis, ses sentiments et ses opinions, quitte à les analyser par la suite. Il ne peut s'empêcher de laisser savoir ce qu'il pense. Ses interventions dynamisent le travail du groupe.

Convaincant : tente de persuader, de vendre une idée ou un projet. Il cherche à convaincre tout le monde et profite de toutes les opportunités pour obtenir l'adhésion à ses propositions. Sa fonction au sein du groupe serait de rallier les diverses contributions des membres autour d'un même projet.

Analyste : met en perspective l'ensemble des éléments, communique sa compréhension des enjeux, accorde une grande importance à bien établir où l'on va. Sa contribution principale est de clarifier les échanges et la production.

2. La seconde catégorie réunit les trois autres modes d'interaction où l'individu joue un rôle réactif. Il réagit à ce qui se passe au sein du groupe. Ces modes d'interaction sont respectivement nommés : Discret, Sceptique et Strict.

Discret : appuie plus souvent qu'il ne propose, reste silencieux lors de confrontations entre d'autres membres, est plutôt effacé et tend à noyer ses idées parmi celles des autres. Sa contribution se situe principalement au niveau de l'écoute et de l'appui aux autres membres du groupe.

Sceptique : se fie peu aux autres. Il est aux aguets et cherche à savoir à qui profitera une décision. Face aux tensions, il tend à tout ramener à un conflit d'intérêts. Sa fonction est de surveiller et d'examiner les échanges.

Strict : préoccupé par le respect de l'horaire, des règles et des procédures. Il porte beaucoup d'attention à la structure et à la répartition équitable des tâches entre les membres. Sa contribution est de structurer les échanges et la production.

Le dernier niveau d'analyse connecte les rôles proactifs (1.) et réactifs (2.) aux dimensions psychosociologiques mises en évidence par les modèles dans le sillage de Kurt Lewin (style autocrate, débonnaire ou laisser-faire) : Robert Blake et Jane Mouton en tête.

Convaincant et Impulsif trouvent ainsi leur centration dans la production du groupe. Les participants interagissant sur ces modes, expliquent Pierre Mongeau et Jacques Tremblay, contribuent surtout à l'avancement de la tâche [ndlr - centration "tâche" ]. Ils veulent que le travail avance et avance le plus vite possible, précisent les chercheurs.

Discret et Sceptique sont surtout préoccupés par la qualité des relations d'échange entre les gens. Les uns s'en méfient tandis que les autres les redoutent. C'est ce qu'on appelle la centration "personnes".

Pour finir, les participants interagissant sur les modes Strict et Analyste contribuent essentiellement au bon fonctionnement du groupe, c'est-à-dire à son organisation.

Synthétique, clair, passionnant.

Comme Jean-Edern Hallier s'amusait à le faire, vous pourrez désormais jeter vos manuels scandaleusement dispendieux par-dessus l'épaule...

[ Images (c) RMC-conseils & Strategos.ch | l'étude de Pierre Mongeau et Jacques Tremblay ]