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Ce billet est un hommage à mon grand-père Marcel Bruel, homme des grands dépassements, homme de conviction, agriculteur | au fait, mon père est en Afrique, je l'embrasse
Toute activité (pérenne) demande de la prospection. Demandez aux cultivateurs : chouchouter le maïs qui monte et mûrit, c'est bien. Encore faut-il préparer la génération d'après. Et alors vient une boucle, et une exigence de présence sur tous les fronts, à tous les stades - forcément simultanés : ce qui monte un jour ira sous la bâche (ou mourra sur pied) et ce que vous semez déjà (et demain) finira par remplir le stock. Stock qu'il faut d'ores et déjà optimiser (tasser) et protéger des parasites, des voleurs, des animaux. Le supply chain management (optimisation de la chaîne logistique) et le management de la qualité, c'est pas les consortiums qui les ont inventés. Ce sont les agriculteurs, véritables entrepreneurs, dès la préhistoire (sans leur ingénierie du quotidien, vous et moi serions... des concepts).
Et ce maïs, au final, il va nourrir vos animaux, votre famille et vos clients (ce qui est la même chose puisque l'argent de ces derniers rutille déjà - ou se ternit si votre roue-boucle connaît des cahots).
Ok. Tout ça est important : la vie est comme ça.
Mouais.
Semer, c'est entretenir la boucle capable de régularité formelle, de continuité, de montée énergétique croissante (ce qui est mesuré s'améliore, estime Hervé Gougeon). Bref, améliorer, c'est impulser de la nouveauté, de la semaille. Tout le temps.
Mais notre siècle naissant, pourtant si stimulant, oublie parfois les bases. Je veux évoquer les réseaux. Qui est assez naïf, en leur sein, pour penser se passer de prospection ? En quoi la force démultipliée du réseau dispense-t-elle de prospecter ? Connaissez-vous des moteurs de 1 000 ch qui fonctionnent d'amour et d'eau fraîche ? ou de délégation permanente ?
Qui, de manière sensée, peut se figurer un monde cohérent sans prospection perso ?
Premier élément. Quand on intègre un réseau, on amène l'huile de coude avec. Un réseau offre puissance et vitesse (et circularité vertueuse) si et seulement si la transpiration sourd de partout. Ça nourrit et ça huile les rouages. Ça aide à se concentrer.
Le second élement est plus personnel. Et je veux vous demander votre avis. Quand je prospecte et que je sens quelque chose de superbe et de massif, je me protège. Qu'est-ce à dire ? J'ébauche toujours une solution de rabat. Mon tempérament enthousiaste et passionné me fait dépenser une énergie importante. Si, pour une raison x ou y, vient une déception, je veux déjà pouvoir enfourcher le destrier d'après. Au revoir tristesse, pour paraphraser Sagan.
La vie, c'est l'action.
Plus le débouché me botte, plus je construis le passage vers une sortie possible (prospection d'un autre débouché). Et je crois que ce travail s'envisage seulement pour les caractères impliqués. Quelqu'un de plus raisonnable (de plus posé), s'il fait ça, émousse son envie. Alors que pour moi, c'est une précaution vitale. Une prudence, adossée à une passion naturelle, à une mise de base déjà importante. De toute façon.
Ouais.
J'ai souvenance, lors d'un eurochampionnat de foot, d'un supporter anglais. À la télé. Son propos ? Je parie sur l'équipe adverse. Si c'est mon pays qui gagne, j'éclate de joie. Si ce sont les autres, je me console avec de l'argent.
C'est sage.
Et vous, alors : comment incubez-vous et comment extravertissez-vous vos projets ?
Tell me.
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[ Marcel Bruel, théma ]
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