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Sont nazes. Vous savez ? Les petits singes. Il y a ceux qui sont drôles : les j'ai-rien-vu, rien-entendu, rien-dit (sont marrants, sont visuels), et il y a ceux des consultants. Sont comme la pyramide de Maslow : gros bulshit (mal embouché, mal ficelé, systématique). Combines, poncifs d'entreprise, la lose.
(Sic.)
De sorte (et c'est mon droit) que j'ai envie de prendre ce symbole des singes pour aborder un truc nouveau.
Et si les singes, on en faisait quelque chose de neuf ? Et si on s'en servait pour qualifier la création d'entreprise, et les points critiques liés à l'humain ? au facteur communicationnel ? à la démotivation ? (C'est crucial.)
Let's go.
Singe d'une nuit d'été
Premier démotiva-singe, c'est le fou-fou : à la création. Tout le monde s'active, il y a du taf, il faut tout faire. Premier singe, donc : la dispersion. Et là, les profils les plus organisés (cf. O d'Enrègle [1] ou Travaillomane de Kahler), eh bien ils grincent des dents : J'aimerais, disent-ils, qu'on s'organise un peu mieux. Premier gap, premier point critique. Tension qui vient. L'enthousiasme ? Il est ok. C'est juste que ça commence à monter. Petit gap, mais retour solide à la réalité. L'état de grâce prend un coup de canif dans le contrat de coolitude. Car l'équipe c'est ça : des gens qui signalent, des gens qui envoient des messages de (brusque) retour au sol. On ramasse. Premières déceptions [2].
Le deuxième ? Quand le premier client fait faux bond : là, c'est le gérant, les commerciaux, l'ensemble de l'équipe qui trinque. Déconvenue : le second démotiva-singe emporte une banane. Et prive tout le monde du fruit. Re-lose. C'est le singe carotteur.
Troisième bestiole, quand le plan de commandes monte en charge : tout s'affole, doublement des heures de travail. C'est agréable et pour autant, ça fatigue. Ce client de derrière les fagots, il faut le livrer pour hier. Pas prévu, bienvenu, ok, mais claquant. Stressant. Singe porteur de bagages. Singe traîne-savates, qui râle.
J'en ajoute un dernier : le démotiva-singe de la sècheresse. Les rapports sont secs et tendus, comme un climat d'août où le ciel se couvre, lentement, sûrement. Ça va péter comme un orage. Le manque de reconnaissance (cf. strokes) a bien usé tout le monde. Le taf m'a tueR. L'ambiance a une couleur de couteau qui luit.
Un vrai zoo.
Que faire alors ? Eh bien des sociogrammes rapides (comme des plans de match de foot, plans tactiques), des plannings stratégiques (rétroplannings scorés), du scoring pur et dur.
Histoire d'anticiper les points critiques. Histoire de prévoir les grimaces.
C'est simple et ça maintient les troupes.
Onk-onk, j'ai envie d'dire.
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[1] Modèle du Village gaulois.
[2] Cf. théma Team building. Read More
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Il y a trois écoles, que tout le monde connaît. Représentons-nous un gars dans un fauteuil roulant. Nommons-le Didier. Ce gars dirait : Pff, marre. Qu'est-ce que j'aimerais courir sur mes jambes. Là, trois attitudes fusent. Représentons-nous Amélie, Benoît puis Céline.
A : - Didier, je comprends ce que tu dis. Simplement, il faut que tu envisages ceux qui, en ce moment, ont de surcroît les bras paralysés. Tu te rends compte de leur souffrance ?
B : - Gulp. Didier, une boule me saisit à la gorge. Je me sens mal quand tu dis des trucs comme ça. Je sais pas quoi faire pour toi. Alors j'aime mieux que l'on parle de quelque chose de différent. De plus léger, tu veux bien ?
C : - Didier, je compatis tellement... Je ne sais pas pourquoi le destin a fait de toi ce gars cloué, là. C'est dégoûtant, c'est injuste. (Qu'est-ce que tu dois être malheureux !) Moi, ça me révolte et j'ai envie de pleurer, de m'effondrer, de tout casser, de te porter sur mon dos, de faire corps avec toi, etc.
C'est dur. D'abord parce que : 1. personne ne demande à Didier ce qu'il ressent vraiment. Est-ce 'lourd' ou bien comme un passager vague à l'âme ? un truc exceptionnel ? habituel ? ou contextuel ? Quelle est la situation de Didier [*], telle qu'il la vit, lui, maintenant ? 2. Tout est stérile. Que du constat. Que de l'appitoiement : sur l'un, sur l'autre, sur soi. De la culpabilisation ? Oui. L'utilité frôle le zéro. Même l'empathie (la vraie) est absente des propos A, B et C.
Que faire ? Poser des questions. Puis proposer des choses réalistes, chaleureuses, qui mettent l'autre dans une situation d'égalité, où il puisse bien vivre la solution. Version légère : Didier, et si on allait au cinoche ? ou descendre une bière fraîche ? Il y a quelque chose qui te dit là-dedans ? Version plus sérieuse : Tu veux qu'on en parle ? Version prudente : Il y a quelque chose ou quelqu'un qui puisse t'aider ? Je peux faciliter ça ?
A vos claviers. Excellente soirée.
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[*] Il faut, en guise d'amorce, revenir à ce que Didier a dit : Pff, marre. Qu'est-ce que j'aimerais courir sur mes jambes. Une explication de texte ? Quasiment. L'aide (qu'elle soit amicale ou professionnelle), c'est un point d'appui sur ce qui se dit. Il est normal, par exemple, que l'un des plus fameux psychologues français, Roger Mucchielli, soit aussi un éminent analyste de contenu (figures de style, sémiologie). L'on sait en outre l'importance, cette fois-ci du côté 'boîte noire', qu'occupait la parole pour Jacques Lacan. Cf. parlêtre. Lire aussi Françoise Dolto.
[ L'enfer du jeu, 1 et 2 | étranges échos (ici) d'Éliphaz de Théman, de Bildad de Schuach, de Tsophar de Naama | interventionisme et praxéologie | identifier les six ressorts (signaux, strokes, modalités, canaux) qui marchent ]
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