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 Budakulcs - 13e partieFri 9 Oct 2009
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Oh no there she goes out in the sunshine
The sun is mine
-
Soundgarden



Celui-là, ce billet, c'est ma promesse à moi. Et je tiens bon : bouffre de sujet de blog, tu en as mis du temps à venir. (Je te connais.) Ton trajet : la tête, le coeur et les mains, c'est long. Or, un jour quelqu'un a dit (un pasteur je crois) : Le plus long trajet, chez l'homme, c'est celui qui mène de la tête au coeur.

Mmh, super vrai.

Bien loin de la contre-culture (fût-elle managériale ou ce qu'on voudra), c'est de kulcs-culture que les mots qui viennent souhaitent parler.

Ils sussurent.

Les kulcs, ce sont les clés en hongrois. (Koultch.) Prétexte à parler de Hongrie, bien sûr. Prétexte, encore et surtout, à parler de la vie, vous savez ? Ce truc qui nous habite dès le sein de la mère et nous quitte, voyons voir... jamais. La vie est, la vie reste. (Ça vient du ventre et de la peau.) Quand François Mitterrand disait s'extasier devant la fleur qui parvient à pousser dans l'espace d'une fissure de pierre, moi ce qui me parle, ce sont les fleurs qui poussent. Ou pas. Il y a celles qui sortent et se comportent et interagissent. Il y a aussi celles du dedans : les potentielles. Et elles existent. Un praticien avisé comme Georges Romey les voit comme des pierres précieuses naturelles (par exemple dans une grotte). Elles existent, dans l'âme. Et fortement.







Des fleurs, des cristaux, des kulcs : nous y sommes.

Et cap Budapest. (Je vous ouvre la marche.) Une ville, c'est un être vivant. Elle a ses choses à elles, ses évidences, sa culture, ses mouvements (ses mystères). Et puis ses clés. Budapest, j'y suis retourné ce mois ci. (Mille choses, dont de la formation, des décisions stratégiques, Spectre - en vrai - et une table de poker semi-clandestine avec trous de cigarette dans le tapis : peut-être que je vous dirai.) Budapest ? J'y retourne encore en fin de mois. C'est une ville qui respire.

Les kulcs, en plus du Danube, eh bien je crois que c'est la vie. La vie de Budapest. Et puis celle des gens comme moi, qui veulent carresser la ville, rentrer dedans, se coller à sa peau folle et tranquille.

(Chaleur.)

Pour faire ça, il faut des kulcs. Budapest garde ses portes fermées. Beaucoup de ceux que je connais s'y enferment à double tour : appartements, locaux professionnels (vols, y compris quand l'occupant est là). Beaucoup de serrures physiques sont difficiles à ouvrir : tours de mains particuliers, patience, jeux de réflexion, tests de logique. (Vraiment : essayez d'ouvrir à la française, gros challenge.) Compliquées, les kulcs.

Alors croyez-le si vous voulez, pour un taurillon sanguin comme moi, c'est un travail. Travailler la serrure, avec les passants qui se croisent à côté, c'est un sport. Un sport qui vous travaille le coeur. Asseyez-vous dix secondes et laissez ces foutues kulcs vous parler. Il y a là quelque chose de sourd. Et ces foutues kulcs vont vous parler des vôtres : celles du coeur. Mon bon Lionel, qu'elles m'ont dit. (Façon hongroise, avec feutre et patine.) Mon bon Lionel, c'est à tes kulcs, c'est à toi de faire le travail. Alors nous nous ouvrons... seulement si nous voulons. Dure est Budapest. Belle aussi. (Compliquée.)

Alors, allez-y à la coule : acceptez cette leçon en laiton et laissez le coeur vous conduire les mains. La porte (discrète elle aussi) s'ouvre dans une odeur de poussière. Ou de scintillements d'eau (c'est comme on veut).

(Étoiles et terre noire.)

Bizarre, vous pensez ? Moi je dis que c'est la ville qui a commencé.

Pour ça, je l'aime. (Elle est folle.) C'est simple, calme et bizarre. Budapest est plus belle encore que sa féminité. Elle arrive à être plus humaine, et plus intime, que ce qu'on voudra. C'est un mystère. (Kulcs.) Le taurillon, qui voyait rouge, voit le reflet des étoiles. Qui, on le sait, habitent le fleuve.

Particulièrement le soir, quand le Danube est noir profond.

Noir comme la couleur qui cherche. Noir comme la couleur par excellence. Noir et terreau (nocturne). Comme le reflet de ce qui pousse en dedans.

Noir, écarlate, or. (Ouais.) Comme la lune ? Comme les kulcs en tout cas.

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[ Skiz 'Spectre' Fernando, the biography | portrait masculin (c) Andre Kertesz ]


 La musique est de l'eau, du sang, de la boue, de l'or qui cracheSat 6 Sep 2008
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Je dédie ce billet à Dorian(e)


Pff de Scéchenyi. Ces bains urbains budapestois mélangent eau qui brûle et coulis glacés, calme et culte du corps. Là-bas (je suis revenu en France), c'est paisible et violent : intense. L'eau vous parle. Tout s'y passe. Statues de marbre veiné, merveilles charnelles, pénétration de l'eau dans l'inconscient. Présence d'étoiles psychiques (si !) dans le revers de ce micro-Danube, sombre et ardent-mouillé. Sauvage et lisse. Ouais : clair et massif, retroussé, vif et fou. Mon corps s'endort là-bas. Ma tête coule. Une statue me pulse de l'eau sur l'arrière du crâne. Je souffle. Pff, je disais. Et tout ça pour parler de musique. C'est il y a une dizaine de jours. Un morceau de mon cerveau trempe dans cette histoire de Soi, d'être essentiel (cf. psychologie des profondeurs, relire - encore et surtout - Romey et Jodorowsky). Une autre partie médite sur cette histoire de pré-décision. Je suis qui ? j'en suis où ? Une intériorité, si différente des masques (persona de Jung), bref une psyché dialogue, construit, tricote les ponts, forme les synthèses, tend les ligaments, fabrique la vie comme une abeille. La vraie vie. Celle du bien-être. Celle de ce monde et celle de Dieu, celle de l'harmonie gratuite. Du ouaaw-pourquoi ? Du ouaww-parce que la vie est comme ça : une concentration d'elle-même, une procréation, un pff gratuit (l'amour). Un vas-y jouis : finalité de bonheur, d'être responsable, créatif, bien avec les siens. Ouvert aux événements. Sincère. Ouvert aux autres. Et bien dedans : concentré-détaché. Dedans, ouais. Très fort (très bien). Inventif. Disponible.

Les bains, enfants symboliques du Danube, vous disent tout ça. Ou rien que ça : des choses évidentes. Plongez dans cette amniosynthèse adulte, l'eau vous active des choses. Elle vous active, vous.




Fig. 1 - Le jeune Patton m'inspire ce billet


Que m'ont dit les bains ? Musique, ils m'ont dit. Comme un mot-clé, une activité toujours là : un truc à venir. Je dois faire ça. Je viens d'une famille d'agriculteurs catholiques-personnages publics et de protestants-musiciens superbes. Mes nerfs et les cellules de ma plèvre boivent à ces deux sources que j'aime. Chaque homme est une étoile, disait ce passionné de Crowley (pourtant bon poète - pourquoi avoir opposé destin personnel et Grâce et pacte amoureux du Vivant ?). Il est normal que j'aime pousser, résoudre et ressentir. En même temps, si possible. La vie n'a qu'à m'arriver dessus comme un pipeline, les choses s'arrangeront entre elles.

Évidemment la musique.

J'ai toujours voulu ça : je vais faire ça.

Parlons de musique comme moyen d'intramotivation aussi. Bien sûr que la musique (du son de la pluie à l'organisation tellurique d'un quartet), bien sûr que le son de la vie stimule : vous avez vu le nombre de voyageurs coiffés d'un casque iPod ? S'isoler, façon modèle de Hall (cf. besoin culturel de distance, besoin de retrait) ? Oui et non : retrouver des appuis, tout autant. Vraiment. Retrouver force et confiance en soi : dans soi.

La musique est une lave, enfin. Volcan, océan de feu. La musique est printanière, mouillée, juvénile, épaisse. Merci à ma grand-mère, merci - quand j'étais gamin - d'avoir décillé mon cœur. Merci, en outre, à Mike Patton, Amadeus moderne, bonhomme libre et chien-fou sacré.

Homme vermillon.

Son adolescence d'homme de quarante ans recycle mon sang...

God bless.

[ Sources d'inspiration : Robin Rimbaud aka DJ Scanner, époque Spore (son site), Serath 'Skiz' Fernando aka Spectre (fondateur des labels Wordsound et Black Hoodz), Einstürzende Neubauten (période Silence is sexy et Berlin Babylon), dälek & the Oktopus (perles parmi le label de Mike Patton, Ipecac), il y a aussi le grand Richard David James aka Aphex Twin et Natacha Atlas (sensuelle et intemporelle époque de Diaspora) | Bises à Clément, le petit garçon d'Emmanuel et d'Anne, né cette nuit à 2 h 30 | Széchenyi Fürdő, le diaporama | en parlant de pré-décisions et de décisions fermes, je compte organiser une série d'entrevues, de tête-à-têtes calmes ou de formats artistiques pour et avec les personnes que j'ai vexées, négligées, froissées ces dernières années (j'en compte dix ou quinze) - l'idée : demander pardon et comprendre et valoriser les spécificités de ces pas encore-amis, d'une manière polie, personnelle, chaleureuse, constructive, sincère, égalitaire et attentive | Gros challenge ? ]  Read More