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 Oui madame, l'organisation est une activité motivationnelle - 14e partieFri 16 Nov 2007
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Exceptionnellement, cet article est (c) - Je le dédie à Hervé

Certes une entreprise est-elle plus dynamique si elle est organisée : elle sait voir où sont les priorités et les sujets à fortement investir. S'il y a nécessité de mettre le paquet sur le service après-vente ou la conquête d'une niche au Brésil, l'entreprise a un sens, une direction, un motif de se dépasser. J'appelle ça un moteur.

Autre effet vertueux : tous les Travaillomanes souscrivent à ça, non pas au côté challenge (bien au contraire), mais à la précision des projections. Ce qui représente 25 % des troupes [1] selon Taibi Kahler, qui se reconnaissent dans une structure qui dit ce qu'elle vise, qui se fixe des échéances à succès, qui s'en donne les moyens physiques. C'est la clarté cognitive de l'AT, la dynamique perfectionniste (voire observatrice) de l'Ennéagramme ou le principe Animus de Carl Jung et de Georges Romey.

Il y a là des composantes de base.

Nous parlons bien d'organisation. Il y a encore beaucoup de choses qui, venant d'elle, suscitent le faire-bouger (motiver). Regardons ensemble ces histoires : 1. de géographie professionnelle, 2. de recours aux strokes. Il y a là d'importants sous-bassements motivationnels.

1. Dans les préconisations que fait le consultant en économies de temps, il y a toujours le planning. C'est un outil de management visuel, qui montre tout de suite qui fait quoi, à quel point ça avance dans le temps (grâce à des personnes physiques), de quelle manière - en clair - les satisfactions prennent corps. C'est avec ce type d'outil que le leader, gardien des caps, de leur impact sur les représentations (peur ou confiance - cf. homéostasie) et de la vision, bref des valeurs (ce qui compte) : c'est avec ça que le leader donne une structure, une métrique (art de suivre et de mesurer, art de guider), bref une forme (Gestalt) à sa boîte. L'identité s'enracine. Nous sommes dans un système et c'est quelque chose qui roule (qui vit).

Le leader, en fondateur, établit ainsi la notion de progrès : il donne un déversement possible à la sourde et puissante poussée d'évolution (cf. Georges Romey). Humainement, c'est déterminant. D'ailleurs, le consultant en management Hervé Gougeon rappelle que tout ce qui est considéré (ici mesuré) progresse. C'est une constatation courante, à laquelle je souscris.



Fig. 1 - Le planning déploie
un certain nombre de colonnades


Parlons du planning. Sa réputation en fait l'outil de maîtrise du cours des choses et, par extension, du temps lui-même. Il est bon de rapeller qu'il permet aussi de maîtriser l'espace. Vous savez, l'ergonomie : le bassin (fluide ou compliqué) des échanges humains. En disant qui fait quoi et quand, le planning spatialise l'entreprise : on entrevoit les flux relationnels. C'est la logistique des corps, et des sensibilités qu'il y a derrière. Untel va ici et là, rencontre Antoine, Béatrice ou Coralie. Le Où et le Qui s'interpénètrent (cf. 3qo2cp). Alors quoi ? Il y a trois enseignements latents.

1.1 Le premier, c'est qu'il faut un plan au sol pour pouvoir dire qui fait vraiment quoi. Ce que la TPE visualise facilement, il faut le documenter pour une grande boîte, et surtout avoir des interlocuteurs qui s'y connaissent en circulation des flux humains, en intra (salle de consultation du planning, couloirs, ascenseurs) et en extra (parking, accès au resto d'entreprise, connexion avec la bretelle d'autoroute). Ces trucs-là comptent à la longue. Spatialiser, c'est concrétiser peut-être, c'est encore et surtout donner de la chair aux trajectoires, on le voit juste en dessous.

1.2 Le second élément, c'est qu'il y a un sociogramme induit. Le modèle ? Une émanation de Jacob Moreno, l'un des pères [2] de la dynamique de groupe. La représentation de qui va voir qui ou quoi, de qui passe dans le périmètre de qui, permet - en fonction des affinités ou des répulsions - de dire qui va tenir dans le temps ou qui va s'accrocher avec Josiane Rottweiler de l'accueil. C'est-à-dire éroder sa propre positivité [3]. Quelqu'un qui aime prendre l'air aura tout intérêt à passer par la coursive de derrière. Quelqu'un qui vomit la fantaisie devra contourner le pôle Créa, où règne ce troll en résine issu d'une plateforme de jeux vidéo. Ménager la susceptibilité des gens, favoriser le confort socio-émotionnel, c'est tout un taf. Qui revient à cartographier les territoires (plus largement, les chaises - cette assise symbolique individuelle) des uns et des autres.

1. 3 Le troisième point, c'est la géographie motivationnelle immédiate : l'environnement de travail. Un bureau open space stresse les cultures ou les gens qui ont besoin d'intimité (relire Le Langage silencieux du remarquable Edward Hall). Il faut faire attention. Pour les freelances, il y a aussi la nécessaire distinction entres espaces pro et perso. Exemples nombreux, à commencer par le mien : je travaille à merveille avec une ou deux personnes dans la même pièce. Les signaux corporels qu'envoient les autres forment comme un nuage crépitant qui m'aide à me concentrer. Si je manque de ça, je travaille avec de la musique.

Un autre exemple me vient. Il y a un établissement que je connais bien. Vous pénétrez là-dedans, vous débarquez dans les années 1980-1990 : égalité prônée. Où est le sens de circulation, où sont les points saillants, où est l'accueil, qui est le boss ? Nada. Tout est circulaire et mangé par un puits de lumière central, comme une échelle de Jacob vaine et limitée. Bosser là donne des angoisses : on s'y perd. Tout est possible et donc rien. Zéro accroche, aucun style, un espace de vide occupé par ce centre planté dans rien. Là où le vide donne habituellement envie d'emplir, il y a dans cette entrée un néant : une confusion. Énergie dispersée. Leadership dissimulé, paumé, battu aux quatre vents. Vous saisissez ?

Arf.

2. Passons aux strokes. Que je sois de tempérament intra ou extramotivé, j'ai besoin de regards. Les miens ou ceux des autres (souvent c'est les deux). Pour acter une réussite. Le planning permet ça, qui montre clairement où sont les repos du guerrier, ces plages de mise à profit, de Aah, j'y suis arrivé, où le bilan forme un sourire intérieur. Le Tout est accompli de fin de semaine (où le planning fait intentionnellement un blanc) est une sensation nécessaire. Imaginons que j'aie un boss adepte des félicitations-minutes (façon Manager-minute, le modèle de Kenneth Blanchard) : si j'ai ça, je suis un chanceux. Et si je n'ai pas la considération bienveillante, la clarté de vues et l'appui de mon chef, qu'au moins le planning m'indique mes plages de repos du guerrier. C'est comme un shabbat reconstructeur. Ainsi puis-je jouir de la satisfaction de ce que j'ai accompli. Pour les autres, pour l'avenir de la boîte, pour le client, pour ma carrière, peu importe. Je suis capable, compétent, dans mes chaussures, ici et là. Et je jouis de ça.

Mmhhhh.

Un récapitulatif des fruits motivationnels du planning ? après quoi je vous souhaite un bon week-end ? Let's go.

L'outil du consultant en économies de temps, le planning, donne des priorités, donc une direction dynamique au collectif. Il remplit sa fonction de clarificateur du devenir, il concrétise une intelligence spatio-émotionnelle (porteuse elle aussi de motivation), il donne une place dans l'espace à chacun, conforte son rang symbolique (à la fois unique et partie-prenante de la réconfortante chaîne de travail), il dessine des plages attitrées de repos, pour savourer les actes.

Be seeing you.
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[1] Les statistiques du père de la Process Communication s'appuient sur des tests issus des États-Unis. Et ces tests concernent évidemment plusieurs milieux professionnels. Au pays de René Descartes, d'Auguste Comte, du TGV et de l'école de la République, je soupçonne la proportion de Travaillomanes d'être encore plus forte (ajoutons-y en parallèle une composante Persévérant et Rebelle). En Afrique ? Elles est plus faible du fait d'une intuition laissée plus libre (cf. Anima).

[2] Méconnu en France.

[3] Le terme est de Cizia Zykë.

[ Sondage - Le PDCA, outil vécu comme fixateur, comme canalisateur ou comme libérateur du progrès ? ]


 Charles, attends !Thu 25 Oct 2007
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[ Théma motivation ] Charles, attends ! [ Catégorie Management-Sc. humaines | mots-clés, permalien, commentaires ]

Parlons magnétisme. Écartons l'exotique Mesmer et son baquet magique. C'est d'aimants que je veux vous parler. Selon que vous les disposez comme ci ou comme ça [1], ils deviennent les uns pour les autres des pôles d'attraction ou des repoussoirs [2] : c'est très binaire. La PNL étudie bien ça [3] : il y a des choses qui vous inspirent (danser comme Justin Timberlake) et d'autres qui vous révulsent (surtout pas comme Vladimir Poutine).




Fig. 1 - Chérie, j'ai rétréci les fosses


Eh bien je vous avoue - j'assume - que je travaille depuis plusieurs jours avec un dépliant contre-exemplaire à mort. Un vrai tue-l'amour, creux et pompeux, un tout-sauf-ça. Il est sous mes yeux, je le garde, je le regarde. Voir que des gens font ça (Et réussissent comme des boucaniers !), ça me stimule. Ce morceau de papier me rassure et me conforte, je m'en sers de fétiche. Quoi que je fasse, même avec une jaunisse ou un pied bot, mes propositions étaient, sont et seront toujours meilleures que ça. C'est une base.

Alors quoi ? Le kitsch est un stimulant naturel.

Be seeing you.

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[1] C'est très fréquent de voir les sciences humaines (ici la motivation, traditionnellement rattachée à la psychosociologie d'essence anglosaxonne), en clair c'est amusant de voir à quel point les sciences dites molles empruntent aux modèles de la physique et de la biologie (entropie et Gestalt, entropie et dynamique de groupe), tout ça pour construire des métaphores édifiantes. D'ailleurs toutes les paraboles ont une visée pédagogique, thérapeutique ou métaphysique (cf. le touchant travail du grand Milton Erickson), bref d'amplification de la conscience et de réglage par tâtonnements d'une façon d'être, d'un confort (d'une place harmonieuse) dans le monde, monde immédiat (environnement socio-émotionnel) ou monde vaste et général (the big one). Enseigner, émouvoir, susciter, faire croître ou naître, encourager, résoudre des problèmes (faire converger ces trois pieds du tabouret que sont la donne du monde, la nature profonde de l'instigateur de l'action et les objectifs qu'il se fixe - le quatrième étant peut-être la plasticité de la frustration), tout ça je crois que c'est pareil. C'est vivre et aider à vivre comme il faut. Réconcilier principe de plaisir et principe de réalité (soigner les inconfortables décalages, résoudre les problèmes), c'est le travail spirituel par excellence. Taoïsme façon Wieger ? arrangement moléculaire ? harmonisation romeyienne ? cohérence synergétique ? À chacun de trancher.

[2] Tout ce qui est binaire est dynamique et stimulant. L'on trouve, dans une foule de systèmes traditionnels, un couple primordial (dyade), une association vivante de deux lois énergétiques, qui procréent ensemble : elles déploient tout un monde. C'est le modèle de l'émergence, je pose un minimum de principes (étymologiquement amorces) dont la combinaison immédiate fait naître la multiplicité. Relire le père de la complexité, l'immense Edgar Morin, ainsi que le très lateral thinker (maverick ?) Jeremy Narby et ses incroyables histoires de serpent double et d'ADN à deux brins. Il faut par ailleurs voir ce que le superbe Craig Reynolds donne à voir d'une poignée de principes capables de faire émerger une machinerie aussi complexe que le vol des oiseaux. Sur la combinaison synergétique de deux polarités premières, lire Animus-Anima.

[3] Filtres cognitifs.

[ Ah, les aimants, tellement amants ! tellement porteurs de la notion classique des affinités, des sympathies ou lois d'agrégation naturelles (cf. doctrine des Signatures, également pratiquée par les ayahuasqueros de Narby) | je me revois enfant avec un tome ouvert de l'encyclopédie Tout l'univers - un schéma (je le vois encore) montre une caisse en bois remplie d'aimants en vrac, fichus n'importe comment, le magnétisme « pulsé » hors de la caisse est désordonné, faible et malade, à l'inverse un rangement simple et conforme à la nature des attirances-répulsions des aimants génère une grande énergie : la caisse irradie un puissant champ | je crois (je sais) que c'est l'un de mes premiers contacts, excessivement saisissant, avec la notion de synergie : un « plusieurs » bien agencé (conforme aux lois du dedans, au tempérament, à la nature intrinsèque des constituants), eh bien ce « plusieurs » catalyse naturellement des principes (des lois, par exemple psychologiques), qui régissent l'extérieur, il emprunte alors des sortes d'autoroutes ascentionnelles et tricote une métamorphose, une forme au delà, plus évoluée (nouvel arrangement, nouveau système) | sur la notion de repoussoir (bouc émissaire) ou bien de fascination mimétique (forme de jalousie de ce que l'autre possède, façon Caïn), lire René Girard | représenter les affinités (ou tensions) interpersonnelles grâce au sociogramme de Jacob Moreno ]


 Dynamique de groupe - 8e partieTue 15 May 2007
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[ Stratégies de coopération, les meilleures - 7e partie ] Dynamique de groupe - 8e partie [ Coopération ou défection, c'est selon - 9e partie > ]


Un collectif humain, c'est un organisme vivant - illustration


Un peu datées les prises de note à la main. Les psychosociologues, fussent-ils d'entreprise, modélisent encore à l'ancienne les rapports (attachements et rapports de force - générateurs de confort ou d'inconfort socioémotionnel), bref ils modélisent encore à la main les états et surtout les « transactions » entre humains, entre collaborateurs : Untel fait ci, tel autre fait ça, je note ci, je note ça. Plutôt que Robert F. Bales et sa notation figée (effet « procès verbal », tout est consigné), je préfère de loin les modèles dessinés (cartographiques) de Jacob L. Moreno, plus dynamiques, beaucoup plus fluides, plus réalistes. Dans la saisie du vivant.

Parlons programmes. Nous sommes en 2007. Et pour étudier l'évolution d'un système (ex. une équipe), l'informatique fait des prouesses. C'est net. Des prouesses de pédagogie d'abord : tout s'anime et devient parlant. Le dilemme des prisonniers devient une clé d'entrée tangible, l'on comprend foule de choses. Mais pour aller plus loin encore, je vous propose le Jeu de la vie de Paul Callahan.

Il s'agit d'un programme sur la Toile : vous placez des cellules vivantes (ici des points) sur un graphe et regardez comment elles s'animent, s'agrègent et vivent. Amusons-nous :



(J'adore ce truc, je l'ai trouvé en navigant depuis la page du grand Robert Axelrod.)

Voyons... Mille choses à vous dire. Mais je dois voir un client...

A très bientôt : commentez si vous le souhaitez.

[ La vie, kesako ? Dans les sciences de la vie, de l'homme et des sociétés, la vie s'envisage comme à la fois ce qui met en mouvement le tissu des choses (le complexus), et la somme de ces mouvements eux mêmes. Mouvements qui se tendent vers la félicité (niveau de satisfaction stable et/ou croissant) de chacun ou presque des systèmes compris dans ledit tissu. Sachant qu'un regroupement (agrégation) de systèmes (par exemple des cellules) engendre un tissu plus grand (mettons, un organe), plus ou moins stable, posons que tout tissu est lui aussi doué de logique interne et donc de poussées - en prise avec le dedans et avec le dehors - qui le conduisent à fabriquer sa propre félicité. Terminons ici. Toute félicité est plus ou moins compatible avec celle des systèmes d'à côté, avec celle des systèmes du dessous (plus petits, plus élémentaires), avec celle des systèmes du dessus : plus englobants | consulter, à ce sujet, le modèle de Max Sandor | Palo Alto et les niveaux logiques | scénario de la vaine pature | une autre vidéo | le résultat de l'entropie, c'est peut-être la fin de la coopération, c'est-à-dire la mort... relative puisque les déchets d'un système impactent et fécondent un autre système - ce mouvement continu, c'est la vie | aah, l'ouroboros ]