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[ < thémas Anthropologie, Livres, Intelligence collective & Foi | archivage automatique du billet sur le grand Don Richardson ]
Le groupe. Eh oui. Qu'est-ce qu'on peut en dire ? Le pire (un groupe génère des normes, des inerties, du rejet). Le meilleur aussi. (Et surtout.) En vrac : de la protection, du partage, du lien, de l'efficacité (travail, amélioration du quotidien), des racines.
Tout le monde peut le constater.
Et puis vivre le groupe, vivre le socius — quand il est chaleureux —, c'est une bénédiction.
Qu'est-ce que l'anthropologue et missionnaire brésilien Ronaldo Lidório peut dire de tout ça ?
Mille choses évidemment.
Son travail chez les Konkomba d'Afrique de l'Ouest (Ghana, nord du Togo) est une réjouissance. Je ressors à peine de son Ils ont osé défier le bois sacré.
Il dit avant tout que l'homme a besoin de repères. Et s'en fabrique. Avec un système de rites, ici cruels (sacrifices humains). Avec des croyances qui pèsent. Avec des tabous. Avec un système de régulation spirituelle qui découle de la terreur.
Il y a heureusement deux points que je vois avec lumière. Le premier, c'est que l'amour (qui est un risque), ça paye. Je vous laisse découvrir en quoi. Le second est plus social. Lidório aime le discernement, il est honnête. Quand quelque chose est une gangue ténébreuse, qui colle à la vie des gens, il le dit. Quand quelque chose est neutre ou bon, il le dit aussi. Là, ça touche à la marche du groupe.
Regardons.
Il existe, et c'est là que j'en viens, un mécanisme social chez les Konkomba qui attire l'attention. Quand un groupe hostile se présente (comme souvent dans les peuples traditionnels, où la notion de territoire — au sens large — peut tout à coup surgir), eh bien les Konkomba ont un truc à eux.
Un truc en deux temps.
Tout d'abord, ils ont — dans la peau — un contenu de formation. Tout homme est connaisseur. Capable, qu'il est, de se défendre : qu'il porte des armes ou non. Caste ? Guerriers spécialistes ? Certes non : des hommes. Et même les vieux participent puisque l'anthropologue explique qu'ils ravitaillent. Ils sont utiles (provisions, matériel). Tout le monde est... compétent.
Deuxièmement, ils ont un cri. Un cri de ralliement. Si le danger arrive (individu, groupe malveillant), toute personne a un cri, que le collègue le plus proche (et quelle que soit la distance) reproduit. Et ainsi de suite. Tout homme arrête son travail et se précipite vers le crieur le plus proche, et tutti quanti, jusqu'à la source : c'est un réseau qui afflue. Qui fonctionne à la vitesse du son... et des jambes. (Lidório précise combien les Konkomba courent vite.)
Résultat : des hommes accourent, convergent et forment très vite, sur place, un bloc en alerte. Un bloc fin prêt.
Effet massif. Effet dissuasif. Effet dynamique. Et intervention si le besoin se confirme.
Apologie de la guerre ? Surtout pas. Lidório aime la paix (et même plus que ça — lisez bien). Il dit juste que l'idée, dans son principe, est pragmatique. Et moi, je vous soumets ça. Un groupe compétent, qui court, qui fait masse critique est un groupe qui fonctionne.
Ajoutez-y maintenant : 1. la sagesse (les Konkomba chrétiens refusent la guerre), 2. la foi, qui construit, qui dépasse, qui creuse le sillon d'un fleuve existentiel.
Vous avez là une panacée, à l'échelon groupal. Avec, en plus, des racines individuelles fortes. Des choix de coeur.
Excellente année à chacune et à chacun d'entre vous.
God bless...
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[ Les Konkomba, une étude (ancienne) de Jean-Claude Froelich | la solidarité — un peu plus loin avec Serge Moscovici et son modèle des Minorités persuasives (voir le paramètre qui touche à la solidarité groupale) ]
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[ Théma Mondragón ] Draguer le dragon [ Catégorie Management-Sc. humaines | mots-clés, permalien, commentaires ]
Ah, l'entreprise ! Que de choses. Voyons voir : son image a une composante externe et une interne. À l'extérieur, l'entreprise a comme un capital, une côte d'utilité [*]. Il est évident que la structure qui ajoute une valeur au quotidien, à la vie du public, elle décroche un pompon. C'est pour ça qu'un mécène, un acteur social, un agent communautaire (intégrer les handicapés dans la ville) ou écologique, bref tout ce qui joue collectif a bonne presse. Beaucoup plus évidemment qu'une junte capitalistique aux abois. Les golden parachutes l'ont rappelé.
Dans l'entreprise, il y a aussi ce qui se fait dedans. Et le management vient nous parler de ça. Quand une entreprise fait l'impasse sur le recrutement, la formation continue, le climat socio-émotionnel, le qui-fait-quoi, le qui-fixe-les-seuils-et-pourquoi, la culture du mérite et de l'innovation, le profilage motivationnel, les récompenses et les arbitrages, évidemment quand elle escamote tout ça elle perd du glamour. Elle devient un rien-du-tout ou un stand de tir. Pire : une tanière à P'tit D, où règnent l'intrigue et la dispersion énergétique. Chacun crispe les poings.
Que faire alors ? Peut-être produire des choses pour la communauté, à l'extérieur. Tout ou partie. Et puis sûrement adapter une forme de philosophie façon Mondragón. Les gens sont formés, payés, récompensés, leur travail sert à tous.
D'ailleurs - et j'en termine -, le nombre de jours off à Mondragón depuis des décennies culmine... à zéro.
À reméditer d'ici la grande grève du 18.
Urrf.
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[*] C'est cet engagement dans le vivre-ensemble que les concitoyens (et consommateurs) apprécient tant. Et rêvent de voir en permanence dans la fonction publique.
[ Ici, une attitude (dixit Christian Blachas) promise à la fortune | rendre service, y compris pour de l'argent, c'est une vraie valeur | un fond protestant (?), j'assume - évidemment ]
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[ Théma Mondragón ] Draguer le dragon [ Catégorie Management-Sc. humaines | mots-clés, permalien, commentaires ]
Ah, l'entreprise ! Que de choses. Voyons voir : son image a une composante externe et une interne. À l'extérieur, l'entreprise a comme un capital, une côte d'utilité [*]. Il est évident que la structure qui ajoute une valeur au quotidien, à la vie du public, elle décroche un pompon. C'est pour ça qu'un mécène, un acteur social, un agent communautaire (intégrer les handicapés dans la ville) ou écologique, bref tout ce qui joue collectif a bonne presse. Beaucoup plus évidemment qu'une junte capitalistique aux abois. Les golden parachutes l'ont rappelé.
Dans l'entreprise, il y a aussi ce qui se fait dedans. Et le management vient nous parler de ça. Quand une entreprise fait l'impasse sur le recrutement, la formation continue, le climat socio-émotionnel, le qui-fait-quoi, le qui-fixe-les-seuils-et-pourquoi, la culture du mérite et de l'innovation, le profilage motivationnel, les récompenses et les arbitrages, évidemment quand elle escamote tout ça elle perd du glamour. Elle devient un rien-du-tout ou un stand de tir. Pire : une tanière à P'tit D, où règnent l'intrigue et la dispersion énergétique. Chacun crispe les poings.
Que faire alors ? Peut-être produire des choses pour la communauté, à l'extérieur. Tout ou partie. Et puis sûrement adapter une forme de philosophie façon Mondragón. Les gens sont formés, payés, récompensés, leur travail sert à tous.
D'ailleurs - et j'en termine -, le nombre de jours off à Mondragón depuis des décennies culmine... à zéro.
À reméditer d'ici la grande grève du 18.
Urrf.
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[*] C'est cet engagement dans le vivre-ensemble que les concitoyens (et consommateurs) apprécient tant. Et rêvent de voir en permanence dans la fonction publique.
[ Ici, une attitude (dixit Christian Blachas) promise à la fortune | rendre service, y compris pour de l'argent, c'est une vraie valeur | un fond protestant (?), j'assume - évidemment ]
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