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 Un AVC pour comprendre, un AVC pour vivreSat 8 Nov 2008
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[ < théma Cerveau | catégorie Sciences humaines | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]


L'aventure intérieure


Les préférences cérébrales. Hémisphère gauche ou hémisphère droit. Les qualités d'un bord ou plutôt de l'autre, par exemple l'esprit d'analyse [1], opposé par la culture occidentale classique à son pendant, l'esprit de synthèse. Vastes champs de l'esprit, que l'expérimentation approche massivement dès l'Après-guerre (psychologie, informatique, cybernétique, etc.). Le cerveau, il faut le dire, est - par son dialogue continu entre les différentes zones qui le composent [2] -, en clair, le cerveau est une filière d'efficience (la principale), tant dans la vie de tous les jours que pour les défis collectifs. Tendances cérébrales, chemins de frayage, compétences ou angles spécifiques d'édification... Le thème des pôles de compétence cérébrale, des pôles dédiés, séduit tellement que la PNL, soucieuse de relevés-terrain, s'empare directement du sujet, en étudiant les supercommunicants. Professionnels qui réussissent à influencer, à provoquer le changement, à induire chez eux et chez autrui les pensées et les comportements qui marchent. Les conduites qui solutionnent. Qui ouvrent les perspectives, à partir des qualités d'un émetteur et des aptitudes naturelles d'un récepteur.

Nous sommes dans les années 1970. Par les ouvrages de vulgarisation ou les séminaires de formation, ça rentre dans les conversations : untel est plutôt comme ci, plutôt comme ça. Son esprit, sa façon de voir le monde, a une empreinte, une identité, une couleur (et donc des qualités et des limites propres). Il développe un style, une façon d'être qui découlerait d'un développement de telle ou telle aptitude cérébrale.

Ok.

Rentrons dans les années 2000. Ce que la neurobiologiste américaine Jill Bolte Taylor nous dit des spécialisations cérébrales est époustouflant. Croyez-le ou non, mais ce qu'elle étudie (les processus cérébraux), la vie lui permet de le vivre en direct. Et sur elle. C'est un accident vasculaire cérébral (AVC), affection considérée comme lourde, qui lui permet de ressentir son cerveau, son activité, ses changements. Son accident ? Un champ d'étude à ciel ouvert, qu'elle ressent, questionne, étudie.




Fig. 1 - Conférence : Ce que ça fait d'avoir un AVC



La journaliste Véziane de Vezins lui donne la parole :

« Combien de chercheurs en neurosciences ont l'opportunité de vivre par eux-mêmes un accident vasculaire cérébral ? [...] L'hémisphère droit de notre cerveau est programmé pour le bonheur, la paix, la compassion. [...] La plasticité des neurones donne à chacun la possibilité de “virer à droite” et de choisir la paix et l'amour plutôt que l'affrontement. [...] Le circuit neuronal de la colère est mobilisé durant exactement une minute et demi, après quoi la tension retombe. Libre à nous de ne pas donner suite. »

Ce 10 décembre 1996, à 7 heures du matin, après une terrible douleur derrière l'œil gauche, la scientifique ressent quelque chose d'étrange. « Mon énergie spirituelle, confie-t-elle, flottait en suspension autour de moi, telle une baleine géante dans un océan d'euphorie muette ». Diagnostic : cerveau gauche atteint, c'est donc l'hémisphère droit qui interprète les choses, dans son langage.

Convalescence, volontarisme et amélioration sont au rendez-vous. Enfin.

« Si mon odyssée intérieure m'a appris une chose, indique-t-elle, c'est que la quiétude est à notre portée. Il nous suffit, pour y parvenir, de faire taire la voix de notre hémisphère gauche dominant. »

Fantastique, je disais.

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[1] Il s'agit de l'hémisphère gauche, considéré comme la structure dynamique hébergeant les centres du langage.

[2] Cette conception d'un cerveau porteur de zones « géographiques » spécialisées, et connectées entre elles, relève du localisationnisme. La science actuelle trouve parfois le modèle simpliste et dépassé.

[ Joffrey Bouissac, un aventurier cette fois-ci de l'autisme, également précieux pour comprendre l'esprit humain : son récit | ah, le touchant blog de Julie Gravel-Richard, professeur de littérature classique, atteinte d'une tumeur au cerveau | Jill Bolte Taylor est neurologue - un autre neurologue fameux, Antonio Damasio | revenons-en aux aventuriers de l'intérieur, c'est fou ce talent spéculaire de l'homme, qui peut expérimenter (ressentir, vivre) quelque chose et en même temps interroger le phénomène concerné (dédoublement, effet de miroir, séparation des flux, fixation-étude d'un objet courant) | une idole (étymologiquement une image), c'est la fixation d'un élément que l'on étudie, dont on sort une substance affective et/ou expérimentale, voire qu'on révère, et qui rassure dans sa fixité - c'est le contraire de la vie, du fleuve existentiel remuant, donc surprenant, contraignant, anxiogène | revoir le traitement inquiet (effet de comblement) que l'homme réserve à tout type de terra incognita | parlons de cette aptitude (spéculaire) de fixation symbolique des choses (abstraction, modélisation, étude), je me souviens du photographe Moïse Arbib, qui me disait que l'image avait ce pouvoir de faire naître l'illusion qu'on maîtrise, qu'on fige, qu'on comprend, qu'on possède (c'est la même chose) ; un jour il me montre la photo originale (émouvante) de rabbins du ghetto de Varsovie, étudiant dans une bibliothèque juste avant que les nazis la ravagent (puis il referme le coffre qui la contient, exprès, respectant la volonté de l'homme qui la lui avait confiée) ; il y a dans cette image une lumière, un contraste noir et blanc et une intensité que seule la privation de la voir à nouveau vivifient, rendent à la vie, libèrent - ainsi, finalement, puis-je capter son rythme, son essence, sa puissance et la vérité qui la composent : par l'absence, par le respect, par la compréhension de son impermanence (et là, saisissant qu'elle m'échappe, je la ressens réellement) | Pourquoi les Occidentaux photographient-ils les mandalas de poudre colorée ? Ces figures sont faites pour comprendre la métamorphose, la vie, la mort des choses et leur passage - saisir et vouloir garder, c'est mortifère, disent justement ces mandalas ; surfer sur la folle course du monde, ça c'est intense et porteur | pour celui qui chasse (et ressent en direct ce qui passe), pas besoin, estime Alejandro Jodorowsky, d'encombrants filets, d'intellect et de doctrines étouffant le flux ressenti des choses, donc l'ardeur vitale | le signifiant tue la chose, comme dirait Jacques Lacan (qui pourtant - quoique génial - en tua beaucoup, des choses) | à l'heure actuelle, c'est peut-être Georges Romey qui parle le mieux du nécessaire dialogue entre cerveau gauche et cerveau droit, Animus et Anima (voir théma) | la complexité d'Edgard Morin, l'interdisciplinarité de Boris Cyrulnik, la transversalité d'Edward De Bono et l'approche systémique (tellement simple et naturelle) de Joël de Rosnay sont également dans la mouvance d'une circulation gauche-droite, d'analyse et de saisie d'ensemble à la fois | les deux hémisphères communiquent entre eux au moyen du corps calleux, lire le remarquable (et Toulousain) Bernard Auriol, psychiatre et psychanalyste érudit ]


 Scoliose d'entreprise - 8e partieWed 26 Dec 2007
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[ < 7e partie | théma Dynamique de groupe ] AddThis Social Bookmark Button [ Catégorie Management-Sc. humaines | permalien, mots-clés et commentaires ]


Cet article et les mots-clés qui s'y rattachent sont (c) - Merci


Le groupe est un dos. Et le dos, en vrai, c'est une structure vertébrale. Le groupe évoque la chaîne vivante. Serpent dynamique et postural, où les cylindres osseux, solides, centraux et communicants, s'organisent dans la souplesse. Et la vibration coulée. Ils fabriquent le bon gainage au bon moment. Entre vertèbres, il y a comme un travail d'équipe.

Connaissez-vous des entreprises, des associations, des familles qui aient des lumbagos ou des scolioses ? J'en connais. Le rôle d'un ou plusieurs éléments-clés se brouille, se complique, se déplace. Et l'ensemble, alors, s'agite, compense et comble les trous fonctionnels. Là où le chef traditionnel (naturel) manque de structure et d'allant [1], ainsi que de projection dans le temps, le vide qu'il génère se remplit aussitôt : la nature a horreur des fonctions béantes. Une chaise se vide ? Elle excite aussitôt la convoitise. Ou l'appétit de choses pratiques, le vite-il-faut-faire-ci-et-ça. Tout territoire s'occupe, c'est un fondement : occupation du terrain et espérance de vie vont ensemble. Je vous renvoie à ma propre vision de l'Animus. Il y a là quelque chose d'anthropologique et de normal.

De sorte qu'une vertèbre rebelle, souvent alliée à d'autres [2], s'impose où manque une cheville ouvrière.

La torsion se dessine : faire le travail d'un autre est une usure, une dispersion des énergies, une (im)posture. La Gestalt est malade.

De sorte que le je-suis-qui (indépendamment du je-fais-quoi) doit se plonger dans la moëlle épinière. Il faut refonder la carte d'identité. Réaligner puis huiler la colonne passe par ça. Quel est mon sexe réel (structuration ou accueil des choses) ? mon rang de naissance (leadership dans quel domaine) ? mes fonctions symboliques (rôle naturel) ? mon périmètre d'action (prérogatives, permissions et restrictions, rétributions et mérites [3] en cas de victoire ou d'échec) ?

Tout ça se décrypte.

Tout ça se soigne.

Tout ça se travaille au calme. Avec discernement.
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[1] Dans beaucoup de cas, un manque évident de confiance en soi provient d'une intramotivation défaillante ou faible, elle-même assise sur une légitimité bancale, il y a comme une gêne à s'engager. Cette fragilité se cheville au plus intime de l'inconscient, à cause déjà du regard-empreinte. Toujours lui !

[2] Cf. la horde primitive de Freud.

[3] Revoir les strokes et la valeur subjective que leur impact procure (valence).

[ Max Sandor, un dynamicien d'équipes qui se plonge dans les alignements énergétiques du groupe | relire Jacob Moreno, Alexandro Jodorowsky et Anne Ancelin Schützenberger | la confusion fait de l'Anima une caisse de résonnance, un facteur de douleurs | la juste définition des choses (Animus), au plus près des enracinements naturels, donne une structure saine et irriguée à la formation groupale, au système en place | Légitimité - Qui en veut aux couteaux Laguiole ? ]  Read More


 Charles, attends !Thu 25 Oct 2007
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[ Théma motivation ] Charles, attends ! [ Catégorie Management-Sc. humaines | mots-clés, permalien, commentaires ]

Parlons magnétisme. Écartons l'exotique Mesmer et son baquet magique. C'est d'aimants que je veux vous parler. Selon que vous les disposez comme ci ou comme ça [1], ils deviennent les uns pour les autres des pôles d'attraction ou des repoussoirs [2] : c'est très binaire. La PNL étudie bien ça [3] : il y a des choses qui vous inspirent (danser comme Justin Timberlake) et d'autres qui vous révulsent (surtout pas comme Vladimir Poutine).




Fig. 1 - Chérie, j'ai rétréci les fosses


Eh bien je vous avoue - j'assume - que je travaille depuis plusieurs jours avec un dépliant contre-exemplaire à mort. Un vrai tue-l'amour, creux et pompeux, un tout-sauf-ça. Il est sous mes yeux, je le garde, je le regarde. Voir que des gens font ça (Et réussissent comme des boucaniers !), ça me stimule. Ce morceau de papier me rassure et me conforte, je m'en sers de fétiche. Quoi que je fasse, même avec une jaunisse ou un pied bot, mes propositions étaient, sont et seront toujours meilleures que ça. C'est une base.

Alors quoi ? Le kitsch est un stimulant naturel.

Be seeing you.

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[1] C'est très fréquent de voir les sciences humaines (ici la motivation, traditionnellement rattachée à la psychosociologie d'essence anglosaxonne), en clair c'est amusant de voir à quel point les sciences dites molles empruntent aux modèles de la physique et de la biologie (entropie et Gestalt, entropie et dynamique de groupe), tout ça pour construire des métaphores édifiantes. D'ailleurs toutes les paraboles ont une visée pédagogique, thérapeutique ou métaphysique (cf. le touchant travail du grand Milton Erickson), bref d'amplification de la conscience et de réglage par tâtonnements d'une façon d'être, d'un confort (d'une place harmonieuse) dans le monde, monde immédiat (environnement socio-émotionnel) ou monde vaste et général (the big one). Enseigner, émouvoir, susciter, faire croître ou naître, encourager, résoudre des problèmes (faire converger ces trois pieds du tabouret que sont la donne du monde, la nature profonde de l'instigateur de l'action et les objectifs qu'il se fixe - le quatrième étant peut-être la plasticité de la frustration), tout ça je crois que c'est pareil. C'est vivre et aider à vivre comme il faut. Réconcilier principe de plaisir et principe de réalité (soigner les inconfortables décalages, résoudre les problèmes), c'est le travail spirituel par excellence. Taoïsme façon Wieger ? arrangement moléculaire ? harmonisation romeyienne ? cohérence synergétique ? À chacun de trancher.

[2] Tout ce qui est binaire est dynamique et stimulant. L'on trouve, dans une foule de systèmes traditionnels, un couple primordial (dyade), une association vivante de deux lois énergétiques, qui procréent ensemble : elles déploient tout un monde. C'est le modèle de l'émergence, je pose un minimum de principes (étymologiquement amorces) dont la combinaison immédiate fait naître la multiplicité. Relire le père de la complexité, l'immense Edgar Morin, ainsi que le très lateral thinker (maverick ?) Jeremy Narby et ses incroyables histoires de serpent double et d'ADN à deux brins. Il faut par ailleurs voir ce que le superbe Craig Reynolds donne à voir d'une poignée de principes capables de faire émerger une machinerie aussi complexe que le vol des oiseaux. Sur la combinaison synergétique de deux polarités premières, lire Animus-Anima.

[3] Filtres cognitifs.

[ Ah, les aimants, tellement amants ! tellement porteurs de la notion classique des affinités, des sympathies ou lois d'agrégation naturelles (cf. doctrine des Signatures, également pratiquée par les ayahuasqueros de Narby) | je me revois enfant avec un tome ouvert de l'encyclopédie Tout l'univers - un schéma (je le vois encore) montre une caisse en bois remplie d'aimants en vrac, fichus n'importe comment, le magnétisme « pulsé » hors de la caisse est désordonné, faible et malade, à l'inverse un rangement simple et conforme à la nature des attirances-répulsions des aimants génère une grande énergie : la caisse irradie un puissant champ | je crois (je sais) que c'est l'un de mes premiers contacts, excessivement saisissant, avec la notion de synergie : un « plusieurs » bien agencé (conforme aux lois du dedans, au tempérament, à la nature intrinsèque des constituants), eh bien ce « plusieurs » catalyse naturellement des principes (des lois, par exemple psychologiques), qui régissent l'extérieur, il emprunte alors des sortes d'autoroutes ascentionnelles et tricote une métamorphose, une forme au delà, plus évoluée (nouvel arrangement, nouveau système) | sur la notion de repoussoir (bouc émissaire) ou bien de fascination mimétique (forme de jalousie de ce que l'autre possède, façon Caïn), lire René Girard | représenter les affinités (ou tensions) interpersonnelles grâce au sociogramme de Jacob Moreno ]


 On Romey ça ? - 1e partieFri 17 Aug 2007
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On Romey ça ? [ 2e partie > ]

Bon, au revoir au passionnant Ray Birdwhistell et puis au revoir aux patrons « trois lettres [1] ». C'est ici même le retour de Georges Romey, le plus personnel des auteurs en psychologie des profondeurs [2] d'expression francophone. Pourquoi ce billet ? Lien avec le management ? avec le coaching ? Moui et non : l'idée c'est de relayer simplement ce que les livres habituellement disent avec emphase. Nous sommes ici dans les sciences humaines. Parlons d'inconscient, cette structure d'autant plus puissante, nous dit Romey, qu'elle vit dérobée. Et ce qui est occulte est fort (actif par la marge : en plein accès sur sa matière). Pour rappel, le père du rêve éveillé libre, ancien consultant pétri de pratique clinique [3], bref ce psychothérapeute rigoureux boit aux sources de trois géants. Citons-les : il y a Robert Desoille et de son investigation audacieuse - quoiqu'intrusive - de l'inconscient. Citons aussi ce puits de science qu'est l'anthropologue Gilbert Durand, puis - pour finir - Arthur Janov [4] et son travail sur l'engramme (inscription nerveuse de paquets traumatiques, autour d'un thème précis - ex. : la naissance).



Reconvoquons Romey. Il faut absolument lire le Dictionnaire de la symbolique des rêves. Ce travail immense, issu d'une titanesque encyclopédie du même auteur, plaide pour une redécouverte de l'impulsion naturelle [5], essentielle, intuitive et libre, par opposition aux structurations souvent pesantes de l'esprit de géométrie, tel que le définissait le grand Pascal.

Que dire ? L'inconscient, c'est beaucoup de choses. C'est encore et surtout, dixit Romey le pragmatique, un réseau bis, arborescent, puissant, opérant.

Écoutons-le (et j'en finis là - bonne fin d'août à vous) : Lorsque le regard transmet au cerveau des signaux spécifiques lui permettant de reconnaître tel objet, ces stimuli déclenchent deux réseaux de résonances, tout à fait distincts, bien qu'étroitement reliés l'un à l'autre. Le premier concerne notre insertion dans ce qu'il est convenu d'appeler la réalité concrète, tangible, objective. Il nous permet d'identifier ledit objet et de réagir à sa présence en fonction du système logique d'appréciation. Suivant le lieu, les circonstances et la considération habituelle que l'on a de cet objet, la réaction prendra la tonalité du plaisir, de l'attendrissement, de l'indifférence, de l'agacement, de la crainte, de la violence, etc. Ce réseau intègre l'image de l'objet dans le champ des valeurs reconnues par la conscience et sur lesquelles s'appuie la raison pour déterminer nos actes, des plus anodins jusqu'aux plus importants. C'est, en tout cas, ce que nous incite à croire un mental très imbu de ses prérogatives ! Le second réseau fonctionne en parallèle, à la manière de ces circuits occultes de pouvoir, dont l'action souterraine est d'autant plus efficace qu'elle est moins apparent. Celui-là, sûr de sa puissance, laisse volontiers à la raison consciente l'illusion de maîtriser les choses de la vie ! Il agit par interférences bénignes dans les circonstances banales et décisives lorsque les orientations majeures de la vie sont en jeu. Ce réseau de résonances c'est, évidemment, le champ des contenus inconscients, symboliques, pour tout dire, dont chaque image se prête à la projection.

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[1] Comme le disait ma grand-mère.

[2] Cf. Carl Gustav Jung.

[3] Est clinicien celui qui, étymologiquement, se penche sur des cas concrets. Des cas de déséquilibre ou de souffrance humaine.

[4] Faire attention. Cet excrément dévastateur qu'est la scientologie reprend à son compte la notion d'engramme, pour - évidemment - la tordre.

[5] Les transactionnalistes estiment en majorité que l'état naturel le plus profitable, le plus assumé, le plus proche des aspirations latentes, c'est celui de l'Enfant spontané. Voyez la théma sur l'Analyse transactionnelle (AT).

[ Théma Cerveau | Quand je regarde Rondoudou, je comprends qu'il y a des choses vraiment plus importantes - Mitch dans les Pokemon (que regarde sans regarder ma progéniture, à l'instant même) ]


 Confiance en soi - 4e partieSun 25 Feb 2007
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[ << Le regard des autres, selon Anna Freud | Le regard sur soi - 3e partie ] Confiance en soi - 4e partie [ Le courage est une liberté face à l'autocritique - 5e partie >> ]


Regard, signe de Caïn et racines de la motivation profonde


Consideration, ça c'est le terme anglais. Un excellent terme : englobant, évocateur, précis. Prenons son sens, qui a peu ou prou les mêmes attributions en français. La considération, c'est central : considérer quelqu'un c'est poser un regard sur lui. C'est montrer qu'il existe. A lui, aux autres, à moi (trois dimensions).

Pour rappel, le management de la motivation met en mouvement des parties-prenantes, des travailleurs. Comment ? En activant les ressorts qu'ils ont en eux (ce qui les rend humains et en même temps uniques) et en fournissant quotidiennement la clarté des visées et aussi le bonne ambiance collective de sécurité et d'émulation (aller loin, aller ensemble, dépasser les blocages naturels, tranquillement). Fournir les moyens intellectuels et socioémotionnels de la réussite.

Le management de la motivation est un management de la considération. Considérer, c'est stroker (marquer l'autre d'un signe), c'est montrer une attention [1], c'est démontrer, c'est donc prouver qu'il existe. Si donc j'existe, je peux me projeter dans le temps, estime le collaborateur. Il y a une place (une chaise) pour moi, je peux me mettre en mouvement, je peux agir (ici, exister, me mettre en dehors de moi) : je peux travailler, produire un fruit.

Je peux travailler si l'on me considère. Je peux travailler si l'on me regarde, je peux travailler si l'on me dit ce qu'il faut faire. Un bon manager respecte mon expertise dès que j'en ai une, me laisse de l'espace quand j'en ai besoin, m'aide quand je le demande. Je peux travailler quand quelqu'un de bienveillant me rappelle ce qu'il faut éviter, à temps, et me félicite à chaque fois que je réussis quelque chose. Même des choses petites. Il me stroke (système de signalement et d'ancrage) de bonnes choses.

Considérer quelqu'un, c'est lui fournir un ou plusieurs éléments de tout ça, en fonction de sa mâturité. Pour ça, Kenneth Blanchard a mille fois raison. D'une part pour le primat qu'il accorde [2] au contact individualisé (réprimandes-minutes, félicitations-minutes). D'autre part pour le régime communicationnel (intellectuel et émotionnel) qu'il différencie selon les besoins du travailleur en marche, du travailleur qui gagne en mâturité. A chaque personne [3], un régime différent. Pour seulement une minute par jour et par personne, rappelle le gourou du management. Investir dans l'humain, voilà la plus utile des façons de gagner le défi de la rentabilité durable.

Blanchard est puissant. Le regard du manager (du motivateur) est un regard de discernement. C'est aussi un regard d'encouragement : vous êtes capable du mieux, je vous le montre en reconnaissant vos réussites successives. Le regard du manager suscite un beau regard intérieur : un regard de tranquille lucidité, un regard de capacité, un regard d'amour propre, de sain respect de soi (par opposition au harassant perfectionnisme).

Je termine sur le magnifique travail de Jean-Marc Dupeux, aumônier général des prisons (bulletin audio) et fournisseur de regards bienveillants. Même un détenu (frappé, à tort ou à raison, d'ostracisme) peut changer son regard sur lui-même. Et donner ensuite le meilleur de lui-même.

Un bel espoir pour les équipes humaines.

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[1] Un tel signe est une protection. Cf. le signe de Caïn. Selon la Bible, Dieu protège et apaise, par opposition à l'accusation permanente, qui frappe, sape et détruit. Voir ceci. (Mmh, l'article de Wikipedia est bourré d'erreurs.)

[2] L'on sait, grâce à Michel Crozier, combien le manager français rechigne à rencontrer ses sbires.

[3] En outre, le consultant Bruno Dusollier explique à merveille quelle langue parler au profil psychologique que vous avez en face de vous.

[ Le regard est un discernement (A qui vais-je donner quoi ?), le regard sur l'autre est de toute façon un signe de reconnaissance, ce type de regard (s'il est bienveillant) amorce chez lui un amour propre tout à fait salutaire au travail, à nouveau le discernement fera de belles choses : la boucle est bouclée | communication - ce qui fait changer une personne | le psychothérapeute Georges Romey estime que la présence d'un regard parental (vrai ou supposé) chez l'enfant détermine une partie de sa future capacité à réussir (viser quelque chose de conforme à ses envies et puis l'atteindre) | le regard est un faisceau de vecteurs, qui bâtit un relief singulier : le regard parental, le regard ainsi construit chez l'enfant, les actualisations que font sur cette matière, dans ce système, le regard (supposé ou réel) des autres | l'oeil et la bague | symboles ]  Read More


 Contrôle et sensibilité - 3e partieTue 13 Feb 2007
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Contrôle et sensibilité
~ Le plomb et la grâce



Nous avons tous un métier. Mon métier [1] consiste, entre autres choses, à sortir les gens du perfectionnisme (je vous jure). La perfection est un piège : coûteux, usant, décevant. Le principe de réalité vient heureusement nous tirer du cauchemar, du toujours-plus. Rappel : le mieux est l'ennemi du plus. Plus, c'est quantitatif, c'est la même chose en davantage. Le mieux ? Un changement de système [2], un processus adapté, vivant. Une nouveauté plus fine.

Vous imaginez bien que le 20/80 est des outils atomiques le plus utile ici. Perfectionner, c'est perdre du temps, donc des clients et de l'énergie nerveuse. Donc de l'argent, donc de la vie pour votre entreprise. Bien faire, à l'inverse, c'est accepter de maîtriser la chose à 80 % (notion d'excellence, disjointe de la perfection), donc à fort taux, et puis... de la lâcher. Pour passer à autre chose. Pour amener le truc à son point culminant, je veux parler du point culminant réaliste. Là encore, 80 % c'est un bon taux. Vous changez, vous sautez sur un autre processus : vous gagnez un temps fou à chaque fois.

Parlons management. Comme moi, vous savez bien que le leader situationnel est un kangourou, un animal sauteur (cf. Kenneth Blanchard). Sitôt qu'il amène un collaborateur à la mâturité professionnelle sur une tâche précise, il passe vite à quelqu'un d'autre. Et d'un il se met en réaction par rapport au premier, et de deux il aide le plus fragile à croître. Résultat : deux collaborateurs évoluent au lieu d'un. Les 20 % qu'il a gagnés sur le numéro un deviennent un levier pour le second, les vases communicants s'inter-alimentent.

En outre, on le sait, terminer (achever) un travail jusqu'à l'extrême limite est ce qui prend le plus de temps, donc qui fait chuter la productivité ou la performance de manière drastique. Il faut rationnaliser et accepter qu'un autre vienne achever la chose en cours (ou vienne la surveiller, si on la laisse à 80 %). Vous, vous êtes un(e) boss, un(e) vrai(e) : vous priorisez, réalisez, engrangez de l'argent et dépensez intelligemment chaque minute [3] de votre temps.




Fig. 1 - Lâcher s'oppose à renoncer,
c'est mieux investir ce qui suit et ce qui croît



Je m'arrête ici. (Je relis.) Nous avons parlé de cette folle course à la perfection. Ce marathon est un des fruits du contrôle, du besoin de maîtrise. Ce besoin est humain, il est un fruit de la finitude humaine (look). Et c'est de ça que je veux parler : après la maîtrise, parlons de l'expressivité, cette polarité différente, qui rentre en dialogue puissant avec la maîtrise. Pour aller bien, il faut un mariage intelligent entre les deux.

En cela, le travail de Jean Monbourquette est splendide. De même que celui d'Alexandro Jodorowsky ou de don Miguel Ruiz. Réconcilier les deux grands besoins pour qu'ils accouchent d'une troisième voie [4] sereine, voilà un beau projet.

Il y a beaucoup à dire, alors je vous renvoie ici. Et vous laisse vous attarder sur un tableau des grappes de mots que vous pouvez trouver dans les livres. D'abord, les puissances de contrôle (1). Juste après, celles de l'expressivité (2). On y va :

1. [ Contrôle et structuration (Georges Romey), maîtrise, analyse, décisions, volonté, conatus, pensée cartésienne, esprit de géométrie (Blaise Pascal), cerveau gauche (PNL), animus (Carl Gustav Jung), yang (taoïsme), Juge (don Miguel Ruiz), état Parent (Eric Berne), Surmoi (Sigmund Freud) ],

2. [ Expression authentique et sensibilité (Romey), créativité, intuition, instinct, réceptivité, lâcher prise, synthèse, spontanéité, ressentis (feelings), pensée alternative (lateral thinking - Edward de Bono) ou systémique, rapprochements ou connectivité analogique, esprit de finesse (Pascal), cerveau droit (PNL), anima (Jung), yin (taoïsme), Victime (Ruiz), état Enfant (Berne), Ça (Freud) ].

Renoncer au perfectionnisme, c'est gagner du temps, de la motivation, de l'argent. C'est aussi plus d'efficience. C'est - pour terminer - s'ouvrir à l'expressivité, cette amorce, ce jaillissement continu des réalisations humaines. Ajoutez à cela de la structure (mettons un scoring) et vous gainez vos idées dans un corps (un plan d'actions) réaliste et sain.

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[1] Que dire ? J'aide les équipes à envisager les rapports de force avec un marché, les angles de pénétration commerciale, le suivi visuel (tableaux de bord simples, épinglés en grand), les actions à mener en priorité - compte tenu de leur impact (scoring), et le canal socioémotionnel avec lequel il faut parler à chacun des collaborateurs. Pourquoi ? Pour que chacun tienne dans la durée, j'aide le manager à parler clairement et à féliciter tout ce qui avance. Oui c'est de l'organisation (à visée stratégique) et du management (orienté motivation). Les gains ? Une plus grande liberté quant au temps (priorisations et redéploiements enfin possibles), un succès commercial patent (visible, suivi, "bichonné"), une cohésion des équipes dans la durée (le succès vient... des gens).

[2] A l'échelle des entreprises, il y a aussi des paradigmes, des socles plus ou moins cohérents de croyances, de conceptions (représentations, principes c'est-à-dire valeurs). Et ces socles sont à la fois des marchepieds vers un mieux. (C'est l'idée d'amélioration continue). Le mieux devient alors un plus. Certes, obtenir 25 % de taux de conquête commerciale, c'est davantage (et mieux) que 18 %. Il faut pour autant se dire qu'un seuil viendra (une nouvelle donne ou une usure) où le socle du départ va se crisper, devenir un dogme et étouffer la performance. Il faudra alors un vrai mieux, c'est-à-dire un changement qualitatif des perceptions et modes de travail. C'est toute la différence entre changement 1 (pareil, en plus - donc en bientôt limité) et changement 2 (nouvelles façons de faire, plus fines et davantage en phase avec ce tissu vivant - ce complexus - qu'est la vie). Sur les conceptions et les croyances, lire "Mojo d'entreprise" (ici) et "Vrac de janvier" sur les croyances limitatrices. C'est . Et puis, sur les changements, il y a une théma - et c'est vers cet article que je compte vous emmener, "Métamorphoses Vs modifications" : .

[3] Notamment en faisant du management, du vrai, qui booste les équipes. Cf. management-minute.

[4] C'est Marc Traverson qui va être content :-)

[ Image (c) Grevel @ Flickr.com | d'après l'étymologie, analyser c'est défaire des noeuds | la grâce, un contrepied à l'effort endémique de perfection | lire l'excellent boulot de Traverson sur la synergie | théma systèmes | théma cerveau | autre sujet - Absara.com, ces jours-ci, passe techniquement de 500 ou 600 lecteurs par jour à environ 100, lire les ratés du serveur allemand qui héberge ce blog, chez Flemming ]  Read More


 Au coeur du symbole - 3e partieFri 10 Nov 2006
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Faire naître la nouveauté par le symbole


Gaston Bachelard (1884-1962) et le psychologue contemporain Gilbert Durand ont dit des choses cruciales. L'un comme l'autre envisage les symboles comme des spectres, je veux dire des étendues de sens. Exemple : pour certains hommes, le soleil est vivifiant, alors que pour d'autres il brûle et tue [*]. Le sens voyage d'un pôle à l'autre. C'est cela un spectre : un ensemble dynamique de sens qui se déploie alors même que le signifiant - ici "soleil" - reste fixe. Le son "Soleil" génère une densité intellectuelle et psychologique phénoménale.

L'intérêt pour le coach ? C'est qu'un même son (dans le discours de l'autre) vous projette d'un bout à l'autre du spectre. Ce trajet compose un atout.

Explication. A un bout du spectre, il y a - mettons - les sens qui vérouillent, limitent ou font peur. Allons voir à l'autre bout : un gisement de sens insoupçonnés vous attend, libérant une forte énergie psychique s'ils sont mis à profit.

Si votre client déplore être "passif comme une feuille fragile", cette même feuille - comme "coincée" dans l'esprit de celui-ci - peut, sous votre éclairage, changer de modalité et former ainsi un ressort inattendu. Pourquoi ? Parce que passive, la feuille est également active : c'est un instrument de captation de flux et de distribution des énergies. Voilà qui conduit à de nouvelles amorces, pour pouvoir faire un travail de changement.

Une image-pivot, en coaching, c'est une base de discussion. Et c'est une tempête en marche.

[*] Sur l'ambivalence (à distinguer de l'ambigüité), relire l'histoire de Sekhmet, la déesse égyptienne de la médecine initiatique... et de la destruction solaire.

[ Changer, c'est quoi ? ]


 Communication - 2e partieFri 21 Jul 2006
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[ << Gregory Bateson | Ernst Cassirer ] Communication - 2e partie [ Vrac d'hiver et communication - suite >> ]


File prendre ton bain (sémiotique)


Vous le connaissez, il est horrible ce schéma. Si primaire : Emetteur => message, forcémment codé => Récepteur.

Grâce au Ciel, en 1994, un formateur m'en a montré les limites. Bien sûr que communiquer, c'est pas ça - quelle horreur ! Bien sûr que Jean-Marc Froquet, c'est son nom [1], m'a montré autre chose. Je dois donc vous citer l'Analyse transactionnelle (AT) et la Programmation neurolinguistique (PNL). Dépassés, ces arts de la communication ? Oui et non. C'est vrai qu'il y a aujourd'hui bien mieux. Pour autant, ces écoles font un premier vecteur... solide. Champs investis ? Le besoin si fondamental de signaux de reconnaissance, les répétitions morbides (programmes, scénarios noirs), l'interprétation personnelle des choses, la grille de lecture du monde (autour de croyances donc de valeurs - ces raccourcis utiles pour donner un sens aux choses), le besoin d'être avec des gens qui nous comprennent, la qualité (adaptation de la forme) des messages adressés à Untel ou Untel. Ok. Que dire alors ? Mmh, la communication, c'est de l'intellect (clarté des choses, sensorialité donc force des messages) mais encore et surtout c'est de l'affectivité. Le socio-émotionnel, en somme : nous sommes proches, presque structurés de la même manière, je suis dans votre camp, je vous respecte, je reconnais votre spécificité, je vous reconnais une vraie place [2], dans mon périmètre humain, dans le monde aussi.

Mais ce n'est pas ça que je veux dire. Je veux avant tout parler de cet émetteur et de ce récepteur. Froquet avait l'art de mettre l'accent (le primat) sur l'émetteur. Il avait raison. Il est tellement plus simple de bien travailler son adresse à quelqu'un (en respectant son intelligence, son tempérament, ses attentes) que de gérer la réception d'un message mal configuré (place peu enviée du récepteur). Je m'explique : l'émetteur - pour être efficace - dépense une misère, nerveusement, pour transmettre quelque chose de bon. Alors que le récepteur est à la peine : comprendre un truc mal ficelé est consommateur d'une montagne d'énergie. L'idée ? Bien s'exprimer en amont, bien parler à la tête (clarté), au corps (ancrages sensoriels) et au coeur (respect du tempérament de l'autre), c'est prendre soin de la communication, c'est transmettre un bon relai. A l'inverse, penser que l'autre doit s'adapter au tout-venant qui sort de nos bouches, c'est : 1. stérile, 2. scientifiquement faux. L'expérience montre que l'émetteur fait tout ou presque. Avec peu. Le récepteur, le pôvre, est toujours plus lent. Il dépense plus, ouvre toutes les oreilles possibles et souvent renonce, s'énerve, ignore. Bref passe à côté. Inconsciemment. C'est humain, c'est normal. Alors, pour une bonne hygiène [3], pensons à bien émettre. Malheureusement, quand quelqu'un comprend, il le doit à sa propre intelligence (efforts, adaptation continue, changements permanents de tactique de saisie - des dizaines au minimum, pour un seul message). Rarement à la pédagogie [4] de l'émetteur.



Fig. 1 - Un bain. Figurez-le vous sémiotique (hum hum).

La sémiotique, explique Ferdinand de Saussure,
c'est la science générale de tous les systèmes de signes (ou de symboles)
grâce auxquels les hommes communiquent entre eux.


Bon, je reviens au début. Pourquoi ce schéma est-il, en somme, dépassé ? Et d'un parce qu'il date de cette période agaçante du réductionnisme : l'homme envisagé comme des flux, des trucs, des mouvements. C'est typiquement les années du tout-technique : années 1950. Deuxièmement parce que la science considère à présent (merci Boris Cyrulnik) que la communication est une activité. Entendons par là quelque chose de naturel, d'instinctif. Nous baignons vous et moi dans un bain sémiotique (les signaux deviennent porteurs de sens, pour le cerveau) : l'idée du tissu (complexus en latin) est là. Nous baignons dedans : ce que j'émets, je l'adresse à tout le monde en même temps, y compris à moi-même (les bien heureux tenants d'un inconscient psychique approuvent). Et en plus j'envoie un paquet de choses non-dites. L'autre reçoit, interprète mais en plus émet en même temps, y compris le simple fait qu'il reçoit-interprète. Vous me suivez ? Emetteur-récepteur, c'est has been. Qui est quoi ? Qui fait quoi ? Tout le monde fait tout. Et ça passe par un bain.

Etre un humain, c'est ça. C'est agir dans le bain, par le bain.

Des bises et bon week-end. Salutations à l'équipe Absara : Flemming, Guillaume, Nadia, André. Et Fabien.
__

[1] Il a formé... des milliers de gens.

[2] Voir les chaises de Patrick Çabal.

[3] L'expression plairait à Jacques Salomé.

[4] L'impact, écrit comme oral, ça se travaille.

[ Image (c) M6 | Qu'est-ce qu'un symbole ? | symbole et synthème - pour le grand René Alleau, le nom de synthème doit être réservé aux signes conventionnels par lesquels un lien mutuel est établi par les hommes : un pont communicationnel est jeté entre eux, cf. De la nature du symbole | semiosis et vie sociale, la thèse passionnante de Josiane Boulad-Ayoub (pdf) | pour les sciences cognitives ou sociales (mais aussi pour la poésie ou la métaphysique), un homme, c'est un inventeur de symboles, un producteur d'activités et un fournisseur - pour autrui - de marques de reconnaissance | c'est Françoise Dolto qui affirmait que l'homme n'était que langage (la figuration des choses ; les interactions avec autrui) | sciences de l'information et de la communication, panorama | fonctions du discours selon Roman Jakobson ]


 Systémique... ta mère - 7e partieThu 22 Jun 2006
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La bonne marche des systèmes
- Modéliser des actions (correctes) en environnement complexe



Je connais Max Sandor [1] depuis un an ou deux. Ce type est passionnant. C'est Flemming qui m'a présenté ce globe-trotter érudit, docteur en cybernétique [2], quand Max est venu à Toulouse : je l'ai aidé pour une étude de marché. Que dire ? Le bonhomme connaît l'allemand (langue maternelle), l'anglo-américain (Flemming l'a connu aux Etats-Unis), le portugais puisqu'il vit au Brésil. Par ailleurs, il parle l'italien pour affaires, mais aussi l'occitan (si !) et le sanscrit. Sa passion : les religions et les systèmes cognitifs (fabrication de sens) qu'ils engendrent. Un personnage...

Hier, en lisant son article sur les mèmes [3], j'ai eu envie de le relier à une ressource fraîchement mise à jour par mes soins, qui parle des archétypes. Je vous dévoile d'abord le modèle de Max. Puis nous abordons cette histoire d'archétypes, sous un angle nouveau vous allez voir.

Alors commençons par le modèle de Max. Il s'agit du Théorème d'amplification de mèmes (2006).

Il faut entendre par processus une activité locale finalisée. Kesako ? Une activité : 1. constatable à notre échelle, 2. vectorisée, c'est-à-dire orientée naturellement vers quelque chose : son propre acccomplissement. Ce pour quoi elle est faite. On le sait, les systèmes vivants sont finalisés. Un exemple ? Le projet d'entreprise, qui apporte à l'équipe humaine une finalité : par exemple son lot de rapports positifs au monde, son lot de bonheur. La finalité de tout processus ici-bas, explique Max, c'est d'obtenir la résonnance maximale avec une, et une seule, super-énergie. La super-énergie, c'est un arrangement de plus haut niveau (tout n'étant que systèmes) qui délivre aux choses une signification, une fulgurance et une fluidité (une facilité) particulières. Le cybernéticien compare cet état à une musique intérieure, transcendante, qui délivre une humeur particulière. Une magie. Max de poursuivre : 1. un processus local se termine exactement quand une résonnance locale est trouvée. 2. Par ailleurs, un processus local aura tendance à entrer en compétition avec d'autres jeux [activités, interactions] locaux, pour maîtriser le niveau de processus [le système] du niveau d'après. Quoi d'autre ? 3. Si la résonnance ainsi obtenue [4] est suffisamment proche de la super-énergie originelle, le processus se détruira de lui-même (c'est la catastrophe de résonnance). Deux cas sont possibles : soit le processus implose (destructive game - commerce destructif) et ne laisse aucune trace, soit il explose [5], propage ses fragments dans les systèmes parallèles (contamination, déstabilisation, enrichissement par ricochet). Certes cette explosion relève-t-elle de l'infecting game. Elle relève également du constructive game [commerce constructif]. Continuons : 5. les processus obéissent à une architecture qui va par 2. Dans la plupart des représentations philosophiques traditionnelles (mais peut-être aussi dans nos systèmes techniques, au fond) des polarités-mères (une 'plus' et une 'moins') tissent par combinaison tout ce qui fait la complexité du monde [6]. Engeandrant ainsi l'ADN (le modèle, les archétypes) des choses. Tout se charpente selon un shéma binaire : il y aurait 256 (2 puissance 8) polarités, à l'origine de 1024 (2 puissance 10) super-énergies différentes. Nous nageons en pleine émergence : quelques lois d'organisation simples font surgir la complexité la plus dense (il suffit de voir tout ce que quelques acides aminés sont capables de faire en termes de muscles, de nerfs, de cheveux, de globules rouges). 7. La polarité 'plus' fournit la super-énergie du régime implosif, localement stérile. La polarité 'moins' conditionne, elle, le commerce explosif, extraverti.

Le système est binaire, certes. Il est aussi combinatoire. Partant ainsi vers l'infini...



Fig. 1 - Maximilian Joachim Sandor


L'entropie ? Un classique. Que Max interprète sous l'angle de super-énergies chargées 'moins', se propageant par explosion. Il y a diffusion de quelque chose. (L'autodestruction, nous l'avons vu, gomme toute trace.) La polarité ? Une matrice, une filière super-énergétique. Un modèle 'atomique' (le plus petit possible) de la vie : un archétype, tout en potentiel.

Et puisque nous parlons de potentiel, je veux maintenant vous parler de ces potentiels contrariés, ces énergies qui se bloquent : elles sont pénalisées par des arrangements (des structures) pathologiques. Les stuctures collectives sont des organismes quasi biologiques. Ils ont une morphologie [7] et cette structure interagit avec le monde. Pour le meilleur et pour le pire. De sorte qu'entre elles, les structures se stimulent ou se bloquent, par des jeux de synergie [8]. Regardons de près et donnons la parole à l'expert américain en management William Braun.

Il y a, selon lui, dix compositions dynamiques (modèles génériques, archétypes) qui entravent la bonne marche des actions visées. Dix scenarii s'actualisent :

1. Limites à la croissance / au succès. L'on doit cet archétype (1972) à Donella Meadows, Dennis Meadows, Jørgen Randers et William Behrens. L'idée ? Nous semons les graines de notre propre destruction [9]. Il y a des limites en tout lieu : l'on peut légitimement douter des cercles vertueux indéfinis (renforcements positifs). Quelque part, en marge du système - ou en prise directe avec lui -, pousse (souvent de notre fait) un contre-système qui limite voire annule les efforts du premier. Cette idée me fait dire qu'une bonne caractérisation de projet doit (théoriquement) tenir compte de tous les tenants, même les plus éloignés. Je m'explique : tous les territoires des parties-prenantes doivent être balisés, pour envisager la survenue d'un contre-phénomène (ou d'un contre-pouvoir) de toutes les directions possibles. Dans un village, l'association désireuse de faire émerger une crèche parentale doit se poser la question de Qui est concerné et impacté par la chose : les enfants, leurs parents, les entreprises des parents, les commerces environnants, l'école, l'équipe municipale, l'opposition, le propriétaire du champ, le notaire, la Dass, l'architecte, ses concurrents, etc. Pré-recquis : envisager l'interrelationnel dynamique de toutes les parties-prenantes (effets de bascule et de seuil, opérateurs bernéens, etc.),

2. Le fardeau (shifting the burden). Cette situation survient quand un processus simple à réaliser - et porteur de gratifications immédiates [10] - aimante (vampirise) l'énergie de tout un groupe qui oeuvrait au départ sur un processus de plus longue haleine. C'est la solution de facilité, où le rapport efforts/résultats immédiats incite à traiter les symptômes (le superficiel, le court terme, le récurrent) plutôt que le fond. Un scénario propre à bien des actions d'intervention en management, déplore William Braun,

3. Baisser la barre / Grignoter (eroding goals). Ce scénario part du constat qu'il y a un problème, un fossé entre d'une part un objectif (toujours chiffré) et d'autre part sa condition de réalisation. Constat amer de l'inadéquation entre ce que l'on voulait et ce qui se passe [11]. Que faire ? La tentation est grande de laisser alors s'exprimer un mouvement de baisse : l'objectif de départ est ajusté, tiré vers le bas. A surveiller : ce que cette baisse cache, en termes d'ambition. A terme, prévient William Braun, cette tendance porte un coup d'arrêt à la performance. La productivité bat de l'aile,




Fig. 2 - Les systèmes sont des fleuves qui,
entre eux, forment des méandres



4. L'escalade (escalation). Ici, deux systèmes sont en compétition et risquent la surchauffe. Sous couvert de protéger et/ou de pérenniser les intérêts de leur organisation, des managers entretiennent une surenchère, une émulation constante, préjudiciable - à terme - aux clients comme aux détenteurs du capital. C'est la compétition à tout va : le clan A contre le clan B, perçu comme une menace. Les risques : division des forces, perte de la cohésion, de l'intérêt commun, du gain synergétique, brouillage de l'image projetée sur l'extérieur, course-poursuite vers un point de rupture, dévalorisation et 'casse' psychologique [12],

5. A chacun selon ses mérites / On ne prête qu'aux riches (success to the successful). C'est la prime au mérite : l'on alloue de nouvelles ressources (et de nouvelles gratifications) à ceux qui réussissent déjà. Les présupposés : les autres vont vouloir la même chose et se surpasser, le cercle vertueux va continuer indéfiniment, tout (succès comme échecs) est fonction de la performance des opérateurs. Nous sommes dans une forme de croyance au progrès, à la volonté et à la linéarité des choses (maîtrise d'une chaîne de cause à effet). C'est sans compter sur la complexité (tissu mouvant) des choses : les rétroactions et autres revirements sont pourtant légion. Sans parler des effets pervers de la rivalité et de la surchauffe (burn-out, démotivation). En outre, la prime au meilleur passe à la trappe les réalités du management situationnel (compétence/motivation de la personne, dans un espace et un temps donnés, sur un processus et une période précis). Le coaching de compétences est quantité négligeable : 'quand on veut, on peut', martelle l'institution (cf. confiance en soi ou encore Mojo d'entreprise),

6. La tragédie des communaux / de la vaine pâture / Dilemme du berger / des prisonniers (tragedy of the commons). Configuration selon laquelle un capital commun (les champs communaux - Garrett Hardin), par exemple la Sécurité sociale ou l'air que l'on respire, est pillé par chaque opérateur. Pourquoi ? Le manager de projets Michel Vaugrante le résume à merveille : je suis un bateau pêcheur, sur la grande mer, qui est à tout le monde et à personne, si je n'en profite pas, l'autre bateau (ou l'autre compagnie) va bien en profiter, donc...!, par ailleurs les autres le font, alors moi aussi, sinon je serais idiot de ne pas faire la même chose. Cette absence de propriété, de responsabilités individuelles, d'arbitrage marqué, légitime et régulateur, menace les ressources. Le risque : affaiblir et tuer le capital de tous [13]. Nous sommes à l'opposé du gagnant-gagnant. Cet archétype, orienté court-terme (et réductionniste, observe Braun), grève la pérennité des ressources,




Fig. 3 - Les systèmes ont une grammaire
(synergétique ou bloquante) bien à eux



7. Le remède pire que le problème (fixes that fail). Le problème traité manifeste, à l'usage, un dysfonctionnement plus préoccupant qu'à l'origine. Il y a comme un cercle vicieux : une poche à problème, indépendante, enfle. Et enfle encore. Dommage : l'accumulation d'effets secondaires, à terme doués d'une vie et d'une énergie propres parasitent l'activité principale et viennent consommer le temps et les ressources habituellement dévolus à la marche collective,

8. Croissance et désengagement (growth and underinvestment). Une demande augmente pendant que l'offre de l'entreprise s'essouffle : les parties-prenantes se loupent. La tentation, c'est de limiter la surface d'échange alors qu'il faut et fournir du cash à l'offre (approche quantitative), et se replonger dans les attentes de la demande (démarche qualitative, ciblage),

9. Adversaires par accident (accidental adversaries). Nous sommes à l'opposé de l'archétype 6 : ici, la pâture est correctement investie, chacune des parties prenant en charge ce que l'autre lui délègue, en vue d'une efficience à plusieurs (efficience = atteinte des objectifs avec des moyens, des ressources telles que le temps et l'argent, réduites au minimum du minimum). Que se passe-t-il, en quoi l'entente cordiale est-elle rompue ? De manière souvent involontaire, l'une des parties réalise quelque chose que l'autre interprète comme étrangère à l'esprit du contrat, explique Braun. Le complexe de trahison entraîne la partie 'lésée' (à tort ou à raison) vers le contentieux, pour cause non pas de lettre mais d'esprit rompu. A l'extrême, cette confiance 'trahie' peut se transformer en croisade. A rapprocher du Cette fois je te tiens, salaud d'Eric Berne. Porte de sortie : renouer avec la vision commune (c'est le moment de ressortir le Guide d'Yves Enrègle),

10. Le principe d'attractivité (attractiveness principle). Braun en cite les racines : l'école du Systems Thinker (avec Michael R. Goodman, partisan d'une grammaire des systèmes comme langage des organisations), mais aussi Art Kleiner et Gene Bellinger. Que dire ? Confrontés à de multiples défis, les managers doivent trancher quel problème (ou typologie de problème) est le plus tentant, en termes d'impact sur l'organisation. C'est la voie de la priorisation : l'idée de risque est là, les petites actions produisent (théoriquement) de petits changements alors que de 'fortes' préconisations peuvent amener de grandes réussites. L'Amdec et sa priorisation des effets permet, à mon sens, de trancher le noeud gordien. Il faut modéliser les conséquences de chaque acte possible, en insistant sur les effets de seuil : faire A peut certes impacter Z mais il faut envisager, en parallèle, que beaucoup de A entraîne - peut-être - une amorce ou un regain de B. D'accord ?

Allez, j'y vais. Encore des choses à faire...

En résumé, les systèmes vivent et meurent. Ils peuvent en contaminer d'autres, par leur propre destruction, ou - au contraire - s'affaisser sur eux-mêmes. Ils tendent vers quelque chose. Par ailleurs, dix jeux intersystèmes (structures primaires) 'coincent' la bonne marche des organisations. Le dialogue, ici conflictuel, entre systèmes peut 'gripper' les choses. La synergie est certes forte. Le blocage a tout autant de prise : la complexité a sa propre combinatoire. L'histoire, au sein des institutions, parfois bégaie. Et les choses empruntent d'étonnantes figures de style.

Discernement de mise, donc, pour tous les opérateurs en complexité. Au plaisir !

__


[1] Encore un blogueur Orgspace.

[2] La cybernétique sous l'angle philosophique classique, et très clair, d'Emmanuel Ferraguti.

[3] Le mème est un objet théorique. Il serait à la culture ce que le gène est au patrimoine biologique : un vecteur mimétique (qui se répand, se copie, se développe par reproduction voire par imitation), se propageant ainsi de l'un à l'autre - ou de groupe à groupe - en fonction de l'impératif d'évolution (adéquation écologique) du moment. Ou de la période, pour de plus grandes plages. Voir ceci. Bifurquons un peu. Concernant le mimétisme (terme inspirateur de la toute récente mémétique), c'est certainement René Girard qu'il faut consulter. Ses applications en dynamique de groupe (désignation inconsciente du bouc émissaire) sont fécondes : témoin, la figure d'Assurancetourix, le mobilisateur négatif d'Yves Enrègle.

[4] Cf. Henri Atlan et son organisation (arrangement) cristalline des choses. L'on sent chez Atlan que cette configuration (quoiqu'optimale, selon moi) est porteuse de mort : elle est figée.

[5] En 1850, indique Wikipédia, une troupe traversant au pas cadencé le pont de la Basse-Chaîne, pont suspendu sur la Maine à Angers, provoqua la rupture du pont par résonance et la mort de 226 soldats. Depuis, le réglement militaire interdit de marcher au pas sur un pont. Article sur la résonance.

[6] Le taoïsme, bien sûr, est dans cette veine. Il faut lire Léon Wieger et son très accesible Tao Tei King.

[7] Cf la Gestalt : physionomie, forme, arrangement contextuel, structure, architecture synergétique. Un bon synonyme : la configuration.

[8] Convoquons ici le fougueux Francisco J. Varela (biologiste) : pour un scientifique en prise avec les enjeux actuels, << la stratégie [...] est de construire un système cognitif à partir, non pas de symboles et de règles, mais de constituants simples qui peuvent dynamiquement être reliés les uns aux autres de manière très dense. Ici, chaque constituant fonctionne seulement dans un environnement local de sorte que le système ne peut être actionné par un agent extérieur qui en tournerait [...] la manivelle. Mais grâce à la nature configurationnelle du système, une coopération globale en émerge spontanément lorsque les états de chaque 'neurone' en cause atteignent un stade satisfaisant. Un tel système ne recquiert donc pas d'unité centrale de traitement [ndlr - la fameuse boîte noire] pour contrôler son fonctionnement. Ce transfert de règles locales à la cohérence globale est le coeur de ce qu'il convenait d'appeler l'auto-organisation durant les années de la cybernétique. Aujourd'hui, on préfère parler de propriétés émergentes ou globales, de réseaux dynamiques, ou non linéaires, de systèmes complexes, ou encore même de synergétique. >>

[9] Ce 'Non' inclus dans le 'Oui, vas-y' rappelle à bien des égards les injonctions paradoxales (double binds) de l'Ecole de Palo Alto. L'on constate que le fruit facilitateur contient un ver restrictif, morbide, qui 'court-circuite' le mécanisme du départ. Un jeu psychologique ? Oui : une sorte de jeu ramassé sur lui-même, où le germe cohabite d'emblée avec la 'solution'. Lire les incitateurs de même que le travail (mortifère, s'il est mal configuré) de l'Ombre.

[10] L'on sait depuis René Arped Spitz que l'homme 'carbure' aux strokes. Cf. motivation et profils humains.

[11] Sigmund Freud, l'un des plus éminents cartographes de la frustration (et donc de l'action) humaine, envisageait déjà le fait humain comme une trajectoire poussée par la recherche du plaisir, mais contrariée tout le temps par la réalité (les contingences culturelles, biologiques, légales). Cf. principes de plaisir et de réalité. Du dialogue entre ces deux principes (adaptation permanente, actualisation de compromis, ou symbiose comme le dirait de son côté Carl G. Jung) naissent la pensée et l'action de l'homme. Sur la symbiose, lire cette note de Marie-Louise von Franz.

[12] Mettre à profit les jeux d'Eric Berne. Ici de Persécuteur (Battez-vous). Et pour se détendre, prévoir un détour par le P'tit D.

[13] C'est là toute la préoccupation des nombreux souscripteurs (et propulseurs) de la licence universelle Creative Commons, à laquelle Absara s'associe.

[ Bravo aux Bleus, partis pour les quarts de finale ! | images (c) Ifacollege.com, Photopix.de & Kconnors.com | La synergie ? Ce montage énergétique qui fait, par exemple, que les lettres R, A, U, M et O, correctement arrangées, délivrent toutes ensemble le sens nouveau (impact et portée inédits) du mot AMOUR | une présentation de Max Sandor | Karen Marais (MIT) & Nancy G. Leveson's systems dynamics (pdf) | The Systems Thinker, online glossary | Organizational Learning Lexicon | Francisco J. Varela, une introduction à sa pensée | son fabuleux travail sur la conscience, catégorie philosophique et cognitive (anthropologique, au sens pluridisciplinaire, donc plein) | la cognition pour les nuls | thématique : les archétypes | Les archétypes organisationnels et les scenarii morbides de Jean Cottraux, des passerelles possibles ? | Peut-on caractériser un système de processus de la même manière qu'un profil humain ? ]  Read More


 Terra incognita - 1e partieFri 19 May 2006
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Terra incognita - 1e partie [ Atouts de l'intervenant | Druon fait sa mythologie - 2e partie >> ]

Prudent est le cerveau. Très. Qui s'appuie sur l'incertitude pour toujours prévoir un Peut-être, un Tu devrais faire ça. - Quelle est la chance pour que tu réussisses ? - Mmh, 70 %. - Que tu échoues ? - Compte 40 %, va. On ne sait jamais. Voilà grosso modo le principe sur lequel s'appuie notre esprit, de manière inconsciente, pour nous permettre d'enfler la réalité, de lui donner plus d'aspérités que ce qu'elle pourrait avoir de prime abord. La prudence fait toujours envisager une foule de choses. La logique floue, qu'utilise le cerveau, permet de construire un 'peut-être' et - de là - les actes qui devraient en découler : nous l'avons vu. Mais c'est de cartes que je compte vous parler aujourd'hui. De cartes et de monstres.



Fig. 1 - Monstre de carte, autour de 1600


Vous connaissez tous ces cartes anciennes, qui comprennent de nombreuses incertitudes, les explorateurs ne pouvant pas tout savoir. Quelqu'un d'astucieux aurait pu symboliser ces manques, ces blancs, par - pourquoi pas ? - un point d'interrogation. Ou par un commentaire de quelques lignes. Ou encore un dessin de pin up. Mais que pensez-vous que les cartographes aient fait ? Des monstres, messieurs-dames : des monstres. Eh oui, le manque, l'inconnu, le je-n'sais-pas s'est tradui par des monstres. Simple artifice ? Je ne crois pas. Au regard des connaissances actuelles sur le cerveau, ce procédé artistique semble emprunter à la logique floue. Je m'explique : l'esprit ignorant ce qu'il y a à cet endroit du globe, la démarche la plus instinctive consiste à symboliser l'absence de terre connue par... un monstre. Le signal devient : Hey, sois prudent. On ne sait jamais.

Y a-t-il un lien avec le management ? Bien sûr. Si l'on réalise à quel point le manager est un agent du changement. A quel point il anime des troupes pour réaliser une vue collective (de laquelle chaque individu - lui inclus - va tirer une jouissance ou un confort). A quel point il sort le collectif de sa torpeur [1], de son inertie, de sa peur du changement. C'est de cela qu'il s'agit : avancer en terre inconnue. (Souvenez-vous du monstre.) Certes les choses sont facilitées [2] sitôt que le groupe en a assez de stagner dans une situation d'échec, qu'un guide indique une échappée claire et rassurante et que l'expérience montre que les premiers pas sont probants. Oui. Pour autant, changer, c'est aller vers un monstre. Un inconnu, par définition non représentable. Ou mal représentable. Donc potentiellement dangereux, par défaut : un monstre. CQFD. Les cartographes, de l'Antiquité à la Renaissance, sont de formidables sémiologues. Mieux : ils nous aident à comprendre les ressorts de l'homme. Et donc à bien manager le fait humain, comme dirait le petit pragmatique [3] qui sommeille en chacun de nous.

[1] Le philosophe Michel Sora rappelle d'ailleurs qu'exister signifie sortir d'une potentialité. Sortir d'un préalable. C'est-à-dire agir. Sortir de la torpeur ? C'est ça exister.

[2] Cf. David Gleicher, génial économiste de New-York.

[3] Détestable ou utile ? Peut-être à l'école du Dialogue intérieur de trancher ça.

[ L'absence de signifiant produit un monstre, pour plagier Goya | ce que les psychanalystes confirment | de même que, bien avant eux, les Grecs, qui voyaient dans l'absence d'hospitalité (déni de l'autre, rejet des règles rassurantes, des rituels de bienveillance, de la zone de droit et de signification communes) une absence de signifiant... tout court | ah, le confort émotionnel, tout un challenge | parlons d'homéostasie (Kurt Lewin - dynamique de groupe) | et revenons-en aux cartes, allez - un très beau portail d'Atlas | la belle carte de Mercator, dans la British Library | Le Dessous des cartes | carte insolite de l'Europe, sur le site d'un passionné (Robert Ross) | cartographier les concepts | étonnantes sémacartes | bouclons ces corrélats par une autre forme de monstre, l'Ombre, boule d'énergie frustrée, qui pousse à agir - cf. Jean Monbourquette ]  Read More


 Au coeur du symbole - 2e partieFri 7 Apr 2006
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Ernst Cassirer (1874-1945), An Essay on man - cité par Gilbert Durand dans L'Imagination symbolique

[ Langage et mythe chez Ernt Cassirer, par Jean Lassègue (pdf) | Jean Lassègue (outre Paul Ricoeur - pdf, et René Alleau), le philosophe contemporain du symbole | Gilbert Durand, l'anthropologue (avec René Girard) le plus opérant - selon moi - pour l'éthique ]


 Au coeur du symbole - 1e partieSat 11 Mar 2006
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Au coeur du symbole - 1e partie [ Ernst Cassirer - 2e partie >> ]

Le symbole est une sorte d'atome : l'une des plus petites unités de compréhension humaine [1] et d'interprétation du monde (l'activité favorite de l'homme). Sa particularité ? Il peut être très petit, c'est-à-dire fonctionner comme un maillon élémentaire de tout un paquet (un essaim, un groupe) de pensée. Il peut aussi représenter un système à lui tout seul, doté de multiples connexions internes, à l'instar d'un macrocosme ou d'une minie-constellation de sens, qui se déploie par-delà l'individu ou le groupe humain qui l'a imaginé, comme doué de vie propre [2]. Son opposé, c'est le diable. Oui, étymologiquement, le dia (opposition, dispersion, division) bolos est un coupeur de cheveux en quatre qui - loin de se plonger dans l'analyse des choses - les disperse et les éclate en un nuage destructuré. Il les fâche. Le diable jette les choses hors d'elles-mêmes et arme les éléments sécessionnistes. L'unité se rompt : l'indépendance voile les coeurs, l'orgueil enfle, qui enfume - voire enflamme - et vend toute différence comme une opposition. Un fratricide [3] est à l'oeuvre. Allons du côté du symbole.

A l'opposé, symbole vient du grec 'symbolon', nous explique le philosophe Jean Lassègue, terme qui désigne un morceau de terre cuite [ndlr - syn veut dire avec] qui était partagé en deux et dont chaque morceau était conservé par deux familles vivant dans des lieux séparés : quand un membre d'une famille devait être reçu chez l'autre, poursuit cet érudit en sciences cognitives, il lui était possible d'exhiber le morceau manquant du 'symbolon' et de le recoller à l'autre, en montrant par là qu'il s'agissait bien d'un membre de la famille alliée. On héritait du 'symbolon', conclut-il, que l'on se transmettait à travers les générations. Le symbole est un 'vivre avec', c'est un pacte [4]. Que les familles (de gens ou de choses) soient voisines ou dissemblables, la réunion est donnée d'avance. Et gagnée.

Passionnant ? A l'évidence. Riche et bourré de ramifications. Je laisse à chacun le plaisir de rêver, en temps et en heure, aux bienfaits de la synergie humaine, de la complémentarité, de l'ajout de forces investies dans une finalité commune. Tout reste à faire. (Ouverture, gentillesse et pragmatisme font des miracles.)

Pour finir, faisons place au grand anthropologue [5] et sociologue Edgar Morin, spécialiste incontesté de la complexité : Au premier abord, la complexité est un tissu (complexus : ce qui est tissé ensemble) de constituants hétérogènes inséparablement associés. La complexité induit un grand nombre d'actions entre éléments d'un même système (actions de l'ordre de plusieurs milliards - donc imprévisibles), de sorte que sujet et objet se renvoient la balle en permanence : ce qui induit une action peut se trouver, à tout moment (et c'est la vie) impacté par cette même action, voire par une autre, en tant que partie-prenante dudit système. Tout, potentiellement, peut tout toucher. Tout le temps. La complexité a toujours à voir avec l'imprévisibilité, voire - nous dit Morin - avec le hasard. Ce qui pousse à la prudence et même à l'humilité (ouverture et lucidité bienveillantes) : si vous avez le sens de la complexité vous avez le sens de la solidarité. De plus, conclut le Français le plus visionnaire de notre temps, vous avez le caractère multidimensionnel de toute réalité.



Fig. 1 - Archetype, par le designer Marco Ganz


CQFD. Le symbole est une réunion dont le principe est durable, qui a lieu dans un tissu où tout, potentiellement, peut toucher à tout. Certes le logos (tri, identification et animation d'une unité de fond) est le bienvenu. A condition que l'esprit de finesse (l'intuition, selon Blaise Pascal - ici, approche idéale de la complexité) trouve tout aussi belle part que notre trop classique et finalement limité esprit de géométrie (logos sec et systématique).

Avec un autre anthropologue illustre, Gilbert Durand, gageons que la folle du logis (l'imagination, selon la formule maintenant dépassée de Sartre) a de beaux jours devant elle. Sa richesse et son épaisseur copient le réel. Et l'infléchissent parfois...

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[1] La PNL, par exemple, parle essentiellement de la façon dont nous structurons - de manière si typiquement humaine - le monde et ses phénomènes. Structuration qui passe par le langage (par les schèmes langagiers, préciseront les psychologues). Le langage ? Une structure à lui tout seul. Il faut voir en quoi les métaprogrammes neurolinguistiques façonnent l'image du monde et conditionnent les (ré)actions que nous y menons. Nous faisons le langage, qui nous conditionne en retour. Bel exemple de projection hors de nous, qui nous revient en plein visage.

[2] Pour comprendre l'autonomie les figures symboliques collectives (les archétypes), Carl Gustav Jung nous est, encore une fois, bien utile.

[3] Ici, mettre à contribution la façon dont René Girard parle de la violence comme fait fondateur de la civilisation : en cela Caïn tuant Abel marque notre espèce du triste sceau de la condition humaine, condamnée à répéter (bêtement) ses erreurs. Cf. violence mimétique et recherche de bouc émissaire, données anthropologiques désormais admises (quasi) unanimement.

[4] A la suite du psychiatre-psychanalyste américain Eric Berne), le psychanalyste et éthologue français Boris Cyrulnik rappelle que l'homme a inventé les rituels pour donner une forme (et donc consommer dans l'oeuf) l'énergie instinctive, par nature violente. C'est ce qu'a fait le Moyen-Age avec le sang bouillonnant de ses campagnes : les nobles, désormais maniérés, tenaient plus longtemps l'épée dans le fourreau.

[5] Superbe Introduction à la pensée complexe !

[ La PNL, un travail sur et à partir du langage | alliances et territoires | sur l'imagination qui infléchit le réel et bascule les rapports de force, lire quelle tactique l'homme politique Kofi Yamgnane utilise | idem avec les prophéties autoréalisatrices, selon William Isaac Thomas) | Agora.qc.ca, très belles ressources sur les symboles (entre autres choses) | cet article est dédié à Véronique P., que j'embrasse ]  Read More