[ Motiver ses troupes - 6e partie ] Motiver ses troupes - 7e partie
Différence erreur/faute
~ Conservez votre confiance aux imparfaits, retirez-la aux malicieux
Certes un système peut-il développer une névrose, c'est l'objet du billet qui - en bas de page - rejoint les archives de ce blog. Au revoir systèmes moribonds. Bienvenue au management.
Je veux, comme d'habitude, parler des percées du genre : les choses simples et saillantes. L'on raconte, et c'est une légende [1], que Thomas A. Edison aurait confié son prototype de l'ampoule à incandescence [2] à son assistant. Lequel, d'émotion, aurait... cassé le précieux objet. L'on prête à Edison des accès de rigueur, de colère. Que croyez vous qu'il fit ?
Rien.
Il s'acharna à refaire le prototype. Et sitôt fini, il remit ce nouvel objet... à l'assistant. Qui en prit grand soin.
Fig. 1 - 1880, année du brevet original
Sanctionner les fautes et la malice, oui. Les erreurs ? Certainement pas. La deuxième chance est, pour les esprits bien orientés [3], un solide levier de motivation : Tu es mon assistant, tu le restes.
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[1] Littéralement, ce qui doit se lire (ici, se retenir). C'est-à-dire qui contient une valeur d'enseignement, d'édification.
[2] C'est un ami chrétien qui m'a confié l'histoire, là, tout à l'heure.
[3] C'est-à-dire pour 80 % des collaborateurs, qui - spontanément - vivent le travail comme un plaisir ou un devoir, même pâlot. Pas comme un rapport de séduction ou un rapport de force constants, mobilisateurs mais morbides (répétitifs, consommateurs d'illusions, d'énergie psychique).
[ Discerner les profils motivationnels des membres d'une équipe | c'est au consultant en management Hervé Gougeon que j'emprunte la distinction erreur/faute - bravo à lui | manager selon Kenneth Blanchard, un must très accessible ]
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Parlons chasse (pour rappel, je suis végétarien), profils et synergie. La chasse, d'abord. Un guerrier est un chasseur. Il calcule tout. C'est le contrôle. Une fois qu'il a terminé ses calculs, il agit. Il laisse aller. C'est l'abandon, nous dit l'étrange Carlos Castaneda. Il est facile d'y voir le lâcher prise, le "pilotage automatique", la fameuse inspiration, fruit - d'après Thomas Edison - de tant de transpiration en amont. Ou bien l'alternance entre cerveau gauche (calcul - esprit de géométrie, disait Pascal) et cerveau droit (siège de l'inspiration et de l'action synthétique - esprit de finesse). Cela vous parle ?
Ce que nous disent, en outre, les excellentes émisions TV sur les guépards, c'est que leur profil est tout sauf celui d'un chasseur. Le guépard est fin, rapide et fragile : il course sa proie comme l'éclair, au risque de mourir d'épuisement en cas d'échec. Son problème, c'est qu'il chasse seul. Eh oui. Prenez le chat : certes chasse-t-il en solitaire. Mais il est surtout bon pisteur, capable de se tapir longtemps. Résultat : quand il bondit, c'est pour faire mouche à cent pourcents, son énergie est bien (dé)pensée. Il y a aussi les loups, dont la chasse synergétique (inspiratice, à coup sûr, de bien des tactiques [*] humaines) est un must.
Que dire ? Ben ouais, y a le mauvais chasseur et le bon chasseur.
C'est hier, en déjeunant avec Guillaume et Sophie, que la métaphore des chasseurs m'est venue : 1. chasse en solo, désespérée, tous azimuts, 2. chasse en solo, patiente et resserée, 3. chasse à plusieurs, synergétique.
L'on trouve ici trois métiers : 1. le métier qui consiste à consumer une passion (si, c'est un métier, que beaucoup font avec sincérité et dévouement), tellement épuisant (à moins d'être sur un tout petit terrain de chasse, ou marché, limité par un "enclos" réglementaire ou démographique ou technologique), 2. le métier du marketing opérationnel, qui repère calmement les tendances et les attentes et qui - paf ! - leur fait correspondre une proposition en phase à cent pourcents, 3. le métier de partie-prenante (ou d'animateur) de groupe, avec des troupes spécialisées, rôdées à la synergie.
Guépard, chat ou loup, quoi.
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[*] La tactique est à bien détacher de la stratégie, les entreprises savent bien (hum, hum) cela. La stratégie, c'est une idée de conquête (ex. : les Francs ont l'idée de reconquérir [sic] le tombeau du Christ - pourtant vide d'après les Evangiles - en "surfant" sur la ferveur fanatisante et sur une certaine crise de la noblesse). Quant à la tactique, c'est le déploiement des outils (cling, cling) sur le terrain : faire ci, faire ça. Et bouger. Regardez :
[ Image (c) le grand Frank Frazetta | Alexandro Jodorowsky nous donne son impression de Carlos Castaneda | Blaise Pascal (1623-1662), le meilleur rempart contre l'esprit cartésien, tellement incapable de résoudre les problèmes complexes : le grand sociologue Edgar Morin rappelle que "dès le le XVIIe siècle, deux types de pensées se posaient. Celui de Descartes (qui a triomphé) disait :"Quand je vois un problème très compliqué [ndlr - mais c'est là l'essence de ce qui est compliqué, c'est divisible, alors que ce qui est complexe est à considérer avec tous ses liens, la relation entre les choses valant souvent autant que les choses elles-mêmes, ce qu'ignorait certainement Descartes], je divise ses difficultés en petites parties et une fois que je les ai toutes résolues, j'ai résolu le tout." Celui de Pascal disait : "Je ne peux pas comprendre le tout si je ne connais pas les parties et je ne peux pas comprendre les parties si je ne connais pas le tout", invitant à une pensée en navette. Pascal n'a malheureusement pas été entendu, ni même compris. La pensée complexe essaie en effet de voir ce qui lie les choses les unes aux autres, et non seulement la présence de parties dans le tout, mais aussi la présence du tout dans les parties." - c'est le principe de correspondance ou principe hologrammatique | autre thème - stratégie et SWOT | en tactique, lire Sun Tzu (gratuitement) | le chat, animal efficient | le "tout, vite et bien" - regardez | profils comportementaux - se frotter au tigre, à la panthère, à la grue, au serpent | savourer l'immense Frank Frazetta ou la superbe Claire Wendling ] Read More