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 ChoisirMon 22 Dec 2008
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[ < thémas Décision, Pensée, Réflexion, Complexité, PCM, Edward de Bono, Gérard Collignon | catégorie Coaching | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]


Choisir c'est faire parler


Trois. Et même s'il y a des milliards de façons de décider, il y a peut-être trois fulgurances - trois chemins mentaux vifs - qui permettent de le faire proprement. C'est-à-dire de résoudre des choses.

Alors, on le sait, la décision, c'est le domaine du stratège, qui pense, imagine, constate, ressent et voit dans un contexte tendu. Et finalise son être (avec des priorités tout de même) vers un succès. Vers un mieux. Vers une position haute, ou solide. Tout ça au sein d'une creuset bouillonnant de rapports de force.

Gros boulot.

Edward de Bono, grand psychologue actuel, concret, consultant pour des organisation internationales, indique à quel point nous réfléchissons généralement mal (cf. éducation, institutions, conformations sociales, etc.). Son Réfléchir vite et bien décrit avec clarté comment fabriquer des solutions. Actions réalistes qui produisent du fruit [1]. Actions qui dépassent de loin la stérile Tragédie des communs. Actions utiles.

C'est simple et créatif. De Bono décroche encore une palme.

Décider ou se décider doit convoquer des forces (des capacités) et non les disjoindre, les mettre dos à dos, les faire entrer en dialectique [2]. Il est évident que chacun voit les choses différemment, avec son filtre à lui (son style, ses préférences). Comprendre que le malentendu est inhérent à tout ce qui anime un groupe est le point de départ, la base (cf. Conflits - Comment les résoudre, du même auteur). Alterner les points de vue, passer méthodologiquement par les différentes couleurs de l'arc en ciel, permet justement d'avoir un spectre complet, qui économise de l'argent, du temps, des procédures, et permet au leader d'avoir un arc décisionnel pratique et fiable (en même temps qu'il permet aux uns et aux autres de recevoir les feedbacks au travail, feedbacks psychologiques dont ils ont besoin).

Laissons le grand de Bono. Laissons un peu ça. Et reprenons du champ : je vous ai parlé de trois méthodes en gros, les voici.

La première est compliquée. Elle liste des éléments, les fait dialoguer entre eux, elle pèse le pour et le contre. Elle est rationnelle (ex. : choisir une voiture d'entreprise). Son intérêt ? Majeur pour des situations simples, où se combinent des valeurs en nombre limité, faciles à identifier (prix, look, performances, utilité, impact sur l'environnement, etc.). Outil emblématique : la liste-papier avec les plus et les moins. Un bilan (une addition, par exemple avec des coefficients) permet alors de trancher.

La seconde méthode est complexe. Elle marie beaucoup d'éléments qui, de plus, changent au fil des journées (tout peut fluctuer). Question possible : le choix d'un associé. Il y a tellement de choses à considérer chez Paul et chez Rémi (ambition, moralité, compétences, gentillesse, disponibilité, etc.), ces choses sont tellement fluctuantes et interactives (la situation de son fils rend parfois Paul taciturne), qu'il vaut mieux - dans l'appareil cérébral - écouter son propre hémisphère droit. Vous savez ? Celui qui voit les choses en général et dégage une impression (une intuition). Ici, la liste-papier devient vite un chantier. Soit vous la transformez en mind map, interactive et colorée, soit vous prenez le temps d'écouter les rapports de synthèse que vous fait votre cerveau droit (je trouve et ensuite je cherche). Outils recommandés : la discussion avec un proche, la méditation, le rêve nocturne, les loisirs décalés, qui amènent leur lot de digestion personnelle, d'écoute de soi, d'écoute des autres.

Il y a un troisième chemin. C'est le questionnement mental des facettes (des dynamiques) qui composent notre personnalité. Comme elles ont toutes une façon de voir le monde, et que tous ces styles ont une utilité (ce sont des ressources), chacune peut (doit) avoir voix au chapitre. À la suite de Taibi Kahler, ce père de la PCM, renforcé dans son modèle par les travaux de la Nasa, eh bien le psychologue français Gérard Collignon propose, en cas de questionnement aigu (ou qui dérange), de faire un « tour du propriétaire ». Dans une vidéo datant de 2000, Collignon recommande d'interroger à tour de rôle (dans sa tête) les six grandes tendances que nous avons tous en nous. La première statistiquement (pour une population occidentale) est celle qui fait la part belle aux sentiments, au bien-être avec les autres. C'est celle de l'Empathique. La seconde, par ordre d'importance, répond aux besoins du Travaillomane, qui recherche les faits, la maîtrise des objectifs et du temps. Il est rationnel. La troisième, c'est une vivacité, un amusement, une interactivité joueuse avec les autres : bienvenue au Rebelle. Quatrièmement, accueillons le Persévérant et ses impératifs de fiabilité, de conviction, d'engagement personnel, d'opinion, de morale. La cinquième tendance nécessite du calme, de l'introspection, de la recherche intérieure féconde et calme (imagination), en même temps qu'une date-butoir pour livrer enfin ce ressenti des profondeurs, nous avons là le Rêveur. Puis, pour terminer, place au Promoteur, qui recherche l'action, la séduction, le rapport de force, le défi changeant, le pragmatisme et cette piquante électricité qui fait ressentir la trépidante course de la vie.

Nous avons là un canevas riche. Avant de prendre une décision importante, je me demande :

| quel bien-être je peux envisager pour les autres et pour moi-même,
| quelles solutions concrètes (quels faits) peuvent venir se mettre en place au quotidien,
| quelle interactivité ludique je peux vivre avec mon environnement,
| quel type de conviction chez moi (et quel genre de fiabilité chez les autres) les choses peuvent garantir,
| quel contenu profond, quelles images peuvent découler,
| quels défis excitants telle ou telle option fait surgir.

Une impression, une force alimentée, une idée se fait jour. C'est quelque chose qui me ressemble : je peux y aller.

Je me sens bien.
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[1] Ou, plus prosaïquement, qui ramènent les chiffres-terrain vers la ligne d'objectifs désirée (cf. résolution de problèmes).

[2] Revoir ce qu'Edgar Morin dit de cette opposition systématique entre un oui (thèse) et un non (antithèse), pressentis pour accoucher d'un oui mais (synthèse), coûteux en énergie, en débats, en fâcheries, en temps. À la dialectique, il préfère évidemment l'approche dialogique, qui vérifie s'il y a des et (éléments de conjonction, de coexistence logique, de synergie). C'est le fameux : c'est compatible, qu'on constate tous les jours.

[ De Bono, le site | Balayage intérieur - Une autre approche peut, par exemple, convoquer les quatre Moi d'Alexandro Jodorowsky (ici), qu'en pensez-vous ? | penser, c'est se situer soi-même dans un contexte ; réfléchir, c'est produire des solutions - c'est très voisin puisque se penser soi-même c'est en même temps se situer (envisager la topographie de l'être, la géographie environnante), donc ressentir les contingences, les frustrations, les amorces de solutions voire impulser les stratégies complètes ; cf. arc réactif de Charles Baudouin (1893-1963), psychanalyste et physiologiste humaniste transversal, pionnier, remarquablement riche et facile à lire ]