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 Eustress et distress - 2e partieFri 22 Sep 2006
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Purple rain. Il pleut, même dans la Ville à la violette. (Pff.) Mélancolie ? Moui. Alors je vous écris, avec un thème en prise avec l'objet du blog. Parlons communication interpersonnelle. Et comme angle, je choisis... le stress.

Depuis longtemps, j'interprète le stress comme un décrochage. Un peu comme si le flux socio-émotionnel, ou socio-intellectuel (bref, la pensée, les émotions), subissaient un cahot. Tout était fluide, vous étiez en possession de vos moyens : territoire, visées diverses, qualité de relations étaient là. Vous conférant une coulée dans le monde, un rapport pacifique. Un peu comme un projet (étymologiquement, une projection) rendu possible. Les choses étaient soient sures, soit claires. Et puis clang, le décrochage. Un décalage survient. Regardons-y de plus près. Convoquons pour cela le grand Eric Berne. En appui, les positions de vie, ces états passagers ou durables (parfois viscéraux quand ils sont cristallisés dans le tempérament) :

Premier point. Je suis ok et les autres et le monde sont ok. Traduction : ok, ok.

La survenue du stress, maintenant, la cassure. Scénario 1. Je ne suis pas (plus) ok, le monde - lui - l'est (ou le reste). Allons-y : ok, ok => pas ok, ok. C'est dire si le monde est bien et que moi, je suis en dessous des attentes des autres, y compris des miennes propres. (Pauvre de moi.) Scénario 2 : ok, ok => ok, pas ok. Les crétins ! Le monde est plein de geignards, alors que moi, je brille. (Je suis un prédateur.) Scénario 3 : ok, ok => pas ok, pas ok. Je suis nul et le monde est une cuvette de désespoir. (Rien ne va plus.)

Naturellement, ces séquences sont fulgurantes ou - au contraire - lentes et sous-jacentes, comme imbibant la personnalité. Auquel cas, il faut envisager de changer d'air. (Un système ouvert peut être changé de l'intérieur ou de l'extérieur.) Ou bien de transformer quelque chose, voire soi-même : charité bien ordonnée...

Voilou.

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[ Pratique salutaire des strokes | intelligence émotionnelle | coaching | CdV 4.0, pour la première fois, présentait une experte en gestion du stress | autre sujet, les beaux travaux photographiques de Miss Aniela | venez au Printemps de septembre ]


 Communication - 2e partieFri 21 Jul 2006
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File prendre ton bain (sémiotique)


Vous le connaissez, il est horrible ce schéma. Si primaire : Emetteur => message, forcémment codé => Récepteur.

Grâce au Ciel, en 1994, un formateur m'en a montré les limites. Bien sûr que communiquer, c'est pas ça - quelle horreur ! Bien sûr que Jean-Marc Froquet, c'est son nom [1], m'a montré autre chose. Je dois donc vous citer l'Analyse transactionnelle (AT) et la Programmation neurolinguistique (PNL). Dépassés, ces arts de la communication ? Oui et non. C'est vrai qu'il y a aujourd'hui bien mieux. Pour autant, ces écoles font un premier vecteur... solide. Champs investis ? Le besoin si fondamental de signaux de reconnaissance, les répétitions morbides (programmes, scénarios noirs), l'interprétation personnelle des choses, la grille de lecture du monde (autour de croyances donc de valeurs - ces raccourcis utiles pour donner un sens aux choses), le besoin d'être avec des gens qui nous comprennent, la qualité (adaptation de la forme) des messages adressés à Untel ou Untel. Ok. Que dire alors ? Mmh, la communication, c'est de l'intellect (clarté des choses, sensorialité donc force des messages) mais encore et surtout c'est de l'affectivité. Le socio-émotionnel, en somme : nous sommes proches, presque structurés de la même manière, je suis dans votre camp, je vous respecte, je reconnais votre spécificité, je vous reconnais une vraie place [2], dans mon périmètre humain, dans le monde aussi.

Mais ce n'est pas ça que je veux dire. Je veux avant tout parler de cet émetteur et de ce récepteur. Froquet avait l'art de mettre l'accent (le primat) sur l'émetteur. Il avait raison. Il est tellement plus simple de bien travailler son adresse à quelqu'un (en respectant son intelligence, son tempérament, ses attentes) que de gérer la réception d'un message mal configuré (place peu enviée du récepteur). Je m'explique : l'émetteur - pour être efficace - dépense une misère, nerveusement, pour transmettre quelque chose de bon. Alors que le récepteur est à la peine : comprendre un truc mal ficelé est consommateur d'une montagne d'énergie. L'idée ? Bien s'exprimer en amont, bien parler à la tête (clarté), au corps (ancrages sensoriels) et au coeur (respect du tempérament de l'autre), c'est prendre soin de la communication, c'est transmettre un bon relai. A l'inverse, penser que l'autre doit s'adapter au tout-venant qui sort de nos bouches, c'est : 1. stérile, 2. scientifiquement faux. L'expérience montre que l'émetteur fait tout ou presque. Avec peu. Le récepteur, le pôvre, est toujours plus lent. Il dépense plus, ouvre toutes les oreilles possibles et souvent renonce, s'énerve, ignore. Bref passe à côté. Inconsciemment. C'est humain, c'est normal. Alors, pour une bonne hygiène [3], pensons à bien émettre. Malheureusement, quand quelqu'un comprend, il le doit à sa propre intelligence (efforts, adaptation continue, changements permanents de tactique de saisie - des dizaines au minimum, pour un seul message). Rarement à la pédagogie [4] de l'émetteur.



Fig. 1 - Un bain. Figurez-le vous sémiotique (hum hum).

La sémiotique, explique Ferdinand de Saussure,
c'est la science générale de tous les systèmes de signes (ou de symboles)
grâce auxquels les hommes communiquent entre eux.


Bon, je reviens au début. Pourquoi ce schéma est-il, en somme, dépassé ? Et d'un parce qu'il date de cette période agaçante du réductionnisme : l'homme envisagé comme des flux, des trucs, des mouvements. C'est typiquement les années du tout-technique : années 1950. Deuxièmement parce que la science considère à présent (merci Boris Cyrulnik) que la communication est une activité. Entendons par là quelque chose de naturel, d'instinctif. Nous baignons vous et moi dans un bain sémiotique (les signaux deviennent porteurs de sens, pour le cerveau) : l'idée du tissu (complexus en latin) est là. Nous baignons dedans : ce que j'émets, je l'adresse à tout le monde en même temps, y compris à moi-même (les bien heureux tenants d'un inconscient psychique approuvent). Et en plus j'envoie un paquet de choses non-dites. L'autre reçoit, interprète mais en plus émet en même temps, y compris le simple fait qu'il reçoit-interprète. Vous me suivez ? Emetteur-récepteur, c'est has been. Qui est quoi ? Qui fait quoi ? Tout le monde fait tout. Et ça passe par un bain.

Etre un humain, c'est ça. C'est agir dans le bain, par le bain.

Des bises et bon week-end. Salutations à l'équipe Absara : Flemming, Guillaume, Nadia, André. Et Fabien.
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[1] Il a formé... des milliers de gens.

[2] Voir les chaises de Patrick Çabal.

[3] L'expression plairait à Jacques Salomé.

[4] L'impact, écrit comme oral, ça se travaille.

[ Image (c) M6 | Qu'est-ce qu'un symbole ? | symbole et synthème - pour le grand René Alleau, le nom de synthème doit être réservé aux signes conventionnels par lesquels un lien mutuel est établi par les hommes : un pont communicationnel est jeté entre eux, cf. De la nature du symbole | semiosis et vie sociale, la thèse passionnante de Josiane Boulad-Ayoub (pdf) | pour les sciences cognitives ou sociales (mais aussi pour la poésie ou la métaphysique), un homme, c'est un inventeur de symboles, un producteur d'activités et un fournisseur - pour autrui - de marques de reconnaissance | c'est Françoise Dolto qui affirmait que l'homme n'était que langage (la figuration des choses ; les interactions avec autrui) | sciences de l'information et de la communication, panorama | fonctions du discours selon Roman Jakobson ]


 Hersey et Blanchard à l'assaut de la banlieue françaiseMon 7 Nov 2005
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Manage-moi !

Des gourous du management en prise avec notre banlieue ? C'est vrai sans l'être : il s'agit d'une figure de style. A aucun moment (hélas !) les Américains Paul Hersey ou Kenneth Blanchard, vénérables piliers de la psychosociologie appliquée, n'ont - à ma connaissance - développé d'axe en rapport avec la lamentable micro-guérilla à laquelle notre pays assiste, impuissant. Ce sont les travaux helvétiques de la formatrice en champ sanitaire et social Christiane Grau et du consultant en communication et en réinsertion professionnelle Alain Métral, tous deux rodés à la PNL 'de terrain', qu'il faut ici consulter. Tout d'abord, leur remarquable Aider à retrouver un emploi - La PNL au service de la réinsertion (résumé ici), est un chef d'oeuvre d'à-propos quant au coaching direct. (L'un des meilleurs ouvrages, selon moi, consacrés à la PNL). Ensuite, une synthèse tout à fait opportune du management situationnel de Hersey et Blanchard vient nous chatouiller les neurones. L'on trouve, parmi les schémas didactiques (p. 96), un tableau simple et précis. Quatre types de gens, nous disent Christiane Grau et Alain Métral. Ecoutons-les parler des politiques (ici interpersonnelles) à adopter selon les profils présents :

1. 'Ne sait pas, ne veut pas' | dirigez,

2. 'Ne sait pas, veut' | expliquez,

3. 'Sait, ne veut pas' | négociez,

4. 'Sait, veut' | déléguez.

Croyez-vous que les casseurs soient empathiquement conscients (cas 3.) qu'une société fonctionne sur une base de concorde sociale ? Je ne le crois pas. Du moins ne le touchent-ils pas du doigt. Une voiture est un petit morceau de cette concorde : brûlez-la et le contrat républicain prend un méchant coup de canif. Je préconise un retour à la case départ : diriger. Fermement. Le leadership (même politique) doit s'adapter. Il faut un capitaine (ici l'Etat) dans le navire. Reconduire une même politique de compassion larmoyante à travers les ans ? Je n'y crois pas. L'arbitrage est un incontournable de la préservation d'un climat sain. Certains d'entre nous parleraient volontiers de 'coup de pied au cul'. Oui. Parlons ici de stroke, cette formule d'analyse transactionnelle (AT) qui induit le salutaire Aimez-moi, frappez-moi, mais faites quelque chose. Une donnée basique. Un état anthropologique universel.

Terminons avec l'AT. L'on sait depuis Stephen Karpman, et son fameux Triangle dramatique, que les scenarii les pires sont souvent les plus simples. Jusqu'à quand l'Etat jouera-t-il le rôle du Sauveur de casseurs ? Jusqu'à quand sera-t-il dupe de ces bourreaux déguisés en Victimes ? Jusqu'à quand les vraies victimes accepteront-elles d'être prises pour des défouloirs sociologiques ?

Mes pensées chaleureuses aux personnes flouées par cette triste crise : courage, beaucoup de gens sont avec vous. Par le coeur...

[ Time magazine, Why France is different (En) | nécessité d'une concorde sociale, selon Baruch de Spinoza) | Le Triangle dramatique, structure systémique, Gestalt énergétique ou égrégore ? | villes, éthologie des territoires | Samedi dernier, un homme poignardé sur un banc, place Arnaud-Bernard à Toulouse, semble s'être vidé de son sang, quelqu'un a-t-il des nouvelles ? | changer la culture profonde de notre pays | diriger concrètement | retrouver un article ]  Read More