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Chaîne de cellulose... my mind
Les bookworms ou rats de bibliothèque se nourrissent de pages, d'encre et d'idées. Que dire ? C'est un bien, c'est un mal. Un bien parce que ça donne des idées et permet de cartographier des choses (l'analyse et l'acuité s'en ressentent). Un mal parce que ça ferme - ça enferme dans des modèles, les paradigmes, tellement connus de la philosophie des sciences et de la psychosociologie (cf. croyances, toujours limitatrices parce qu'elles sont des sécurités, des remèdes pour l'âme, des conforts à l'attention de nos besoins, et non des ressorts de la foi, qui est une ouverture et un risque).
Alors quoi ?
By the way, lire est bon. Et lire, ça se discute et ça se remue et ça s'applique après. Avec les collègues, les amis, soi-même. Ça se partage et ça s'enrichit. Ça voyage. Ça connecte, interconnecte et prépare des choses... qui émergent. (Avec le cerveau, les livres font des systèmes.)
Je me souviens de cette affiche. Vous savez ? Gérard Philippe : il dévore des bouquins. Faut-il le faire ? Il existe de bons (!) bouquins. Alors ceux-là oui, qui forment la pensée, la morale (placement de soi dans le flux de la vie, cf. ethos). Les idées, aussi. Ça fuse. Et puis le goût d'y aller. Lire ? Ça booste et encourage : des gens (les auteurs) viennent nous parler.
Est-ce que les bouquins remplacent la vie ? Nooo. L'expérience personnelle : ils l'enrichissent. Il faut les deux, vivre et lire.
Et puis ceux qui souhaitent lire et à la fois - pour le faire - manquent d'argent (ou de temps) hurlent : lire, c'est gagner quelque chose. (Parfois l'autonomie financière, la subsistance, la liberté de conscience et l'instruction.) Et puis, lire est un droit.
C'est le grand Tremendous, bibliovore devant l'Éternel [*], qui le rappelle : « Le vendeur moyen ne lit pas même un livre à l'année. C'est pour ça qu'il le reste. »
Alors soyons fous. Et ambitieux.
Ci-après, une recommandation de plus.
Pour la playa. Ou ce qu'on veut :
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[*] Plus grosse bibliothèque personnelle de management en langue anglaise !
[ Au fait, connaissez-vous Kindle ? | héhéhé - Les boucles de ceinture Reading is sexy de My Girl thursday | ça rappelle évidemment Silence is sexy d'Einstürzende Neubauten : ]
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Aimer l'argent
Le Tremendous. Un grand. Un grand qui a brûlé sa (pleine et longue) vie dans l'enthousiasme, le travail, le dévouement. Ce géant du protestantisme économique [1] mérite son surnom d'extraordinaire. Il est, en outre, le guide amical, intellectuel et spirituel du tout aussi grand Kenneth Blanchard. Deux gourous. Niveau suprême...
Que dit Blanchard ? Le père du Manager-Minute sort en ce moment même un One Minute Entrepreneur, bréviaire de l'entrepreneur intelligent [2]. C'est le Tremendous, sous l'amicale poussée de Charles, qui me l'a dédicacé, en pré-copie. Une avant-première. Et quel honneur pour moi !
Blanchard y parle d'argent, bien sûr. Il développe mille choses. Longues à dire ici... Pour autant, je veux vous confier quatre bases.
Je pars déjeuner et vous tiens informés, d'accord ?
Ci-fait. Reparlons des quatre atomes de base :
1. Veiller à ce que les recettes, d'emblée, dépassent les dépenses [nda, business plan dès le départ dans le vert],
2. Se faire systématiquement payer en temps et en heure [garder une trésorerie positive, donc saine],
3. Associer et soigner ses clients, qui sont ceux qui nous paient,
4.Prendre soin de ses collaborateurs, qui sont ceux qui satisfont les clients en live, donc garantissent les rentrées d'argent.
Classe et direct. Celui qui comprend ces simples choses comprend tout : il y a là le cœur du business, tellement compliqué, tellement tordu par les gens !
Travailler, c'est simplement viser de l'argent. Et l'aimer. Donc aimer les paiements. Donc aimer la satisfaction-clients (les gens du dedans, qui font tourner la boîte, les gens du dehors, qui donnent l'argent contre un service).
Travailler, c'est juste ça.
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[1] Humanisme économique. Prise en compte de l'humain, en finalité et tout au long de la démarche d'entreprendre. Dans le protestantisme, l'argent est une bénédiction. Comme le salut s'obtient par la confiance, la foi (cf. Épître aux Romains), les œuvres servent juste à faire le bien, à donner travail et dignité à tous, à occuper son temps terrestre dans une attitude de service et de fidélité à Dieu, à sa famille, à soi, aux autres, à la vie. Le management moderne - en Occident - est une invention protestante. Management au sens noble : pragmatisme, honnêteté, rapport naturel au travail et aux gens. Je veux, en outre, saluer l'initiative vertueuse du catholique José María Arizmendiarreta ou, dans l'agriculture, de mon grand-père Marcel Bruel.
[2] Co-écrit avec Don Hutson, PDG de US Learning et conférencier (public speaker) de renom, et également Ethan Willis, PDG du cabinet californien Prosper, Inc., désigné entrepreneur de l'année 2005 par Ernst & Young.
[ Quel type d'entrepreneur êtes-vous ? Estrengths.com - Free assesment here, until the end of June ] Read More
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Merci, d'abord. C'est ce qu'on dit quand on est poli. C'est, encore et surtout, ce que je veux dire aux 800 personnes [1] qui lisent ce blog ces jours-ci. Ces jours-ci où les billets sont rares [2]. Votre fidélité est un cadeau : chaleureusement merci. Et félicitations.
C'est d'argent qu'on parle aujourd'hui. Vous venez ?
Ah, l'argent. Motif de réjouissance ou matière à soucis, selon qu'il rutile ou brille par son absence. Connaissez-vous votre seuil de charges à dépasser ? Moi, j'en ai 3, très simples à mémoriser. Le minimum qui paie mes crédits et factures. Le mouais qui permet de renouveler mes cravates, mes costumes, de m'acheter quelques bouquins et CD, de financer quelques restaurants. Le waouh qui autorise des départs familiaux en vacances - à l'étranger -, d'investir un peu et de provisionner les études de ma progéniture.
Trois seuils. Très généraux, à la centaine d'euros près. Comme dit à ma compagne, c'est alors comme ça que je peux ressentir l'argent. De grandes masses : des nécessités à dépasser. Des objectifs ? Oui. Objectifs simples, fondés, réalistes. Faciles à ressentir (mémoriser).
C'est important car c'est un cap. Trois vitesses, quoi. De ça découle tout. Je dis bien tout.
Alors je veux vous citer trois hommes, fort différents. Le premier, c'est Jodorowsky, que vous connaissez. Il nous dit deux choses. Le second ? Le Tremendous, ami et mentor du grand Ken Blanchard, gourou du management. Le dernier enfin, c'est un anonyme. C'est le musicien d'un musicien. C'est le collègue de mon pote Olivier.
Right ?
Jodo est un être à part. C'est un maître : inspirateur, thérapeute, artiste précurseur. Jodo est pff... Jodo est une espèce d'oriental-occidental [3], gorgé d'Animus, d'Anima, de courage, de jeunesse et d'entrain.
Il relate deux choses quant à l'argent. Une séance de psychomagie, indique-t-il, l'amène à faire une prescription sur ça. Que celui qui manque de finances retire une quantité de petites pièces (à bon marché), qu'il se saisisse de cette menue monnaie, qu'il la jette. De manière ostensible. Comme ça. Ça dégrippe un mécanisme : l'inconscient repart, se met en mouvement, active à nouveau la chaîne dépenser-gagner. Eh oui. Ce cerveau qui dépense s'affûte en direct, se met en recherche d'argent : une pompe à eau s'ébroue, la dynamique circulatoire (qui est comme un archétype [4], comme un ancrage nerveux, anthropologique), bref la logique s'auto-alimente. Comme un manque à combler, de fait. Et ça revient.
Il y a aussi son autre histoire. Il parle là d'une sorcière [5], thérapeute traditionnelle d'Amérique Latine [6]. Cette femme, à quelqu'un qui peine à gagner sa vie, conseille de rester alité (!). Avec un pot d'urine placé sous le lit. Jodo indique à quel point l'urine, de jour en jour, se met à puer. Le patient, d'instinct se lève et quitte sa couche, au bout de quelques temps, et spontanément se met en recherche d'argent. Foin de psychanalyse [7], explique Jodo. C'est juste que le gars sort de son urine (qui commence à sentir) et devient un homme : compétent, capable, ancré dans la réalité.
L'argent, c'est la réalité.
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[1] Personnes et moteurs de recherche, en connexion directe, hors agrégations RSS.
[2] Quand ils sont fréquents, le trafic habituel se stabilise à 1 400 connexions directes.
[3] Oriental ? Jodorowsky est l'élève du maître zen Ejo Takata (1928-).
[4] Au sens de Gilbert Durand. Au sens également de Georges Romey, digne successeur de Durand, de Jean Piaget (côté francophones), d'Arthur Janov, de Carl Gustav Jung, pour les internationaux.
[5] Pachita. Cette femme s'appuie sur l'inconscient, sur la façon - culturellement opportune - de saisir l'inconscient, de l'impressionner (à l'instar de la lumière sur un film-photo). En clair de le stimuler dans sa dynamique, dans ses ressorts innés (pulsions de vie) ou acquis (programmes intimes et personnels).
[6] Jodo est né au Chili (1929). En outre, il connaît bien le Mexique.
[7] Ce ballet des sphincters rappelle combien donner-engranger touche à l'intime. À l'organique.
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Piquant mais drôle : « Le vendeur moyen ne lit pas même un livre à l'année. C'est pour ça qu'il le reste. »
Anonyme, cité par Charlie T. Jones (Books are tremendous), éditeur, gourou du management, plus grand collectionneur anglophone de livres d'organisation
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Du coeur, des minutes, des euros
Je me souviens que le grand Charlie T. Jones fait du siège des affects (le coeur humain) le siège des besoins. Les besoins sont avant tout, pour lui, affectifs. L'intellect étant bien davantage une machine à se projeter, à imaginer son action par des représentations, puis à amorcer des visées plus ou moins fructueuses. Et puis il y a René Alleau, le spécialiste français du symbolisme [1] et des sciences traditionnelles. Lui ramasse les besoins essentiels en une maxime : une maison et un nom. C'est formidable. La maison, c'est - pour l'individu - à la fois le territoire de prédilection ou terrain de jeu (de jouissance), ses racines (la filiation biologique, philosophique ou affective) et son statut socioprofessionnel ou sociofamilial (cf. les terribles chaises). Regardons la maxime, fixons le deuxième mot-clé : le nom. C'est l'identité, c'est qui je suis. Alleau fait de la maison quelque chose d'horizontal (un socius, un vivre-ensemble, un partage) et du nom, un pic éminemment vertical : l'identité isole. C'est dire que l'identité sélectionne des caractéristiques dans un grand ensemble (une famille), en tire un pinceau de lumière forte, écarte le reste, et met en relief une chose unique et cohérente : vous ou moi.
Mais ce n'est pas de ça que je veux parler. Je veux ici vous dire la sympathie naturelle que j'ai pour Jean (appelons-le comme ça), consultant chez le leader européen en la matière. Il a d'ailleurs participé - en tant qu'expert - à Crème de violette. Je reprends. L'homme fait un exposé, lors d'une rencontre d'affaires, il y a... mmh, deux mois ? J'ai pris des notes. Comme Henri Michaux, je me pense en moi-même que celui qui ne m'apprend rien : zéro. Là, c'est l'inverse. L'exposé, fort simple [2], est direct. Autant dire exploitable. Professionnels, ouvrez bien vos oreilles...
[1] Les symboles, à la fois connaissances et représentations du monde. Look. Je reprends le fil : René Alleau est LE spécialiste universitaire - clair et savant - des sciences traditionnelles (cf. alchimie).
[2] Jean parle de développement commercial. Et son exposé précède celui d'un sous-traitant de Microsoft. C'est Jean qui reste le plus clair, son métier de consultant - surtout PME - lui donne une langue accessible à tous.
[ Pour rappel, Eric Berne estime que la maîtrise du temps - peut-être par connaissance de la finitude humaine - est une motivation fondamentale | à quoi Taibi Kahler répond : Oui, surtout pour les Travaillomanes, 25 % des Occidentaux ]
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Je suis, pardonnez-moi, obligé de mettre ce billet sous copyright
~ c'est comme ça (la la laah la)
Traces à mes enfants
Le Net repose sur des 0 et des 1, il a un côté fragile. Tout, y compris cette jolie chose qu'est Wikipedia, risque de mourir d'un coup. En vrai ? Oui et non. Mais théoriquement, les supports numériques sont plus éphémères que la pierre sculptée [1]. C'est ce qu'on appelle la finitude, je veux dire que si le Net était un système conscient de lui-même, il serait presque humain : conscient qu'entre la naissance et la borne ultime (la mort), il y a tout l'enjeu de l'amour [2], tout l'enjeu de l'accomplissement [3].
Parlons accomplissement, tiens. Je veux ici dire ce que je retire du travail : les lois qui marchent pour moi. Je vous les livre, et en même temps j'ai une pensée pour mes enfants. Enfants à qui je dis : Voilà du concentré, voilà des conseils. Alors je les donne. Chers vous tous, j'ai trente-et-un ans cette semaine [4] et je vous livre ici le plus profond de mon coeur, dans ce qui occupe ce blog : le plaisir et le discernement touchant au travail. Compléments commentés et personnels bienvenus. Il y a huit principes-éclairs. On y va ?
1. La portabilité - Savoir facilement changer de casquette (père ou mère, professionnel-le, ami-e, etc.) au sein d'une même journée, c'est gage de sérénité,
2. Le coeur - Savoir apprendre de tout le monde, en toute naïveté émerveillée, tout le temps,
3. La visée absolue - Considérer qu'on va mourir un jour pour occuper le maximum de son temps à être heureux, comme une tâche noble et sacrée,
4. Le discernement - Savoir où sont ses proches et leur faire plaisir le plus souvent possible, c'est gage de joie, c'est gage de paix,
5. L'information pure - Poser aux gens des questions, y compris basiques ou attendues, pour confirmer plutôt que supposer, c'est là une source claire pour s'orienter chaque jour,
6. Confiance en soi - Ecouter son intuition, donner le primat à l'expérience intérieure, à l'instinct, et attendre qu'une pulsation intime fasse vibrer quelque chose pour alors coiffer cette résonance d'un processus intellectuel, voilà qui rend heureux, voilà qui relève d'un appui sain sur soi, l'amour-propre devient jaillissant et solide,
7. Jouissance de soi - Se respecter, en corps, en âme, en esprit, pour allonger la longueur de ses jours et faire de soi-même un ami fiable,
8. jouissance du monde - Prendre plaisir à tout, y compris à la difficulté, voilà qui réjouit le coeur, la vie, le sommeil et les idées.
Bien sûr, je suis croyant. J'ai aussi plusieurs bons maîtres, que je mets dans le coeur de tout ça, puis dans une première couronne et enfin dans une deuxième couronne. Le coeur : Alexandro Jodorowsky, Charlie 'Tremendous' Jones, Don Miguel Ruiz. Je passe à la première couronne : Kenneth Blanchard, Taibi Kahler. Deuxième rang ? Françoise Dolto, Jean Monbourquette, les braves stoïciens et - versant asiatique - Tchouang Tseu ; ensuite Paul Watzlawick, Edgar Morin, Anne Ancelin Schützenberger.
Plus intimement, il y a les exemples de ma famille. Et de quelques amis, mais là, c'est mon jardin secret. Pour mes enfants.
Très bonne fin de week-end,
Lionel
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[1] Parlons de civilisations du passé. Connaissez-vous Jiroft ? Splendide et fou.
[2] L'amour, c'est le bon et beau lien, de soi à soi et de soi aux gens et aux choses.
[3] Ce qui est la même chose à mes yeux.
[4] Il existe une liste de cadeaux oscillant entre 4 et 60 €, ici.
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Excellente année à vous !
Parfois c'est moyen, mais là c'est aigu : j'ai du mal à voir partir un article. Je veux dire faire l'effet goutte d'eau qui fait déborder, flouc : en fait écrire l'article qui, dans la page du blog, chasse le plus ancien. Vous savez ? Là, c'est "Innovation technologique et rapports de force (ITRF) - 4e partie" qui subit l'arrivée des présentes lignes, plus fraiches. Byebye "ITRF". Pourquoi je l'aime ? Parce qu'il condense des choses vitales. L'idée, c'est de le retrouver via le moteur :
Voilou.
Alors parlons de Charles "Tremendous" Jones aujourd'hui. Cet homme est un grand. Charlie T. Jones (look) est un des vingt meilleurs orateurs [1] du XXe siècle. Je crois que j'aime tout chez lui : le bonhomme et les idées. Et chez lui d'ailleurs, cet ensemble est un vrai tout. Que dire ? Deux grands trucs.
1. Sa notion d'aide est un simple et merveilleux moyen de déjouer le Triangle dramatique de Stephen B. Karpman, cette cochonnerie qui envenime les systèmes humains, les équipes. Récapitulons un peu : Karpman, l'ancien associé d'Eric Berne, identifie trois parties-prenantes infernales, c'est-à-dire trois individus ou trois institutions ou trois départements, ou trois parties de nous-mêmes (ça marche aussi à l'échelon individuel), qui jouent aux Indiens, aux cowboys et à la cavalerie. Les uns persécutent, les autres subissent, les derniers sauvent les seconds sans toujours leur demander leur avis. Ce type de jeu, tellement classique, est morbide, c'est-à-dire inconscient, fréquent, mangeur d'énergie, blessant et bloquant pour les vrais sentiments et le vrai bon travail (les résultats qui réjouissent et font avancer). Un vrai chantier. Protection, sabotage, souffrance : un cercle vicieux. Autre particularité : les rôles sont interchangeables, et c'est pour cela que ça vérouille la figure. Untel était Victime, voilà qu'il est maintenant Bourreau et son ancien persécuteur de geindre comme un bébé, c'en est trop, le Sauveur intervient et se fait Bourreau du méchant, qui à son tour pleure, etc. Eh bien Charlie "Tremendous" Jones a une solution. Quand quelqu'un vous demande de l'aide, accordez-lui UNE aide. C'est-à-dire quelque chose qui le dépanne et l'engage à la fois. Je prends un exemple : S'il te plait, dévisse-moi le bouchon du pot de moutarde. Là, vous dévissez en partie (juste avant le plouc libérateur) : c'est le demandeur qui termine le travail (- Plouc - Aah, j'y suis arrivé). Autre élément, et c'est Charlie qui fait comme ça, quelqu'un que vous aimez vous demande mille euros. Donnez-lui pile la moitié, son talent fera le reste. Le demandeur devient acteur. Et vous, vous restez juste un ami. Ou un collègue. Vous n'êtes ni sa maman, ni son papa. De plus, si la démarche est bonne, le coco trouve un succès mérité, et si c'est une entourloupe vous sauvez une partie de votre pécule (ou de votre énergie, ou de votre fierté ou, mieux, de votre réputation - cf. la précieuse image de marque). C'est simple et génial. Et si le demandeur se fait agressif (Dis donc, tu es gonflé, tu pourrais me donner ta femme et ton chien en plus), c'est qu'il joue. Involontairement, il est déjà Bourreau : laisse tomber j'ai envie d'dire.
Fig. 1 - Charlie T. Jones à la remise du prestigieux Cavett Award (2006)
2. Parlons d'une deuxième bonne pratique. Le Tremendous est quelqu'un de pragmatique, qui a su devenir millionnaire avec des principes centraux [2]. Dans son excellent La Vie est magnifique - A vous le leadership, il dit en page 25 [3] que son bureau d'assurances a adopté la formule SIB-KIS et l'a écrite sur tous les bulletins, l'a gravée dans tous les coeurs et en a fait un mode de vie. SIB-KIS est l'abréviation de "See it big - Keep it simple" (Vois-le en grand, garde-le simple). Eh bien moi, j'adore. Une envie de se dépasser, une belle clarté d'idées et un esprit de terrain, je dis que c'est génial.
Portez-vous bien - A bientôt.
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[1] C'est un magazine américain qui l'a désigné ainsi. Ah, les orateurs. Les orateurs et conférenciers-motivateurs, comme il en existe essentiellement aux Etats-Unis. Oui. Outre-Atlantique, la pratique protestante a fait naître des générations de pasteurs, de prédicateurs et de performers motivateurs très engagés, dynamiques et puissants. Certains sont chrétiens, d'autres sont agnostiques. Mmmh, majoritairement, ils sont chrétiens. Les Etats-Unis baignent dans cette pratique orale, dans ce corps à corps passionné, impactant, avec l'auditoire. Ils savent toucher le cerveau tout autant que les tripes et le coeur. Chez nous ? La plupart des prestations orales s'appuient sur un mauvais diaporama, sur des balbutiements intello-jargonnants. Et le corps, le corps - mes amis - n'y est pas.
[2] Tous ces leviers d'excellence, dans le monde de la performance humaine, sont souvent simples à comprendre. Ils se retiennent facilement et s'appliquent à merveille (sitôt neutralisée la fichue homéostasie des milieux complexes, milieux complexes tels que les équipes ou bien l'esprit humain). Ces outils-là, moi, je les nomme outils atomiques. Simples, petits, manipulables. Et surpuissants. Des exemples ? Eh bien le 2A, le 5C-4P, le 3QO2CP, l'Amdec, les matrices stratégiques. Cf. Outils atomiques.
[3] Un Monde différent, Itée - Editeur québécois, distribué en France par Librentreprise.com et Dilisco. C'est ici.
[ Définitives et magnifiques ressources par et sur Stephen B. Karpman (En) | sachez discerner qui manipule en vous cette fichue fibre de Sauveur | aide et christianisme, le point de vue de Sylvie Corman | tiens, c'est ma belle-mère il y a quelques jours qui m'a dit qu'en institution pour les personnes dépendantes, le terme d'aide avait disparu, l'on parle à présent d'accompagnement vers une autonomie, dans un projet, vers un mieux | saga Manip' | Le Tremendous, une interview, un palmarès inouï | le témoignage d'Og Mandino, l'auteur de The Greatest Salesman in the world ] Read More
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Incroyable : la vie est faite de bonds, de passages, de seuils, de sauts, de sursauts, de fils conducteurs, de contaminations [*] et de surprises. Il s'agit pour moi, ce soir, d'une surprise. Incroyable, j'ai dit.
Ceux qui me lisent depuis deux ans connaissent mon amour pour la cohésion des équipes, le commandement, le charisme, l'animation et la motivation, bref le management. J'aime écrire là-dessus. Et j'aime être au contact des gens qui travaillent et leur faciliter la vie : leur faire gagner du temps, trouver ce qui leur fait envie pour rester ensemble, faire un bon boulot, survivre à la concurrence et s'accomplir. Tout ça, c'est pareil.
Oui.
Qui croyez-vous que j'aie rencontré ce soir ? C'est Charles T. Jones, ici à Toulouse. C'est un gourou du management. Un Américain, donc un vrai. Dans la Ville rose. C'est - tenez-vous bien - l'oncle d'un pasteur local que j'apprécie. (Oui, je suis chrétien.)
Charles - Tremendous - Jones est l'un des 20 meilleurs orateurs du XXe siècle (voyez-vous ça, avec Martin Luther King, etc.). Ce type est simple, direct, transparent et détendu. Il est normal. As you're a management consultant like me, I give you this, m'a-t-il dit. Et c'est une petite Bible : la sienne propre.
La vie est une succession de plein de choses, je vous disais...
Excellent week-end à vous - And best wishes to the Tremendous !
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[*] Capilarité des choses ou mise des phénomènes au diapason, d'après le psychothérapeute Georges Romey. Lire aussi le glossaire de la systémique, cette prise en compte de la complexité (complexité = art des "dominos", des impacts permanents réciproques des parties entre elles et sur un tout ; complication = sophistication, déclinable en catégories distinctes, hardues mais classables).
[ Charles T. Jones est un ami de Kenneth Blanchard | c'est un orateur vif et inspiré, mais aussi un bibliophile accompli (voir aussi ça) | ses indispensables | Ah, lire ! | << Les leaders sont - avant tout - des lecteurs. >> | << Tout le monde a un levier de succès et un mécanisme d'échec. Ce dernier se déroule automatiquement, - alors que - le levier de succès va de pair avec un but. A chaque fois que nous le définissons par écrit et que nous parlons d'un but, nous actionnons le levier de réussite. >> | LeeAundra Temescu et sa typologie des orateurs | à mon égard, un propos du Tremendous tout à l'heure : Ken Blanchard brought management to very basic things and France also needs basic things - c'est vrai | les strokes et l'authenticité (voyez absolument Babel, sur la profondeur et la fracas de la vie, mais aussi sur l'innocence et la spontanéité des hommes) ]