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Un bel œil. Ouais. De beaux yeux, bien sûr. Et aussi, en interne, une façon de cadrer ses images, de ressentir, d'attraper les rapports de force d'une scène. Comme bien souvent, c'est gamine, en prenant sa famille en photo le dimanche, que ma compagne a musclé son œil. Comme des étincelles sortant, au départ, d'un marteau frustre. Et désormais, son quotidien - révélé sur papier - touche aux enfants, aux villes, aux routes, aux contrastes, aux sentiments et situations humains, aux identités. Son esthétique est tendue, équilibrée, typée.
En 2003, elle et moi dînons avec Joel Peter Witkin, à Toulouse. Je suis traducteur - au débotté -, elle est déjà ma compagne et le repas intimiste avec le géant de la photo peut se concevoir si et seulement si elle est là. Et elle l'est (Tu sais quoi ? Dépêche-toi : viens vite !!).
Fig. 1 - Une précaution : âmes sensibles s'abstenir,
reportage (c) Indies webTV & Le Garage
Witkin, photographe converti au catholicisme, rend la lumière de Dieu (son amour) en saisissant, en montrant, en agréant ce que l'homme abhorre, que Dieu regarde avec ouverture : les monstres, les marginaux, la folie, le rejet, les pervers, la faute.
La beauté sauvera, dévoilera, affranchira le monde. C'est une ouverture, c'est une bonté.
Parlons de von Glasow. C'est en montrant la beauté (le nu - rapport direct au ressenti, forme vivante des gens), c'est en montrant l'intimité - ici extravertie, proposée - que le réalisateur Niko von Glasow (cf. film Nobody's perfect) fait de la pureté, de l'efficience. Rendre un statut, une place humaine, un ethos, c'est dévoiler la beauté. L'esthétique ? Le vivant, essentiellement. Un élan spécifique, une vibration prise tel qu'elle est : sacrée, expressive, sincère, efficace. Assumée comme un mini-temple du monde.
Metropolis fait du bien. L'émission d'Arte, le sachant ou non, invite à absorber ce que les athlètes paralympiques ont à faire savoir. Et ont à vivre.
L'homme, c'est beau. Le corps, même cassé, ça fonctionne. (Parce que ça éprouve.)
La chair est belle : c'est un état, un mouvement, un être.
C'est la vie qui est là.
[ Un photographe que j'admire, Bruno Wagner (ancien site), encore un à qui je compte demander pardon | On aimerait tous transformer ses points faibles en quelque chose de beau : pouvoir en parler haut et fort. - Niko von Glasow | la famille Cranach (XVIe s.), amie de Martin Luther - Lucas Cranach père et fils, peintres protestants (source d'inspiration pour Witkin) ]
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La vie est faite de caps, de montées en puissance, voire de cycles [1]. Bref, les choses changent. Tout le temps. C'est d'ailleurs l'une des certitudes [2] les plus universelles qui soient. Ou sinon, les choses se condensent dans un mauvais cycéon, elles font de bien vilains grumaux (relire Héraclite, philosophe du mouvement). Ce qui explique la stagnation, je pense, c'est la recherche en boucle de satisfactions 1, alors que la Nature nous a faits pour nous sortir de nous-mêmes (étymologiquement, exister) et nous projeter dans un minimum de satisfactions 2. Alors que dire ?
Ben, c'est Flemming Funch qui a une théorie sur le dégoût. Lors d'une séance de travail, je lui confiais que certains traits de personnalité me faisaient horreur, et tout le monde connaît ce sentiment de arf. Comme vous le savez, je pense, Flemming a longtemps travaillé comme psychothérapeute aux Etats-Unis [3]. Et il a bien roulé sa bosse. Il me disait notamment que l'horreur de certains comportements était une peur inconsciente de régresser, de rencontrer - cette fois-ci chez les autres - des comportements que nous avons plus ou moins bien passés, bref des traits du passé psychologique, de l'avant, de l'archaïque et du grossier. Sûr qu'il y a l'idée d'évolution là-dedans.
Sûr que la vie nous dégrossit. Et ce que nous rejetons, à l'instar de la bête (de l'Ombre) de Jean Monbourquette, c'est une version n-1... (ou n-x) de nous-mêmes.
Encore une fois, je crois que Flemming a raison... Et puis c'est la démonstration qu'il faut accepter en nous-mêmes les versions antérieures, hésitantes, en recherche. C'est une façon de mieux cohabiter avec (tous les) soi-même(s) et - du coup - d'accepter les défauts des autres. Et de mieux aimer son prochain, je rajoute.
Qui fait l'ange fait la bête, d'une part. D'autre part, il faut faire un sort à ce foutu perfectionnisme...
[2] Percy Bysshe Shelley disait : Seul le changement est durable.
[3] Il a même été traduit en... russe. Si ! J'ai vu les bouquins chez lui, c'est illisible.
[ Recherche d'excellence, pragmatisme, spontanéité et gentillesse sont - je pense - les remèdes au perfectionnisme | coaching | relire Le Baiser aux lépreux de François Mauriac, ainsi que les superbes travaux de René Girard | c'est Alexandro Jodorowsky qui parle du mépris des Blancs (j'ajoute des positivistes) à l'égard des cultures prétendument primitives - lire d'ailleurs le point de vue de David Nadeau-Bernatchez | le positivisme sous l'angle du philosophe des sciences Thomas Samuel Kuhn (1922-1996) | ah, ce vieux débat Apollon Vs Dyonisos - lire Nietzsche, ce qu'en dit l'Education nationale, ainsi que le sociologue Marcel Rioux | Kuhn, cétéki ? | Joel Peter Witkin, photographe catholique (à la Mauriac, quoique plus... libéral) des catégories humaines rejetées, mais acceptées par la lumière : 1. de son appareil photo, 2. de l'amour divin, par dessus tout ] Read More