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 Sweet emotion - 2e partieMon 18 Feb 2008
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[ 1e partie | thémas Cerveau, Cognition, Sensibilité, Affects, Décision, Peur | catégorie Coaching | mots-clés, permalien, vos commentaires | 3e partie > ]


Je dédie ce billet à Anne


Banderas peut se rhabiller. Pour les rats de bibliothèque comme moi [1], il y a un Antonio - quoique moins beau - qui le surpasse. San Antonio ? À l'évidence [2]. Mais c'est d'Antonio Damasio que je veux aujourd'hui causer. Il est Américain, il est neurologue.

L'expérience scientifique, comme aime le rappeler Le Dictionnaire des sciences humaines, a tout d'une histoire humaine. Ouverte à la sensibilité, ouverte au hasard. Nous sommes à la fin du XXe siècle [3]. La vie privée d'Elliot, dit le dictionnaire, est un fiasco : divorce, remariage, nouveau divorce. A. Damasio aurait pu croiser Elliot sans y prêter beaucoup d'attention. Mais il fut au contraire très intrigué et analysa de très près son comportement pour en rechercher la cause par les méthodes de la neuropsychologie [4]. Il fit alors une hypothèse étonnante [aujourd'hui théorie validée, ndlr] : les émotions sont nécessaires pour prendre une décision adéquate. La raison et les connaissances ne suffisent pas. Voilà pourquoi Elliot, privé d'émotions depuis sa lésion cérébrale, se trompe si souvent. Un classique est né de ce travail (L'Erreur de Descartes, 1994), qui déboussole (et stimule) les valeurs occidentales de la modernité. Le génie de la modernité, René Descartes (1596-1650), en prend pour son grade [5] : loin d'être des perturbations des décisions rationnelles, les émotions - pour Damasio - co-construisent la décision, fût-elle rationnelle comme un plan d'Airbus A380.

Damasio va à l'encontre des idées reçues. Étendue de la remise en cause ? Importante. Le résultat : la réunion inattendue de deux instances, depuis des siècles fâchées. Par la culture occidentale. Je veux parler de la raison et du corps.

Reprenons. Pour se décider, il faut une représentation correcte de soi, du contexte, des autres. Ce qui, rappelle le neurologue, se pose sous le terme de conscience. Eh bien, cette conscience, elle emprunte à la cogitation et à l'émotion, à la raison et au corps (sensations nerveuses). Elle les réconcilie et les agrège.

Elle emprunte aux deux.

La conscience, sommet de l'organisation mentale en Occident, convoque bel et bien le corps. Cette « conscience-noyau » serait le fondement de soi. Elle reflèterait tout ce qui se passe dans l'organisme [système complexe]. Et de ce fait, elle n'existerait que parce qu'elle vient d'un organisme vivant, avec un corps et un cerveau capable de se représenter un corps.

Penser se fait avec le corps puisque le cerveau est un élément du corps, qui pense et qui éprouve, et qui fabrique une image de ce même corps (et d'ailleurs, le corps n'est qu'une image culturelle [6] - l'organisme, lui, est une notion médicale). Tout se répond : conscience et corps. Tout est dynamique et lié.

Logique. Logique et fécond : l'émotion (engagement du vécu, engagement de la subjectivité, engagement du corps) permet de se décider. L'émotion complète et renforce la raison, en ceci qu'elle co-forme une conscience. Un homme averti en vaut deux.

J'ai maintenant envie (je regarde ma montre) de vous parler de Robert Zuili, un coach français, auteur de Découvrez votre émotion dominante.

Partons pour ça dans la BD. Vous vous souvenez sûrement de Wildstorm, l'éditeur de Planetary, le comics. Je passe à une autre équipe de superhéros, The Authority. Et saisis le n°19 en VO (ou n°2 en VF chez Semic books) et, dans la foulée, vous campe le personnage du Docteur des années 1960 (autoproclamé génie criminel). Un affreux misanthrope, affligeant, drôle et cruel. Il est l'ancien shaman planétaire, le magicien absolu, doté des pouvoirs les plus fous, comme celui de remodeler la réalité. De faire converger ou diverger les lois qui régissent le monde. Torturé par le Midnighter, un autre joyeux idéaliste, il lui siffle : Pourquoi est-ce que les gens tuent, imbécile ? Parce qu'ils ont peur, se sentent menacés.




Fig. 1 - Les brutes en collants moulants de The Authority



La peur. Tout est là : l'émotion est une pulsion de vie, poussée d'évolution ou instrument de l'atteinte aux autres. Ce que Zuili nomme l'affect : ce qui éprouve et modifie le rapport au monde. Des autres. De soi. (C'est adjacent.)

Naturellement, avoir une place dans ce monde (une chaise) est un challenge. Life is tough, et pas seulement dans l'économie. Déjà, confirme l'indispensable Georges Romey, tout se passe dans le regard parental. Capter l'autre, quand on est petit, agréger sa confiance, conserver une prérogative : voilà qui participe de la survie. Pulsion écologique (et affective, même schéma).


Fig. 2 - Sweeeeet emo-ootion, Aerosmith !


De sorte que les affects, formant le Parasite de Don Miguel Ruiz, sont en trop. Ils dévastent. Ou plutôt, il faut les écouter, écouter leur origine [7]. Et capter ainsi le jaillissement de l'émotion. Jaillissement qui vient du besoin ou de l'envie de vivre (dixit le Docteur dans The Authority). Ou de la peur de mourir, ce qui est pareil.

Je suis tellement JOYEUX [en gras dans le texte] depuis que je n'ai plus PEUR de dire que ma COLÈRE cachait une profonde TRISTESSE, font dire à leur personnage - en début d'ouvrage - Zuili et le dessinateur François Baude.

C'est ça. La peur qui affecte [8]. Peur de perdre ses prérogatives (son territoire, sa zone de confort voire sa jouissance), peur de perdre sa dignité (injustice, colère dit Zuili). Son image de soi.

Me faire voir (et accepter et aimer) des autres. Et me faire aimer de moi.

Quel programme.

Ahla-la.

(Classe comme conclusion, n'est-il pas ?!?)
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[1] Il y en a beaucoup. Notre maître à penser ? Umberto Eco, himself. Quand on lui demande s'il lit tous ces livres (un peu genre bibliothèque du Nom de la rose), il répond toujours non. Il manque de temps. Aimer les livres est une chose. Aimer les lire, encore une autre. En avoir le temps, quand on travaille, c'est une gageure. Certes Eco a-t-il de l'humour. Car il faut, dans son propos, se fixer sur le verbe lire. Lire ? À l'évidence, non. Mais consulter : mille fois oui. Les gens qui aiment les livres en ont généralement beaucoup. Et sans les lire, ils en consultent fréquemment plusieurs dizaines à la fois, comme un fil d'Ariane arborescent. Comme une toile d'araignée de questions-réponses, où le savoir et les points de vue sont fragmentés, multipolaires, forcément complémentaires (Qui opposerait Aristote à Charles Bukowski, Philip K. Dick à Ken Blanchard ?). Le fait humain ? En architecture naturelle, foisonnante et irradiante, souffle Tony Buzan. À l'instar d'une navigation Internet, bondissante, de nœud en nœud (mots-clés). Et s'il leur manque une information, les rats de bibliothèque adorent avoir la base de consultation sous la main : une tonne de livres. Parcourus en travers, sous forme de focus ou au hasard, les bouquins incitent à ce que je nomme le complexe alexandrin : l'illusion, douce et plaisante, d'un savoir à portée de la main, à portée du cœur. Façon bibliothèque (évidemment brûlée) d'Alexandrie. Babel montre toutefois que le savoir est évanescent, fragile et présomptueux. Par essence. Le zen et le taoïsme privilégient l'intensité au monde plutôt que sa cognition (traitement, jugement, distance, par opposition à la disponibilité d'emblée, courageuse et puissante). Et je crois que toutes ces écoles du dévoilement ont raison : l'intellect passera. L'âme (principes essentiels de rapport au monde), non. Celui qui chasse, dixit Alexandro Jodorowsky, n'a pas besoin de filet. Tout est live, tout est vécu. Vivre se fiche d'analyser (défaire des nœuds). Juste être sincère, concentré, fidèle à l'instant présent. Ça, finalement, c'est vivre. Vivre, c'est être là. Alors jaillit la confiante intuition, si créative : l'eccéité illumine et féconde le rapport au monde. Vivre devient possible. C'est un saisissement. Un saisissement permanent.

[2] Frédéric Dard, alias le commissaire Sana, est peut-être aussi créatif que François Rabelais (fin XVe-1653) ou Louis-Ferdinand Céline (1894-1961). Et puis quels ressorts inconscients, le mauvais goût assumé ! quelle santé ! quels voyages !

[3] Ce Dictionnaire des sciences humaines prend le parti d'introduire ses entrées par des exemples. C'est à la fois parlant, documenté, charnel (au sens de sensible, compréhensible). Le dico ? Il a du style, il est « écrit ».

[4] Approche systématique et rationnelle des représentations et des comportements humains, par l'étude des rôles et des interactions se jouant à partir et dans le sein du creuset nerveux : processus cérébraux (mentaux), système sensoriel, hormones, moelle épinière. Bref, toute la machinerie fine. Machinerie qui déploie le spectre fort nuancé du confort et de la souffrance de l'âme (de l'intériorité).

[5] Il faut être indulgent à l'égard de ce titan sensible. Descartes a perdu beaucoup de ses proches. Et son entreprise de rationaliser le Réel (l'insaisissable) est une formidable pulsion d'espoir et de vie. Pour autant, et dès son époque, Blaise Pascal (1623-1662) envisage déjà la raison comme un outil parmi d'autres (la sensibilité de son Feu de la saint-Clément est prégnante, cf. Pensées), et comme un outil limité (revoir l'esprit de géométrie de son Article premier). Mesurer aussi que la dernière démarche de la raison est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent consiste à dire que cette même raison n'est que faible si elle ne va jusqu'à connaître cela. Le mysticisme de Pascal emprunte aux racines du christianisme (et au-delà même, si on lit L'Ecclésiaste), ainsi qu'au scepticisme (ou plutôt discernement) quant à la nature humaine. Pour les chrétiens, la raison appartient à la galaxie des idoles (reflets illusoires, projections porteuses d'une fascination enfermante). Quant aux bouddhistes, ils envisagent la raison comme un phénomène mental parmi beaucoup (c'est même un sens, comprendre une sensation nerveuse, un filet à saisir, à figer illusoirement le Réel). Donc un motif de fascination, un attachement se tournant sur lui-même, une démarche productrice d'un voile. Productrice d'une perte de soi. L'inquiétude de veiller sur ses habits quand on se baigne (cf. Jodorowsky dans son commentaire de kôans, Le Doigt et la Lune) est normale : veiller au quotidien le plus prosaïque a du sens. Mais s'enflammer l'égo avec l'illusion de maîtrise est mortifère. Et gage de pleurs.

[6] Le corps est une catégorie sociale, religieuse, artistique et morale. Cf. notamment le travail de Jean-Yves Leloup sur la tri-unité et l'apport civilisationnel (éthique) qu'elle a semé dans les pays (ou plutôt les individualités) ouverts à l'Incarnation, à la rencontre corporelle de la Grâce et de la condition humaine. Voir aussi ce que le principe du Sel condense de vulgaire et de sacré dans l'hermétisme tardif (alchimie de la Renaissance - cf. Paracelse en Suisse ; ou déjà chez l'Arabe Geber au VIIIe s.). Pour l'hermétiste contemporain Hervé Delboy (érudit parmi les érudits), le principe Sel est une réunion... de Terre et de Feu. Vous imaginez le cocktail ?

[7] Écouter l'Ombre, dirait l'excellent Jean Monbourquette.

[8] Quand elle dépasse son rôle de simple protectrice de la vie (atteinte d'un paroxysme, puis bascule), la peur dévisse et se met à bloquer amour et foi (disposition confiante, ce qu'Eric Berne nomme ok/ok). Elle ferme lien organique et confiance, activité naturelle et ouverture au monde, relation et disposition et activité, amour et travail sain, dirait Sigmund Freud.

[ La Chaîne de valeur émotionnelle (CVE) de Zuili s'articule autour de la joie (épanchement naturel du sentiment de succès, de réussite dans un contexte plus ou moins tendu), de la peur (besoin d'éloigner, de contenir ou de traiter un danger, capable d'engendrer l'inconnu, et - partant - la fin possible de tout, c'est-à-dire la mort), de la colère (expression soudaine de la frustration, du sentiment d'injustice, de dévalorisation de l'image personnelle - tellement structurante, tellement rassurante), de la tristesse (mélancolie, expérience directe de la finitude, de la castration, de la dépossession des choses - deuil forcé du sentiment de visibilité, de maîtrise, de modelage du monde selon nos attentes) | engrenage, bien ou mal orienté, mettant en jeu des engagements nerveux, des sensations, voilà une traduction possible du processus naturel, mais aussi de l'outil - une fois actualisé - que devient, pour Zuili, la CVE | Damasio est neurologue ; pour se repérer dans les métiers de la relation d'aide, voir ceci | 1. la réhabilitation des émotions (intégration de l'Anima, dirait Romey), 2. l'analyse des freins, des résistances au changement (homéostasie), 3. l'identification des bénéfices secondaires : voilà, à mon sens, les trois grands défis du coaching | pour comprendre ce qu'est un bénéfice secondaire, il faut consulter l'excellent Marc Traverson ]  Read More


 Vrac de presqu'été - 9e partieFri 15 Jun 2007
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Vrac


Ch'ais plus qui disait que, dans notre monde, la seule constante c'était le changement. Il faut s'y faire. Passent les choses : les mauvaises et les bonnes aussi. Que dire ? J'ai toujours préféré le présent (et toute sa fulgurance, son côté ardent et paisible) aux mélancolies (cra)moisies. Et aux chimères angéliques du futur. Il n'y a de temps que dans la présence au monde, et la présence au monde c'est ici et maintenant. Il n'y a de vérité que dans l'élan de vie, le jaillissement. Je suis moi-même et je règle mon rapport aux choses là, dans la trame [*] du monde.

Un des rares auteurs qui me stimule, en ce moment, c'est-à-dire qui m'ouvre davantage qu'il ne me fixe, c'est Jodo.

Il y a aussi mon ami Olivier qui me rafraîchit. Il est musicien. Sa vision du rafting, descente des rapides, du flux de la vie, avec des intentions, des manœuvres, des rapports aux remous, aux changements, bref sa façon d'envisager la complexité (la vie) est comme son art. Juste et typé. Donc vrai.

Et puis y'a le reste : tellement de gens qui se ramassent la vie en pleine poire. (Je pense à des proches.) Quelle m... Reste la foi (confiance). Souvent, le lâcher-prise résout plus de choses que l'acharnement. Mieux vaut surfer et jouir que remonter un courant. Nager, c'est juste vivre. Et puis, il faut bien vivre. Vivre, c'est ressentir. Il faut juste y aller. (Merci famille Romey.)

Ah, les vertus du vide et de la concentration (bref de l'intensité). Je donne raison à Jodo et au zen. Être présent, je trouve de plus en plus que c'est ça :



Vi. Pfoouu.

Cette fin d'année est épuisante : facteur personnel à plat, rapports de force pros permanents. Je vois, en outre, des entrepreneurs partir.

La bonne nouvelle, c'est qu'Absara concocte une folie pour l'automne-hiver.

Et puis, sur un très, très court terme, je me réjouis de Twitter. J'y retrouve là mes premières sensations de blogueur. L'instantanéité remplace la pub. La parole supplante la vente. Respirer (communiquer) redevient normal.

Je vous invite à me rejoindre massivement : Twitter est une invention superbe. Cliquez sur Add me.
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[*] Le monde, c'est l'interaction permanente de tout ce qui vit et impacte les choses. C'est le tissu, c'est l'Ouroboros. Le Réel ? C'est ce qui échappe (lois, phénomènes, finalités en dehors de notre champ de conscience). Quant à la réalité, c'est le système qu'agrège notre perception et qui engage, par là même, tout notre système nerveux. C'est le fruit du cœur et du cerveau (système sociocognitif, voire éthique).

[ Nécessité de laver son bol ]  Read More


 Le temps c'est des cailloux - 8e partieWed 24 Jan 2007
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[ Le temps c'est du piment - 7e partie ] Le temps c'est des cailloux - 8e partie

Tiens, c'est maintenant le billet sur le Tremendous qui se fait la malle : place au sang neuf chez les billets, ok.

Parlons maintenant de minéraux. Comme chacun(e) d'entre vous, j'ai plusieurs fois lu (par mèl) l'histoire du prof et des cailloux. Vous savez ? C'est une espèce de légende urbaine, une fable post-moderne. L'histoire est amusante : une éminence grise dispose de très peu de temps pour animer un module pointu. Un truc sur la gestion du temps (décidément !). Et il doit convaincre une pleine salle de brillants stagiaires qu'il y a une méthode absolue pour gérer un planning de haut vol. Ok. Il a avec lui de gros cailloux, qu'il dispose au fond d'un vase en verre. Et il prend ensuite des cailloux moyens, il fait pareil. Pour terminer, il prend des graviers, les déverse aussi. Et le perfectionnisme le pousse à se saisir d'une poignée de sable qu'il ajoute à l'ensemble. - Conclusion ? lance-t-il. - En optimisant tout et tout le temps, répond un bon stagiaire, on voit qu'il reste du temps quand même. C'est ce que montre le sable, qui parvient à se loger dans un ensemble déjà bien rempli. - Mmh, répond l'expert. Le vrai time management, c'est plutôt de visser au planning en premier les choses essentielles, par exemple la vie de famille, et puis de placer ensuite le reste. Les gros cailloux sont les choses vitales pour l'équilibre d'un travailleur, le reste est ce qui suit dans les priorités.

Conclusion, je traite des priorités. Et je réponds aux mèls... juste après : patience. Je m'efforce de répondre à tout le monde, je vous rassure :-)

(Merci.)

[ Beau caillou | des cailloux et du zen | le très beau jardin de Compans-Caffarelli, à Toulouse | Jodo et le zen | les kôan, ici et | et puis cette belle histoire d'Henri Brunel qui raconte que deux moines s'opposent sur l'existence réelle d'un gros rocher, le premier dit qu'il existe en tant que tel et l'autre, que c'est juste une représentation de l'esprit - je vous laisse deviner la chute ]  Read More