Blog Management & Organisation [ Absara.com ], depuis 2004
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[ < 9e partie | théma Hongrie | catégorie Divers | this post in English | archivage automatique du billet sur un hypothétique benchmarking national | interagissez sur le présent billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]
DJ Krush est superbe. Killoffer 6, son album OuBaPo (OuMuPo, à vrai dire), est une merveille : un long mix rythmique, lumineux, pointu. Reposant, intelligent, stimulant. Idéal pour travailler.
L'habitude, pendant des semaines, de travailler tard - au rythme du management de projet informatique [1] - m'a fait glisser vers des habitudes de couche-tard. Un beau matin, heureusement, j'ai pu me remplir de cette lumière si vive dont le miroir-Danube a le secret.
Je veux à nouveau dire respectueusement bonjour à la ville au matin. Pour sentir sa lumière totalisante. C'est une radiation.
Budapest, énergétique, est belle (szép), même si - un peu partout - la prostitution [2] gâte cette fleur urbaine épanouie sur le socle en transition de la Nouvelle Europe. Les Jeux olympiques sont finis et la Hongrie, je crois, s'est reconnue dans l'extraversion de la Chine.
Alors, pour une raison que j'ignore, le DJ nippon a toute sa place ici, et maintenant.
Retrouver ma grande amie Corinne, sur Facebook, est une joie. Et dans le registre joie, il y a aussi la (re)lecture du Théâtre de la guérison, de même que le Jésus, 50 mots de Maurice Carrez.
Ma petite famille me manque, mais j'ai des choses à faire ici.
God bless you all.
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[1] Collaborer avec les gens de l'informatique expose à des horaires de patachon.
[2] Légale.
[ Love à tous mes amis : Olive, Ming, Charles, François, Læti & David, Cécilia, Nadia, Anne, Frédy, Mimi et sa bande, Hervé, qui a eu 30 ans ce mois-ci ! Bises à Dorian(e), que je compte revoir | rencontrés ces jours-ci : Brian, auditeur financier anglais, Christophe, serial restaurateur à succès, et Pierre, partie-prenante à Orange (Provence) de l'opéra Aïda version 2006 | les lieux ? Mmh, l'incroyable Bed Beach (DJ Flower - pass VIP, 20 €) et le très glauque Coronita (Miss Siva, vraiment bof) | OuMupo, cahier des charges façon Ici d'ailleurs ]
[ < 8e partie | théma Hongrie | catégorie Divers | archivage automatique du billet sur le café | interagissez sur le présent billet en cliquant sur le bandeau de son titre | 9e partie >]
De retour. Et comme la dernière fois, Budapest déploie - dans mes sensations - du nouveau, du bruyant, du coloré. (Jouissif.) Hier soir, sur le Danube, c'était le feu d'artifice de la fête nationale hongroise. Outre le bruit-incendie qui vivifie, j'ai absorbé le noir et l'or, plus profonds, du Danube. Cette ville a son organe anima, son âme et ses promesses. Elle a un rythme, un inconscient. Elle parle. (Elle crépite aussi.) Son système vital sourd de partout.
De sorte que bloguer [*] fait à nouveau sens.
Régénération ? Encore et encore. (Bâtir.) Voir d'autres personnes : à l'évidence. D'autres angles (oui). Et travailler encore différemment : approfondir, fonder. M'ouvrir.
Buda-vie, me voilà. Prépare-toi.
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[*] Surtout avec un petit Aspire one, très pratique. Merci, Alouali, pour le tutoriel Linux.
[ C'est le consultant Jérôme Lefeuvre qui rappelle que Serge Gainsbourg avait, pour composer, besoin de bruit - je comprends vraiment (c'est organique) | croyez-le si vous voulez, une énergie se déploie des fêtes ici, surtout quand le peuple évoque l'archaïque et puissante figure de Szent István (cf. archétypes) - les Hongrois ont une force identitaire qui pulse | je sais maintenant lire la langue magyar, et aussi - dans la phrase écrite - repérer le verbe et les éventuels pluriels ]
[ < thémas Efficience & GTD | catégorie Organisation | archivage automatique du billet sur Nadia et sur la réciprocité dans la vie et dans le travail | interagissez sur le présent billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]
Grande valeur. Voilà, pour l'entreprise, ce que revêt Getting things done.
GTD ? L'assouplir comporte un plus, je veux dire que vous ou moi pouvons l'adapter : le simplifier encore. Pour tous les jours, c'est bien d'utiliser l'esprit du modèle. Mieux, son 20/80.
Je travaille pour quelqu'un qui communique en interne. Et beaucoup (collaborateurs, messages tracés).
Fig. 1 - GTD en un schéma (traduction, Pascal Vennier)
Dans ce qui m'occupe, les catégories de messages deviennent vite :
[ À faire | À déléguer à Untel | À surveiller de... (date de contrôle) à ... (date d'évaluation finale) | À conserver pour plus tard ].
Catégories couplées (à vrai dire croisées) avec un système de scoring (de 1 à 5 étoiles), venant - pour chaque message - pondérer ce qui suit :
[ Urgence | Positivité escomptée | Facilité de la tâche | Brieveté de la tâche ].
Chaque message reçoit un sens précis (ex. : À déléguer à Untel ; Urgence 4* ; Positivité 3*, etc.). Donc un poids.
Ouais.
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[ Pff, je repars à nouveau - Pas le temps (regrets) de voir Dorian(e) ou François-Franzzz | arf, nécessité de refaire les courses et de remettre l'appartement en état avant le retour de ma petite famille, God help me (surtout pour le ménage) | Astucieux Wir Gestalten (merci Swissmiss) et Swedler ] Read More
[ < 2e partie | théma Livres | catégorie Divers | archivage automatique du billet sur les jeux dans les sciences humaines : jeux de structuration du temps, d'interaction sociale, de manipulation socio-émotionnelle, de coopération tacite | interagissez sur ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]
Ah, lire ! C'est le Tremendous qui recommande ça. L'inspiration, ce conférencier et motivateur-pilier la puise dans son vécu bien sûr. Et dans les livres aussi : moyen, en Occident, de consulter autrui. La sagesse affleure, elle voyage, elle se renforce (cf. knowledge management). Lire - et vivre -, c'est se former.
Alors Alain Fernandez, maintenant. Ce consultant, auteur et blogueur fameux, est un esprit concret. Un homme indépendant, au ton libre. Un professionnel clair et complet. Son L'Essentiel du tableau de bord est le must have du pilotage. Les champs ? Utiliser ce qu'il faut d'Excel, prioriser le fin du fin, impulser et canaliser la performance économique et humaine de l'entreprise (la classe). Je le conseille chaudement, c'est simple et facile à lire. Brillant, c'est aussi pertinent et souple à adapter.
Je prolonge en vous recommandant les dix livres qui font, à mes yeux, la différence. Dix manuels pour booster et fluidifier la vie : dans le cœur, dans le portefeuille, dans l'entreprise.
[ < 1e partie | thémas Animaux, Spiritualité, Jean Monbourquette, Ombre & Émotions | catégorie Management-Sc. humaines | archivage automatique du billet sur Flemming Funch avec, en commentaire, le lien vers ce qu'il dit des réseaux et de leur morphologie dynamique | interagissez sur ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]
Loup !
Le loup. C'est, après le panda (et son ennemi le gros félin), un guide utile : voyons voir ce que l'animal à dents pointues nous dit des émotions, de ce qu'elles apportent, de leur vocation.
Il y a six émotions de base, un détour par le travail du prêtre et psychanalyste Jean Monbourquette nous permet, vous et moi, de voir ce que la dynamique du loup soulève. Gros contenus, juste après.
Bien sûr Antonio Damasio et Edward de Bono rappellent combien les émotions et combien les associations [1] entre idées et volitions (idées différentes, sensations, ressentis), bref ce que ces mélanges spontanés - ou pilotés - provoquent de fort. Pour la science actuelle (cf. cognition), c'est un fait. Le quotidien, par exemple en entreprise, est éloquent : une collaboration entre raison et intuition (entre hémisphères cérébraux) génère synergie, puissance, harmonie, dépassement de soi.
Pragmatisme et créativité sont là. Polyvalence humaine ? Son talent s'exprime à plein.
Dans l'indispensable Apprivoiser son Ombre, Monbourquette raconte cette légende de loup. Il y a un village, il y a saint François d'Assise (1182-1226), il y a ce traumatisme, qui lui fait vite appréhender la souffrance du village. Un loup, voilà ce que balbutient les habitants hagards. Un loup qui dévore, tapi près du village : il prend sa part d'humains, il met en pièces, il terrorise. Que fait saint François ? Prend-il une épée, ou une lance façon saint Georges ? Que nenni, le saint part à la rencontre du loup, le trouve et lui donne ce qui manque le plus aux saisons de misère : de la nourriture. Il rend la bête calme et docile, presqu'utile.
Eh oui.
Les appétits sont des manques : saint François s'adresse à la bête en lui donnant à manger (cf. parallèle avec les strokes). Sa sensibilité naturelle, son empathie, lui permet de comprendre la souffrance. La souffrance ? C'est ce qui tenaille et anime le loup. C'est bien ça : quand une bête réclame son dû, c'est qu'elle rappelle qu'une fonction vitale (épanouissement, écologie), bref qu'une fonction sourde et nécessaire passe à la trappe. Famine, détresse et violence : l'animal, comme dans la lame du Mat, devient instinct mordant la chair. Ce retour - ici animal - du refoulé confirme que : 1. nous avons un corps, une chair parcourue d'instincts, 2. c'est bien elle qui nous rend vivants donc en capacité, donc en mesure de ressentir et d'être heureux (le bonheur, c'est avec et dans le corps, avec et dans le cœur, avec et dans le système nerveux), 3. le corps, temple de l'âme (l'intériorité), se respecte et se bichonne, sachant que c'est ce même lieu, cette même réalité qui fournit l'énergie, la frustration, l'envie d'atteindre d'autres états, d'autres sensations, d'autres apaisements (cf. changement et reconfigurations systémiques). Le corps permet de changer. Sensible, violent, mortel, il rappelle la nécessité de vivre, d'atteindre, d'évoluer. Tout est en mouvement, tout est passager, le corps est un véhicule, profilé pour pousser (cf. pulsions). Le corps, instance hydraulique, sort du confort, le corps rappelle, le corps fait changer.
Comme un loup.
La frustration motive.
Fig. 1 - Le loup inattendu de la belle série Fables,
comics disponible en français
Les besoins ? Des moteurs. Les besoins de la chair sont énergie pure (mise en mouvement). Or l'énergie instinctive engloutit, submerge, anéantit - agent de chaos (cf. Ombre). Ou elle propulse, favorise, fraie ses propres chemins d'évolution - agent d'accomplissement.
Que faire alors ?
Lâcher la bête et attendre bien sagement que la dévastation convoque en retour les pulsions de vie, d'organisation, de civilisation ? C'est coûteux, c'est passif, c'est cynique et c'est lâche. Dégotter un bouc émissaire et convaincre son prédateur d'épargner le village ? C'est affreux, c'est la tendance que le dynamicien de groupe Yves Enrègle relève en entreprise. C'est ce que déplore, en outre, l'anthropologue des civilisations René Girard.
Que faire ?
Apprendre à la bête à sublimer ? à collaborer ? à investir l'énergie autrement ? à construire un Surmoi (idéaux de réalisation, déconnexion des besoins primaires) ? à construire un Moi (projection dans le monde des conséquences, dans le monde des humains, dans le monde du socius) ? C'est utopique. J'ajoute que c'est se bander les yeux face à Milosevic, c'est abandonner Srebrenica en espérant que l'éthique et le droit internationaux vont arrêter les loups de Mladic et Karadzic.
Criminel.
Qui fait l'ange, rappelle Pascal, fait la bête : vouloir moraliser (civiliser) l'animal, c'est ouvrir le champ à la désolation. Seul l'arrête un estomac comblé (le sien propre). Et malheur aux victimes.
Il reste une voie.
Cette voie, c'est celle de l'écoute. Saint François comprend la bête, on l'a vu. C'est la compassion qui veut ça. Et en tant que saint, il la voit comme créature de Dieu, comme utile et comme partie-prenante du Tout. Elle a sa dignité d'agent : ce qui est enfoui, hurlant, brut et cru fait aussi son travail.
Qui écoute la bête alimente son ange. Et augmente sa part d'humain. Les ressentis violents rappellent qu'il faut certes vivre et ressentir pour être heureux (revanche de l'Anima). Ils montrent aussi comment être heureux. Là c'est précieux.
Passons par les émotions (ou affects ou ressentis ou feelings en anglais).
Regardons ça. Un modèle général [2] nous dit qu'il y a :
| la colère,
| la joie,
| le dégoût,
| la peur,
| la tristesse,
| la surprise.
Émotions primaires. Certes leurs effets sont-ils agréables ou non. Durables ou pas. Ils sont dévastateurs ou profitables.
Fig. 2 - Intensité & durée supposées des affects,
en appui sur les travaux de Carroll E. Izard,
Christian Derbaix (modèle Lisa Q) ou encore Michel Tuan Pham (modèle Gaim) -
image (c) Coralie Duval
Un point de vue spirituel se fait jour, qui donne à l'homme une vocation beaucoup plus large que celle de la pure animalité : et si les émotions nous servaient ?
Interroger le pourquoi des émotions, en contournant le cliché évolutionniste, bref donner un sens inédit et moral à tout ça, peut se révéler dur peut-être, passionnant sûrement.
Si tout ou presque a un sens, et si tout ou presque est agent de dépassement, d'évolution, pour soi, pour les autres, pour le tissu dans lequel nous vivons, alors :
| la colère préfigure la reconnaissance et le respect de soi (tempérament, valeurs, priorités), en ça elle annonce le détachement par rapport aux figures parentales (autonomie),
| la joie favorise la spontanéité, l'espièglerie, le naturel,
| le dégoût augmente le discernement, la sagesse, la juste appréciation des choses,
| la peur facilite la prudence, elle mène à la lucidité puis - quand les débouchés sont prometteurs - au courage, à la volonté, à l'audace,
| la tristesse (expérience du deuil) enseigne le lâcher-prise, la réalité de la transformation permanente du monde (vie-mort), et donc - par contraste - la profondeur,
| la surprise, c'est plus compliqué, c'est peut être le maître intérieur (la cohérence de l'inconscient) qui encourage l'offre de soi au monde (confiance, bienveillance, curiosité, concentration, disponibilité pleine).
Quand la sensibilité s'exprime, c'est qu'elle dit qu'il faut la reconnaître, l'écouter, la regarder.
La chérir.
L'énergie de l'émotion sert un dessein spirituel. Comprise et surfée, elle permet de s'accomplir.
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[1] Les volitions, c'est l'ensemble des événements mentaux. Les bouddhistes regroupent tous ces schèmes nerveux sous l'appellation de sixième sens : un sens de saisie, d'épreuve, de ressenti des choses internes, ou bien relatives à l'extérieur.
[2] Les études les plus connues sur les expressions du visage et l'affect qui les produit proviennent de Paul Ekman, Wallace V. Friesen et Phoebe C. Ellsworth (1972).
[ Damasio décortiqué | si quelque chose ou quelqu'un se sent frustré, il se sent tout de suite mieux si : 1. quelqu'un lui donne de la considération, par exemple en parlant la même langue de perception privilégiée du monde (cf. style ou langue intello-émotionnels), 2. cette personne, avec plus ou moins de délai, lui indique à quelles conditions de réciprocité elle peut collaborer avec lui, si toutefois cette collaboration est agréable ou utile aux deux à la fois (sinon, gare aux déséquilibres de dignité, gare à Karpman) | les émotions primaires, tableau récapitulatif des différents modèles | l'excellent mémoire de Coralie Duval sur le marketing et la réponse émotionnelle | les émotions que les jeunes enfants appréhendent le plus vite et le mieux sont, dans l'ordre : colère, joie, tristesse et peur (théorie de l'esprit, Marcelle Ricard) ] Read More
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Pourquoi ? Interrogation reine. C'est, en Occident, la porte d'entrée dans la vie. Chez nous, tout a (ou doit avoir) un sens, une explication. Pour le meilleur, la connaissance, porteuse de clarté, d'autonomie. Et pour le pire, l'intolérance et le conditionnement qui enferme (cf. paradigmes). L'intellect est un drôle de maître, qui guide et limite à la fois. Comme l'émotion, d'ailleurs. C'est seulement quand l'intellect est pur, innocent dirait Alexandro Jodorowsky (c'est-à-dire bien orienté, au service de la créativité personnelle et de l'ouverture au monde), bref c'est quand l'intellect est de cette qualité qu'il est porteur de positivité. Ce sont les bénéfices d'un Animus volontaire, structurateur, garant de la concrétisation des talents. L'Anima ? C'est quand elle s'écoute elle-même, se respecte et se combine à l'Animus qu'elle crée l'intuition, la profondeur naturelle, la fulgurance, l'intensité du ressenti. Tout ce qui vient du dedans et connecte et reçoit.
Ensemble, les deux procréent (cf. synergie), donnent un aboutissement, une réalisation à l'âme - nécessairement enfantine - que nous avons.
Une graine pousse.
Alors, dans nos pays, le pourquoi est important.
Vient ce pourquoi, le premier pourquoi, le pourquoi de l'enfance. C'est le pourquoi de ma progéniture [1], l'autre jour, au cinéma. Devant le dessin animé (étonnamment bon) de Kung Fu Panda.
- Pourquoi, Papa, il est méchant [2] le gros chat ?
Je réfléchis, bafouille, connecte mon ressenti à ce que je sais des sciences humaines (certains modèles abordent ça). Et finis par dire que je médite là dessus, c'est promis. Il fait chaud, nous buvons une granita (je suis pensif car je veux faire une réponse du cœur et non pas de la tête - une vraie, en somme). Puis je réponds que ce gros félin, il est méchant parce qu'il veut que son père le reconnaisse et alors lui permette d'être un individu autonome, comme quelqu'un qui se regarderait dans un miroir (cf. regard), quelqu'un capable d'accomplir son destin, de réaliser ses désirs. D'être heureux.
» Pourquoi ? fait encore la petite voix.
- Mmh, réponds-je. Nous sommes nombreux comme ça. Nous avons besoin de savoir que quelqu'un nous aime et veut qu'on soit heureux.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est une sécurité. On sait comme ça qu'en cas de problème, quelqu'un est là pour nous.
- Pourquoi ?
- Parce que nous avons peur d'être seuls et que la mort nous saisisse parce qu'on devient tout faibles. Et tout seuls.
- Pourquoi ?
- Parce que la mort, on sait pas bien ce que sait. Alors on croit comme ça que c'est pas bien, que ça fait mal, comme ça il y a quelque chose en nous qui est sûr de faire ce qu'il faut le moment venu. Et même avant. Comme si on se préparait à repousser la mort ou à lui faire face. Bref à faire ce qu'il faut. Au cas où. Parce que la mort, c'est quelque chose de sérieux, qui touche définitivement.
À suivre...
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[1] Les enfants sont des amoureux de sagesse, des philosophes dans ce qu'il y a de plus pur et de plus puissant. Leurs questions sont les vraies, les bonnes, celles qui font qu'on se trouve une place (un ethos) dans le monde. Leur répondre demande de se plonger dans ce que nous avons d'essentiel : l'innocence, l'expérience, la créativité. Un vrai bonheur, ces mômes... De vrais humains. Des moteurs spirituels, qui veulent capter l'essence du monde et en faire quelque chose de bien, qui ressemble à l'âme (à la vitalité plus ou moins organisée) qu'ils sentent palpiter au dedans d'eux.
[2] Tai Lung, léopard des neiges.
[ La méchanceté, ça pourrait être une férocité de vivre - Reconnaissez-moi, reconnaissez mes besoins -, une pulsion qui oublie les autres, qui écarte toute empathie, qui manque de cette connaissance essentielle que l'Autre et moi-même sommes liés par le regard et, plus généralement, par la condition humaine | le fin du fin, le Royaume des cieux, dit Jésus, est pour ceux qui ont un cœur comme les petits enfants | la peur de la mort, de l'éparpillement, de l'entropie est ce qui nourrit l'homéostasie, cette énergie qui bloque, fait corps et se défend contre les différences émanant de l'extérieur | tiens, dans les archives, une correspondance entre profils stratégiques et animaux emblématiques du kung fu ]
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À reculons. Ouais. Revenir sur ce blog est comme un retour quelque part, dans un lieu que je connais, où il y a des vestiges et des meubles, voire des photos. Oh, tout est vrai : chacune des lignes est sentie et j'ai ici beaucoup dit de moi. (Tant mieux.) Mais ce que je vis ici, c'est comme un effort. Pourquoi ? Ce que je ressens depuis quelques semaines mérite des centaines de lignes, longues à coucher. Et puis aussi une grande partie du lectorat est en vacances. Bref, un truc a changé. Le blog, je le laisse un peu.
Il y a en moi, et partout où je pose les yeux, ce profond ferment transformatoire. On dirait que tout est plein de tout, sur le point d'accoucher. Sur le point de projeter un vif-argent, une eau, un arbre, un or. Je vis de sérieux et profonds changements. Comme une période de synthèse et d'édification. Du sacré, du profane, de l'épais, de l'action. Du plein. Du Soi.
Et puis, il y a Twitter. Il y a la vivacité, l'interaction. Là où le blog demande un travail de forme, Twitter, lui, transmet le mouvement du monde. Comme un flux. Alors j'y vais. J'ai besoin de ça. Je veux ressentir le souffle et les actions du monde. Les pulsations, les gens.
Twitter est un observatoire, un chantier, une place de marché, une cuisine, une foire.
Il y a aussi Lively (cf. VillaRoof). Pareil : échanges rapides, profils internationaux, navigation simple et complète.
Quelqu'un parlait de pansement, de soin. C'est ça, oui. « Soigner », « prendre soin de... ». (Le nom du bonhomme ? Il m'échappe.) Ce que je retiens - c'est bien ça -, c'est que penser participe de la même idée, de la même racine que panser. La pensée, c'est un soin pour soi, comme un pansement. Ça fait du bien. Partir d'un point de vue malade (ou boiteux ou partiel) pour rétablir et/ou mieux faire, bref coller à un idéal. Idéal (totalisation) de soi-même et de son propre ethos, façon personnelle d'être au monde. Façon d'avoir son style à soi. Style sain, accompli, plein (en termes de potentiel - car c'est bien ça la santé, un accomplissement du maximum possible, accomplissement doublé d'un sentiment de bien-être). Aller bien ; intéressant.
Ouais.
Ainsi, perception, processus mentaux (patterns ou schèmes), style et créativité personnels, bref tout ça viendrait d'un soin. Un entretien continu, un respect, une hygiène - de soi à soi, de soi aux autres. Une bienveillance, une écoute pénétrante.
Un mieux.
Penser, c'est se faire du bien. C'est mieux faire avec et dans le monde. Avec les autres (cf. Gandhi et son idéal d'interdépendance, de connectivité - le religare latin -, de partage et de communication vécus comme une finalité, comme un bonheur en soi).
Mais qu'est-ce que penser ? Le pré carré de René Descartes ? sa chose à lui ?
Pardon pour les cartésiens. Pardon pour trois choses - je vous dis ça. Premièrement, Descartes c'est un génie certes, mais un génie qui prend le parti quasi exclusif de la cogitation (du cerveau gauche, pour reprendre un terme de communication). Parti-pris du tout rationnel qui, par définition, élude tout le champ des possibles, tout le fécond dialogue avec la fulgurance intuitive, le ressenti saisissant, la percée, l'engagement nerveux dans son ensemble. Eh oui, choisir (opter pour X plutôt qu'Y), c'est éliminer. On sait désormais [1] que l'esprit, pour faire un travail optimal (assembler, trier, choisir - cf. cognition), bref qu'il nécessite un recours permanent aux ressentis [2], à cette partie que Descartes soupçonne de troubler l'entendement du sage, de l'autonome, du lucide. Troisièmement, penser que l'on est parce que, présentement, on pense à notre pensée (récursivité - forme de preuve), c'est très occidental : il suffit de consulter les Asiatiques, pour qui être est d'une intensité (métaphysique, artistique ou nerveuse) beaucoup plus tangible (beaucoup plus vraie, c'est-à-dire productrice d'effets) qu'une spéculation. Qu'un reflet, qu'un détachement de soi regardant... le soi (distanciation rationnelle). Troisième point, Descartes est un produit, une fierté nationale, une nécessité, un choix culturel (une restriction ?) venant de notre propre culture. Et l'ethnocentrisme à tout va, c'est encore un choix. Partant, une fermeture. Certains (Auguste Comte en tête) se drapent dans la rationalité à tout crin pour dévaloriser les modes traditionnels (naturels) d'appréciation du monde. En découle une arrogance et une fermeture à l'Anima des peuples.
Alors Descartes, pfff.
Descartes ou plutôt l'usage bestiassou qu'on en fait.
Fig. 1 - L'enfer des certitudes -
« The Magic Number », (c) Escapista @ Flickr.com
Allons à présent vers ce que notre siècle compte de novateur.
L'esprit respire. Animus et Anima s'autorisent de somptueux renforcements mutuels : collaborent masculin et féminin [3], rationalité et créativité, organisation de l'esprit et affectivité, volonté de changement du monde (goût de l'intervention, pôle actif) et réceptivité (retour à soi, observation du réel, pôle passif - ce qu'Eric Berne nomme le besoin de retrait).
Une ambition bat pavillon. Interrogeons les grands Edward de Bono (efficience humaine) et Alexandro Jodorowsky (psychothérapie).
Vous venez ?
De Bono met la pensée scolaire, raisonnable et bien pensante, au rebut. Secteur antiquités. Son Réfléchir vite et bien prévient que « Souvent une hypothèse ou une explication nous convainquent uniquement parce que nous ne pouvons pas en imaginer d'autres. Un exemple classique est celui de la théorie de Darwin sur l'évolution des espèces. Elle est plausible, rationnelle et meilleure que toute autre. Elle est également impossible à démontrer. [...] Une partie de la théorie de Darwin est une tautologie [affirmation prenant appui sur elle-même pour se justifier, nda] : Si un organisme survit, c'est qu'il devait survivre. [...] De manière générale, analyse de Bono, ce sont les théories scientifiques satisfaisantes pour l'esprit qui constituent les plus grands obstacles au progrès. [...] C'est l'hypothèse de départ qui détermine nos perceptions et le genre de preuves que nous cherchons. [...] Alors, que faire ? questionne de Bono. Il faut simplement changer de registre [...] pour nous donner une vision plus large [plus complète] du problème. [...] L'explication [au sens classique, étroit du terme] est un domaine où l'on se laisse facilement prendre au piège de l'acceptable. »
Ce déplacement des angles de pensée, cette façon de faire feu de tout bois, pour élargir le faisceau des associations neuronales, porte un nom : le pragmatisme. Ou le lateral thinking, approche qui considère le cartésianisme comme une simple façon - parmi mille autres - de résoudre les problèmes de la vie. Souvent, partir de biais, et revenir enrichi de stimulations, de ferments, d'altérité, de paradoxes, amène la matière qui enrichit le problème, la dimension qui élargit la fenêtre de considération du monde. Traiter quelque chose de dilaté, d'ample et d'inter-relié, soulève des tas de possibilités qui - croisées dans des associations de soins - fabriquent du mieux. Nous nageons dans la systémique : le monde est un tissu qui mérite concentration, créativité, implication de tout le cerveau. Les a prioris ? Des parti-pris [4]. Penser, c'est juste être. Fort, vite et partout. De manière... bizarre. À l'instar de la vie foisonnante. À l'instar du chasseur qui rampe et barrit pour attraper la vivacité du monde ou du gibier.
Mimétisme... Adaptation. Ambition. Abandon des certitudes : ouverture. Et concentration.
Seul compte un résultat. Le mérite va aux audacieux. J'ajoute : à l'écoute d'eux-mêmes, de la réactivité du monde, du tempérament de leurs collaborateurs.
Ce pragmatisme est une richesse. J'en reviens aux Asiatiques. Il y a ces approches du zen où bien souvent le disciple philosophe, raisonne, cogite et masturbe son intellect. Surgit la gifle du maître, qui le rappelle à la réalité tangible du monde. Ce qui nous entoure a une densité, un poids et des effets majeurs sur notre physiologie, nos gestes et nos vies. Le mental est une échappée gazeuse. Une illusion. Percevoir en direct (éprouver avec la totalité de ce qu'on est) est une façon d'être. Une vérité naturelle. Le reste est logos, langage, artifice.
Pôvre, je dis bien pôvre Descartes.
La parole est à Jodorowsky. Sa rose est une illustration que je trouve majeure. Retrouvez-la, je vous le conseille, dans Cabaret mystique - Histoires spirituelles.
Il y a cette histoire de petite fille.
Lui apprendre à penser. Voilà ce qu'elle demande à son père, et lui, sage, lui parle d'une rose. Cette rose, elle est belle :
| selon les goûts personnels de la petite fille (d'autres préfèrent le jasmin),
| selon son ressenti du moment (dans huit semaines, elle peut en préférer d'autres),
| avec ce qu'elle en perçoit et avec les limites anthropologiques de sa perception-compréhension (examinons la rose de plus près, on y verra des pucerons, sans parler de la vie microbienne - potentiellement hermétique),
| à un moment donné de la vie de la fleur, prise dans un grand tourbillon transformatoire (jeudi, elle évoluera vers des tons marron),
| par rapport à d'autres roses (il en existe des centaines de sortes, toutes similaires et forcément différentes, mieux : uniques).
La rose est elle belle dans l'absolu ? Réfléchis. Et observe, conseille le papa.
Tout est mouvement. Tout est passage et tout est vie.
Penser, c'est garder cette ronde à l'esprit. C'est s'appuyer sur le monde pour, en son sein, trouver (inventer ? combiner ? considérer ?) du mieux.
Penser, c'est vivre [5]. Penser, c'est bouger.
Excellent mois de juillet.
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[1] Cf. les angles du neurologue Antonio Damasio et, bien avant lui, de Blaise Pascal.
[2] Les traducteurs de l'anglophone Antonio Damasio rappellent à escient que feeling génère en français « affects », « émotions », « sentiments ». Ce terme-racine, fort pratique, est riche.
[3] La série d'expressions provient de Michèle Delcourt, graphologue experte (Historia - Thématique de mai-juin 2008, n° 113, sur Léonard de Vinci).
[4] Il y a ce discours du grand Jean-François Champollion (1790-1832), qui explique à ses pairs qu'ils ont eu tort. Pour eux, les hiéroglyphes égyptiens sont restés fermés parce que leur mode de pensée (ici, d'investigation) comportait un bridage. Ils présupposaient que le système d'écriture des Anciens codait un ensemble de sons OU un ensemble d'idées. La force de Champollion fut de s'en tenir aux faits vierges et bruts, de chercher, de recouper, de s'interroger et de découvrir que les dessins rendaient compte de sons ET d'idées.
[5] Se souvenir du grand Montaigne (1533-1592), pour qui penser allait de pair avec marcher ou monter à cheval.
[ Edward de Bono et son lateral thinking comme expression non plus de l'habitude, du frayage, mais de la vraie pensée, celle qui innove et traite à fond ]
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Un effort continu. Peut-être faut-il parler de l'économie comme ça, comme d'une adaptation quotidienne, complexe, des hommes à leurs besoins. Dans un environnement vivant (ressources - limitées -, nécessité de les transformer, idée de répartition, mise à profit des biens, entretien du milieu d'émergence ou de production des denrées et des biens).
C'est sûr.
Peut-être faut-il encore aborder les flations, véritables jauges de ce qui se passe, de ce qui se produit quand tout l'ensemble chauffe. Ou se refroidit.
Vient alors l'idée de récession. Et c'est officiel.
Après les États-Unis, qui l'avoue du bout des lèvres, l'Europe occidentale le murmure : le pouvoir d'achat stagne ou se resserre. La demande patine. Et avec elle, les carnets de commande des entreprises. Donc les projections de production, donc l'emploi à terme, donc le pouvoir d'achat des familles (salariées ou non). Donc l'impôt, donc les moyens d'action publique. Et parallèlement, c'est l'épargne qui tousse (consommation future, retraite privée - pouvoir d'achat à venir). Avec elle, la consommation fait d'ores et déjà du sur-place.
Et pourquoi donc ?
Le pétrole - façon 2008 - est un brasier. Parlons en premier lieu de lui. Un brasier, c'est ça, qui enflamme avec lui les coûts de production, les coûts de logistique, l'ensemble des coûts intermédiaires. En trente années de crise, le monde s'est à peine sorti des chocs pétroliers des années 1970 - souvenez-vous. Bad news : le choc actuel est plus soudain, plus massif, plus englobant (touchant l'ensemble des pays - ajoutons à cela le tarissement des ressources agricoles disponibles, qui affame le Sud).
Que faire ?
Il y a aussi cette crise financière.
Tournons à présent nos regards vers le sommet. Je veux parler de la première puissance économique. Un hors-série dédié (juillet 2008) fait retranscrire au Monde 2 le propos lucide et direct de l'Américain Jeffrey Madrick. Il est directeur du Centre d'analyse des politiques économiques de l'université New School (Côte Est).
Ambiance de re-descente sur terre. Il y a un crash.
« Que le cataclysme ait commencé par la finance, analyse-t-il, n'est pas surprenant. [...] Tout le boom des acquisitions de biens, mais aussi de l'investissement, était fondé sur le crédit – et un crédit peu coûteux. Quand j'ai acheté un appartement à New York, se souvient Madrick, l'organisme prêteur ne m'a quasiment demandé aucun document justificatif ! Tant que l'on a pu continuer d'emprunter, le déni s'est poursuivi. Le jour où cela a pris fin, le système s'est effondré. [...] L'effet dominos s'est enclenché. [...] La crise a touché les particuliers [...] mais aussi les entreprises, qui fonctionnaient sur le même modèle d'endettement. Resserrement du crédit égale moins d'investissement, égale moins d'emploi [cf. principe de l'économiste et ex-chancelier allemand Helmut Schmidt, nda]. Quand on perd son emploi, aux États-Unis, on perd aussi, très souvent, son assurance pour l'appartement, sa pension, son assurance-santé », déplore l'économiste.
Un vrai film d'horreur.
Origine ? « Jusqu'en 2006, on a connu une phase longue de croissance importante, de profits records. La productivité augmentait. Normalement, cette dernière est le fondement de la croissance et de la hausse des revenus, explique l'économiste. Or là, le pouvoir d'achat moyen a stagné. Pour beaucoup, il a régressé. On n'avait jamais connu cela auparavant. [...] Du temps de - Bill - Clinton, l'économie a pu [...] bénéficier des dividendes de la paix, après la fin de la Guerre froide, et du boom technologique. Les marchés et l'immobilier ont commencé à beaucoup prospérer. [...] Mais Clinton a fondamentalement poursuivi la ligne de ses prédécesseurs, regrette Madrick : c'était une économie d'accès aux biens beaucoup plus que de croissance des revenus. » Priorité : lutter contre l'inflation, protéger les profits financiers.
La donne a changé. L'inflation désormais galope.
« Le travailleur moyen gagne moins [...] que son père il y a trente ans, reprend l'expert. Et ceux qui n'ont pas fait d'études supérieures, beaucoup moins. Parmi ceux qui sont sortis de l'université, seuls les détenteurs d'un diplôme élevé font beaucoup mieux que les autres ». Résultat : « La part des dettes personnelles est devenue énorme.
[...] Nous sommes, conclut Madrick, dans la pire situation économique depuis le début des années 1990. »
C'est dire.
Que faire ? Je re-pose la question, que j'adresse aux entreprises. Comment se développer ?
Crochet furtif par la quatrième ville de France, où je regarde beaucoup la télé. Dans un entretien au Club économique du grand Toulouse (TLT - site en panne), un observateur de l'immobilier déclare : « Actuellement, dans notre pays, le budget mensuel des ménages souffre - par rapport aux années passées - d'une baisse de 150 à 200 €. »
Atmosphère dépressionnaire. Alors, les entreprises, que faire ?