Management & performance humaine | Motivation | Organisation & plannings stratégiques | Dynamique de groupe | Intelligence collective & réseaux
Billets de Lionel,
conseiller personnel de dirigeants, depuis 10 ans (strategie, productivite, confort personnel)
Le propos du blog :
libre et direct, si possible en mode oral, tres souvent sur la vie et ce qui la rend delicieusement saillante, souvent aussi sur les modeles et outils d'efficience (interessants, concrets)
A signaler :
beaucoup de themas sur la performance personnelle et collective, beaucoup de liens
Mon père. C'est maintenant à lui que je songe. Et pourquoi ? Je suis assis, là, je rembobine et me revois tout à l'heure en train de penser à lui. Et à ce que j'aime chez lui. Un rapport avec le leadership ? Oui et non. Une grappe de choses [1] me vient au sujet de mon père. Ce sont ses qualités qui viennent facilement. (Pour le leadership, on voit après.)
Ses qualités. (Oui.) Je hiérarchise tout ça, je fais des blocs. Et me dis : Qu'est-ce que j'aime le plus chez mon père ? C'est évident, ce sont ses qualités morales. Le primat ? Je le mets, j'admets, sur des choses qui touchent au caractère, à l'attitude, à l'éthique des gens (placement de soi dans le monde [2] et comportement). Et mon père, il a ça : il est fidèle, dévoué, confiant. Il est intelligent et il est là. Il connaît sa place : il sait ce qu'il a à faire. Il y a là un lien avec la sagesse et avec la connaissance de soi : pourquoi je suis là. Pourquoi je persévère aussi. En quoi j'ai confiance [3].
Ensuite ? Ensuite il y a les qualités émotionnelles. C'est-à-dire l'empathie, la finesse, la compréhension de l'autre, la capacité à rire avec autrui quand il rit ou à pleurer quand il souffre. Ma mère, par exemple, avait ça.
Je termine. Les qualités intellectuelles. C'est savoir bien y voir. C'est savoir cerner : savoir ce qui relève du détail (verticalité) ou - au contraire - du régime général, du système, de la grande mécanique, du vaste tissu des choses (horizontalité). Savoir switcher de l'un à l'autre [4] : détails ou bien globalité mobile (articulations).
Un, la morale. Voilà mon palmarès. Deux, la gentillesse [5]. Trois, le discernement intellectuel : la bonne focale, la juste appréciation des interconnexions, des répercussions, des lois de cause à effet. J'ajoute, si possible dans le temps (cf. scénarisations, comme en stratégie).
Est-ce que je vais loin en disant qu'un bon leader (fût-il - regardez - économique, émotionnel ou organisationnel), eh bien qu'un bon leader il a tout ça ? et dans cet ordre là ?
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[1] La grappe, c'est - à mes yeux - l'une des jolies trouvailles de la psychologie des profondeurs d'expression francophone. Vous savez ? Gilbert Durand ou Georges Romey. La grappe est, pour l'esprit humain, le mot qui désigne les paquets de neurones qui s'agglutinent autour d'une idée.
[2] Il y a toute une théma sur l'éthique... des affaires - look.
[5] Me revient une expression du dessinateur Paul Renaud - Finesse (prévenance) : capacité à ménager les susceptibilités.
[ Au sujet de la morale du leader, je vous mets le lien de la conversation de Voiture-réalité | photo, le travail sublime de Jon Madison | rouh, que c'est compliqué de taper avec un MacBook - Un avis là dessus ? ]
J'en vois deux. En ce moment, travail oblige, deux billets d'Absara.com me parlent. Je retourne à leurs idées, qui me sont utiles. Il y a GTE, avatar prêt à manger de Getting things done, et puis aussi les Démotivasinges. GTE, c'est ma cuisine mentale : c'est le restaurant imaginaire où je priorise... mes idées. Mes actions aussi (quand mon contexte le permet). Et Démotivasinges, c'est Dispersion, Faux-bond, Montée en charge et Sécheresse. En clair les périodes, les points de vigilance (stratégique et humaine) que j'anticipe pour les start-ups.
Alors quoi ?
Alors beaucoup. Beaucoup de choses sur le plan professionnel, forcément. Je travaille à présent au cœur de l'Europe, ce que l'auteure d'Histoire de Budapest appelle (pour réactivation) la Mitteleuropa. C'est pour moi un centre de vie. Un lieu qui pulse. Un pulsar balkano-danubien. Un volcan frais. Un... Waw! (cf. théma). Et là, tiens c'est marrant, un opérateur immobilier, spécialisé dans la négociation et le ré-aménagement d'immeubles professionnels, en clair S. (un Français), me montre à l'instant (ah, il s'en va) un truc propre à Budapest. Un plan. Plan de ré-aménagement d'un ensemble classé. Une rencontre entre la tradition féconde (bâtiment traditionnel) et la modernité... qui l'est tout autant. Féconde, ouverte et riche.
J'aime la France (évidemment). J'aime sa langue et sa culture. J'aime aussi le projet européen français, cette extraversion génétique. Tout ça je l'aime. Et en même temps j'aime le côté juvénile et ancien de Budapest. Vous savez ? Qui fait des remous. L'Europe des trente prochaines années, je la situe ici. Pourquoi ? Pourquoi pas.
Bien.
Qu'est-ce qui m'amène dans ce billet ? Deux choses encore. L'International church of Budapest (ICB - minisite direct et intelligent, bravo à Onestudio). Oui. L'ICB et son culte, là, ce matin. J'y vais, moyen convaincu, moyen ouvert. C'est loin de tout, à Óbuda. Et j'en tire de la paix, de ce culte. L'église a un positionnement particulier : fidéliser les résidents et, en même temps, accueillir les Budapestois de passage. Comme moi. En version anglophone. Et alors ? Après des semaines de doutes, de tristesse et de stress, je comprends une chose. C'est la vie spirituelle (quand elle est bonne) qui mène tout. S'ensuit la confiance. Donc la réussite, celle à long terme. Celle qui consiste à vivre en vrai, façon Jean10:10.
J'ai pleuré un bon tiers du culte, tiens.
(Soulagement.)
Je finis avec le leadership, histoire de boucler sur quelque chose de pro. (Avant ça, j'ajoute que la vraie Budapest m'est revenue : merci aux nombreux euro-, franco-, anthropophiles d'ici, je ferme la parenthèse). Alors, ok : leadership. Dites-moi comment c'est pour vous. Moi, les auteurs sur le leadership, j'en trouve rarement de bons [1]. Alors je me console, et je me récapitule soit les points saillants des modèles qui me semblent efficients. Soit je plonge le sujet dans mon quotidien. Dans ce que je ressens du travail.
Trois catégories me viennent.
Trois catégories de profils (ou de ressentis) du leader. Et peut-être trois architectures de jeux :
| leader économique, c'est celui qui vous envoie des signaux du type : C'est moi qui te paie ou te mets à la porte [2] ;
| leader technique : C'est moi qui t'aide ou t'alourdis les journées ;
| leader socio-émotionnel (psychologique) : C'est moi qui te motive ou te stresse dans ton confort, ton parcours, ton estime de toi.
[ < 13e partie | thémas Hongrie, Racisme & Pardon | archivage automatique du billet sur métamorphoses, ferments d'évolution façon Max Sandor et changements de phase ]
Rendez-moi Budapest
Mille font quatre. Phrase fétiche, ici à Budapest. La mienne, je veux dire : souvent (tout le temps) je me la répète. C'est mon convertisseur mental de monnaie. L'idée : 1000 forints font 4 euros, de là tout est clair. Je peux acheter des choses.
Je reste à Budapest un mois, travail oblige. Un mois ? Première tranche de multiples séjours. Au delà de ce premier du genre (longue période), eh bien ceux-ci vont durer quinze jours. Quinze jours ici, quinze jours en France, auprès de ma douce progéniture. Comme un balancier. Un mouvement permanent - comme je les aime (et j'espère que ça va durer) - entre deux pays, deux richesses, deux angles et deux battements, deux pôles de vie.
Une danse. (Danse dialogique.) Elle claudique ? Nan : fait marcher. Ça m'ébroue, ça anime. J'aime ces polarités. Ces animations plus-moins. Animus-Anima. Différences de potentiel électrique : stimulation continue.
Ouais.
Les pays...
Trucs à vivre. (Réalités.)
Parlons pays, mh. Et je veux re-saisir cette histoire de mille font quatre. 1000 font 4, ça évoque une valeur. Un poids. Un truc bancal et penché : 1000 d'un côté... pèsent 4 de l'autre. 4, c'est peu. Ça fait très peu. Je hais les comparaisons, qui m'évoquent l'odeur rance des vestiaires masculins.
Et les comparaisons, là, les géométries à l'emporte-pièce, je les ressens. Je veux parler du racisme.
Il y a un regard, chez certains : Tu es Français, tu vaux 4. Alors que nous, regarde, on vaut 1000. La France ? Objet de haine des nationalistes hongrois. (Nombreux.) Ici, le glamour ou la joie de vivre à la française génèrent des fantasmes noirs. Des poussées irrationnelles. Attention ! les Français veulent conquérir. (Brrr.) Ils sont arrogants. Napoléoniens. Colons. Egoïstes. Menteurs. Calculateurs. Irrascibles. Un peu comme... des ogres.
Les Hongrois frustrés (minoritaires) détestent l'Europe, se méfient des espaces, renvoient tout au territoire, à la mesure, au cordeau millimétré, à la terre et à cette idée moisie, lancinante, de grande Hongrie. J'ajoute qu'ils haïssent les juifs, les Gitans, les homos.
Ils souffrent.
Tout le monde les comprend. (Mouais, si on veut.)
C'est juste que leurs histoires de vieux empires (Autriche-Hongrie d'avant la Première Guerre), à l'heure de l'Europe, c'est à contre-courant. Leur extrême droite ? Elle fait vomir. Antisémitisme ? Une horreur : amalgame entre sphère économique, lobbies (réels ou supposés) et pouvoir d'achat. Une abomination. Francophobie ? Un monstre, rescapé de l'histoire. Haine de Georges Clémenceau ? que dire ? (Ch'ais pas.) Haine du présent, de l'Europe, de la vie, du futur ? Hélas oui.
Faut-il que la France (et les autres vainqueurs de 1918) demandent pardon ? Bien sûr. Nicolas Sarkozy, d'origine hongroise, peut faire ça. Bien sûr et en même temps, moi, ça me passe au dessus.
Pire : les amalgames, d'emblée, ça me scie les jambes. J'ai juste envie de rejeter tout ça. Et fort.
Ou de m'intéresser aux vraies personnes. Les vrais Hongrois. Ceux des poètes nationaux, de l'architecture, de la musique, des bars, de l’entreprise, de la palinka, de la rue, du pavé, du cosmopolitisme, de la beauté, de la discussion. Ceux de l'Europe. Ceux de la Hongrie : de la vraie.
Ceux pour qui 4 font 4. Et 1000, 1000. Ceux pour qui 2010, c’est 2010.
Ouais.
On est en 2010.
J'espère que cette neige va fondre. Il me tarde de revoir le soleil vif (et les vraies personnes) de Budapest.
Sortir de la comparaison, c'est s'engager en personne,
c'est donner aux qualités latentes la possibilité de s'exprimer enfin
Moïse ? Un de mes personnages préférés. Tout en doutes, au début : regardez, lorsque l'appel sur sa vie se fait majeur [ ndlr - épisode du buisson ardent ]. L'embarras de Moïse est manifeste. Parce qu'il a affaire au « connu » de sa vie, ce grand personnage... décline l'invitation. On dirait qu'il dit : « C'est pour quelqu'un d'autre que moi. » En l'occurrence son frère Aaron, d'après lui plus compétent [ plus extraverti, plus loquace ].
Face à l'appel, regrette Denis Morissette, la réaction de Moïse consiste à se mesurer au talent d'Aaron [...] Dans ce cas comme ailleurs, il y a une tendance humaine, éminemment malsaine : se comparer. [ Se voir par défaut. ] Il y a quelque sept milliards d'individus dans le monde, rappelle le spécialiste en relation d'aide, et vous trouverez tout le temps meilleur que vous. Ce qui importe, c'est de réussir personnellement : utiliser vos talents propres. Ce qui compte, estime le psychothérapeute, c'est de s'investir. Réaliser d'une part ce que vous avez, vous, d'autre part ce que vous possédez en germe. Avoir affaire au « connu » de sa vie force à se comparer, à voir les défauts, à trouver meilleur. Et donc à refuser l'offre [...]
À l'inverse, conclut Morissette, l'engagement fort [ courageux ] révèle les potentiels latents.
Denis Morissette, pasteur canadien, conférencier, spécialiste de la relation d'aide [2]
[ Que t'importe... - Jésus, Jean21:22 | s'inspirer mutuellement, ok - se comparer (pression stridente, à base de rivalités, d'inquiétudes et de creux), c'est mortifère à long terme | revoir René Girard et la jalousie - cf. défaillances, complexes et honte de soi (cf. Regard) | Et vous, qu'en dites-vous ? mmh ? | Burning Bush, earsaregood @ Flickr.com ]
C'est quoi ? Tout le monde en parle et ça mérite un coup de projecteur : la qualité c'est la démarche quotidienne qui permet aux personnes d'une boîte d'orienter les activités de ladite boîte vers le plus d'avantages (valeur ajoutée à chaque fois [1]). C'est le fameux Ça ramène quoi de plus ou de mieux, de manière rationnelle et en vrai ? Tout ça en continu [2], comme une machine biologique : un organisme vivant qui s'augmente (s'améliore) en permanence, au contact des gens. Et leur délivre du mieux, un mieux souple et progressif.
Oui.
Actes procurateurs de valeur ajoutée, sinon on chiffonne et on jette : on conserve uniquement ce qui amène un plus. Activités intéressantes, productrices de plus d'argent, de plus de commodité (service rendu), de plus de disponibilité (le temps), de plus de sécurité (clarté, repérage de soi, de l'entreprise, des enjeux), de plus d'implication, de plus de plaisir pour tous. La valeur ajoutée, eh bien c'est ça. C'est la satisfaction :
Alors ? Ouvrir en permanence une oreille permet de comprendre ce que les gens recherchent [3].
Et comment on y parvient ? 1. En écoutant toutes les personnes en prise avec le projet d'entreprise : clients finaux (qui paient, qui restent ou s'en vont à la concurrence), clients internes (salariés), fournisseurs, financiers, partenaires commerciaux, sous-traitants, journalistes et animateurs de communautés, institutions [4]. Il faut donc un système de boîte aux lettres (intranet, blog modéré, programme CRM ou ERP, simples Post-it en vrac, sondages, entretiens informels à la machine à café, etc.) : système qui permet les feedbacks en continu, les points de vue, les impressions. Les voilà ce qui me botte, les voilà ce que je kiffe moyen - et pourquoi.
De là, dans son retroplanning, 2. le manager, au fil de l'eau, prend l'initiative d'implémenter (d'attribuer à Untel ou tel autre) les actions à faire. Actions génératrices de valeur, de satisfaction. Ces actions sont soit correctives (elles améliorent quelque chose, que quelqu'un nous signale ou qu'on constate), soit préventives (elles anticipent une perte de fiabilité ou de valeur, que quelqu'un envisage à l'avance [5]). Dans tous les cas, ces actions se rattachent à un budget, à une satisfaction qu'on vise [6] - par exemple un meilleur chiffre d'affaires, également à une ligne de temps (durée, date-butoir), à une personne qui fait, à une personne qui contrôle que c'est bien fait, à une personne à qui on passe le relai quand c'est terminé et qui, par exemple, transforme l'essai ou transfère la chose pour la faire évoluer ailleurs.
Voilà.
On a bien deux choses : 1. repérer tout ce qui ramène de la satisfaction (à quelle hauteur, et pour qui), ôter tout le reste (émonder, simplifier, libérer du temps), écouter pour ça toutes les parties-prenantes, 2. placer dans un retroplanning les actions qui améliorent en continu la satisfaction des clients (internes, externes), vérifier que la démarche (par ex. : groupes-experts, ateliers) tourne en permanence. Vérifier que les budgets collent. Vérifier que les indices de satisfaction virent au vert [7].
J'ajoute un élément : encourager. C'est-à-dire féliciter façon Manager-minute tout ce qui avance. Et, comme le dit Thierry Gougeon, mesurer et afficher les résultats. Tout ce qui s'affiche, renchérit-il, s'améliore : c'est humain [8].
Comme une logique.
J'en termine. Les qualiticiens, habituellement, vous serinent avec la qualité désirée (demandée, par exemple via cahier des charges), la qualité effectivement produite (réalisée, sortie d'usine), la qualité ensuite livrée (packagée, mixée, mise à disposition avec le mode de délivrance et de consommation qui va bien), la qualité - enfin - que les clients perçoivent, à réception de l'action ou du produit.
Ces quatre qualités ont une importance... différente. La décisive, c'est celle qui délivre une satisfaction à l'arrivée. C'est subjectif et c'est comme ça. Je provoque un peu en disant qu'importe si votre produit est objectivement le meilleur. L'important, c'est que vos clients le ressentent comme tel. Dans leur quotidien. Au moment où ils le mettent à profit.
Et en la matière, les rapides et les pragmatiques font plus d'étincelles que les tâcherons perfectionnistes.
[ < 6e partie | archivage automatique du billet sur frères Linn, Jean Vannier, idoles et bénéfices secondaires | ici, théma Argent ]
...je vous le dis, même Salomon dans toute sa splendeur n'était pas vêtu comme l'un d'eux - Matthieu 6:28
Ça va, ça vient. Gonflé, le Nico. C'est ma première réaction, là, au téléphone. L'argent ? Un flux. Un fait. Quelque chose qui - juste - rentre et sort. Mouais. Le premier truc qui me vient, en quittant Nico, c'est le trait d'humour de mon père : L'argent, moi spontanément, j'en ai modérément besoin. C'est mon banquier qui, lui, m'en réclame. Alors, même acabit ? Nico-paroles : un trait d'esprit aussi ? Que nenni. Je réfléchis à tout ça, ou plutôt écoute ce que ça m'évoque et - dès le début - ça fait impact. Un truc, là dedans, me parle.
Un flux.
Ouais.
Un fait.
Aussi.
Quand il (me) manque, l'argent, il faut juste que je voie ça. Que je considère les choses en vrai. Que je travaille en conséquence. Pour gagner. Et quand il est là, le flouze, l'idée c'est d'en faire quelque chose. Comme un outil. Comme un fait. Une donnée : un truc. Truc qui fluctue. J'ai souvent vu des gens aisés risquer le coup, comprendre cette donnée : ils gagnent, ils perdent, c'est normal. Je veux dire qu'eux, quand ils perdent, il leur reste quelque chose. En clair, leurs fluctuations sont fortes. Ok. C'est juste leur solde, le là-où-ça-se-joue (comme une fourchette), qui reste en positif.
Effectivement.
L'a bien raison le Nico. Qui parle en vrai. Qui me connaît (fort bien). Il a mon mode d'emploi, Nico. Et moi le sien aussi. C'est ça l'amitié : connaissance et courage. Savoir comprendre et parler à l'autre. Et aussi lui dire ce qu'on pense.
C'est peut-être ça le respect.
L'amitié.
Ouais.
L'argent ? Ça va, ça vient. Simplement. Pas plus, pas moins. Un fait.
Mille choses (eh oui) : une foule de choses à vous dire. Alors, l'entame - Par quoi je commence ? Denis Morissette, ok. Ensuite, je vous parle de la qualité, chose différente.
1. Morissette, pasteur canadien francophone, est conférencier. Dans la voiture, quand les défis personnels m'assaillent (ou me stimulent), eh bien j'écoute deux de ses travaux touchant à la foi. Riches, profonds. Pragmatiques, etc. L'un porte sur Moïse, l'homme timide, l'homme trouble, l'homme qui marche. L'autre concerne la femme qui souffre d'un écoulement sanguin continu : femme hémoroïsse.
C'est intéressant : la foi de cette femme - pour Morissette - diffère de la simple demande ou de l'angélisme ou du mysticisme passif ou de l'infantilisme. C'est même l'opposé de tout ça. C'est une force en action.
Dans une conférence toulousaine sur Marc 5:25-34 (2008), le Canadien articule cette foi forte autour de sept pivots. Les quatre premiers sont internes, ils relèvent de la prise de conscience. Trois derniers ? Des actions, qui extravertissent. Des risques donc.
Regardons ça. La femme conduit son cœur selon sept étapes :
1. Entrevoir la solution (ici, Jésus, qui guérit : il y a un espoir, une amorce de Et si...), 2. taire l'abattement qui brouille, entrave, étouffe et décider sur cet appui de penser en vrai, en termes de percées, de solutions concrètes, 3. savoir clairement ce que l'intimité veut (la guérison, le salut, le mieux précis - notion de désir adulte, qui s'assume, se donne le droit, vise), 4. élaborer une tactique, planifier une mise en oeuvre (Si je fais ça...), 5. se frayer un chemin (quelles que soient les réactions sociales) en direction du mieux, 6. passer à l'action, s'approprier la guérison (ici, toucher le vêtement de Jésus), 7. persévérer, assumer son pragmatisme, sa conviction, son envie, sa confiance. Dans le temps, au fil des obstacles. Ou des encouragements. En clair des émotions, des retours, du vécu.
Oui.
Pour Morissette, la foi diffère des constats de départ (diagnostics rationnels, tristes et porteurs de doutes), elle diffère aussi du fil fluctuant des émotions, des cahots de l'âme.
Elle est à part. Elle provoque.
Marcher ? Courir ? Risquer ? S'approprier ? Avec peur peut-être (ou réalisme), avec courage à coup sûr : c'est l'engagement. Pas à pas. C'est la conquête : Ta foi t'a sauvée. Mieux que guérie : sauvée.
La foi marche à l'envers du monde : c'est croire puis voir ensuite. C'est prendre un risque : celui d'avancer, de confier, d'aller bien.
Comment gagner-gagner -
Synthèse des Rapoport-s de force
Re-parlons des cons. Ils le sont particulièrement ceux qui m'oublient, me voient d'après leurs yeux, évacuent le fait que je sois différent : vivant. À part. Normal. Et là, sachant que la réponse est oui, est-ce que la théorie des jeux nous aide à y voir clair ?
(Pause.)
Allons-y, messieurs-dames.
La théorie des jeux, entre autres choses, emprunte à l'économie, à la biologie, à la psychologie (cf. théma psycho). La théorie des jeux, entre autres choses, se penche sur Mmh, je fais quoi ? sachant que je joue, comme bien souvent, une partie de poker avec quelqu'un. Cartes cachées. Avec ou sans flop. Alors, rapports de force ? Oui. Et recherche égoïste (court-termiste) - ou alors commune - d'un état stable voire gagnant. Gagnant-perdant, perdant-gagnant, perdant-perdant. Ou mieux : gagnant-gagnant. (Beaucoup mieux.)
Gagnant-gagnant, mécaniquement (au fil des parties, donc de la vie), découle de son petit frère : donnant-donnant (tit for tat). Qui est un programme. Historiquement, une émanation du biologiste et mathématicien d'origine russe Anatol Rapoport. Et dans la vie de tous les jours, un comportement-type, pour les intelligences artificielles, pour les colonies d'animaux, pour les humains, pour ce qu'on veut (vie en général).
Donnant-donnant, nous relate le grand Robert Axelrod, c'est quand un opérateur (un groupe ou bien vous) entame une partie (négociation, travail, discussion d'un contrat). Avec une idée simple à la clé :
1. Je commence en mode ok-ok (cf. Positions de vie). Si je joue en premier, je commence à tendre la main à l'autre (ex. : l'écouter, jouer le jeu, demeurer favorable),
2. Je persiste avec un bon esprit, s'il me re-tend la main le coup d'après, je fais pareil (donnant-donnant), et ainsi de suite,
3. S'il me tend un couteau, je lui en tends un aussi (donnant-donnant bis),
4. Dès qu'il se calme et re-tend la main, j'évacue volontairement son côté agressif et coopère à nouveau (gros challenge).
Look :
Fig . 1 - L'excellent boulot du cybernéticien Philippe Mathieu,
instigateur du projet Prison au Laboratoire d'informatique fondamentale de Lille
Ce qui peut faire dire que mon patron est un con s'il me tend au départ un couteau (1.), s'il me tend des couteaux aléatoires (2.), si je choisis de mieux faire et qu'il me tend à nouveau un couteau (4.).
Court-termiste. Un brin parano. Fierté mal placée ? raisonnements tordus ? rancune ?
Le couteau systématique, ou capricieux, c'est l'outil du con. Le couteau qui discerne (il sépare et trie), c'est l'outil du sage.
Regardons bien.
Si mon patron a du discernement, ce qui est le propre du bon manager, il me tend le couteau si et seulement si j'en tends un. Tous les autres moments, son ok-ok m'enseigne et me fait du bien. Il me renforce. Mieux : il me sécurise.
C'est le soupçon de l'autre qui m'insécurise donc me donne envie de montrer les dents. Au contraire, s'il sait (c'est tout un art) me saisir en flagrant délit de bonnes choses (voir Kenneth Blanchard), le patron me fait du bien. Me surprend. Me donne envie de grimper en compétences. De mieux faire. D'avancer.
C'est humain.
Reprenons donnant-donnant. Axelrod en tire des leçons. Pour lui, s'il est efficace, c'est que donnant-donnant :
1. Met sa foi dans l'autre et dans le jeu (c'est précieux la foi, c'est d'ailleurs du courage car ça annonce des claques possibles - je serre les fesses et me focalise sur les visées de long terme),
2. Observe et laisse l'autre jouer, délivre de la bienveillance donc bâtit sa réputation et sa légitimité (J'en ai le droit) en cas de riposte,
3. Discerne et rend les coups, donc corrige les cuistres et les outrecuidants (parce que les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les r'connaît), il les sort progressivement du jeu,
4. Se rend volontairement lisible, simple dit Axelrod, et persuasif. Compréhensible donc facile à suivre, à agréger parmi ses amis. Son mode d'emploi est clair. Sa relation ? Saine, rassurante. Sévère (capable de recadrages immédiats) et conciliante en cas de besoin (intervention du pardon).
Courageux ? Sage ? Exemplaire et capable de dépasser ?
Mmh.
L'a bien la pêche, ce donnant-donnant.
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[ Anatol Rapoport, biographie | le bouquin d'Axelrod figure dans le carrousel de livres de la colonne de droite de ce blog | théorie des jeux, applications | animals | laboratoire LIFL - Regarder, dans le temps, l'efficacité de donnant-donnant (simulation) | grâce à Didier Müller, en savoir plus sur le comportement de 36 stratégies : Gentille, Méchante, Donnant-donnant, Méfiante, Rancunière, Easy-go, Per-ct, Per-tc, Per-cct, Per-ttc, Majo-mou, Majo-dur, Pas-mieux-mou, Pas-mieux-dur, Pas-5-mieux-mou, Pas-5-mieux-dur, Sondeur, Tft-dur, Tf2t-dur, Tf2t, Graduelle, Graduelle-tueuse, T-puis-per-ct, C-puis-per-cct, Per-ccctct, Per-cccct, Sondeur2, Sondeur3, Sondeur4, Sondeur-dur, Doubleur, Rancunier-mou, Pavlov, Tft-lent, Trois-tits-pour-un-tat et Lunatique - Et apprendre en jouant en ligne ] Read More
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Oh no there she goes out in the sunshine
The sun is mine -
Soundgarden
Celui-là, ce billet, c'est ma promesse à moi. Et je tiens bon : bouffre de sujet de blog, tu en as mis du temps à venir. (Je te connais.) Ton trajet : la tête, le coeur et les mains, c'est long. Or, un jour quelqu'un a dit (un pasteur je crois) : Le plus long trajet, chez l'homme, c'est celui qui mène de la tête au coeur.
Mmh, super vrai.
Bien loin de la contre-culture (fût-elle managériale ou ce qu'on voudra), c'est de kulcs-culture que les mots qui viennent souhaitent parler.
Ils sussurent.
Les kulcs, ce sont les clés en hongrois. (Koultch.) Prétexte à parler de Hongrie, bien sûr. Prétexte, encore et surtout, à parler de la vie, vous savez ? Ce truc qui nous habite dès le sein de la mère et nous quitte, voyons voir... jamais. La vie est, la vie reste. (Ça vient du ventre et de la peau.) Quand François Mitterrand disait s'extasier devant la fleur qui parvient à pousser dans l'espace d'une fissure de pierre, moi ce qui me parle, ce sont les fleurs qui poussent. Ou pas. Il y a celles qui sortent et se comportent et interagissent. Il y a aussi celles du dedans : les potentielles. Et elles existent. Un praticien avisé comme Georges Romey les voit comme des pierres précieuses naturelles (par exemple dans une grotte). Elles existent, dans l'âme. Et fortement.
Des fleurs, des cristaux, des kulcs : nous y sommes.
Et cap Budapest. (Je vous ouvre la marche.) Une ville, c'est un être vivant. Elle a ses choses à elles, ses évidences, sa culture, ses mouvements (ses mystères). Et puis ses clés. Budapest, j'y suis retourné ce mois ci. (Mille choses, dont de la formation, des décisions stratégiques, Spectre - en vrai - et une table de poker semi-clandestine avec trous de cigarette dans le tapis : peut-être que je vous dirai.) Budapest ? J'y retourne encore en fin de mois. C'est une ville qui respire.
Les kulcs, en plus du Danube, eh bien je crois que c'est la vie. La vie de Budapest. Et puis celle des gens comme moi, qui veulent carresser la ville, rentrer dedans, se coller à sa peau folle et tranquille.
(Chaleur.)
Pour faire ça, il faut des kulcs. Budapest garde ses portes fermées. Beaucoup de ceux que je connais s'y enferment à double tour : appartements, locaux professionnels (vols, y compris quand l'occupant est là). Beaucoup de serrures physiques sont difficiles à ouvrir : tours de mains particuliers, patience, jeux de réflexion, tests de logique. (Vraiment : essayez d'ouvrir à la française, gros challenge.) Compliquées, les kulcs.
Alors croyez-le si vous voulez, pour un taurillon sanguin comme moi, c'est un travail. Travailler la serrure, avec les passants qui se croisent à côté, c'est un sport. Un sport qui vous travaille le coeur. Asseyez-vous dix secondes et laissez ces foutues kulcs vous parler. Il y a là quelque chose de sourd. Et ces foutues kulcs vont vous parler des vôtres : celles du coeur. Mon bon Lionel, qu'elles m'ont dit. (Façon hongroise, avec feutre et patine.) Mon bon Lionel, c'est à tes kulcs, c'est à toi de faire le travail. Alors nous nous ouvrons... seulement si nous voulons. Dure est Budapest. Belle aussi. (Compliquée.)
Alors, allez-y à la coule : acceptez cette leçon en laiton et laissez le coeur vous conduire les mains. La porte (discrète elle aussi) s'ouvre dans une odeur de poussière. Ou de scintillements d'eau (c'est comme on veut).
(Étoiles et terre noire.)
Bizarre, vous pensez ? Moi je dis que c'est la ville qui a commencé.
Pour ça, je l'aime. (Elle est folle.) C'est simple, calme et bizarre. Budapest est plus belle encore que sa féminité. Elle arrive à être plus humaine, et plus intime, que ce qu'on voudra. C'est un mystère. (Kulcs.) Le taurillon, qui voyait rouge, voit le reflet des étoiles. Qui, on le sait, habitent le fleuve.
Particulièrement le soir, quand le Danube est noir profond.
Noir comme la couleur qui cherche. Noir comme la couleur par excellence. Noir et terreau (nocturne). Comme le reflet de ce qui pousse en dedans.
Noir, écarlate, or. (Ouais.) Comme la lune ? Comme les kulcs en tout cas.
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[ Skiz 'Spectre' Fernando, the biography | portrait masculin (c) Andre Kertesz ]
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Combattre à poil
- Ou comment je fais, dans la vie, quand c'est dead, mauribond, hors de portée
Comme un général. Un général avant la bataille, en reconnaissance du terrain : de la réalité. En vrai.
C'est ça.
1. Peut-être vous en souvenez-vous : pour dérouiller, moi, j'ai besoin de voir l'ennemi dans les yeux. Là. (L'ennemi : les lieux, le terrain, le contexte.) Je prépare la campagne. Et la vis.
Quitte, et c'est la clé, à vivre un parcours du combattant. Une mort. Une horreur.
Quitte à pleurer, quitte à me liquéfier.
Mais j'aime le voir, le toucher, le goûter, le digérer. Ce terrain, vous savez ? Cette montagne folle et démesurée. Cette impossibilité. Alors je la mesure, alors je la vis. Je la subis : me la mange dans la poire. (Et jusqu'au bout.) La montagne ? Je la laisse m'engloutir. (Elle est lourde.) Et l'enjeu me recouvre, me morcelle, me tue et me dit en vrai : Tu as bien raison, c'est impossible. (Ça sussure.) Alors je meurs - C'est douloureux, de mourir. Je meurs à mes illusions de toute-puissance. À mon manque de réalisme. À mon infantilisme. À ma candeur.
Qui s'éboulent.
J'aime (non, je déteste : c'est plutôt un besoin), en clair je passe par une mort pour conquérir. Sabre au clair. (Quand c'est désespéré, comme ça se produit parfois.)
Ce qui me fait peur, je le regarde. Je le touche. C'est comme un loup. Loup féroce, ultime, fantasmatique, qui met en pièces, ravage le ventre. Dans ce qu'il a de factuel ou de fantasmatique, justement, je laisse l'échec travailler en moi. Travailler librement. C'est éprouvant (éprouvant oui et non, je suis également spectateur du vécu ; je peux en sortir, m'y replonger, j'en suis libre). Et comme ça, ça se fait : le pire passe. Le pire se passe. Et il le fait avant. Il le fait en moi. Une fois pour toutes. En avant-première.
Ce pire, il avance sur le chemin, dans le terrain : j'ai l'impression de plonger dans la matière, ce matériau de l'action. Ce pire, il dit la vérité. La vérité, c'est que j'ai peur. Peur de mourir. Voir (ressentir) que j'ai peur d'échouer (de mourir), ça me fait vivre la douleur. Une fois vécue, la morsure folle est là. Pourquoi la redouter ? M'a déjà tué. Déjà digéré. (Ok, je la re-digère en retour.)
Garce d'épreuve.
Ça me fait entrevoir non pas le pire (si : échouer, c'est le pire), mais le possible, la limite, le fracas, la panique. Ce que tout en moi occulte et fuit. La réalité. Mieux : la vérité (le vécu intime, brut). La vérité de la mort. Vérité du chaos (boule au ventre) :
Fig. 1 - Un bon guerrier, il est déjà mort,
alors il est disponible à la vie, ici au combat [ Gladiator, Ridley Scott (2000) ]
En connaissant - par l'esprit [1] - ce que je risque en vrai, eh bien comme ça c'est fait : ça me communique le pire. Connaisseur de ça, j'enchaîne. Je renais. Je fighte. Je découpe. Je larde. (Terminé.) Action. Action forte. Confiance (confiance prudente : trempée de discernement). Courage, plutôt. Mmh, action (oui). Comme une force qui sort. Et qui connaît.
C'est ça.
Un mort n'a plus peur de mourir. Un mort s'en fout. Un mort peut tout. (Tout est accompli, déjà fait.) La résurrection, et son puissant cortège de floraisons (conscientes, inconscientes) parcourt et envahit le terrain : je deviens bon. Je suis bon. Je bondis. Je me surpasse.
Je vis.
Je parle évidemment là des grosses épreuves. Les rares.
Ces trois derniers jours, je les mets là-dedans. Catégorie plus-plus. Et deux livres m'ont tenu. Deux livres et un chant.
2. Les livres :
Le premier, c'est - toutes versions confondues - le recueil (et même l'écrit) le plus traduit au monde [2] et c'est de Josué, son sixième livre, que je compte ici parler.
Le second ? Une référence en matière de leadership. C'est un bouquin que Charles me fait passer, un don probable de la main du regretté Tremendous. Charles fait ça pour m'encourager. Lisez en particulier, je vous le conseille (en anglais simple et limpide) : How can a plane have an attitude? (p. 14).
Un régal.
Passons à Josué. Plusieurs passages enseignent la notion de combat spirituel [3]. Et il y en a un qui particulièrement me parle, il s'agit de celui de la colline (si !) aux Prépuces. Il parle (chap. 5) d'épées : Fabrique-toi des épées de silex, dit alors Yhwh à Josué, et retourne circoncire une deuxième fois les fils d'Israël. S'étant fabriqué des épées de silex, Josué circoncit les fils d'Israël sur la colinne aux Prépuces (traduction Bayard - autres versions, en ligne).
Plusieurs choses sortent de là. J'en vois une (et vous me direz) : un guerrier doit peut-être se laisser consacrer (ici, sens de la circoncision - voir en corrélat Galates 6:15 et Colossiens 2:11), il doit encore et surtout permettre à Dieu de l'éprouver par l'épée. Fût-elle une réplique, en silex, ou une préfiguration de celle qu'il doit utiliser. Il doit donc mourir (et ici dans sa virilité) pour pouvoir vivre au combat. Subir le tranchant (avec la peur qui va avec) pour ensuite le manier : être ensuite efficace. Immunisé.
En fait, c'est perdre pour gagner. C'est d'abord avoir peur pour ensuite :
| gagner en réalisme (en préparation) ;
| gagner en liberté (en disponibilité, en courage au combat).
Fig. 2 - To live is to die [ Metallica - And Justice for all, 1988 ]
Allez, j'en termine. Voilà le chant qui, depuis dimanche, me porte :
[2] Cette Bible Bayard est belle. Et bien écrite (simple). Pour autant, beaucoup d'autres traductions ont de la valeur. Il faut simplement faire attention : les versions catholiques comportent des apocryphes que même saint Jérôme (v. 340 - 420) déconseille. Ce sont des ajouts tardifs, forts différents (donc bien en dessous) de l'originalité, de l'essence et du souffle bibliques.
[3] Ceux qui, ici comme ailleurs, voient là un encouragement au combat physique sont des bouffres. De pauvres gens. Des violents (relire d'ailleurs le grand Girard). Des personnes ignorant tout de la Bible. Ils vivent dans le trouble. Ou pire, ils lisent (donc interprètent) avec des fantasmes de violence, des penchants malsains que tout à leurs yeux (je dis bien tout), justifie quand même. Lire, pour se recentrer : Luc 10:21 et 1 Jean 4:8. (Des classiques.)
Faible. (Évidemment.) Il est faible en communication (en mise en commun), celui qui frappe au lieu de parler [1] : celui qui agresse. Et il est faible en boxe aussi. En boxe !? (Bien sûr.) En boxe, est fragile celui qui abandonne sa garde pour frapper. Il devient vulnérable. C'est simple : si je vous donne un coup, c'est automatique. J'ouvre ma garde, pour libérer mes bras. Et donc c'est obligé, j'ouvre mon thorax et ma tête... à vos coups. Si donc vous êtes rapide : 1. vous esquivez mon coup, 2. vous en profitez, dans la fraction de seconde, pour m'assener un punch ravageur pile dans la zone que j'ouvre. C'est redoutable et surprenant. Ça marche aux réflexes ; c'est ce qu'on appelle un contre (counter) :
Fig. 1 - Counter-punch
Et alors ? Eh bien je quitte à l'instant une émission sur Arte, qui parle des réflexes (forcément décisifs) dans le sport de haut niveau. On raisonne là, tenez-vous bien, en dessous du 20e de seconde. Quand deux adversaires rivalisent de technique, c'est soit l'endurance, soit ici la fulgurance qui l'emporte (vitesse de diagnostic, vitesse d'exécution, vitesse de correction et d'ajustement). Témoin, ce génie de la boxe (20 combats, 18 victoires) qu'est Eagle 'Akakura' Kyowa. Une équipe japonaise de scientifiques se penche sur son cas. Eagle, de son vrai nom Den Junlaphan, ancien champion WBC des Minimumweights (poids-pailles), est un alien de la vitesse. Ou du réflexe. Comprenez que ce Japonais d'origine thaïlandaise peut descendre en dessous du traitement normal (biologique) de l'information. Il agit plus rapidement qu'un humain normal, qui passe par le cerveau. Son secret ? Eagle passe (inconsciemment) par le cervelet [2]. Incroyable. Incroyable et, semble-t-il, inédit :
Fig. 2 - Documentaire scientifique
du Japonais Tetsuji Miyagawa
Waow.
Croyez-le si vous voulez, et j'en termine, c'est en se douchant qu'Eagle vous fait du mal. Non qu'il vous jette du shampooing dans les yeux. C'est juste que ses yeux à lui, sous la douche, il les travaille (Fig. 2 - 8'43'') : il s'exerce.
Une étude de ses combats, à la caméra de haute précision, montre certes qu'il enchaîne des contres comme un virtuose [3], mais surtout qu'il garde en permanence les yeux ouverts. C’est normalement impossible puisque, par réflexe de protection, les yeux humains se ferment quand un coup semble venir. (Faites-en l’expérience.) C’est bien par la volonté et la tenacité qu’Eagle tient ce regard de tour de contrôle, qui fait la différence : sous la douche il se force, sous la pluie du pommeau, à garder les yeux ouverts.
C’est ce qu’on appelle un secret d’excellence : simple et redoutable.
Eagle est un cogneur intelligent. Et les yeux, eh bé [4] il vous poche les vôtres.
Fig. 3 - Eagle fly freeeee (désolé)
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[1] Aah, la communication. Le psychiatre et psychanalyste français Boris Cyrulnik (je crois que c’est lui) rappelle que si un adulte dit à un petit garçon : Attention ! un loup rôde derrière la fenêtre, le marmot s'exclame qu'il va chercher un fusil pour le tuer. Quand vient le tour de la petite fille, elle dit : Un loup ? ah bon. Alors je sors et je vais discuter avec lui. [ Pause ] Tenez, au fait, une théma sur le loup.
[2] Le cervelet, c'est la banque du système nerveux. Qui emmagasine les informations et déclenche certains réflexes. On parle ici d'actions explosives et adaptées : Bam ! le cervelet coiffe au poteau... le cerveau.
[3] Eagle confie qu'il lui suffit, pendant le 1er round, d'assimiler en direct le mouvement des pieds (et le rythme) de son adversaire - annonciateur des coups - pour ensuite déployer (et pendant tout le match) les réflexes de contres inconsciemment. En pilotage automatique.
[4] Interjection méridionale. (Eh oui, pôvre.)
[ Le sous-titre, en gras, complète élegamment le titre de ce billet : ensemble, ils composent le nom d’un chanteur nord-américain | question bon goût, je vous préviens, j'aurais pu mettre en sous-titre Être contre, tout contre, façon Sacha Guitry (un humoriste que les Baby-boomers, ch'ais pas pourquoi, citent tout le temps) | We measured Eagle's reaction speed during a fight and found that he also reacts to incoming punches in less than 0.2 seconds (Reacting: brain and body miracle) | le contre, c'est - souvenez-vous - ce qui fait gagner le Manouche, ce boxeur clandestin que Brad Pitt incarne dans le fameux Snatch de Guy Ritchie (2000) – Attention, extrait à voir seulement (et pour le bien-être de l'histoire) si vous connaissez le film (dans ce cas, curseur plein pot sur 0' 48'') | en aimant aussi on s'expose, on ouvre les bras (revoir ça) ]
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Moments sublimes
Deux : j'en vois deux. Deux principaux. Et des quoi ? Des catégories de moments. Moments bons : vous savez ? Où vous ressentez du bonheur (vous êtes heureux), cette complicité, ce beau lien vibrant, de vous aux autres, de vous au monde, de vous à vous. Bref... Tout alors est bon. Et l'intellect reste en dehors de tout ça. Là. C'est plus fort (c'est mieux) que l'interprétation. Ça englobe un moment (ou un état). Et juste ça se vit : en vrai, en simple.
En fort.
Deux, donc. Il y a les strokes et puis les optimums. Les deux sont des sensations, des vécus [1]. Des conforts personnels. Ou des griseries.
Les intellectualiser, dans un billet, les fait partir : comme des papillons. Pour autant, c'est bien de partager aussi.
L'un me revient. Ou plutôt, il est là : mieux qu'un souvenir.
On y va ?
Ça se situe la semaine dernière. Je consulte Twitter et la page d'un gazouilleur, Jit Uppal, affiche une citation qui me fait forte impression. Je vous la donne (les caractères en gras sont de mon fait) : Vous pouvez, dans la vie, obtenir ce que vous voulez si simplement vous aidez les autres à obtenir ce qu'ils désirent. Je trouve ce principe d'une grande sagesse. Tout est vrai, là dedans. Il y a là pour moi une clé. Ça me parle.
Et la citation ? Elle provient d'un grand bonhomme : l'entrepreneur, motivateur et conférencier Zig Ziglar, ami du regretté Tremendous. Il fait partie des gens que le grand (et successful) Ken Blanchard prend pour modèle en affaires. En affaires [2] et en style de vie (tous ces gens là sont protestants).
Un grand.
Puis passe le temps. Je me rends à Gaillac, pour vivre quelque chose d'important. J'emporte avec moi, notamment, l'indispensable The One Minute Entrepreneur. Auteur : Ken Blanchard. Éditeur (avec dédicace à la main [3]) : le Tremedous. Et citations multiples de Zig Ziglar. Je dors sur place. C'est la veille de mon combat. Dormir sur place ? Comme un général qui tâte le terrain, ici instinctivement. En repérant les lieux [4], dormir sur place permet de faire les rêves qui inspirent. Une chambre d'hôte, somptueuse. Et puis mes livres, qui portent conseil. Ce One Minute, tellement facile à lire, a des effets appaisants. Comme une voix.
Je m'endors.
Et me réveille, là, dans la nuit, dans ces draps doux. Avec le Tarn qui bruisse fraîchement en contre-bas. Et c'est, vous savez ? comme quand vous vous réveillez avec votre aimé(e). (Vous êtes un peu drogué(e) :) Le monde est bon. Plein, doux, serein. Je ressens de la confiance (façon Psaume 37).
Et un mot-clé me vient, comme une clé-de-voûte, ou un résumé personnel : « Zig Ziglar ».
Je me sens bien. Je me rendors.
Je vais tellement bien que le lendemain, je réussis mon pari (pourtant éprouvant).
J'ai appris une chose : les moments Z existent.
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[1] Relire Antonio Damasio (L'Erreur de Descartes). Il y explique le lien organique entre pensées et ressentis (émotions, sentiments). Pour lui, penser et ressentir sont des expériences (nerveuses) d'un même tenant, des vécus de même rang. Qui plus est nécessaires l'un à l'autre.
[2] Le style de vie, l'ethos, c'est ce qu'étudie l'éthique ou art de modéliser la façon dont le comportement se profile sous la pression. Pression des besoins intrinsèques, pression de soi (tensions intrapsychiques), pression des autres (cf. regard).
[3] J'ai de la chance.
[4] La PNL conseille ça. Investir un contexte, un lieu, en vrai. Avec le corps : en y allant au calme, avant le fracas. De là, s'ancrent les sensations positives (vous êtes encore au calme, voire en maîtrise, voire en liberté complète, mieux : en créativité) face à un défi qui va venir plus tard, dans le stress. L'expérience montre que votre calme a imprégné les lieux : mieux, que le lieu s'est déjà encarté dans votre esprit, sous de bons auspices. Avec des ressentis intéressants. Le revivre plus tard panache les choses. Les PNListes (et avant eux les ericksoniens) estiment que le cerveau, dans la mélange bon-mauvais, privilégie le positif. Un même contexte, déjà vécu en bon, prend une tournure qui sent bon votre essence, votre imprégnation. Vous le connaissez et l'avez déjà caressé dans le sens du poil. Façon Daniel.
[ À l'instar du Tremendous ou de Ziglar, mon grand-père aussi était un orateur d'exception | L'Entrepreneur Minute, désormais disponible en français | à propos du livre de Daniel, Wikipedia parfois m'affole ; j'aime ce grand work in progress, mais me sentir obligé de corriger l'article et de préciser que la lecture qu'en ont les Témoins de Jéhovah les regardent eux et eux seuls (et valent seulement pour eux - puisque beaucoup d'autres tendances en ont des visions différentes), eh bien ça m'affole - Help, les modérateurs, help ! ]
[ < thémas Musique et Toulouse | archivage automatique du billet sur la pédagogie, sur l'engagement personnel, sur la clinique et sur le mal : il évoque le grand Janusz Korczak médecin du ghetto de Varsovie, Rudolf Steiner, Maria Montessori, Célestin Freinet et l'apprentissage vicariant ]
Allez, venez Miller
C'est quoi l'été ? mhh ? soleil ? congès ? Ça dépend. Dépend des gens, de leur budget. Dépend du moral, dépend des engagements professionnels : tout ça.
Alors contexte : nous sommes hier, 19 h 30. Et un coup de fil de l'Olive : Ramène ta fraise, y'a Marcus Miller qui joue... au Bar basque. (Habituellement, bar à rugby de Toulouse.) Ton sérieux. J'en déduis que c'est vrai, j'enfourche mon vélo, pédale comme un cinglé, l'attache et vois l'Olive. Jardin fermé, qui jouxte le bar. Il y a des tables, etc. L'Olive me tend un bracelet bleu, que je mets.
Concert. Et c'est vrai : l'un des plus grands bassistes de l'époque est là. Tuerie totale. Il est à quelques mètres, chapeau pork pie, visage hors du temps (jeune, même s'il a joué avec Miles Davis - vidéo). Et puis plein air, murs ouverts en brique, cour citadine aérée pleine de cachet (façon Budapest), basse repiquée en façade et Roger Biwandu, batteur en accoustique. C'est juste exceptionnel, hallucinant, précis, groove et touchant :
Fig. 1 - 9 minutes de bonheur,
grâce à jonasgato
Beau.
Tout le monde applaudit à tout rompre.
Puis je rentre, plein d'étoiles.
Et me voilà...
On est mercredi.
Ouais.
Vendredi, ma famille part en vacances.
Et je reste là. À rêver d'une mer [*] qui viendrait ouvrir ma ville. D'un jazz qui viendrait la saisir. D'un bain d'étoiles, de vitesse et de lumières. De rondeur (ch'ais pas pourquoi).
À rêver d'Europe et du monde. À rêver d'aéroports et d'art. De vie, d'aventure et d'espaces. De langues, de projets, de choses dures à faire.
De XXIe siècle.
À rêver quoi. (Comme tout le monde.)
Bon sang, il joue bien Marcus.
Pour moi, c'est le meilleur bassiste du monde.
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[*] Pour Laurent, la mer est un concept (une mentalité). Qui certes, quand elle est vraie, ouvre les pays : Espagne, Italie. Mais fontionne aussi... pour le Guatemala. (Ouais.)
[ vidéo : à 4'11, c'est bien l'Olive qu'on entend exulter comme un hippopotame | Marcus Miller (MM) à l'Espace du Bar basque, une date Fender (marque de guitares, d'amplis et de basses, qui propose un modèle MM) et Midi Music, célèbre magasin du Midi toulousain - l'annonce | showcase gratuit et de haut vol, ou comment renforcer la sympathie à l'égard d'une marque | MM joue le 2 août à Marciac, voir la publication de l'événement sur Facebook | son MySpace | contribución de un fan : La Vitrola | du streaming sur Goear.com | MM, devenir fan sur Facebook | MM, Stanley Clarke et Victor Wooten, vidéo ]
[ < thémas Efficience & Management du temps | archivage automatique du billet sur un resto, sa communication, la congruence... et Don Quichotte ]
Billet (c) - Merci
Blade Runner, ça vous parle ? Le film majeur de Ridley Scott (1982) exprime un regret, devenu mythique : J’ai vu tant de choses [...]. De grands navires en feu surgissant de l'épaule d’Orion. J’ai vu des rayons fabuleux, des rayons cosmiques briller dans l’ombre de la Porte de Tannhaüser. Tous ces moments se perdront dans l’oubli, comme les larmes dans la pluie. [1].
Ce passage ? Dans ce que je connais, c'est ce qui m'évoque le plus le temps. Le temps qui file... Il y a plusieurs flux, je veux aujourd'hui parler du temps qui fait mal : il flétrit les choses et, comme dans le film, s'associe à la pluie. (Qui lave.) Ou aux larmes.
Tâchons d'en faire des larmes de joie. (Mouais.) Le temps est un outil : je prie ici qu'il nous apporte, à vous comme à moi, de grands moments de réalisation, de sérénité, de naturel, de joie.
(Big taf sur soi.)
Parlons de sept (beau nombre). Et faisons ressortir une motte de terre [2] : un truc.
Il y a, pour moi, sept sortes de temps. Plutôt : d'accomplissement du temps, de mâturité par rapport à ça. En clair, de degrés :
1. Tout louper, subir (temps de travail de degré 1 ou TT 1),
2. Parvenir, cette fois-ci, à régler les urgences (TT 2),
3. Accomplir TT 2 et - dans le même temps - boucler le tout-venant (TT 3),
4. Faire tout TT 3 en un temps moindre [3], et avec le temps qui reste (temps résiduel, TR), combler les retards (TR 1),
5. Réussir TR 1 et orienter à présent le TR vers ce qui est utile (constructif, prévoyant, agréable, épanouissant, reposant - TR 2),
6. Réaliser tout TR 2 et avoir, en plus, la liberté de pouvoir à l'avance lister les tâches utiles au TT (TR 3),
7. Maîtriser TR 2 et profiter, en TT, de la liberté de pouvoir lister les choses utiles... pour le TR (créativité, loisirs, repos, etc.). Ce qui confine au luxe. Nous avons là le stade TR 4.
Voilà.
Mille choses, évidemment, découlent de ça.
En premier lieu la nature des temps. On le voit : TT et TR sont à part. Tout simplement parce que, pour la plupart des gens, le jour, la semaine ou l'année comptent des temps séparés, qui alternent (Il y a un temps pour tout...). Ces deux temps ? Ils s'inter-nourrissent et c'est leur force. Ils se complètent. Particulièrement dans les hauts degrés : TR 2, 3 et 4. Il y a là une complémentarité, une synergie qui augmente. Il faut ici regarder les seuils quantitatifs (nombre d'heures). Le TR, d'abord nul (TT 1, 2 et 3), ensuite capable de « seulement » combler les retards (TT 4), pour enfin permettre d'organiser (optimiser, rendre plus utile) le TT, en bref ce TR apporte une qualité progressive au travail. Il y a un lien direct entre sa quantité (en heures) et - si le management est au rendez-vous - la bonne marche du collectif. Le TR est le résultat d'une bonne organisation, il est aussi le ferment qui va servir à l'améliorer. Donc une future cause. Comme une plus-value que l'on génère et que l'on ré-injecte en continu, pour alimenter la croissance : innovations, motivation, résultat net, etc.
Un collectif efficient peut, d'expérience, compter jusqu'à 20 % de tâches mûres dans son portefeuille d'activités, c'est-à-dire touchant à TR 1, 2, 3 et 4. Super-efficient ? Celles-ci se centrent sur TR 2 à 4, qui deviennent des activités de management (préparation, décisions, pro-action). Alors que les étapes TT sont des activités de gestion (réaction, suivi, ajustements).
On le sait tous : il faut de tout pour faire un ensemble riche, solide et plein de ressources. Les étapes TR sont certes décisives (elles fabriquent l'utilité, la valeur). Pour autant, les étapes de gestion (TT) sont nécessaires. Mieux : ce sont elles qui font face au quotidien, aux imprévus, à la vie (forcément brusque, changeante et floue). Elles sont le coeur du dispositif d'entreprise, forcément vital, forcément insuffisant dans une situation de compétition.
Quoi d'autre ?
Première étape pour ce billet, que je vous propose d'enrichir de vos commentaires.
Be seeing you.
__
[1] Script complet de Hampton Fancher et David Peoples [ En ]. Ce magnifique murmure de Roy Batty, chef des Réplicants, l'acteur Rutger Hauer l'aurait partiellement écrit.
[2] Je suis dans la théma de l'agriculture, en ce moment : look.
[3] C'est l'efficience : je fais ce que j'ai prévu. Et en plus, j'économise des hommes (nombre d'heures ou de minutes, potentiel de motivation), et/ou du temps de calendrier, et/ou de l'argent (budget). En clair, les ressources pour faire un travail.
[ Philip K. Dick (1928-1982) au cinéma | Rutger Hauer's memoirs | l'encyclopédie Blade Runner - mon conseil, l'histoire des tatouages ; par ailleurs, ceux qui découvrent à peine le film ont intérêt à retarder au maximum la lecture sur Rick Deckard (c'est mieux pour l'histoire) | belles photos rares | Sean Young, glamour... et drôle | beauté iconique, penchant vénéneux (fragile, tordu, vibrant), gigantesque potentiel (contrarié, enfoui, certainement lumineux - quasi rédemptoire) : autant de bonnes raisons pour voir un jour Sean Young encore une fois chez un très grand, comme par exemple David Lynch ? qu'en pensez-vous ? | pour entrer dans l'univers des screen used props ] Read More
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L'homme ne vivra pas que de business
(Anonyme)
La foi. Oui. La foi, la confiance, si différente de la religion (traditions). Tout ça dixit André Frossard (1915-1995).
L'auteur de Dieu existe, je L'ai rencontré, citant l'étrange Bernanos (1888-1948), rappelle que les convertis sont encombrants. Encombrants pour les institutions : religieuses, culturelles, sociales [1]. Les convertis ? Comme leur nom l'indique, ils transforment quelque chose : leur propre matière, eux-mêmes, leur coeur. Et ils attribuent ce changement fort (qui va jusqu'à baigner le monde, le reconfigurer à leurs yeux), eh bien ils l'attribuent à l'extérieur. À un agent qui les dépasse. En stature peut-être, encore et surtout en qualité : disponibilité, hauteur de vues, présence réelle au monde. Et, croyez-le si vous voulez, c'est un agent... qui les aime. C'est-à-dire qui prend le risque à leurs côtés. Et les soutient [2].
Le coeur, pour les convertis comme pour les autres, c'est la sensibilité, l'intimité qui perdure : c'est - pour citer l'Écclésiaste (et faire une boucle vers Don Richardson) - ce qui pressent l'éternité [3], cet état, ce vécu qui dépasse même la mort. Et ressemble donc à l'amour (voire se confond avec lui, ou procède d'une même source). L'éternité ? Le coeur la recherche, en mode actif ou par aspirations (plus ou moins conscientes, plus ou moins fructueuses - cf. recours aux idoles). Alors ce coeur, il va vers quoi ? Mmh ?
Le mien va vers ça, en dessous. Je veux dire que ces bouquins m'apportent des trésors :
Je leur ajoute La Croix et le Poignard (David Wilkerson), de même que The Incredible Power of prayer (anglais très simple à lire) de Roger J. Morneau. Reprenons Wilkerson (livre de ma fin d'adolescence) et ajoutons, côté témoignages, l'incroyable Miracle sur la rivière Kwai du vétéran Ernest Gordon (1917-2002), ouvert aux expériences les plus extrêmes. Une beigne. Digne de Papillon. Bouquin parallèle au film Le Pont de la rivière Kwai (mêmes faits).
Mention spéciale à Corrie ten Boom aussi. Son Dieu en enfer (The Hidding Place) - qui glace le sang - montre qu'on est loin (bien loin) de la guimauve. Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer comment [4], après Ravensbrück, on peut trouver la force d'avancer ? (Bouquin sublime, bouquin ultime.) Le Rentrer chez soi d'Henri J.M. Nouwen [5] est un très beau condensé de théologie : logique, touchant et simple. On y comprend... tout. Il y a aussi, sur la question de la Trinité, le bel Évangile de Jean (individu qui a connu Jésus de son vivant), traduit par Jean-Yves Leloup. Une sage autorité (atypique, documentée) s'en dégage.
Le Business Unlimited de J. Gunnar Olson ? Affaires sans frontières, en français ? Il m'a « juste » aidé à vivre pendant 4 mois.
Allez, je finis avec L'Éternité dans leur coeur de Don Richardson. Livre-beigne aussi.
[1] Ce qui, anthropologiquement, participe du même socle, voire se maille dans les approches et se confond. Cf. idéal de transversalité, à l'instar de ce que font par exemple Edgar Morin, Boris Cyrulnik ou Joël de Rosnay.
[2] Dieu serait-Il Promoteur ? Persévérant ? Empathique ? Débat stérile, mais drôle et ouvert.
[3] Pour les chrétiens, la juste appréciation de l'éternité (sa juste canalisation, comme si c'était une aspiration, un besoin, voire une pulsion) passe par l'expérience, ici et maintenant (ou progressive), de la résurrection. Celle-ci donne sa pleine mesure à la vie. Elle lui fait passer un cran, la sort non pas de ses contingences (ici-bas, les épreuves et la frustration), mais de sa vanité. De son creux. De son à-quoi-bon. De sa solitude intrinsèque. Là, tout change : c'est beaucoup plus qu'un espoir, beaucoup plus que des modifications, c'est un royaume qui vient (comme dans le cas de Naaman ou de l'eunuque de Candace). Un nouvel ordre qui s'installe : une transformation (un réveil, cf. Degré 2). Qui ouvre au monde et au prochain (sorte d'horizontalité). Et qui ouvre à la Source de vie (verticalité stimulante). À l'explosion fraîche et vivante.
[4] Même si le contexte diffère du tout au tout, le pasteur palestinien Maron peut expliquer comment vivre. Le pardon personnel, en temps de guerre, il connaît bien.
[5] Nouwen exprime une lecture particulièrement proche de celle de Girard, pour qui la racine du mal humain, c'est la convoitise : jalouser l'autre. Ce mauvais Animus (peur de la perte) exerce un contrôle morbide sur autrui. (Revoir ce pauvre Abel.) Pour affaisser ce pouvoir (terme de Nouwen), Dieu choisit l'impuissance : il décide de détruire le leurre et sa logique... de l'intérieur. À lire absolument.
[ Je suis protestant (2 % de la population française, l'un de ses berceaux, et 9 fois plus... en Corée du Sud), en même temps mes écrivains catholiques préférés sont Frossard et François Mauriac - de même que j'aime le photographe Joël Peter Witkin (eh oui - voici d'ailleurs mes photographes favoris, attention not safe for work, NSFW) | autre sujet - La grâce serait une synergie (rencontre, mélange énergétique) entre amour et liberté (Qu'en dites-vous ?) | l'amour, lui, pourrait être le carrefour vif entre contingences et liberté, c'est-à-dire risque volontaire (engagement) et dépassement de la mort (qui est repli, séparation, peur) : engagement, tiens, oui c'est ça - ou fidélité, ou attachement inconditionnel et confiance (Any idea, mmh ?) | who Nouwen was, video | Nouwen aidait les déficients mentaux | Corrie ten Boom, the museum | Ernest Gordon, personnage-choc pour le musicien Paul Adams | Bad Lieutenant, plus grand film sur la rédemption ? Interview de son réalisateur (inclassable) Abel Ferrara | après tout ça, soyons fous, rions ] Read More
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Tellement humaine, cette histoire de con, que Gustave Courbet lui a consacré un tableau
(Anonyme)
Le temps ne fait rien à l'affaire : c'est Brassens qui le ploum-ploum-ploume. (Le con.) Non pas Brassens : je veux dire le con de la chanson. (Moui.) Parlons-en, et de larges plages le font, ci ou là. Mais le con, c'est qui ? Un peu comme le bobo, enchaîne Renaud. Chanteur sympatoche-aphone qui, par certains côtés, s'imagine qu'il fait aussi partie du lot. Quand j'étais môme, quelqu'un (ch'ais plus qui) me disait : On est toujours le con de quelqu'un. Première réaction : quel propos con ! La deuxième ? Mmh, ça comporte un sens. Réflexion, donc. Ré-flèc-cheun. Et croyez-moi si vous voulez, c'est Kahler et Axelrod qui débrouillent le mieux l'affaire [1] : on y va ?
Dans la catégorie communication (identifier, rassembler, pratiquer ensemble [2] ce que les gens différents ont... de commun), Taibi Kahler chamboule tout. Donc fait du bien (il explicite avec beaucoup de profondeur).
Kahler dit deux choses.
Et d'un, pour l'autre, la forme de ce qu'on lui dit a plus d'importance que le fond. On est clairement dans l'aphorisme percutant, voisin de ceux de Palo Alto (Bateson, Watzlawick, Erickson). C'est donc du lourd ; j'ajoute que ça taille un costard à la poussiéreuse tradition européenne, qui - en bon petit soldat platonicien - place les idées avant tout. Hé, guys, il faut s'y résoudre : le socius c'est la guerre et comme l'homme est parano, dans l'acte d'être et de palabrer, c'est la forme qui prévaut. Le contenant renferme une logique. Logique interne, logique magnétique, frénétiquement agglutinante (revoir Congruence ou Gestalt). L'homme écoute les lèvres autant que le flux qui en sort. Mieux : la façon d'incarner quelque chose a, pour lui, plus de sens que le coeur du débat. Gandhi ou Martin Luther King l'ont prouvé (revoir Minorités persuasives). N'en déplaise aux poètes, être (ou signifier) l'emporte sur dire. La forme rend compte d'un fond. Mieux : elle le modèle et lui donne à vivre. À exister. Dans son ivresse, l'autre retient surtout votre flacon. C'est ce dernier qui lui parle. Et non l'abstraction de votre flux mental, trop léger. La façon... façonne une intention. Elle adresse les choses.
Et de deux, dixit Kahler, l'homme change d'énergie au cours sa vie (ce qui botte le croupion, en psychologie, aux tenants des profils humains fixes).
On reprend : le ton, le climat, le non-dit, l'enveloppe et l'adresse du propos influent sur l'autre. Tout autant, sinon plus, que ce qu'on lui dit en vrai. Ça nous remémore que l'homme pense et ressent... à la fois (cf. Damasio). En outre, ce qu'on est intrinsèquement change : la source de satisfaction évolue. C'est ce que l'honorable docteur en psychologie, et son école de process-communicants, appelle le changement de phase [3]. Roseau pensant, roseau éprouvant, et maintenant roseau changeant ? (Revoir théma Changement.) L'homme est une surprise. Tant mieux, ai-je envie d'dire.
Forts de tout ça, que dire du con ? Les pieds ancrés dans les acquis de Kahler, on peut risquer : le con, c'est celui qui me donne ce qu'il a dans l'magasin, et non pas ce que je recherche, fût-ce inconsciemment. Minie-pause. Quand quelqu'un s'adapte à ce qui me constitue (envie de ci, passé comme ça, intelligence de tel type, préférences cérébrales de telle tendance), je le kiffe. Je l'aime, oh-oui-oh-oui. Il me stimule et me valorise (en plein dans les strokes). À l'inverse, quand il me peigne dans le sens de ses poils et non des miens, je ramasse. Je stresse. Je dégoupille : il y a danger. Danger pour la relation avec mon vis-à-vis, danger pour cette écharpe, dirait Jacques Salomé, que lui et moi tenons.
Pourquoi ? Parce que l'autre - analyse Kahler - parle simplement une langue qui diffère de la mienne. La grammaire de son cerveau, donc de sa bouche, m'oblige à faire des efforts fatiguants. Me mettre au diapason me coûte. Alors que s'il s'adapte, le coco me fait un bien fou : il m'appaise (revoir théma Paix). Je ressens du confort, de la mise en mouvement (cf. note [2]). C'est intrinsèquement humain.
Le con ? C'est ç'ui qui : 1. me stresse, et 2. me dévalorise (en me montrant combien venir à moi lui coûte, le contorsionne, le fait grimacer). Différent de moi... il le reste. Le con, c'est les autres façon Sartre [4].
Allez :
Fig. 1 - Omar & Fred, SAV des émissions
Le con versant Théorie des jeux, maintenant.
(Oh, puis non : plus tard. Dans la deuxième partie.)
Excellente soirée alors - Be seeing you.
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[1] C'est même l'étymologie du mot analyser : défaire des noeuds. (Avec le con, on reste dans la théma.)
[2] Ce qui revient à définir l'homme. Et mieux : à modéliser ses comportements (dans la complexité), en fonction de ce qu'on sait de lui. L'homme a un développement avec des caps (psychogenèse biologique, affective, sociale, psychanalytique), un bassin culturel qui le conditionne (principes, croyances, valeurs), un milieu familial (donné) et un potentiel de rencontres humaines qui pétrit son inconscient. Il a, encore et surtout, des besoins. Selon qu'il les satisfait d'une part et les maintient en tension d'autre part (création d'un désir, d'une énergie, d'une saine frustration), l'homme est en mouvement (même racine que motivation) - il est en quête - et l'homme est en confort. Il est en recherche et en satisfaction plus ou moins durable (oasis, ou ruisselets volatils). C'est le souvenir des conforts du passé qui motive sa quête, comme des ancrages dans le système nerveux (revoir cerveau), des souvenirs ou des annonces (préfigurations, imagination, projections) d'un mieux potentiel. L'inconscient de l'homme se fraie des biais vers le confort, chemins qui évoluent, se tordent, s'assouplissent (s'optimisent - cf. procrastination) ou se durcissent (conservatisme, lascitude), bref vivent et se travaillent dessus en fonction du flux changeant de la vie (la névrose, c'est un trop-plein voire une saturation des deux : trop de recherche donc un métabolisme à vif, inquiet, qui peut finir par se rentrer en lui-même, donc s'étioler, et trop de confort donc faible incitation à changer). Ces deux forces sont nettes et diffuses. Comme deux puissances complémentaires (dialogiques), ces deux polarités (revoir les schèmes vertical et digestif de Gilbert Durand ou encore les pulsions d'évolution et de maintien de Georges Romey), bref ces deux tendances font de l'homme ce qu'il est : un être tout d'abord. Un être qui éprouve, évidemment. Et qui marche avec deux jambes. Il est en prise avec le monde et il le marque. L'homme se met en groupe, ou tout seul, puis il agit. L'anthropologie, c'est tout ça. La communication, qui étudie comment c'est possible, au nom de quoi, et surtout pour procurer quoi à l'homme (en fonction de ce qu'il est), c'est une anthropologie. Une anthropologie, bel et bien, comme tout ce qui envisage les besoins. L'anthropologie est l'étude des besoins humains : Dis-moi de quoi tu as besoin, je te dirai qui tu es. Or, on l'a vu, trouver - par la pratique - le dénominateur commun de gens différents, c'est-à-dire leurs besoins, c'est communiquer. Dernier truc : les besoins sont peut-être les mêmes, ils diffèrent en tout cas selon les dosages. Un peu comme les crêpes de la Jeanne à Picherande (si !), si elle dose différemment les ingrédients, les crêpes elles changent. (Cette crêperie, c'est mon enfance. Tiens, voilà que TeteChercheuse en parle.)
[3] Pourquoi changer de mode de motivation ? Parce qu'on enterre quelqu'un, parce qu'on gagne au loto (émotions fortes et reconfigurations existentielles), parce que les gens autour de nous nous donnent à jouir quelque chose de fort différent de ce que nous sommes. Adaptation, en clair. Ou plutôt évolution : changement de phase. La vie, par moments, fait feu de tout bois.
[4] Alors qu'autrui, pour le grand Lévinas, c'est le Visage. Beaucoup plus classe. Et plus ouvert. (Quel con, ce Jean-Sol Partre !)
[ La musique est de Franz Treichler, dans l'excellent Great Jewish Music: Serge Gainsbourg | Monsieur Connard, en téléchargement | les irrésistibles Requins Marteaux savent généralement bien camper les cons | un billet du blog de P'tit buisson-Nimu | BD piochée chez Virginie d'Edensland | débat fond-forme, ce qui est terrible c'est que la communication fait un effort : elle adresse les choses et soumet le fond à une forme livrée, compréhensible ; en psychanalyse, c'est le mouvement inverse : tout fourche et se bouscule, l'inconscient (le fond) reprend la main, habite la langue, parle à un Autre totalisant - presqu'illogique - plutôt qu'à une cible, c'est le propos de certaines glossolalies ]
Étape décisive et compliquée - par [*] Julien Berthomieu
Choisir le moment pour lancer son site... J'ai mon avis sur la question. Et c'est en demandeur que je viens - Qu'en pensez-vous ? (Vous le direz, en commentaire.) Vous avez donc un projet Internet. Lancement de site : e-commerce, communauté (le principe est le même). Benchmarking, business plan, tout y est ? Allez, on se lance ! On se lance, mais quand... et avec quoi ? Avec votre site, évidemment, mais une version béta ? Quasi obligation. Donc, le nœud du travail, c'est ensuite l'enchaînement. Qui induit l'évolution de votre site : regardons bien.
La concurrence mène une veille continue sur les nouveaux projets et souhaite vous tuer, dans l'œuf ou plus tard. Lancer un projet en pensant le faire évoluer (nouvelles fonctionnalités), c'est bel et bien dangereux.
D'emblée, deux choix : 1. mener de front communication et développement, 2. attendre, et lancer une version plus aboutie, puis se consacrer à la communication. Seulement après.
La 1e solution fournit l'avantage de capter des retours-visiteurs. Inconvénient : vous occupez le devant de la scène, aux yeux de tous. Qui plus est, vous risquez de décevoir une partie de votre audience.
2e option - Vous lancez là une version plus travaillée. À modifier toutefois (car la perfection d'emblée est un vœu pieux). Je pose donc un élément : dans ce parcours, tout dépend de la manière dont vous développez. Développement par l'interne (la situation la plus courante) ou via un prestataire (agence). Il faut, dans tous les cas, scénariser les étapes et s'attendre à perdre du temps.
En clair, tout dépend : a. de votre environnement concurrentiel - Préférez les niches (cf. stratégie Océan bleu de W. Chan Kim et Renée Mauborgne), b. de vos moyens et de votre capacité de développement (de type « action-réaction ») - Si cette capacité vous manque, restez caché.
Maintenant, le choix exact du lancement (sauf miracle, vous dépassez souvent la date sur le papier). Pour ce choix, c'est le feeling qui prévaut. Je m'entends : c'est loin d'être au hasard (cf. Intuition et Management de Roy Rowan, qui recommande de foncer sitôt qu'un « vrai » manager rend les choses possibles). Il y a là une formule en or : le facteur humain, oui, et aussi la veille - pour définir LE créneau - et encore les atouts du produit. Ce sont ces derniers qui permettent de survivre aux premières attaques de la concurrence.
Une fois lancé, soutenez vos effort. La communication reste à faire, sur un long cours. Ici, générer du buzz s'avère utile pour, et seulement pour, du court terme. Les buzzes rejoignent rapidement les catacombes de la Toile et vous risquez de regagner l'ombre, à contrecœur. Souvenez-vous que lancer une campagne buzz est une étape-éclair. Atouts réduits, selon moi : la création de liens vers votre site, la génération de référencement naturel. Si vous le gardez exclusif, ce mode de lancement reste limité.
Récapitulons :
1. Pratiquez une veille forte,
2. Évaluez votre capacité de réaction,
3. Apportez une grande valeur ajoutée avec votre projet,
4. Soignez la communication,
5. Croisez les doigts, mais jamais les bras !
Et avançons :
1. Veille - Quels sont vos concurrents réels ? qui vous prennent du trafic ? et des affaires ? Les concurrents potentiels ? à seulement quelques lignes de code de vous concurrencer ? Qui a le potentiel ? le fameux « action-réaction » qui a le pouvoir de sabrer votre lancement, à tout moment ? Qui va... vous tuer ?
2. Capacité de réaction - C'est là que tout compte. Imaginons. Vous êtes étudiant, peu de moyens, pas de développeur attitré, quelques « amis ». Vous avez l'idée, l'énergie, la foi (c'est le principal), mais here we are : capacité de réaction. Pensez que si vous êtes comme ça, les coups de main s'étiolent et s'évanouissent avant que le projet n'aboutisse. Prévoyez comme il faut, assurez bien vos arrières, anticipez la possible pénurie de main-d'œuvre. Cf. Wechange, communauté d'échange de cours en ligne. Beaucoup d'idées. Mise en ligne d'une première version, avec pour ambition de devenir LE site de référence dans le parascolaire. L'énergie y est, pas les moyens. La tactique ? Mettre en ligne une première version, en jouant au maximum sur la communication (avec les moyens du bord). Les effets sont négatifs : un site en théorie bourré de contenu (des cours), qui reste léger, la communauté demeure passive, l'animation patine. Le site et son forum perdent du monde. Moralité : si le budget manque, les fonctionnalités, les nouveautés, les animations peinent. Que celui qui peut à peine développer retienne sa coquille vide.
À l'inverse, si vous travaillez avec une agence, soyez impartiaux sur les deadlines... et prenez soin de faire votre recette de manière pointue. Si vous embauchez un programmeur, qu'il soit aux petits soins.
3. Valeur ajoutée au projet - Forcément, votre projet est le meilleur. Posez-vous deux minutes ! Réfléchissez, évaluez la demande, les besoins, en commençant par vos proches, vos amis, acceptez les critiques, exploitez les pistes et, parallèlement (parallèlement seulement), suivez votre instinct.
4. Communication - Engagez des moyens. Ils sont nombreux : utilisez tous les leviers ! Bien au delà s'il le faut de votre votre média favori, Internet. Dans le détail : presse-papier, TV, journalistes, toujours ouverts pour de nouveaux sujets. Utilisez votre précieux réseau, quelle que soit son envergure. Il a de la valeur. Sinon, collez-vous votre logo dans le dos, et courez nu sur la place de la mairie, un samedi [ dans ce cas, prévenez-moi, je ferai de mon mieux pour faire circuler l'info ;) ].
5. Croisez les doigts, jamais les bras - La persévérance est votre meilleur atout.
Un commentaire ?
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[*] Julien est le bienvenu dans Absara.com - C'est un grand plaisir :)
[ Océan bleu, un exemple | le Involve, create, discuss, promote, measure de Laurel Papworth & Gary Hayes ]
[ < 18e partie | thémas GTD, Time Management, Cerveau, Organisation & Priorisation | archivage automatique du billet sur protestantisme, pastorat, creuset managérial populaire, prédications en chaire (et en chair, eu égard à l'implication du corps et du système sensoriel dans l'impact et la mémorisation des messages - façon PNL) ]
L'inconscient s'invite dans nos plannings
Il est très difficile de se concentrer sur ce qui est important uniquement à l’aide de la partie rationnelle de notre pensée, car ce que notre conscient réfléchi pense important peut ne pas l’être pour notre inconscient.
Mark Forster, gourou de l'anti-organisation, modélisateur de la méthode Autofocus v. 1 & 2, tenant d'une introduction de la psychologie dans les habituelles méthodes sèches (et contraignantes) d'organisation
Fig. 1 - Forster en V.O.
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[ Revoir, en corrélat, la to-stop list de mon ami Olivier Piazza | les chouettes photos de Dave Gray | Autofocus (découverte), merci à Christophe Deschamps ] Read More
[ < thémas Défection, Vie & Pardon | archivage automatique du billet sur l'étiquette et le gain sûr, immédiat ]
Bim ! dans ta(rn) tronche...
Billet exceptionnellement (c) – Le livre d'un con-frère peu regardant vient de m'« emprunter » un élément central, en oubliant (volontairement ou non)... de citer la source, acte de civilité pourtant basique (yep)
36 chandelles. C'est généralement ce qu'on voit quand on s'en prend une. Une quoi ? Une claque. (Ouais.) Et tout le monde le sait : c'est quand elles sont morales qu'elles font le plus mal – Mal de chien. De sorte que ça monte, et ça monte. Les étoiles grimpent au compteur : on en voit tout à coup pléthore. Et ces étoiles, quiconque est attentif peut en dénombrer 81. (Facile : c'est 3 x 3 x 3 x 3.) Échelle de notation de 1 à 3, sur 1, 2, 3 et finalement 4 critères, juxtaposés. C'est ça [1]. Je vous propose aujourd'hui une échelle, pour évaluer combien ça fait mal. Combien ça pique. Histoire de voir aussi que, quand ça chiffre autant, c'est un bagage utile de savoir pardonner. Pardonner, pas oublier. En clair : libérer l'autre, se libérer soi, dépasser. (C'est tout sauf recommencer, cf. Discernement.) Eh oui. L'expérience enseigne que c'est plus qu'utile de savoir pardonner... 77 fois 7 fois. C'est puissant : ça soigne.
(Voilà.) On y va ?
81... reprenons ça. Vous, ça vous évoque quoi ? Moi, c'est le numéro du Tarn : département qui m'a vu naître. Et département à beigne(s) : ça remonte à samedi. (Grossebeigne [2].) Là, j'ai eu le temps de digérer. (Comprendre ? Oui et non.) Le temps de pardonner : certes. Et de réfléchir (je suis comme ça ; besoin de comprendre).
Alors, il y a quoi ?
Si on consulte le travail des psychiatres américains Thomas H. Holmes et Richard H. Rahe [3], on voit que la vie, selon l'expression, fait parfois sa chienne. Ou plus exactement que la réception d'événements éprouvants (stressants, anxiogènes ou choquants) va de « bof » à « oui, ça fait clairement mal » :
Fig. 1 – Look, à 3' : J'ai beau être matinal...
Ça tamponne [4]. Y compris dans l'intériorité, dans le dedans, interconnection oblige entre le corps et l'esprit [5]. Donc boum. Ça bouge les ressentis : de soi, des autres et de la vie [6]. Et des fois de manière durable (relire Anna Freud).
Normal...
Si donc je prends 4 critères, j'ai rapidement :
| la surprise, la soudaineté, la vitesse de la beigne (par exemple imprévisible),
| la précision (vous savez ? de celle qui vous fait mouche, dans des vérités cachées, comme dans des méridiens vitaux),
| la proximité de la personne qui vous administre la tarte (un proche fait évidemment plus mal, dixit la mafia dans les films de gangsters, où on finit assassiné par un proche),
| l'humiliation et la trace du geste (certaines claques vous sapent aux yeux des autres, vous culpabilisent, vous désarçonnent, vous brûlent, et vous démolissent socialement, vous les ruminez, les haïssez, les ressassez, façon Zeigarnik – C'est le fameux : Je m'en veux, j'aurais pu ou j'aurais dû dire et faire ça, pour me préserver de cette relation, de ce coup, du regard des autres, des conséquences éventuelles sur ma vie personnelle ou publique...).
J'ai donc Soudaineté (ou « mauvaise surprise », de 1 à 3) x Précision (ou malveillance ciblée, ou malice calculatrice, précise comme le laser, de 1 à 3) x Proximité (de 1 à 3) x Durée sociale (ou traces, ou effets quant à l'estime de soi : effets réels ou supposés – là aussi de 1 à 3).
Allez, j'en termine : ma beigne de samedi, je la chiffre à... mettons 3 x 1,5 x 2,5 x 1,5 soit 17 / 81. Si 1 c'est la piqûre de moustique et 81 le massacre à la vieille tronçonneuse rouillée, je suis à la fin du premier quart de mon échelle d'impact.
Ce qui me semble peu, dans l'absolu. Mais viril quand j'y repense...
Anyway : que ça m'apprenne un truc.
Et que les gens qui frappent me voient (ou me ressentent) leur pardonner : c'est tenir compte et c'est délibérément accepter de dépasser. Les yeux dans les yeux [7]. Peut-être est-ce la vraie force.
D'ailleurs, j'ai moi aussi motif à demander pardon.
(Ça tombe bien.)
Be seeing you.
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Mmh, claque en anglais, c'est slap, qui désigne aussi une façon de jouer de la basse. Chez Marcus Miller, par exemple :
[1] Ce genre de formule rappelle, en analyse des systèmes, : 1. les scorings de situation (évaluations, « photographies »), 2. les mesures de points de bascule (seuils, passages de caps, clivages et paroxysmes, acmes, melting points), 3.. les inéquations sociales mesurant les rapports de force (sociométrie dynamique) comme celle de David Gleicher.
[2] Vous cliquez là ? Voyeurs ;)
[3] À vrai dire, tout parle ici de la découverte – chez le sujet (1970) – d'une intimité (contiguïté) entre ses sphères psychique, sociale et physique (étroit coefficient de corrélation entre indices de stress et développements somatiques ; voir en complément les indispensables travaux de Taibi Kahler, qui montrent – sur un campus – le lien évident entre développement de maladies psychosomatiques et apprentissage contraignant, stressant, pauvre en strokes, calibré pour complètement différer des besoins psychosociaux fondamentaux des personnes empathiques, généralement présentes à 30 % dans les sociétés occidentales). Retournons à Holmes et Rahe : il faut bien sûr consulter (1967) la Social readjustment rating scale (SRRS) ou fameuse Échelle du stress (cf. théma). Échelle citée par les frères Linn – Voir ceci. Et, pour le contenu de ladite Échelle, ce document : pdf.
[4] Duele, comme l'a un jour dit – en guise de constat ardent – Ejo Takata à son disciple Jodo, écrasé par la perte d'un enfant. Douleur, réalité ultime : on ressent, on est. C'est là.
[5] Relire Antonio Damasio et ses travaux sur l'énigmatique Eliott. Et, plus généralement, mettre à profit les riches apports des tenants d'un nouveau paradigme pour comprendre l'âme et le corps. Que relie entre eux l'étonnant inconscient (psychique, métabolique, endocrinal, nerveux : ce qui est la même chose puisque nous avons un corps, qui éprouve, stocke, réagit, attribue – évidemment).
[7] Vu à la TV : les militaires français qui entraînent les reporters de guerre leur enseignent, s'ils ont un fusil déterminé sur la nuque, à encourager leur bourreau – au dernier moment – à les regarder dans les yeux. La proportion d'assassinats diminue.
[ Vous pouvez passer le test Rahe-Holmes en ligne | Rahe-Holmes, le point de vue de Judith A. Scully trente ans après | la défection, concept-pilier de la théorie des jeux | autre sujet – pour ce qui est de la protection de reporters, une autre technique consiste à se (ou à les) protéger des balles qui sifflent, derrière l'épaisseur de l'équivalent d'un tronc d'arbre ou d'un sac de sable (jamais d'un mur), de laisser en outre les robinets, les boîtes de conserves ou les portes de placard (souvent piégés) | Puisque nous parlons d'efficience dans l'adversité, et que ce thème intéresse la théorie des jeux, saviez-vous que les Templiers tiraient l'épée si et seulement s'ils recevaient une blessure ? ou... deux, lorsqu'il s'agissait d'adversaires issus de la chrétienté ? Autant dire, si c'est vrai, qu'ils pratiquaient une non-violence radicale, voire un sacrifice systématique (on le sait, dans le christianisme, le sang du juste est transformatoire et d'emblée vainqueur) | ici ou bien dans le forum dédié ]
[ < 1e partie | théma Bouquins | archivage automatique du billet sur Gustave Moreau, sur l'excellent Olivier Piazza, sur la Spirale dynamique de Clare Graves et les apports de Torbert, Philips, Huntley, Loevinger - voir également une citation (parlante) de l'indispensable Comment avoir des idées créatives d'Edward de Bono | 3e partie > ]
Chaîne de cellulose... my mind
Les bookworms ou rats de bibliothèque se nourrissent de pages, d'encre et d'idées. Que dire ? C'est un bien, c'est un mal. Un bien parce que ça donne des idées et permet de cartographier des choses (l'analyse et l'acuité s'en ressentent). Un mal parce que ça ferme - ça enferme dans des modèles, les paradigmes, tellement connus de la philosophie des sciences et de la psychosociologie (cf. croyances, toujours limitatrices parce qu'elles sont des sécurités, des remèdes pour l'âme, des conforts à l'attention de nos besoins, et non des ressorts de la foi, qui est une ouverture et un risque).
Alors quoi ?
By the way, lire est bon. Et lire, ça se discute et ça se remue et ça s'applique après. Avec les collègues, les amis, soi-même. Ça se partage et ça s'enrichit. Ça voyage. Ça connecte, interconnecte et prépare des choses... qui émergent. (Avec le cerveau, les livres font des systèmes.)
Je me souviens de cette affiche. Vous savez ? Gérard Philippe : il dévore des bouquins. Faut-il le faire ? Il existe de bons (!) bouquins. Alors ceux-là oui, qui forment la pensée, la morale (placement de soi dans le flux de la vie, cf. ethos). Les idées, aussi. Ça fuse. Et puis le goût d'y aller. Lire ? Ça booste et encourage : des gens (les auteurs) viennent nous parler.
Est-ce que les bouquins remplacent la vie ? Nooo. L'expérience personnelle : ils l'enrichissent. Il faut les deux, vivre et lire.
Et puis ceux qui souhaitent lire et à la fois - pour le faire - manquent d'argent (ou de temps) hurlent : lire, c'est gagner quelque chose. (Parfois l'autonomie financière, la subsistance, la liberté de conscience et l'instruction.) Et puis, lire est un droit.
C'est le grand Tremendous, bibliovore devant l'Éternel [*], qui le rappelle : « Le vendeur moyen ne lit pas même un livre à l'année. C'est pour ça qu'il le reste. »
Alors soyons fous. Et ambitieux.
Ci-après, une recommandation de plus.
Pour la playa. Ou ce qu'on veut :
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[*] Plus grosse bibliothèque personnelle de management en langue anglaise !
[ Au fait, connaissez-vous Kindle ? | héhéhé - Les boucles de ceinture Reading is sexy de My Girl thursday | ça rappelle évidemment Silence is sexy d'Einstürzende Neubauten : ]
[ < thémas Consultant & Bouquins | archivage automatique du billet sur Belleville et le fin' amor médiéval | 2e partie > ]
Chaîne de cellulose
Pour l'entreprise, vos auteurs préférés, c'est qui ? (Pour l'entreprise ou pour le plaisir, voire la plage : c'est selon.) Je vous en indique 26 - pour ma part -, vous en indiquez autant que vous souhaitez, en commentaire. (Ou sur Disqus.) Vous voulez bien, en faisant suivre : comme une chaîne ?
Let's go :)
Mes indispensables :
Robert Axelrod - Comment réussir dans un monde d'égoïstes [ #Théorie des jeux ]
Kenneth Blanchard & Spencer Johnson - Le Manager Minute [ #Management #Motivation ]
Daniel Cohen - Trois Leçons sur la société post-industrielle [ #Économie #XXIe siècle ]
Clay Christensen - The Disruptive Innovation Model [ #Stratégie ]
Antonio R. Damasio - L'Erreur de Descartes [ #Communication #Cerveau #Émotions #XXIe siècle ]
Sylvain Darnil & Mathieu Le Roux - 80 Hommes pour changer le monde [ #Ethique #Economie #XXIe siècle ]
Edward de Bono - Conflits, comment les résoudre & Réfléchir vite et bien (ici) [ #Communication #Dynamique de groupe ]
Stephen R. Covey - Priorité aux priorités [ #Organisation ]
Patrice Dubourg - La Process Com, découvrir et pratiquer [ #Communication #Dynamique de groupe ]
Milton H. Erickson - Ma Voix t'accompagnera [ #Communication #Cerveau ]
Alain Fernandez - L'Essentiel du tableau de bord [ #Stratégie #Qualité #Pilotage ]
Richard Fisch, Paul Watzlawick, John H Weakland - Changements [ #Communication #Sciences humaines ]
Alain Fustec & Bernard Marois - Valoriser le capital immatériel de l'entreprise [ #Stratégie ]
Nicolas Humeau - L'Abécédaire des managers et consultants [ #Conseil ]
Pierre Mercklé - Sociologie des réseaux sociaux [ #Réseaux #Théorie des jeux ]
Jean Monbourquette - Apprivoiser son ombre [ #Communication #Sciences humaines ]
Edgar Morin - Introduction à la pensée complexe [ #Sciences humaines #Complexité #XXIe siècle ]
Michael E. Porter - How Competitive Force shape strategy (Harvard Business Review) [ #Stratégie ]
Joël de Rosnay - Le Macroscope [ #Complexité #XXIe siècle ]
Dominique Tissier, Joëlle Levy Berger & Etienne Verne (d'après Kenneth Blanchard & Paul Hersey) - Management situationnel, vers l'autonomie et la responsabilisation [ #Management #Motivation ] Read More
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Sang neuf !
Et il en faut. Ouais : de la nouveauté, bon sang. Nous rentrons dans l'été (et réciproquement). Mille choses. Et puis l'actualité de ces dernières semaines a été terrible (cf. Neda). Que dire encore ? Facebook et Twitter (en plus de Toulrezo) me grisent. Et vous ? La vitesse des flux et la facilité des montages techniques (des modalités) vous y frottent la peau. Vous submergeant doucement. (Un chouette bain vibrant et frais, on dirait.) C'est fluide et vif : mercurien, dirait Alan Moore.
Ok [*].
Parlons de Julien Berthomieu. Cet étudiant-entreprenaute dispose d'un sens affuté : il comprend le Net, le décrypte, l'analyse et s'en amuse.
(Je le connais bien.)
Je le consulte pour lui demander ce qu'est, à ses yeux, une bonne campagne de teasing. (Une excellente.) Il me répond dans la foulée, je le laisse parler.
C'est juste là :
Julien : - Définition de teasing selon le Mercator, 8e édition, p. 489 : « Procédé publicitaire consistant à faire une campagne publicitaire en deux temps. La première phase (teasing) vise à intriguer le consommateur en lui cachant la marque qui est révélée dans un deuxième temps (phase de découverte). »
» Campagne publicitaire « en deux temps » donc. Deux temps. Oui, mais quelle durée pour le teasing ? Un jour, une semaine, un mois ? Difficile de théoriser la chose. Une semaine parait être l’idéal. Tout dépend du dispositif mis en place et de la viralité de la campagne. L’exemple de l’interactivité de la campagne K3654s montre bien que le timing n’est pas important si la révélation est bien préparée : le nombre de vues de la vidéo définira lui-même la date. 3654 vues exactement. Interactif oui, mais certainement faussé par des utilisateurs qui verront plusieurs fois la vidéo...
» On se souvient en 1981 de la campagne de l’afficheur Avenir, avec Myriam, Demain, j’enlève le haut. Demain donc. Un jour. Pas plus. Efficace. Pourquoi ? La visibilité était suffisante.
» Selon les budgets alloués à la campagne, il est possible ou non de pousser le dispositif entre la phase de teasing et celle de la révélation. La durée variera donc en fonction de ces dispositifs et de la possibilité d’assurer un suivi et une mise à jour (Twitter, groupe Facebook). Ainsi donc de créer une mini communauté autour de l’évènement.
» Quelques conseils, mon humble avis :
1. Le teasing ne s’auto-suffit pas. Il faut le pousser, cela permet une durée plus longue entre le teaser et le reveal [dénouement, ndlr]. Pensez à impliquer la cible dès la première étape ;
2. Arriver à en dire suffisamment pour créer l’envie et l’impatience sans divulguer trop d’informations. Ne pas trop promettre pour ne pas décevoir : l’évènement doit être à la hauteur des attentes ;
3. Une campagne de teasing n’est donc pas toujours nécessaire. Teasing ou pas teasing ? La vraie question est surtout de savoir si nous avons un réel message à faire passer, plutôt que de simplement tenter de faire un buzz grâce à la campagne (et de s’assurer un bad buzz... aïe !..). Examine si ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette (Confucius). Une campagne « simple » se révèlera plus efficace qu’une phase de révélations décevantes. »
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Home... De savoir que beaucoup de grandes villes le projetaient en même temps sur grand écran, je me suis senti partie prenante de ce monde. De cette génération. Là, de cette humanité. Quitter le nombril et regarder plus haut, ensemble, tous ensemble. Comme si nous décidions d'un destin général. Comme si nous étions des hommes.
Terrible ce film. Et intelligent : encourageant. Mobilisateur.
Qu'est-ce qu'on attend ? demande Arthus-Bertrand. Allons-y, alors. Beaucoup de belles choses sont à faire.
Vaillance, imagination, intelligence. Voilà, définitivement, les armes du XXIe siècle.
Changer ? Oui, peut-être (sûrement). Vivre surtout. Et avancer. Beaucoup de solutions sont faisables. Et réalistes.
Un raz-de-marée de conscience devrait venir : j'y crois beaucoup.
Marquant, ce film. Et tourné vers la vie.
Vivons.
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[ Pour l'énergie, sortir du sous-sol et regarder vers le ciel : un message du film | du ciel, oui, vient l'énergie : je me souviens d'un voyage en Turquie (2003) : là-bas, beaucoup de maisons (même modestes) ont un chauffe-eau solaire en bon état, correct et bon marché, voir lucho73 | les déserts, une réserve gigantesque de kw : merci, Electron-economy.org, pour le lien vers le diaporama d'Objectif terre | autre élément, les PC verts d'une entreprise du Tarn, Ashelvea ] Read More
[ < 17e partie | thémas Absara, Coopération, Vrac, Zoodo & Jeux | billet interactif, commentez en cliquant sur le bandeau de son titre | 19e partie > ]
La poooorte !
Mille choses... Vous vous en doutez. Bon, par étapes. (Ok.) Je vous dis plusieurs trucs, qui vont venir comme une grappe [1] : on y va ?
1.Crème de violette, pour commencer. Que dire ? Au ralenti. Dans l'institution avec qui nous travaillons parfois, je sens une pause, comme un ronron. À l'envie d'innover, que nous aimions, nous voyons se substituer des choses... classiques. (Du calme.) À nous de convaincre ? ou de faire autre chose à la place (c'est-à-dire ailleurs) ? À voir. La bonne nouvelle, c'est qu'Absara fait des choses exportables. Transportables. Si c'est en lien avec le territoire, évidemment, c'est mieux. Pour autant, apporter des pratiques innovantes, de la vivacité, du format ouvert et producteur de valeur, ça peut se faire ailleurs.
(La vie est un torrent.)
2.Toulrezo.biz, ensuite. Absara prend une coloration internationale. Le groupe est en lien avec les réseaux économiques de plusieurs grandes villes. Tendance à venir : après l'intra pur et dur (qu'il fallait historiquement charpenter), les synergies inter-territoriales. Toulouse, évidemment, c'est bien. Mais Toulouse en circuit fermé... c'est fermé. La vocation de notre groupe, c'est d'ouvrir. Alors ça a du sens de cultiver les amitiés transfrontalières (mon père appellerait ça l'heterogenesis - c'est la synergie). L'économie, l'homme et l'action, c'est - en 2009 - mondial. Les connexions ? Quelque chose de dynamique et de normal.
Dans le même ordre d'idées, nous vous proposons de rejoindre la communauté Facebook d'Absara. Il existe aussi le groupe Toulrezo. Et, pour les amateurs de microbloguage en temps réel, il y a désormais le Twibe (Twitter, versant mini-réseau) pour Absara et Toulrezo : c'est ici.
Oui.
3. Ce blog, aussi. (Ouais.) Que jespère plus simple et plus intuitif. Les icônes remplacent les menus d'antan (certains me disent aimer). De plus, les liens montrent avec plus de force la relation entre Absara (communauté d'innovation en pratiques d'affaires), Crème de violette (un produit), et Toulrezo (à la fois produit et réseau).
Voilà.
4. Parlons de jeux maintenant. C'est quoi ? Les jeux viennent toujours parler d'intérêts. Et de territoires, fussent-ils virtuels (de jouissance - revoir besoins). Le grand Edward de Bono (voir théma) le dit clairement : à première vue, les intérêts des uns divergent de ceux des autres. Ils ont une nature polémique [2]. Les vues divergent. Mais, la bonne nouvelle, c'est que les vues, ça peut se changer. Ça peut s'associer (elles se ressemblent souvent). Edgar Morin le martelle depuis longtemps : en Occident, les pensées trient et divisent. La pensée dialectique, héritée des Grecs, fâche plus qu'elle assemble. Là où j'ai besoin de forces avec moi, je démobilise. Je vexe. Travailler devient dur. La communauté (force groupale), je l'effrite. Cf. syndrome Apollo.
Sortie : la pensée dialogique, qui combine, ressent, étudie au calme et mobilise les forces, les vues, les gens. Je m'appuie sur les autres. Et je convoque à peu près tout ce qui existe.
Là, je comprends.
Là, j'agis.
Les jeux sont un fait humain. Le plus gros, peut-être. C'est la friction de vues. À découvert, de manière tacite ou encore larvée, ou encore dans le secret de l'inconscient ou des quartiers généraux d'équipes. Les jeux ? Une discipline aussi. Qui étudie, eh bien, les jeux. Mots-clés : coopération, défection, intrigue, stratégie, Robert Axelrod, scénarios, gagnant-gagnant, donnant-donnant, Tragédie des communs, tactique, dynamique de groupe.
Oui.
5. Tout ça pour quoi ? Pour vous parler de la porte. C'est celle d'un établissement scolaire. Je vois ça, ce matin, et ça m'interroge. Vous savez ? Le sas est sécurisé et les gens se tiennent mutuellement la porte (question de politesse, cf. rituel). Si on pose les choses à plat, tout le monde (mettons 25 personnes) passent 30 secondes à tenir la porte à la personne d'après. Regardons les fruits : je perds 30 secondes, c'est-à-dire 0,5 minute multipliée par 22 jours ouvrés, multipliés par 11 mois de l'année. Je dépense à l'année 121 minutes à tenir la porte à quelqu'un de différent de moi. Soit 2 h et 1 minute. Que dire ? C'est grosso modo ce que dépensent annuellement 25 personnes. Le package ? Une cinquantaine d'heures en tout. De sorte que le collectif passe à l'année 50 heures à s'inter-servir, prenant pour cela 30 secondes par jour et par personne. Le gain ? Quand on me tient la porte, je gagne, voyons voir... les 10 secondes du digicode, les 5 secondes de l'ouverture de la porte (qui est lourde), les 3 de celle d'après, avec la manoeuvre de tout mon matos (3 secondes de plus). Bilan : je gagne 21 secondes.
Plusieurs seuils (c'est le cas de le dire) :
| Combien de fois est-ce que je tiens la porte ? combien de fois me la tient-on, à l'année ?
| Quel impact cette porte tenue a-t-elle sur mon moral et donc sur l'entame de ma productivité journalière ? voire sur ma collaboration éventuelle - et plus poussée - avec la communauté de ces teneurs de porte ?
| Combien de fois à l'année, par exemple sous la pluie, le fait qu'on me tienne la porte me délivre-t-il un gain supérieur aux 30 secondes (porte tenue plus longtemps, mise à l'abri rapide, etc.) ?
On le voit : si les rituels et la coopération émergent d'une situation groupale, c'est que - sur le long terme - ce que je perds, eh bien c'est comme avec les assurances : je le récupère amplement. C'est comme avec les mutuelles.
M'est avis que c'est positif. (M'est avis en outre que la question de la productivité d'une équipe se considère toujours à l'aune des jeux, de la communication, du management.)
Allez, je termine. Et puisqu'on évoque ces histoires de coopération, d'entraide - voire quand c'est plus spontané d'empathie -, c'est le moment de reparler de Zoodo. L'ONG familiale anime à présent deux centres de formation : alphabétisation de personnes handicapées à Ouagadougou, artisanat d'art et tourisme équitable à Bobo-Dioulasso. Et il y a, en plus d'un nombre croissant de familles (19 salariés, désormais), un gamin boiteux et un gamin aveugle. Je veux dire qu'ils peuvent espérer (nous allons tout faire pour), en clair ils vont pouvoir s'appuyer sur Zoodo. Oui. Mon père et ma belle-mère, de retour de Ouagadougou, sont passés nous voir mercredi et jeudi. Fatigue. Et troubles physiques (là-bas, il faisait 48°). Mais sérénité. C'est une bénédiction de recueillir, chaque année, les primeurs de leur voyage, là, en direct.
[1] Notion durandienne. Et une belle, que j'aime (très moderne). Revoir d'ailleurs l'important apport de la psychologie des profondeurs d'expression francophone (Charles Baudoin, Gilbert Durand, Georges Romey) aux sciences cognitives (cf. entre autres cerveau ou encore pensée latérale voire cartographie mentale).
[2] La polémique (importation de ferments de guerre, de division - cf. diabolos), est tellement culturelle que l'immense René Girard voit dans le conflit l'unique et bien triste moyen de bâtir des civilisations. Structurer, c'est se jalouser, c'est s'opposer... et c'est bien bête. Voilà un vieux réflexe. La cité devient le refuge contre la violence, mais elle provient de la violence. Et l'entretient parfois. (Souvent.) Cf. facteur Caïn.
[ Coopération, histoire de la carte grise | ah, rien à voir : salutations, Shirley ]
[ < 10e partie | thémas Profils, Yves Enrègle et Dynamique de groupe | | archivage automatique du billet sur entrepreneuriat, pragmatisme et frustration | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre pour commenter ]
Réunir des opposés, vérifier la tolérance (ouverture joyeuse) qu'ils ont à travailler ensemble
Yves Enrègle, psychanalyste,
consultant en performance humaine et dynamique de groupe -
université d'été du groupe de gestion privée Financière de l'échiquier (2008)
[ < thémas Anthropologie, Livres, Paradigmes, Émergence & Complexité | | archivage automatique du billet sur l'agressivité groupale, le Triangle dramatique, le recours à un Mobilisateur-moins, ainsi que des trucs sur le leadership ou sur la civilisation telle que l'envisagent René Girard et André Bonnard | réagissez à ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre ]
Pff, waow, etc. Ouais...
On le voit. À l'évolution linéaire des choses, comme une courbe qui croît, comme une globalité qui progresse, eh bien les sciences sociales et humaines préfèrent désormais le modèle du paradoxe ou du tissu [1]. Le monde ? Imprévisible et capricieux, tout juste bon à scénariser - Et encore. Modèle de joyeuse transversalité [2], où tout communique, où tout s'inter-contamine (capillarité), s'effiloche mutuellement (dominos, ruptures, cascades), où des choses enfin, en friction les unes avec les autres, en bref où des choses émergent. Viennent à la vie. Liées au flux, liées aux rencontres, aux sympathies [3] (procréation). Ces choses ? Idées ou faits. Ressentis, pensées, formes de vie. (Phénomènes.) Qu'on ait prévu tout ça... ou non. C'est réaliste et c'est proche de la vie, de sa façon d'innover, de bondir, de fabriquer, de combiner, de rejaillir partout. Comme un creuset magmatique. Comme un réseau de neurones. Un tissu d'étoiles. Ou comme un arbre gorgé de sève. Certes : puissant, continu, vif et sourd.
Dans le registre des ovnis, il y a un homme de poids. Que peu de gens lisent. Pourtant, son L'Éternité dans leur coeur (1981, Regal Books) est une bombe. Une stimulation fraîche et passionnante. Le champ : anthropologie et questions transculturelles (cross-cultural) (religions, représentations, identification de piliers, de principes humains communs - les « cages flexibles »). En France, ce type de recherches - fût-il empirique et simple à lire - reçoit des faveurs confidentielles. Témoin, l'accueil timoré des travaux à ciel ouvert antiparadigmatiques (pionniers, libres, perturbants, anti-consensuels) de Rupert Sheldrake, de Jeremy Narby, voire d'Alexandro Jodorowsky (savoirs traditionnels). Ces chantiers ? Résolument protéïformes et transversaux. Sacrément stimulants.
Que dire de Don Richardson ? Son travail, fondé sur les observations de plusieurs générations de missionnaires (dizaines de sources), développe des perspectives hallucinantes. Forcément riches. Et religieusement incorrectes. (Quel plaisir !)
Don Richardson
(c) Don Richardson & Carol Joyce
Je continue ici ? Non, je préfère vous recommander chaudement le bouquin. Et vous proposer de commenter à l'envi.
Excellente fin de semaine.
__
[1] Côté francophone, cf. Joël de Rosnay ou Edgar Morin. C'est Reda Benkirane qui, de mon point de vue, fait l'état des lieux le plus avancé. Voir, en outre, et côté anglophone, l'étonnant Max Sandor.
[2] Je rappelle que l'érudition transversale était une vertu à la Renaissance (Jean Pic de la Mirandole, ici, ou Giulio Camillo, là). Comme le dit le sociologue François Dubet, l'hyperspécialisation occidentale (de même que l'organisation individualiste de la recherche - cf. Institutions), en clair toutes ces travées resserrées (quoique sérieuses et porteuses de fruits) contribuent à brouiller le corpus de connaissances tout autant qu'à l'enrichir... de chapelles. C'est particulièrement vrai pour l'homme, décortiqué médicalement, socialement, psychologiquement, économiquement, géographiquement, religieusement, etc. En ce siècle de défis (Edward de Bono le rappelle ô combien), il existe heureusement des initiatives, typiquement ouvertes, typiquement moriniennes, telles que celle-ci.
[3] Métaphore du fleuve, viaHéraclite (IVe et Ve s. av. J.-C.). Cf. Fragments, pdf.
[ La religion ? On se souvient de la fascination que provoquaient au XXe siècle les travaux du grand spécialiste (et francophone) d'origine roumaine, Mircea Eliade (1907-1986) - Le meilleur panorama éliadien est peut-être celui du Cahier de L'Herne n° 33 (1978, pdf) ]
[ < théma Qualité | | archivage automatique du billet sur de Bono et sur la (bonne) prise de décision en milieu complexe, par exemple par le tour du propriétaire façon PCM | réagissez à ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre | 2e partie > ]
Réaliser, c'est bien ; vérifier que ça touche la personne-cible, c'est mieux -
Et savoir d'emblée ce qui la touche, c'est l'excellence
Le dentiste ? Brr, me confie un ami. L'idée d'y aller me paralyse. Que le praticien à la roulette soit un as le laisse froid. Que son travail confine à l'orfèvrerie : pareil. Ce que je veux, confirme-t-il, c'est que, dans ma bouche, ses doigts s'invitent avec une graaaande douceur. Comprenez : de manière légère, comme un vent doux et frais. Car ce qui fait peur, eh bien c'est la douleur. (Ça rime.)
Et c'est fréquent.
Ce qui conduit à une idée simple et familière des qualiticiens. Il y a certes la qualité réalisée. Ici, la capacité à bien traiter les dents : de manière saine et experte. Et c'est une chose (la guérison). La seconde, on le voit bien, c'est la perception de l'acte livré. Un dentiste excellent ? Peut-être. Mais un dentiste qui laisse les sensations intactes, ça, ça vaut de l'or.
Ce qu'il fait, le dentiste, c'est la base. Comment c'est vécu, c'est la qualité... perçue. On retrousse tout et on se met dans le fauteuil du patient : c'est son ressenti qui compte. Les diplômes ? La réputation ? L'équipement ? Tout ça, c'est de l'hygiène, de l'indispensable (évidemment : le dentiste est un praticien sérieux, chevronné). C'est la base absolue. Examinons maintenant la valeur, voire la valence (effort motivant, centré sur le client, qui ressent et retient une plus-value subjective). C'est ce qui délivre le gros de la prestation. C'est ce qui donne sa couleur réelle à l'ensemble. À son souvenir.
Fig. 1 - Une dentiste rassurante,
dixit soy_outlook @ Flickr.com
Constat patent. Beaucoup de professionnels mettent l'accent sur le socle-métier : avantage concret 1, avantages 2, 3, etc. Une liste de choses entendues, bonnes mais normales. Déterminantes. Et pour autant... pauvres.
Je m'explique : une qualité réalisée, c'est le socle [*]. La perception de tout ça, c'est le reste de la pyramide, c'est le plus (obligatoirement en sus du socle), le plus important pour coiffer l'existant.
La qualité perçue ? Le combat réel du professionnel. Le souci extrême, la valeur ajoutée (normalement).
C'est ce qui fait le succès commercial, l'adéquation aux attentes humaines.
Ça mérite une couronne.
Fût-elle dentaire...
Fig. 2 -Allez, un résumé optique
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[*] C'est le navrant : Nul besoin de féliciter mes troupes, qui font ce que je leur demande, 'sont payées pour ça. Cf. le manager démotivateur de troupes.
[ Qualité perçue, ici dans la dentisterie, voir Le Fil dentaire de mai 2008 (p. 53, pdf) | l'excellence, kesako ? | images insolites ] Read More
[ < 13e partie | théma Motivation | | archivage automatique sur théologie et pensée complexe | réagissez à ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre 15e partie > ]
10 questions courtes
Des grilles. Il en existe de multiples pour cartographier la motivation (souvent, une trentaine de questions suffit - cf. théma). Motivation ? D'une entreprise, d'une équipe, d'un individu : c'est de ça qu'on parle. Et plusieurs critères sont parlants - Vous connaissez ça :)
Nous sommes mardi, je vous propose aujourd'hui un court sondage, simplissime, pour donner à ce blog votre couleur personnelle.
[ < 12e partie | thémas Guerre, Radio & Bon Manager | | archivage automatique du billet sur les parts de marché et le poker | réagissez à ce billet en cliquant sur le bandeau de son titre | 14e partie > ]
Manager quand ça pète
Qu'est-ce qu'un bon manager ? (Mmh.) Faut-il passer par les champs de bataille pour répondre à ça ? Faut-il envisager les éternels rapports de force ? La nature conquérante et violente [1] de l'homme ? L'Histoire coloniale ? l'Histoire de France ?
Moi, je dis oui. Car, dans la vie, tout est management. (Et tout est jeu.) Ben oui : tout est friction, tout est compréhension de l'autre (en théorie). Et tout est motivation : mise en mouvement de soi et d'autrui, en contexte tendu. Cf. vie et travail, version dynamique.
Regardons ça.
Le contexte ? France culture. J'allume, ce matin, la radio. Et là, le journaliste Emmanuel Laurentin [2], producteur et animateur de La Fabrique de l'Histoire, donne la parole à des descendants. Il s'agit de la famille du général Alain Fauveau, qui témoigne de la vie de son ancêtre : Charles de Berterèche de Menditte [3], militaire et homme d'honneur.
Menditte est officier dans le Haut Tonkin (actuel Vietnam) entre 1895 et 1897.
Outre les anecdotes ébouriffantes, l'homme apparaît comme un manager : il en a le profil et les pratiques. C'est ce que pense sa famille, avec ce propos incroyable :
Charles de Menditte était ce qu'on nommerait maintenant un manager, qui faisait passer ses hommes avant tout. Il était comptable [ responsable, nda ] de la vie de chacun. Un vrai manager fait passer l'intérêt de ses hommes avant tout. Et surtout avant lui-même. Contrairement au carriériste, qui est un individualiste. Le manager, lui, prend des risques personnels pour les autres. Et garde leur bien-être en tête, à tout moment.
[3] Menditte et ses carnets : quelques extraits (pdf). Il s'agit, cette fois-ci pour la Première Guerre mondiale, du récit d'un homme de terrain, passé par le feu.
[ Voir aussi Roger J. Morneau, ancien vendeur d'encarts publicitaires en BtoB pour une grande compagnie canadienne d'édition d'annuaires-papier - Il explique préférer le terrain, en contact avec ceux qui peuvent avoir besoin de lui, aux promesses d'une promotion personnelle, pourtant alléchante (responsable régional des ventes) ] Read More