Les chaises - 1e partie [ Comment l'absence de chaise saine et solide tourne au jeu d'intrigue - 2e partie >> ]
Nicolas Boileau (1636-1711) l'annonçait déjà : Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. Ce qui signifie qu'une idée complexe - en jeu avec d'autres idées, telle une galaxie - peut se formuler simplement. Sitôt qu'elle est bien comprise, bien métabolisée par l'émetteur. Ce qui rejoint la notion d'efficacité : une grande idée derrière des mots simples (synthétiques et forts) a son impact. Bien sûr. Alors les chaises. Pourquoi les chaises ? Et puis de quoi peuvent-elles bien parler ?
Souvenez-vous de ce sémillant petit intervenant, lors du séminaire de management. Pour peu qu'il ait eu une ou deux lumières en analyse transactionnelle (AT), il vous a fait faire cet atelier à bases de chaises. En fonction du contexte, et de la nécessaire adaptation à la donne, vous vous asseyez ici ou là. Comme si les chaises symbolisaient un statut, une place. Bizarre ? Non, en atelier, ce ' jeu ' est un classique. Et puis la chaise renvoie toujours à une histoire personnelle : où donc s'asseyait Untel quand vous êtiez petit(e) ? Et vous ? A table, et à l'école ? Et l'invité ? Et puis la place du mort, dans la voiture. Ou encore - dans la mythologie - cette fameuse histoire de Table ronde, avec ses places égalitaires. Et puis le bout de table, à qui le réserve-t-on ? Et le trône ? Et ces excitantes mais cruelles chaises musicales : trouver sa place dans un groupe humain.
Tout l'enjeu est là. Trouver sa chaise revient à trouver sa place. Ce qui, dans un groupe, est presque une finalité en soi. Dans ma famille, j'ai une place de père/mère de..., de fils/fille de... et de... Chez mes amis, j'ai une place de... Dans mon entreprise, j'ai une place de... L'on peut dérouler l'idée dans peut-être dix registres de la personne différents, dix contextes groupaux. Pour rappel, le groupe est uni autour d'une finalité, déclarée ou tue, qui satisfait - plus ou moins bien - tout le monde. C'est-à-dire le groupe. L'entité collective. Et à partir de là, chacun, en combinaison volontaire ou forcée, trouvera ses voies d'action, ses buts, avec les partenaires ou les sous-groupes de son choix.
D'où l'intérêt que chacun ait sa place. Ta place est ici, la mienne est là. Chacun sa chaise et tout le monde sera content. La règle étant de laisser une chaise abandonnée (par un départ ou un décès)... libre. La chaise est à usage unique. Et bien sûr, une personne par chaise : ça va de soi.
Une chaise, ça se respecte. Autant que la personne qui l'occupe. Ce qui serait, en guise de conclusion, le deuxième principe absolu. La chaise est digne d'honneurs : que je te respecte ou non, je respecte au moins ta chaise.
Bon, ok. Tout ça nous éloigne de l'AT mais après tout, c'est aussi bien.
Excellente soirée à vous !
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