Confiance en soi - 1e partie [ Intra et extramotivation - 2e partie >> ]
Tout dépend de toi, mon fils (ma fille). Vous connaissez le refrain : c'est dans le diamant que cette assertion semble gravée. La bonne nouvelle, c'est que tout succès comporte une double joie : 1. les avancées produisent le 'mieux' tellement escompté, 2. la fierté du self made man (woman), elle, s'illumine comme une flamme olympique. C'est l'extase. Réussir, c'est mettre en oeuvre ses compétences. C'est aussi conditionner les choses pour qu'elles reçoivent la trace de notre identité. Celui (celle) qui réussit devient la preuve vivante du Quand on veut on peut. Sexy, politiquement correct, enviable. Mais un peu court : que dire alors des échecs ? Un fruit du manque de compétences ? du manque de volonté ? Pire : du manque d'ambition ? Passons les choses au crible. C'est dans la cité grecque de Nicopolis [En], que notre parcours fait aujourd'hui escale.
1. Une estime de soi adulte
En matière de direction de vie, c'est la voix du philosophe Epictète (Ier s. ap. J.-C.), jadis égosillée dans la péninsule de Preveza [En], qui résonne le plus nettement. Un appel à grandir. Les croyances de l'enfance, les injonctions, les rêves se ré-évaluent à la mesure de ce qui a un sens, de ce qu'il est POSSIBLE de faire. Outre les fantasmes. C'est là toute l'essence du stoïcisme, qui traite l'individu en adulte. Quoi qu'il arrive, devoir et lucidité dominent : il faut faire ce qu'il y a à faire. Mais aussi faire ce que la réalité dicte, c'est le pragmatisme. Ce que je dois et ce que je peux faire, tel est le coeur du plan d'actions.
L'ambition, Epictète l'aborde sous l'angle de sa propre condition, tellement spéciale. Il est esclave. Un maître sadique lui cassera le pied [1], tandis qu'Epictète ironisera sur la situation. (Quelle maîtrise de soi !) Alors qu'est-ce que réussir ? Dans quelle mesure la confiance en soi a-t-elle un sens ? Lui prend les choses à la base : Il y a des choses qui dépendent de nous et d'autres qui ne dépendent pas de nous (voir ici). La croyance en la fortune [2], par exemple, est illusoire. Ce qui ne dépend pas de nous est sans force propre, esclave d'autrui. Une volonté étrangère, explique Epictète, peut nous en priver. C'est ce qui s'appelle se faire battre aux quatre vents : la fortune est de ce bois-là. Donner son énergie à ce qui dépend de l'extérieur - tellement chaotique - est une perte de temps et d'énergie, un danger pour la confiance en soi. Ce qui dépend de nous, estime l'esclave philosophe, ce sont nos actions, nos désirs, nos pensées. A l'inverse, ce qui ne dépend pas de nous ce sont les honneurs, la fortune, la mort [...] Bref, les choses qui sont le fait des autres et du chaos combiné (c'est la complexité, l'incertitude mouvante). Il faut donc savoir que seules les choses qui dépendent de nous peuvent être un bien ou un mal car il demeure en notre pouvoir d'agir sur elles. Le remède est simple : celui qui pense que seul dépend de lui ce qui relève concrètement de sa personne et que dépend d'autrui ce qui réellement dépend d'autrui, celui-là même ne se sentira jamais contraint à agir, jamais entravé dans - l' - action. Conclusion : bien détacher ce qui dépend de moi (de ma volonté, de ma sphère d'influence) des facteurs externes, eux qui - mal compris - peuvent me faire si mal. Je peux (et dois) économiser, et centrer, mon action, dixit Epictète, sur mes actions, désirs et pensées.
Il y aurait donc des déterminants externes et des facteurs internes, seuls leviers d'action véritables. Je peux envisager les zones dans lesquelles avoir confiance en moi. Le tranchant de l'estime de soi est sauf, lui qui s'exerce à bon escient.
2. La légitimité
Il est évident, par ailleurs, que je me sens confiant dans les zones où je me crois (à tort ou à raison) légitime. Ai-je le droit de faire cela : suis-je à ma place ? Un bon indicateur est le feedback (retour) que mon action suscite (pour savoir comment mettre à profit les feedbacks, voir ici).
3. Les signes de reconnaissance
Bien sûr. Si Napoléon rayonnait de confiance en lui, c'est parce que son entourage croyait en lui... et le lui disait. Tout autant que d'oxygène, j'ai besoin de strokes. Mon lien aux autres a un indicateur : les signes humains. L'homme est un support à contacts.
4. Conclusion
Si j'ai un problème de confiance en moi, je considère que : 1. tout ne dépend pas de moi, 2. les facteurs de valorisation à considérer sont (exclusivement) ceux où je peux faire du bien, actions, désirs et pensées, 3. la légitimité de mes actions est rigoureusement fondée, feedbacks à l'appui (beaucoup sont analysables et mesurables), 4. les strokes me viennent ou me viendront : l'activité humaine est un maillage de signes interpersonnels.
Courage. Courage et rationnalité...
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[1] L'on a beau dire, le management systématique - à l'époque - était des plus balbutiants.
[2] Réussite publique et professionnelle.
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