[ < 1e partie ] Baby-b, X & Y [ 3e partie > ]
Un baby-boomer, un gars de la génération X et un autre de l'Y sont dans un bateau. Tombent-ils à l'eau ?
Ardu de faire travailler, dans une même entreprise (tiraillée entre conservatisme et nécessaire extraversion commerciale), la génération de l'Après-guerre, les fils de Kurt Cobain et les enfants du Net. Diffèrent le rapport à l'idéologie, aux diplômes, à la technologie, au travail en tant qu'effort, à l'autonomie, à la carrière, aux délais (notamment dans la communication).
Les Baby-boomers (nés en 1945-1950) ont vu leurs propres parents s'escrimer, aller à la messe, transmettre des traditions. La réaction : s'en affranchir. L'hédonisme prévaut alors, très surement. Mais peut-être plus encore l'idéologie. Cette génération a pensé que l'engagement collectif pouvait tout changer. L'entreprise, en outre ? Une entité qui fournit une carrière, un fil directeur (sensé ou non), bref une trame. Les choses ont un sens. Le temps se déroule et il suffit de vouloir pour pouvoir. Pfiouu.
La génération d'après (les trentenaires actuels) connait les soubresauts post-modernes, l'inconstance, le divorce des parents. Ses biberons sont des distillateurs de chaos. Et puis le chômage guette et vous pétrit. L'idéologie indiffère au plus haut point, l'individualisme est une règle, traversée ci-et-là d'îlots de convivialité, sélectifs. Le mur de Berlin a vécu, les rencontres interculturelles sont décrétées possibles. Et la technologie ? Une partie normale de la vie, avec l'idée qu'on peut mettre son nez dedans, et bidouiller, intervenir, faire des choses. Les institutions sont loin, l'histoire et la géo sont des calcifications, l'orthographe est une option, la culture se consomme. Et apaise. Tout a changé. Les traditions sont des pièces de musée. Une règle ? Vivre et s'adapter, se faire des amis, aller vite.
Ma génération est créative, terre-à-terre, égalitaire, intuitive et avide de piment. Les voies de salut sont individuelles et se partagent entre amis, une fois vécues de l'intérieur. Tout part de la conviction intime, qui est un moteur, une impulsion, et des choses qui s'amorcent. Faire devient une façon de vivre, un style, une patte. L'identité ? C'est l'action.
La génération Y (qui a maintenant vingt-cinq ans) connait tout ça par coeur. La procrastination ? Complètement. Le voyage ? Une nécessité. Le choc des cultures ? C'est le quotidien. La technologie : un prolongement de soi ; la société de conso, une réalité. Le travail est un moyen de gagner sa vie, point à la ligne. Pour le plaisir, il y a les amis, les conjoints, la culture, les mondes virtuels, l'humour et la distance aux choses, les autres pays.
Comment faire collaborer ce beau monde ? En comprenant que les quinqua-sexas peuvent apporter de la tolérance, de l'acceptation et une sorte de parentalité symbolique aux X (qui tiennent leur qualificatif, entre autres, de l'éclatement de l'identité familiale et institutionnelle en général), les X peuvent apporter de la formation, des conseils et de l'humour aux Y, qui - eux - régénèrent tout ce beau monde au minimum par la technologie, au maximum par les angles mentaux originaux de ce début de XXIe siècle (questionnement de l'utilité des choses, de leur efficacité).
Il y a des articles sur Wikipedia, touchant aux travaux des sociologues William Strauss et Neil Howe. Cette histoire de collaboration intergénérationnelle est déterminante : les entreprises de ces quatre prochaines années s'y confrontent chaque jour.
Réussir là où les familles échouent ? Nan. Mais apporter une paix, un climat de relative constance (la clarté cognitive, le confort socio-émotionnel) c'est un challenge. Et une nécessité.
Mmh, j'adore cette époque, qui est exigeante. Et vous ?
[ Wikipedia | blog Génération Y 2.0 | Doriane Purple, un vrai blog de génération X | conférence virtuelle de Benjamin Chaminade | les jeunes, en recherche d'acceptation (et non de condescendance ou d'angélisme béat), ont vraiment besoin de management situationnel, d'humour et de renforcements positifs à la Blanchard, je le vois avec les cours | bien sûr, ces histoires de générations touchent l'Occident et le Japon ; pour la Chine, le pivot temporel, c'est Tien An Men ou la rétrocession de Hong Kong ; pour l'Afrique sub-saharienne, je l'ignore, vous avez une idée ? ]
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